Yasmina Khadra, Boualem Sansal, Kamel Daoud ou les nouveaux Voltaire

Khadra littéraire
L'auteur algérien Yasmina Khadra dont les œuvres ont été traduites dans plusieurs langues. D. R.

Par Dr Arab Kennouche – Sansal, Daoud, Khadra formeraient-ils déjà un groupe littéraire qui entrerait dans l’histoire contemporaine de l’Algérie et dont l’esprit voltairien viserait à provoquer un chamboulement de la pensée critique en Algérie ? Beaucoup d’encre a coulé depuis que les succès littéraires de ces trois personnages consacrés par l’intelligentsia parisienne ont reçu un retour de boomerang inattendu en Algérie, suscitant la crainte des uns et des autres, dont Rachid Boudjedra, qui n’hésitera pas à les qualifier de «contrebandiers de l’Histoire». Sont-ils à ce point à blâmer, comme le suggère une bonne partie de l’opinion publique algérienne, sous le prétexte d’une trahison voilée à la cause nationale, ou faut-il voir dans cette excroissance francophone de la littérature nationale, une phase critique qui manquait justement à l’élite algérienne encore trop habituée aux vieilles joutes politiciennes sans l’apport de la littérature ?

Il est inutile, ici, de s’attarder sur les qualités littéraires des œuvres en question : la critique algérienne, à commencer par Boudjedra, s’est sans doute un peu trop froissée sur la forme qu’elle à mêlée au fond d’une pensée qui devrait être pourtant au centre de nos préoccupations. C’est par cette absence de distinction entre la pensée de ces auteurs et le substrat littéraire qu’on s’empêche de voir chez eux l’essentiel : une tendance à la généralisation excessive des maux de l’Algérie que l’on impute en bloc à trois éléments presque indissociables, l’indépendance nationale, l’islam et le FLN. En effet, si nos écrivains aspirent à devenir de nouveaux esprits libres, ironiques et mordants, il n’en reste pas moins qu’ils disposent encore d’une fâcheuse habitude consistant à ne pas critiquer dans la mesure, à ne pas jauger, nuancer, concéder, admettre, reconnaître, ce qui fut un grand art chez les philosophes des Lumières, dont la plume incisive ne cessait jamais de se prévaloir d’une pointe d’humour, de tempérance, de tolérance et d’un droit à l’erreur.

Or, à lire ces auteurs au talent littéraire avéré, surtout dans le contexte de leurs activités télévisuelles, la situation générale de crise du monde arabe, de l’Algérie en particulier, de l’islam et des indépendances nationales seraient dues non pas en partie, mais totalement à des causes définitives peu nuancées et irréfragables : ces auteurs réfléchissent en bloc, sans démarche critique, en excavant de vieux poncifs qui avaient déjà cours dans l’imaginaire collectif de l’Occident chrétien, et qui a toujours nourri une haine féconde au plan littéraire envers le Barbare, le Turc, le Mahométan et désormais l’Etranger… En ce sens, Boudjedra a raison de faire le rapprochement entre une nouvelle massification odieuse de l’Histoire des relations islam-chrétienté reflétée dans les attitudes postmodernes de ces auteurs devenus honteux de leur algérianité, et la promotion de leur œuvre par l’expression d’un arabe maladroitement re-personnalisé, relooké, d’un islam re-barbarisé et d’une quête de la modernité en échec, critique prétendument libre (ou vécue comme telle comme un droit à la création) qui fait feu de tout bois sur ce qui a trait à l’Algérie indépendante.

