Une contribution de Youcef Benzatat – L’esthétique de la fuite…

IFA Fuir
Chaque citoyen algérien se trouvera mille raisons pour fuir… D. R.

Par Youcef Benzatat – Fuir ce pays inhospitalier où l’on craint les lendemains. Fuir par tous les moyens. Telle est la principale hantise de ses habitants, à toutes les échelles de sa hiérarchie sociale. Le chômeur, le salarié, le célibataire, le marié, le député, le ministre, l’ingénieur, le footballeur, l’homme, la femme, et beaucoup plus l’étudiant, tous sont hantés par cette fatalité de la fuite. Parfois même des commerçants et des entrepreneurs balancent tout et se font la male. Voire, des universitaires, des médecins et des écrivains, même des chanteurs et tous ceux qui ont quelque chose à faire valoir ailleurs et qui ont été, eux aussi, hantés par cette fatalité de la fuite. Fuir ce pays qui n’a toujours pas su trouver le moyen d’offrir de l’hospitalité à ses habitants. Un pays qui n’a pas pu trouver le moyen d’édifier un environnement qui attire, qui fixe, qui est le contraire de celui qui repousse et qui fait fuir. Un pays inhospitalier, où les habitants ne pensent qu’à fuir. Même les anciens ministres et des Premiers ministres fuient ailleurs après leur retraite ou leur fin de mission.

L’oppression de la fuite est tellement partagée par les habitants qu’elle a imprégné l’imaginaire collectif et apposé son empreinte sur l’orientation de sa structure, de sorte que tout projet de vie est hanté de la même manière par cette fatalité de la fuite, où la réussite se mesure désormais au degré d’intégration dans la nouvelle vie de fuyard. Et cela a toujours été ainsi : rêver d’une vie meilleure, ailleurs. L’image tragique de la masse des étudiants déambulant et tassés autour d’une institution étrangère pour décrocher le ticket de la fuite, dans l’espoir de partir vers un ailleurs plus hospitalier – et qui a fait le bonheur de beaucoup de médias, surtout les plus malveillants – n’est qu’une séquence d’un processus historique où la causalité de la fuite n’a pu être engendrée que par l’effrayamment permanent devant l’horreur de l’inhospitalité. Pour ceux qui ne réussiront pas à fuir, il leur reste la voie de la résignation pour les plus avilis ou celle de la résilience, pour les plus tenaces parmi eux.

Les habitants ont, en effet, commencé à être happés par ce tourbillon de fuite depuis déjà plusieurs décennies. Depuis la fin de l’occupation étrangère. Certains depuis le coup de force contre le GPRA. Pour d’autres, depuis celui contre Ben Bella. Pour d’autres encore, c’est le coup de force de la promulgation de la Charte nationale qui les a exclus violemment de toute appartenance à ce pays et à sa population, qui les a poussés vers l’exil. La première fuite massive, après celle des colons, fut celle qui résultat de l’ouverture des frontières du pays, après la disparition du système de pouvoir pyramidal et totalitaire qui les tenait hermétiquement fermées d’une main de fer.

L’effondrement de cette pyramide pourvoyeuse de l’oppression de la fuite n’a pas permis au pays de se doter d’une identité et d’une stabilité qui auraient permis aux habitants de se fixer et de surmonter le sentiment d’oppression de la fuite. Il s’est produit plutôt le contraire : l’effondrement de la moralité et l’exacerbation des scissions au sein de la population. La société s’est scindée en plusieurs catégories dominantes, d’une part, les religieux et les identitaires, en marge desquelles essayent de se doter d’une identité alternative une troisième catégorie d’habitants, moins bruyante, mais qui se débat comme elle peut à la recherche d’une identité à soi, contemporaine et tournée vers le monde. Au sommet de l’échelle des hantises, les comploteurs contre l’hospitalité sévissent. Leur audace n’est plus cantonnée dans le refoulé ; sévir est devenu pour cette catégorie une jouissance partagée et consacrée. Si l’irruption spectaculaire des spectres de la violence moyenâgeuse avaient fait fuir des millions, celle qui ne jure que par le témoignage et le consentement des spectres des martyrs, ces comploteurs contre l’hospitalité ont consolidé et renforcé les conditions de l’oppression de la fuite à tel point que les habitants ne se sentent plus chez eux et que rien ne leur appartient.

