Opposition à l’épreuve

APN opposition
Députés des partis de l'opposition manifestant à l'APN. New Press

Par Kamel Moulfi – La classe politique algérienne – du moins celle représentée dans l’Assemblée populaire nationale (APN) – est mise à l’épreuve du débat économique qui commence aujourd’hui, au palais Zighoud Youcef, autour du fameux financement non conventionnel appelé à être autorisé par l’amendement de la loi en vigueur sur la monnaie et le crédit.

Avant d’être une mesure économique, la mise en marche de la planche à billets est d’abord une décision politique, comme le démontrent ses motifs exposés par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et qui se résument en quelques mots : préserver la souveraineté nationale.

A part les experts qui ont exprimé des opinions diverses, voire contraires, sur les aspects et conséquences plutôt «techniques» de cette mesure, la classe politique est partagée, sans grand renfort d’arguments, entre ceux qui soutiennent la planche à billets – évidemment les grandes formations de la majorité présidentielle et leurs petits alliés – et ceux qui rejettent cette option et qui se trouvent, tout aussi naturellement, dans l’opposition.

La classe politique n’a pas saisi l’occasion donnée par la crise économique et financière pour montrer ses connaissances en la matière et rassurer les Algériens sur ses capacités à faire face aux difficultés que traverse le pays, alors que cette situation, qui se profilait depuis presque quatre ans, semble maintenant bel et bien installée et personne n’a pu encore dire jusqu’à quand ce mauvais moment va durer ni quelle est la voie la plus rapide  pour en sortir.

Les personnalités politiques que l’on qualifie, à tort ou à raison, de «ténors», s’en tiennent à des incantations qui n’ont pas changé, dans le fond, depuis des années. Les prochains jours – et plus particulièrement la campagne électorale pour le renouvellement des assemblées populaires communales et de wilaya – permettront peut-être d’en savoir plus sur ce que compte présenter l’opposition comme alternative à la démarche politique annoncée par Ahmed Ouyahia. Mais, surtout, le déroulement et les résultats des élections locales feront connaître la véritable audience de cette opposition.

K. M.

Comment (6)

    Anonyme
    5 octobre 2017 - 20 h 53 min

    TOZ ET TOZ ET RETOZ FAKOU..MEME L IMPRIMANTE DE BILLETS NE SUFFIRA PAS CAR ABSCENCE DE SYSTEM ECONOMIQUE PERFORMANT ET QUI FONCTIONNE. AU FAIT NOUS SOMMES VRAIMENT EN PANNE ET PAS DE VRAIS MECANICIENS..MAIS JUSTE DES BRICOLEURES…ALLAH YOUSTAR




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    umerri
    5 octobre 2017 - 19 h 26 min

    C’est Bagdad ou la peripherie du Caire. L’arabisation défigure le paysage. Pas en mon nom!




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    Abou Stroff
    5 octobre 2017 - 16 h 22 min

    je persiste et signe: dans un système basé sur la distribution de la rente et sur la prédation, il ne peut pas y avoir d’opposition au sens classique du terme. en effet, la structure de classe d’une telle formation se résume (en caricaturant un petit chwiya) en l’existence de deux « pôles » aux intérêts non-antagoniques: il y a ceux qui monopolisent la distribution de la rente (ce que j’appelle la marabunta qui nous gouverne) et qui s’enrichissent grâce à ce monopole et il y a des clients (ce que j’appelle les tubes digestifs ambulants) qui reçoivent des miettes de rente et qui ne peuvent point remettre en cause le système puisque leur survie en tant que tubes digestifs dépend de la pérennité du dit système (de toutes manières, personne n’a jamais vu un tube digestif faire la révolution)
    moralité de l’histoire: l' »opposition » dans le système basé sur la distribution de la rente et sur la prédation se résume à revendiquer un nouveau partage de la rente sans, aucunement, remettre en cause la logique du système.
    PS: chacun aura remarqué que l’opposition dite religieuse s’est arrêté de s’opposer dès que les commerces formel et informel lui ont été ouverts par le pouvoir en place. personne n’entend plus parler de la dawla islamia, n’est ce pas?




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      Mello.
      10 octobre 2017 - 17 h 21 min

      J’ai comme l’impression que ces tubes digestifs arrivent a rejeter ce qu’on lui ingurgite, c’est a dire toujours les memes miettes ou grains de couscous. Un beau jour ce tube digestif te fera mal et meme tres mal jusqu’a en extirper une partie. Ce jour la , c’est tout le corps qui se manifeste et le cerveau avec; il vous pousse alors a reagir ,soit en s’attaquant au nouricier, soit en lui arrachant une partie de son festin et si vous etes patriotes, vous en distribuez a vos semblables. Cette rente viens du pays de nos arrieres grands parents, on ne permet a personne de se l’octroyer. Le militantisme est universel.