Algérie indépendante ? Nos trois compères la vivent presque honteusement, chacun à sa façon, il faut l’admettre, comme une remise en cause des succès pourtant si nombreux de l’Etat algérien libre. A en croire nos nouveaux penseurs voltairiens, il n’existerait aucune réussite palpable de l’Etat algérien. Pourtant, c’est bien sur ce socle solide que sont nés et on crû nos écrivains, et ce sont dans les écoles de l’Etat algérien qu’ils ont pu aiguiser leurs premières armes. Il ne s’agit pas de rendre idyllique toute la période de l’indépendance, ou de se livrer à un marchandage, loin s’en faut, mais force est de constater que nos auteurs, dans un esprit anti-voltairien, n’ont jamais pu nous raconter leurs joies algériennes, autant que leurs tristesses, au-delà d’un exercice de critique historique en bonne et due forme des problèmes politiques algériens. On massifie à l’extrême, on densifie au plus haut degré tout l’Etat algérien, l’islam et le FLN au point de les rendre responsables de tous les maux sans savoir faire preuve d’objectivité, d’indulgence et de compréhension envers les efforts fournis, les erreurs admises. Idem pour le jeune ou la jeune Maghrébine, objets de toutes les approximations fallacieuses qui nourrissent pleinement l’imaginaire islamophobe dans une Europe «daechisée». Avoir honte d’être ce que l’on est se joue alors comme une forme de concession intellectuelle à l’égard de l’adversaire, une preuve d’intelligence que les autres algériens malheureusement n’ont pas.

Oui, contrebandiers de l’Histoire si l’on admet que nos Voltaire nationaux, par excès de jugement, accusent métaphoriquement mais sans relâche un peuple, une religion, une entité comme les responsables ultimes de tous les maux actuels du monde arabe. Car il existe deux types de fascisme ; celui politique qui fonde un état totalitaire et essaye de le justifier par la force et la violence illégitimes, et un autre purement intellectuel, fascisme de la critique qui rejette en bloc tout objet, tout phénomène, tout événement derrière une cause unique, sidérante, scandaleuse à outrance, sans avoir pris la peine de démêler l’écheveau de toutes les subtilités enfouies dans un problème auquel elle est confrontée.

Loin de s’être exercés au préalable à un tel cisellement de la pensée, celle qui aurait fait tant plaisir à un Pascal, nos auteurs commettent l’irréparable en opérant des raccourcis dignes des plus grands slogans fascistes qu’ils s’ingénient pourtant à dénoncer : l’islam, c’est la frustration sexuelle des hommes et la cause des violences de Cologne ; l’Etat algérien est foncièrement fasciste par le parti unique qu’il oppose à tous les autres, donc je ne peux revendiquer un droit absolu à la création littéraire, qui existerait partout ailleurs, sauf en Algérie bien entendu. Sansal, Daoud et Khadra s’en donnent à cœur joie en accusant de censure intellectuelle l’Etat algérien, comme si celle-ci n’existait que chez nous et surtout pas en France où liberté rime avec égalité et fraternité béates. En se réfugiant dans le droit à la création littéraire, à «l’autonomie», ils essayent tant bien que mal de nous persuader que seule l’Algérie parmi toutes les nations en serait dépourvue – pauvre Algérie qui souffrirait de ce retard, un de plus. N’est-ce-pas, là, un procédé bien totalitaire de la pensée que de dénoncer une tare qui serait bien algérienne comme si en ce pays, terre littéraire par excellence depuis Saint-Augustin et Apulée de Madaure au moins, jusqu’à Kateb Yacine, on manquerait de profondeur historique, de tradition littéraire et poétique, pour venir greffer ces derniers troublions en mal de sensations existentielles ?

Oui, contrebandiers de l’Histoire parce que l’Arabe de Camus, le FLN fascisant et Novembre 54, le soi-disant crime de lèse-majesté par excellence, sont l’objet d’une grossière substitution et fonctionnent comme des totems aveuglants chez nos nouveaux Voltaire de la dissidence. Aimantés par un désir de se faire pardonnés au père, à la patrie française chassée malencontreusement par le FLN, ils y ont substitué un totémisme littéraire qui les fascine au point de passer des années à en cisailler la langue mère. Mais ils ne parviennent guère à se tirer de ce tourbillon totémique qu’au prix d’une grande paresse intellectuelle, qui ne leur fait pas voir la réalité complexe des choses, des états, des événements. Pris dans un champ de conscience réducteur, ils ne voient plus rien de la terre nourricière qui les fit naître et qui ne les a jamais reniés. Alors, livrés à une contrebande des objets sacrificiels de l’Histoire nationale, ils n’en retirent que le vil prix d’une piraterie passagère que Boudjedra a bien voulu condamner.