On fuit comme on peut : fuir les urnes à défaut de militer, fuir le pays à défaut de lutter. Tellement l’inhospitalité côtoie l’horreur et le désespoir, qu’il ne reste que la fuite comme part de résilience. On fuit vers où on peut : vers la religion, vers l’identitaire, on fuit auprès des pourvoyeurs de l’inhospitalité pour amasser une fortune.

D’un côté, comme de l’autre, on fuit pour se fuir soi-même, en fuyant ses propres responsabilités de citoyen. Ne pas les assumer, c’est les fuir, et donc se fuir soi-même. Que l’on fuit vers l’étranger, vers la religion ou vers toute autre obsession totalitaire, on ne fait que se fuir soi-même. Fuir sa responsabilité de citoyen à militer, à lutter pour contribuer de sa part à l’édification d’un vivre ensemble, c’est nier la possibilité même de ce vivre ensemble. Comme le font les écrivains qui ont fui, à vouloir justifier leur fuite en néantisant tout possible, y compris celui de l’histoire, de la mémoire et de la conscience collective, en une vague d’esthétisme coincé d’entre le croisement des lignes de partage.

Le fuyard, tout en accomplissant sa nouvelle vie sous l’oppression de la culpabilité de la fuite de soi-même, après avoir à peine été libéré de l’oppression de l’inhospitalité, il savoure néanmoins en compensation l’amélioration de sa nutrition, de sa santé pour le commun des fuyards mais, pour d’autres, on savoure également les sensations de vivre la modernité, de consommer la culture contemporaine, de vivre dans un Etat de droit, un Etat… hospitalier. Et pour se donner l’illusion d’une bonne conscience, on s’acharne à cultiver la négation de tout possible, jusqu’à celui de soi-même, par le recours à la table rase, à l’image des suprématistes qui sont parvenus jusqu’à la synthèse du carré blanc sur un fond blanc. Même si le carré blanc laisse deviner à ses contours une ombre du possible : un carré blanc restera un carré blanc, symbolisant le néant, le vide, l’absence, la démission… la fuite.

Y. B.

Comment (33)

    Abou Mrang
    8 novembre 2017 - 12 h 07 min

    L’esthétique! L’esthétique est masque pour l’écoeurement devant face une si sentencieuse diatribe. Il s’agit ici d’un réquisitoire qui ne dit pas son nom. Mais bon, ne disais je pas que ce n’est pas avec des sentiments qu’il faut appréhender l’exil? Mais là je parlais à l’éxilé. Aux procureur j e dirais ces mots de François Villon:
     » Frères humains qui après nous vivez
    N’ayez contre nous le coeur endurci
    Car si pitié de nous avez
    Dieu en aura autant de vous, merci ».

    Partir ce n’est pas forcément fuir ! Cela suggère une certaine lâcheté et ce ne serait pas juste. On ne peut pas parler de l’exil de cette façon : l’exilé n’est pas si maso pour se faire une telle déchirure. Tout ceux qui partent ne fuient pas forcément, il ya une histoire personnelle dans chaque départ. Si vous voulez comprendre l’exil ce sont les complaintes de ceux qui l’on chanté qu’il faut écouter. Faite vous donc traduire El Hasnaoui, Sa3daoui Salah, Slimane 3azem et beaucoup d’autres. Je chiale quand j’écoute Hnifa chanter a y’aqhich sers thavalizth et quand je me rappelle qu’elle même est morte dans un hôtel sordide du 19ème à Paris.

    Les miens m’ont souvent reproché d’être parti. Il y avait beaucoup de jalousie et de mauvaise foi dans leurs reproches , et je n‘avais pas besoin d’eux pour m’accabler de remords : j’y arrivais tout seul.