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    Felfel Har
    5 octobre 2017 - 15 h 48 min

    Le recours à l’imprimante (la fameuse planche à billets), c’est pesé, enveloppé et ficelé! Ce pouvoir, incarné par Mr. O, ne se gênera pas pour le faire passer en force, opposition ou pas! Draaa! Aucun député ou sénateur ne s’y opposera, leur salaire et autres avantages en souffriraient. Ce pouvoir sait comment s’y prendre pour appâter et amadouer ceux qui s’opposent à ses desseins et j’imagine que cette fois aussi, il a imaginé des petits cadeaux susceptibles de leur faire changer d’avis et de position, d’opposant à fervent supporter. Tout se déroulera donc comme le veut le grand Manitou (…) dans son entêtement à éviter de prendre des mesures plus draconnienes, plus courageuses ( mais ô combien efficaces) comme comme la lutte contre l’argent sale. Voici une anecdote significative: Le président Reagan se serait un jour plaint auprés du président mexicain, Miguel de la Madrid, de son manque de collaboration dans la lutte contre l’immigation clandestine. Il lui aurait répondu: « Nous les Mexicains, nous sommes si loin du bon Dieu, mais si proches des États-Unis ». Nos députés se considérant si loin de l’être suprême, ils se rapprochent donc de son généreux serviteur. La caisse ne lui appartient pas et l’argent ne sort pas de sa propre poche, c’est celui du peuple!. Ebki allima3andekch ezhar!




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    MELLO
    5 octobre 2017 - 15 h 11 min

    Comment est ce que l’opposition peut être à l’épreuve de cette énième opération machiavélique de ce pouvoir ? La crise était, déjà, présente quand l’Algérie a eu recours au rééchelonnement de sa dette extérieure dans les années 90 du siècle dernier, la crise était également présente à l’ère de l’aisance financière, une formule utilisée au nom de la mise en oeuvre du programme du président et qui a attiré toute une faune de voyous de l’import et de la corruption de tous les recoins du pays et du monde. L’Algérie était ainsi évoquée dans les tribunaux d’Italie, d’Amérique et même de Blida…La crise est toujours là à l’ère du financement non conventionnel. Est-il étrange de voir que la lutte contre la corruption et la séparation de la politique et de l’argent n’est pas une des priorités du nouveau gouvernement?
    S’agissant de la crise économique proprement dite, il y aurait beaucoup à dire, mais on se contentera de souligner que la majorité qui dirige le pays depuis 1999 a échoué, elle n’est pas parvenue à changer la nature de l’économie algérienne restée prisonnière de la rente des hydrocarbures. La diversification de l’économie, claironnée dans le nouveau plan d’action, était déjà depuis des années une des priorités proclamées par le régime à travers des discours et des promesses sans lendemain.
    Sur le mécanisme de financement non-conventionnel, choisi quand on veut éviter l’endettement extérieur et interne et la baisse des dépenses publiques, les experts en économie, qualifiés par M. Ouyahia de théoriciens académiques, ont un avis différent, mais tous s’accordent sur les risques qui pèsent sur l’économie par le recours à ce type de financement.
    Comment ose-t-on comparer notre fragile économie avec celles de pays industriels comme les États-Unis, le Japon ou le Royaume alors que la vraie comparaison doit être avec le Venezuela ou la Grèce?
    En Algérie, après l’épuisement du fonds de régulation des recettes en février 2017 après l’échec de l’emprunt obligataire et de la mise en en conformité fiscale, le gouvernement a recours au financement non conventionnel comme solution au déséquilibre de la balance des paiements.
    Comment faire confiance à une mesure qui est née de l’échec de deux gouvernements à attirer l’argent noir de la « chkara » dans les banques et l’échec de la mise en conformité fiscale?
    La crainte est que la révision de la loi sur la monnaie et le crédit constitue un grave danger pour l’économie nationale en l’absence de mécanismes de contrôle effectif. L’entêtement du pouvoir et l’unilatéralisme dans la prise des décisions, son mépris de la consultation et du contrôle institutionnel et légal dans le cadre de l’État de droit, sont les principales causes des drames passés et actuels.




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