A. K.

Comment (63)

    Caocao
    5 novembre 2017 - 14 h 00 min

    Ce trio là a fait comme les starlettes avec Weinstein de Miramax (et qui maintenant crient aux viols et au harcèlement après avoir touché le pactole et eu une certaine célébrité). Pour obtenir un boost il faut une sucette et plus si affinités littéraires.
    En termes plus mondains, ce sont des prostitués. Ni plus ni moins. Reste à savoir à qui mieux mieux.




    7



    5
      Brahim
      6 novembre 2017 - 18 h 26 min

      @Caocao , tu es au niveau … pâquerettes … Pardon de te le dire,mais c’est ce que je pense !




      0



      1
    elkandil
    4 novembre 2017 - 20 h 39 min

    Les commentaires sur Boudjedra de la part de certains sont tout à fait répugnants. C’est vrai qu’il a osé ce que personne n’a eu le courage de faire: dénoncer une poignée d’arrivistes scribouillards qui ambitionnent de se bâtir une réputation sur le dos de leur pays.




    9



    6
    elkandil
    4 novembre 2017 - 19 h 59 min

    Tous ceux qui dénoncent le grave manquement tant sur le plan éthique que politique de ces trois personnages à travers leurs déclarations, interviews et écrits plus que choquants deviennent soit des alliés du pouvoir donc des privilégiés soit des ignorants. Sans aucun discernement.
    Attaquer Boudjedra parce qu’il a osé crier haut et fort son rejet de ces personnages qui non seulement se vautrent dans la compromission et semblent éprouver même une certaine jouissance mais en plus insultent et injurient leur pays d’origine, ce n’est pas raisonnable. C’est même insensé. Boudjedra est de la race des Algériens qui ne courbent jamais l’échine, ses écrits et ses prises de position témoignent pour lui.
    Quant à nos « illustrés » personnages, s’ils se complaisent à ce point d’être des mercenaires de l’écriture, cela ne nous regarde pas mais de grâce qu’ils trouvent un autre exutoire, d’autres sujets pour leurs pitoyables chroniques… Qu’ils aillent trouver leur inspiration ailleurs et qu’ils nous oublient.




    6



    2
      Anonyme
      4 novembre 2017 - 22 h 30 min

      Il faut faire la différence entre l’Algérie et le régime qui y sévit. je n’ai jamais entendu l’un de ces trois écrivains dire du mal de leur pays.
      Le FLN ce n’est pas l’Algérie !!




      3



      7
    elgat
    4 novembre 2017 - 18 h 59 min

    pourquoi vous incluez le patriote Khadra , avec ces félons que lui même a dénoncé. ce n’est pas juste.




    3



    6
      Anonyme
      5 novembre 2017 - 13 h 56 min

      Khadra patriote? Lui corrompu jusqu’à la moelle. Je vous rappelle qu’on lui a donné un poste à Paris par pure complaisance.
      Les patriotes sont ceux qui ont été mobilisés durant la décennie noire et qui sont rejetés maintenant.
      Khadra n’en a jamais fait partie.




      4



      3
    Abou Mrang
    4 novembre 2017 - 13 h 54 min

    Les masques tombent ?
    Camus, un autre souffre-douleur de Boudjedra et de ses affidés écrivait je ne sais plus où, et je le cite de mémoire approximativement: « les intellectuels déçus deviennent terribles , il ne leur reste que de l’aigreur à distiller « .