    Puis, quand nous étions revenus pour nous réinstaller au bled , les miens ont fait courir la rumeur que nous avons été expulsés. Expulsés, nous ? Deux innofensifs zimigris ? Ma femme étant médecin dans un CHU réputé à Paris et moi universitaire. Tout ce beau monde s’est ligué pour nous pourrir la vie et nous forcer à repartir : ils ont réussi.

    Sans rancœur mais avec beaucoup d’amertume j’y suis reparti dans mon bled. Ces zozos qui me reprochaient ma lâcheté l’avaient tous quitté, ils avaient fui les tangos qui écumaient la région. Alors que moi je n’avais pas fui la région ou les tangos, mais leur société.




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    Lghoul
    8 novembre 2017 - 9 h 52 min

    Une chose est sûre: On ne fuit jamais un paradis.
    Je me demande bien depuis quand l’Algerie a pris la direction de l’enfer ? Depuis que la religion est devenue la monnaie courante quotidienne pour justifier la haine, le pouvoir, le vol, le viol et l’oppression psychique et physique en général.
    Comme si les algériens ne croyaient pas en Dieu avant 1988, ils recevront dix ans plus tard, le coup de gourdin sur la tête en 1999 qui nous ménera ou sous sommes aujourd’hui. Même les vieilles femmes de 70 ans veulent fuir.
    Alors si le bien-être est quotidien, pourquoi plus de 2 millions sont partis depuis 1999 ? Sinon, écoutons encore les bobards d’Ouyahia alors que les précédents raconteurs de bobards (saidani, sellal, ghoul…) sont déja partis.




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    bougamous
    8 novembre 2017 - 8 h 46 min

    Nos journalistes ont perdu le sens des mathématiques.C’est vrai que la photo de milliers d’étudiants agglutinés au centre culturel Français est frappante.Mais, un simple calcul:Au grand maximum, ces « fuyants »
    étaient au nombre de 5000 ou même …20000.C’est rien à côté des « MILLIONS » d’autres qui continuent à
    étudier et chercher un avenir en ALGERIE.Car, il faut le reconnaître, l’Algérie donne beaucoup aux Algériens.
    Même s’il y a quelques politiciens véreux…




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    water water
    7 novembre 2017 - 20 h 59 min

    Les ignorants , ce n’est pas ça qui manque dans le pouvoir.
    Les arrêts de cœur , ce n’est pas ça qui manque dans la société.

    Un animal est croyant bien qu’il ne soit pas doté d’intelligence.
    Vaut mieux faire partie de la nation animale qu’être intelligent et vivre dans ce black hole.




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      zaatar
      8 novembre 2017 - 8 h 42 min

      Dans un black Hole il n y a pas d’intelligence l’ami. Tout s’écrabouille dans un black hole. Même les âmes. Tout est purée non identifiée. Cependant, tu as tout à fait raison, il vaut mieux faire partie du règne animal qu’être à notre place.




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    Vangelis
    7 novembre 2017 - 20 h 38 min

    La honte !
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    Alors que le déclenchement de la guerre de libération avait été fait par des jeunes, voilà que d’autres jeunes espèrent plier bagages et s’en aller, quitter, rejeter le pays de leurs ancêtres.
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    En fait on ne peut pas leur vouloir de rechercher ailleurs ce qu’ils n’ont pas trouvé chez eux. Inutile de détailler les motifs qui sont nombreux et connus de tous.
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    La responsabilité première incombe au FLN, à sa famille révolutionnaire et à son président fakhamtouhoum qui ont tout fait pour mener le pays dans des impasses aussi flagrantes que des verrues sur le visage.
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    Cette clique s’est partagé le pays en s’accaparant le pouvoir en laissant les islamistes opérer dans l’informel. La plèbe, elle regarde ébahie les manœuvres qui n’augurent rien de bon et ce, d’autant plus qu’elle est dépitée de voir qu’il n’y a pratiquement aucune issue.
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    « Ya lbabor ya mon amor » prend tout son sens et rien ne semble changer. La preuve presque plus de 20 ans après la chanson, tout le monde veut foutre le camp.




