Devoir de mémoire

devoir de mémoire
Durant la décennie noire, les édifices publics étaient particulièrement ciblés. New Press

Par Kamel Moulfi – La diffusion par la télévision publique, le 29 septembre dernier, à l’occasion du douzième anniversaire de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, d’un documentaire sur les atrocités commises par le terrorisme en Algérie, a sonné incidemment le réveil d’une catégorie d’individus – certainement une minorité dans notre pays – qui ne veulent pas que la mémoire des Algériens conserve le souvenir de cette période cauchemardesque dans laquelle ils ont vécu durant plus d’une décennie. Le documentaire d’une demi-heure environ, qui s’intitule «Pour que nul n’oublie», a parfaitement justifié son titre puisqu’il a révélé en effet que ce n’était pas l’avis de cette minorité.

Ceux qui ont dénigré l’initiative de la télévision publique n’ont pas été convaincus par l’intervention du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui a défendu la diffusion du documentaire et a même remercié les responsables de la télévision publique pour l’avoir programmé. Pour justifier l’opportunité de cette émission, Ouyahia a invoqué à la fois la nécessité de rendre hommage aux victimes du terrorisme et le rappel à ceux qui auraient pu oublier cette réalité ou seraient tentés de le faire. En fait, ce devoir de mémoire n’est pas du goût de certains de nos concitoyens qui seraient capables, un jour, de nier tous ces crimes commis contre le peuple algérien.

Une autre catégorie d’Algériens a malheureusement fait dans la confusion totale, en prêtant à la télévision publique des intentions politiciennes visant à faire diversion sur les difficultés actuelles que traverse le pays et à faire peur à la population pour la dissuader de toute tentation de contestation et, pire, de changement. La télévision publique doit-elle – pour éviter d’être accusée d’instrumentaliser la décennie du terrorisme au service des buts politiques du pouvoir – ne pas respecter le devoir de mémoire qui dicte de montrer des images qui sont la preuve de ce qu’a enduré l’Algérie pendant que les dirigeants des pays occidentaux donnaient l’impression de fermer les yeux pour ne pas avoir à condamner ces horreurs et leurs auteurs ?

K. M.

Comment (5)

    Izem
    7 octobre 2017 - 20 h 03 min

    Et pourquoi les dirigeants des pays occidentaux donnaient l’impression de fermer les yeux pour ne pas avoir à condamner ces horreurs et leurs auteurs ? Qui plutôt les faisaient taire ? Par quel moyen ils achetaient leur silence ? Ca c’ est une bonne question …




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    Felfel Har
    7 octobre 2017 - 16 h 57 min

    Je m’incris en faux contre ceux qui estimaient nécessaire de diffuser un film sur les atrocités de la décennie noire zaama « afin que nul ne l’oublie ».Les Algériens, dans leur immense majorité, n’ont pas besoin de l’ENTV pour leur rappeller cette catastrophe; ils n’ont rien oublié des massacres, des assassinats, des destructions commis par d’autres Algériens sous l’effet de la drogue wahabite. Le timing de cette émission est suspect et son objectif caché était d’étaler de la pommade sur celui qu’on nous présente comme « la sauveur de la Nation » et de préparer le peuple à accepter le 5ème mandat. Sous le fallacieux motif de célébrer l’annniversaire de la Réconciliation Nationale, on chante un hymne à la gloire de celui quui depuis 20 ans mène le pays vers le chaos. A quoi a servi « sa » réconciliation? A nous anesthésier pendant que son clan engrangeait en toute impunité tout ce qu’il pouvait de manière tout à fait illégale, illégitime et immorale. Ils ont taillé le pays en pièces et ne veulent rien laisser aux futures générations. La décision d’exploiter le gaz de schiste découle de cette logique. Un vraie politique de la terre brûlée! Cette émission n’est qu’un flop, un de plus car nous ne sommes pas dupes. Lakhbar idjibouh touala!




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    Abou Stroff
    7 octobre 2017 - 16 h 10 min

    « La télévision publique doit-elle…. ne pas respecter le devoir de mémoire qui dicte de montrer des images qui sont la preuve de ce qu’a enduré l’Algérie … » s’interroge K. M..
    l’interrogation aurait pris une autre dimension si la télévision publique s’était, dans la foulée, interrogée sur l' »absolution » des assassins (certains ont maintenant le rang de chakhsiates watania) de femmes et d’enfants par le pouvoir en place, lequel leur a même octroyé des primes d’installation pour envahir et monopoliser les commerce formel et informel.
    moralité de l’histoire: le devoir de mémoire est une condition incontournable pour cicatriser des plaies mais l’amnésie que nous impose le pouvoir en place est elle compatible avec le devoir de mémoire?




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    malik
    7 octobre 2017 - 15 h 49 min

    La diffusion par la télévision nationale des images sur la décenie noire a fait l’objet d’une émission avant hier sur France 24 et bien sur Iil y avait sur le plateau Hichem Aboud pour relayer la thèse de l’instrumentalisation. Heurusement, il y avait en duplexe à partir d’Alger, le Directeur de l’information de Dzair tv, Samir Aggoun, pour dire que c’est un devoir de mémoire pour les Algériens notamment pour la nouvelle génération qui est en droit de connaitre ce qu’avait enduré leur pays et leurs concitoyens seuls et sous embargo international. Il est vrai qu’il n’y avait pas encore le 11 Septembre pour que le monde entier découvre enfin le terrorisme islamiste dans toute dimension.




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    Salah
    7 octobre 2017 - 15 h 32 min

    AP vous pensez que le peuple est amnésique ? Le peuple ne pardonnera jamais ces terroristes !
    Oui voire les bourreaux ce pavaner en toute quiétude en prime une indemnisation.
    Oui c’est une manipulation par le clan en est entrain de préparer l’empreur boutef4 pour un 5 ème mandats point barre




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