    Si KD, Sansal et Y.K sont des contrebandiers, Boudjedra est un mercenaire.
    Un mercenaire de la plume, il n’a ni conviction ni patrie. S’il écrit en français il se bat contre. Il peut sans se trahir changer de camp. Il faut être dupe pour croire que c’est avec KD qu’il voudrait se réconcilier, il en a cure de KD (…). Non, il ne veut pas que Fafa qui le connait lui tire le portrait car elle sait des choses sur lui, c’est tout de même elle qui l’a fait. Ce que dit Boudjedra en Algérie c’est pour la galerie , Fafa est habitué aux reniements de ses tétards elle connait en vérité ses rejetons qui la renient constamment et n’hésitent pas à cracher dans le biberon. Mais Boudjedra qui ne veut pas s’assumer en tant que tel ne voudrait pas que son alma mater le renie. Il joue ou …. Allez savoir !
    Croyez-moi, les plus féroces d’entre nous contre Fafa sont les plus serviles quand il s’agit de quémander. Ils paient chèrement leur rachat et Boudjedra le sait.

    Un ancien ministre qui naguère fustigeait hizb frança se la coule douce aujourd’hui chez Fafa. Quand on lui a posé la question, il a répondu: wech, j’aime frança!!




    7



    8
      Abou Mrang
      4 novembre 2017 - 19 h 08 min

      Heu….. tant pour moi! j’entendais  » tétares » une licence langagière du verbe téter et non « tétards » ni d’ailleurs  » têtards » si j’avais voulu ne pas me tromper de faute en corrigeant mon erreur.
      Cordialement,
      Merci.




      0



      1
    Karamazov
    4 novembre 2017 - 9 h 47 min

    Au cas où certains ne le sauraient pas Boudjedra qui a mangé son chapeau d’athée et qui se renié, goudem Rebbi wa 3badou, vient de récidiver en ce qui concerne Kamel daoud qu’il avait accusé d’appartenance au GIA. Il serait en train de négocier courageusement le retrait du passage incriminé suite à la plainte de en France de KD.
    que risque-il? Si le procès se passe en France , l’Algérie n’extrade pas ses ressortissants et Boudjedra, le parangon du nationalisme qui a l’Algérie chevillée au corps, protégé par Said Boutef himself, pourrait continuer à se la couler douce sans risque.
    Sauf bien sûr s’il ne veut pas, comme nos trois sicaires, déplaire totalement à Fafa et que tout ça n’est que simagrées destinées à la séduire vicieusement.




    3



    11
    ZORO
    4 novembre 2017 - 9 h 40 min

    David et Son sale, un couple qui n aime pas les arabes et deteste les musulmans ils ecrivent aux arabophobes et islamophobes pour satisfaire leur paranoia. Cercle ferme qui n interesse aucunement l immense majorité des algeriens.




    11



    6
    BEKADDOUR Mohammed
    4 novembre 2017 - 6 h 05 min

    Il y a ceux qui ont le moyen, et le temps de lire les romans, les essais, et ceux qui n’en ont pas. Ce débat est réservé aux privilégiés, notre monde est ainsi, Son Créateur l’a ordonné par la destinée, qu »Il a varié à l’infini. Il a ordonné à sa créature humaine de lire, « Lis ! »… De ces trois écrivains, je n’ai lu que certaines chroniques de Kamel Daoud, je l’ai admiré, ses chroniques étaient l’expression d’un sport. J’ai parcouru les réactions, malheureusement en ce temps de tout va trop vite, (L’accélération du temps, un certain René Guénon l’a notée, il y a longtemps, dans son livre « Le règne de la quantité et les signes de ce temps »), on n’a pas le temps de faire la bonne synthèse, c’est complexe, riche, épais, on sent venir la catastrophe, voire la folie généralisée. Quand tu abordes l’univers littéraire français, avec l’ambition d’être admiré, primé, et surtout si tu es un combattant, (Mohammed SAAWS a dit que l’encre du savant est plus précieuse que le sang du martyr…), tu dois savoir qui tient La Maison, et ces trois écrivains le savent, nécessairement, comme ils savent qui occupe cette maison, notamment les Pieds Noirs, sensibles à tout ce que L’Algérien exprime, eux qui auraient aimé qu’il soit mort, les Juifs aussi, les Juifs surtout qui par l’argent et l’intelligence tiennent toute La Maison d’une main de fer, alors soit tu te retires, soit tu te lances dans l’arène, tu en sortiras indemne si tu as le don des métamorphoses, être Caméléon par exemple, on en veut au caméléon homme, pourtant un Caméléon n’est pas contre soi, il doit juste survivre ! A moins d’être un caméléon idiot, je suis sûr pour au moins Daoud et Khadra, ils ne sont pas idiots, c’est une Avant-garde : En poste avancé !




    2



    7
    Algérie Authentique
    4 novembre 2017 - 1 h 03 min

    je ne pense pas que ces personnes soient aussi bêtes que vous les dépeignez , elles pensent différemment de vous , elles ne renient pas leur pays juste elles auraient aimé qu’il soit plus libre plus en avance plus…. , au lieu de constater cette horrible retour en arrière, cette déliquescence dans tous les domaines ! …. et vous monsieur au prix de quel manquement avez vous réussi à ciseler cette langue de Voltaire ?




    7



    9
    AYMEN
    3 novembre 2017 - 18 h 04 min

    Rachid Boudjedra n’a pas fait dans l’hypocrisie, ou la paresse intellectuelle, il a apporté un témoignage , une lecture, de ce flux de littérature algerienne, qui se déverse uniquement sur les trottoirs de paris, mais jamais en algerie, la patrie de ces auteurs, auxquels l’Algérie a tout donné…de celui qui qui était officier de l’ANP, yasmina khadra, à Boualem sansal, ex cadre du ministère de l’équipement.. qui s’est inventé tout seul, une aura d’opposant qui frise le révisionnisme et la négation de tout…que personne en algerie n’a empêché d’éditer un livre , mais qui comme don Quichotte..imagine des batailles..contre un ennemi imaginaire…mais quand cet ennemi et bien visible..et bien mis à nu par l’histoire et les faits , devant ses crimes et méfaits boualem senasl, ne le voit pas…à force de vouloir plaire…pour être dans les bonnes grasses de la France..il est prêt à toutes les négations…de l’histoire de son pays…à celle des autres…il n y’a qu’à lire ..sur internet…le discours prononce par ce renégat devant le knesset israélien …ou il renie au peuple palestinien le droit de se révolter contre l’occupation et la barbarie israélienne, il est allé dans une diatribe, larbiniste, au point de qualifier les palestiniens d’agresseurs et les israéliens de victime de la terreur des palestiniens….mêmes les plus fervents défenseurs de l’entité sioniste n’ont pas osé franchir ce pas…lui ..il l’a fait…. Boudjedra doit se taire..devant ce genre de trabendisme de l’histoire…?




    16



    7
    Karamazov
    3 novembre 2017 - 17 h 55 min

    @ Bouzorane,
    Je ne connaissais pas Sansal et ces des gens comme Mardaci et Kennouche qui m’ont poussé à le lire mais si je devais vous recommander un écrivain Algérien c’est Sansal. Commencez par Rue Darwin pour voir. Ces gens sont prisonniers du nationalo-arabo-islamisme , ils reproche aux autres d’aller voir ailleurs comment est le gazon !
    Cette critique tire sa son fiel de vielles rancoeurs bien retransmises aux héritiers.

    Il y a de ça une soixantaine d’années des Lacheraf , Mohand Cherif Sahli et consort sont tombés à bras raccourcis sur Mammeri qui avait osé une « colline oubliée » transcendant l’apesanteur colonialiste et nationaliste. On avait comparé ce roman à la colline inspirée de Maurras le plus nationaliste des écrivains français grand-père spirituel du Front national d’aujourd’hui.

    Ya3ni ontarnous, ontarnous kane, je vous avoue que ne lis les écrivains algériens que pour ne pas être en reste et pour savoir de quoi je parle quand il en est question.

    J’ai lu vite fait et d’un trait l’opuscule de KD (Meursault) et j’ai expédié en deux fois Zabor, et je les ai oubliés. J’ai lu aussi 4 romans, chacun, de YK et de Boudjedra. Qu’il s’agisse de KD(amusant) de Boudjedra ou de Y.K(harassants), j’ai juré que quelques soient le marketing et les sirènes, on ne m’y reprendra plus.
    Quant à Sansal, j’ai pris la décision de le lire, il y a seulement deux ans et j’ai lu tous ses romans. Sont-ils passionnants ou captivants ? Non, je trouve seulement qu’ils sont d’un autre jus que les odes et les louanges habituelles à la patrie. J’ai aimé Rue Darwin, chouia.
    Je ne lis pas les nouveaux auteurs, les Houellebecq et les Nothomb ne m’intéressent guère.
    Je ne lis ou relis que les Classiques : Russes, américains, français.

    Il m’arrive de relire les classiques, Steinbeck, Bruno Traven, Balzac, Dostoïevski et d’autres, jamais un nouveau roman ou un roman algérien. Je ne dis pas que ces romans aient démérité en quoi que ce soit. C’est de la littérature aussi: on aime ou on aime pas. On écrit comme ça vient, dans le roman, surtout dans le roman, il n’y a pas de figures imposées!




    9



    9
    Argentroi
    3 novembre 2017 - 17 h 41 min

    Le chauvinisme littéraire n’aidera pas l’algérien à avoir s’ouvrir au monde. Se libérer du carcan nationaliste est un exercice douloureux pour Kamel Daoud, Khadra et Sansal et d’autres puisqu’il leur est inévitable d’écorcher nos conservatismes qui n’ont pas su préserver l’universalisme des valeurs de Novembre. La régression a été tellement profonde qu’il devient nécessaire de recourir à la provocation pour en atténuer l’effet et se relever. Tant pis pour les conformistes!




    11



    8
      AYMEN
      4 novembre 2017 - 0 h 13 min

      alors va lire le « serment des barbares » de boualeme sansal..et dit nous ce que tu penses de cet illuminé…mais le problème est pathologique chez lui et les autres, ils donnent tous l’impression en France qu’ils sont persécutes en algerie, alors que personnes ne les connais à la douanes de l’aéroport d’Alger ou d’Oran…et personne ne les cherche…ni leur interdit de donner une conférence à Alger ou ailleurs…c un peu les nouveaux  » souaydia » qui s’est inventié un grade d’officier du DRS, pour narrer des massacres imaginaires que le DRS avait commis en 90, mais une fois démasqué, aucun plateaux de tv français ne voulait le recevoir…il vit dans l(anonymat total, dans une banlieue française…et rumine ses trahisons comme ses ancêtres les harki. question à deux sous…il était ou ce sansal…quant le fis fasciste assassinait à tour de bras les algériens…intellectuels et citoyens…ordinaire…durant la décennie noire..il était tapis au ministère de l’équipement , du temps du ministre mokdad sifi,…il n’a pas dit mot….
      une fois à paris, après sa retraite de rentier…il étonne même ses anciens collègues…du ministère qui ne l’ont jamais vu dans la peau d’un apposant ou intello révolté… il aurait pu s’inspirer et méditer le sort des écrivaillons marocains…qui pour plaire à leur maîtres francais…ont pondu des dizaines de pamphlets contre leur société et leur pays, au point de le caricaturer rien que pour avoir un petit prix d’une maison d’édition …puis ils sont oubliés…comme des citrons pressés….de leur jus de traître et de larbin…pour finir à la poubelle de paris…pas celle de l’histoire…tahar bendjelloun a pratiqué et connait bien ce parcours…




      8



      2
    Lghoul
    3 novembre 2017 - 17 h 05 min

    La recette de toutes les dictatures du monde est la suppression du savoir couplé a la religion, la drogue et a la superstition a outrance. La misère intellectuelle et matérielle s’y suivent automatiquement et le citoyen devient un esclave heureux. Faite une analogie et cherchez si les richesses, intellectuelle et matérielle ne sont pas liées au savoir. Alors posons nous la question: Pourquoi tous les pays musulmans et arabes en particulier sont pauvres meme si la plupart ont du pétrole ? Alors pourquoi malgré les richesses ils sont toujours pauvres ? C’est que quelque chose ne marche et ne cloche pas alors. Voici le type de question qui fait horreur aux dictateurs car si on peut poser une question c’est qu’on réfléchit et si on réfléchit on pourra changer les choses et sa condition et si on change les choses on n’est pas des etres normaux donc on doit se soigner dans des cliniques de type Belahamar avec des comprimés RHB. Et on voit les résultats aujourd’hui.




    9



    7
    Mahmoud
    3 novembre 2017 - 15 h 39 min

    Je voudrais bien que certains de ces journalistes qui depuis quelques jours sur AP s’attaquent à bras raccourcis sur Daoud, Semsal et Khadra (notamment depuis que le « Voltaire » algérien Boudjedra les traite de harkis) , oriente un peu plus leur belle plume recherchée, affinée et riche , et ce dans un vocabulaire digne de célèbres littéraires du siècle des lumières, vers l’analyse minutieuse (…. avec un vocabulaire et des mots aussi riches que ceux que vous avez trouvé pour taper sur les trois algériens ci-dessus …) de la nature sociopolitique du pouvoir algérien de 62 et pour nous expliquer pourquoi les algériens perdent de plus en plus leur flamme patriotique qui les animaient pendant les premières années de l’indépendance , patriotisme qui faiblit jour après jour c’est une réalité ! Est-ce que tout ce qu’on observe autour de nous, ce n’est pas quelque part, d’abord et avant tout, la faute du pouvoir politique dictatorial, autoritaire et autocratique algérien de 1962, devenu monarchique depuis 1999 ?? Hein, allez courage les gars, on piaffe d’impatience de vous lire sur ce sujet car je sais que vous maîtrisez à la perfection la langue du colon, je dirais même mieux que lui parfois !




    25



    15
    Abdelrahmane
    3 novembre 2017 - 15 h 38 min

    Une diatribe arabo-arabe qui ne nous repprèsente en rien. L’Algerie n’a jamais ètè arabe et les intellectuels du régime qui se chamaillent sur cette symbolique arabe officielle, est simplement le signe de la fin de reigne.




    17



    18
    Elkandil
    3 novembre 2017 - 15 h 19 min

    Après la chute de Grenade en 1492, des musulmans, pour sauver leur vie, durent embrasser le christianisme et endurer l’humiliation. Même après s’être convertis, ils ont continué à faire l’objet de toutes les suspicions de la part des catholiques à tel point qu’on leur faisait embrasser des porcs non pas seulement pour s’assurer du reniement de leur identité mais surtout pour mieux les humilier.
    Cet exemple, bien sûr, est différent dans la mesure où les Andalous restés en Espagne après 1492, ont essayé de sauver leur vie, ils n’avaient guère le choix. Il ne s’agissait ni de gloire, ni de reconnaissance et encore moins d’argent. Vous aurez compris que les mentors de notre trio d’écrivains « célèbres » continueront à pousser leurs plumitifs jusqu’au bout du reniement.




    18



    10
      Bouzorane
      3 novembre 2017 - 20 h 59 min

      Sauf que les andalous recus humainement en Algerie veulent remplacer l’identité de ceux qui leurs avaient ouvert les bras. Ils veulent s’emparer du pays d’acceuil.




      4



      7
    Bouzorane
    3 novembre 2017 - 15 h 02 min

    Comment peut-on accuser les autres d’anti-algérianisme et n’avoir en meme temps que des références mondialistes anti-patriotiques telles que «  »Voltaire, islam, arabe, Maghreb… » »???!!!…. Pour ceux qui ne l’ont pas encore compris, mettre l’Algérie sous une tutelle supra-nationalie (« maghreb », « monde arabe » « islam »), c’est anti-algérien!….L’Algérie est orpheline de ses enfants qui la maltraitent…. l’Algérie est surtout orpheline de ses soi-disant intellectuels….des intellectuels qui délaissent leur Patrie et se penchent sur des problèmes lointains qui ne nous concernent pas!….Des intellectuels qui s’intéressent au monde entier sauf à l’Algérie!….Au lieu de prétendre résoudre les problèmes de 1 milliard et demi de musulmans, il fallait se concentrer sur la mère Patrie….Et les problèmes en Algérie, ce n’est pas ça qui manque : 3 siècles de domination étrangère, ratage de tous les grands RDV de l’humanité et de toutes les révolutions (scientifique, industrielle, nationaliste, politique,…), effets post-traumatiques de la colonisation, intoxication à la religion, manque de sentiment d’unité nationale,…, bref, des penseurs dignes de ce nom ont de quoi s’occuper pendant des années et des années….Au lieu de cela, ces intellectomanes (expression inventée par malek bennabi et qui s’applique à lui-même) ont préféré tourner le dos à l’Algérie et ses graves problèmes, ont opté pour le mondialisme et le cosmopolitisme….malek bennabi s’intéressait à « l’axe Tanger-Djakarta »….Arkoun était absorbé par « la pensée arabe »….Malek Chebel s’occupait de « l’islam des lumières »…L’Algérie est orpheline à cause du cosmopolitisme de son élite….Elle est complétement délaissée par ces pseudo-intellectuels mondialistes qui pensent que l’Algérie n’est pas assez importante pour eux et ne les mérite pas…. Des complexés qui considèrent l’Algérie comme un petit détail comparé à une entité plus grande et donc plus importante qui doit forcément englober l’Algérie et la mettre sous sa tutelle!




    15



    15
      Anonyme
      4 novembre 2017 - 9 h 37 min

      Pour écrire sur l’Algérie en restant en Algérie, il faudrait caresser le sens du poil si non on ne sera jamais publié pire on ne pourra même pas faire une petite simple conférence dans un café mort où trainent quelques chômeurs l’exemple de café littéraire de Bejaia le montre bien.
      Avec ce régime, il n y a rien à faire si ce n’est pas fait dans la soumission absolue et forcément donc pour servir le régime. Reste une seule option: sortir du pays et devenir libre!! après tout le monde est devenu un vrai village quant à la communication aujourd’hui.




      2



      1
    Pâquerette
    3 novembre 2017 - 14 h 48 min

    Il faudrait faire une recherche sur les interactions historiques et sociales de ce trio. A savoir par quel biais est parvenu cette ascension fulgurante. C’est toujours par le vécu d’une personne qu’on peut émettre des suppositions pour arriver à ce degré de reconnaissance. Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis




    13



    10
    Bouzorane
    3 novembre 2017 - 14 h 29 min

    Ce Monsieur ne se doute vraiment de rien!….Je ne connais pas Sensal, mais YK et KD sont 1000 fois plus patriotes et nationalistes que l’auteur de cet article!!!… Monsieur AK, vous êtes vraiment gonflé!…vous vous faites des films!….Vous qui accusez les autres d’anti-algérianisme, relisez-vous donc!!… «  »Voltaire, islam, arabe, maghreb… » » vos références révèlent votre cosmopolitisme mondialiste….le mondialisme est par définition anti-patriotique…..Vous êtes dans le déni et vous ne vous rendez pas compte de vos incohérences!




    24



    18

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.