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    Algérien Nationaliste
    7 novembre 2017 - 20 h 22 min

    Mais pour allez où ??? La misère est partout, dans tous les pays, vous perdez votre temps et votre argent. Construisez votre pays, arrêtez d’être soumis à l’étranger, ça fait 3000 ans qu’on se fait dominer, il est temps de se prendre en main tout seul sans l’aide du gouvernement, des islamistes ou des étrangers.




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    Anonyme
    7 novembre 2017 - 20 h 12 min

    je quitte mon pays parce que je ne plus la tronche de ould abbes , la langue de bois de ouyahia , le niveau bas des députés et l incompétence criarde des sénateurs sans oublier ces commerçants musulmans qui vont a la mosquée et qui bouffent la riba et le harram sans oublier ce barbus qui vends des strings et dessous aux femmes et lorgne leurs mensurations au bd didouche mourad allah yerhamou !




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    Lghoul
    7 novembre 2017 - 16 h 46 min

    Finalement la France est sortie pour rien pusique elle attire meme ceux qui ont le pouvoir, ceux du FLN inclus.
    Quel contradition. Et on parlera de « hizb franca » et companie et de « la main de l’étranger » quand il y a rien a moudre. En dehors de faire la chaine pour voter sans savoir pourquoi, qui a osé poser cette question: Pourquoi tout le monde veut fuir le pays ?




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    Argentroi
    7 novembre 2017 - 15 h 05 min

    Les algériens résistent à leur manière. Ceux qui partent ce n’est pas pour fuir car même ailleurs ils seront encore poursuivis par eux-mêmes, par leurs racines, par leur terre. Les algériens partent parce que ils ont en les moyens. Les algériens partent parce qu’ils ont les moyens de faire l’économie d’une révolution qu’ils ne savent pas mener de pair avec une société désorientée. De plus l’exil n’est plus comme avant, l’exil n’est plus un déchirement à l’ère des avions. Bref, Benzatat est toujours dans le registre du nationalisme chauvin quand il parle de fuite et de fuyards. La réalité est toute différente!




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      Ouelechaab
      7 novembre 2017 - 16 h 59 min

      Au lieu de «fuite», il me semble que le mot «rejet» est plus approprié. Les statistiques sont très limitées sur le phénomène migratoire international depuis l’Algerie.
      Cependant, comme tout phénomène social, la migration des Algériens a des caractéristiques constantes:
      1 – La migration internationale des Algériens daté du début du XX siècle. A ce titre, le mouvement national contemporain en est issu: C’est parmi les émigrés des banlieues françaises (Nanterre, etc) que sont nes les premiers noyaux qui ont donnés par la suite des organisations politiques revendiquant l’indépendance.
      2 – Si la migration internationale des Algériens peut être qualifiée de «fuite», cela concerne en premier lieu celle de son élite politique :
      2-a- De 1962 à aujourd’hui, la majorité des ministres et des hauts cadres retraités des structures de souveraineté émigrent, essentiellement en France, des qu’ils sont déchargés de leurs fonctions. Beaucoup des plus importants y ont même achever leurs vies (A. Boussouf, etc).
      2-b- La majorité écrasante de ces ex-responsables arrivent à exportés leurs richesses pour les investir à l’étranger depuis 1962 à ce jour (en France, Espagne, Qatar, etc).

      Donc s’il y a «fuite vers l’etranger», elle est
      d’abord celle des la majorité écrasante des responsables politiques et de leurs familles, qui montrent ainsi qu’ils ne croient pas (et qu’ils n’ont jamais crus) à leur pays.
      3 – Enfin, les chiffres montrent qu’incontestablement le phénomène de cette migration internationale des Algériens à pris une ampleur particulière, non pas durant la décennie rouge (1990-2000), mais depuis 2000 à ce jour.
      Les Algériens montrent ainsi qu’ils rejettent le système politique et ses gouvernants dont aucun n’a jamais rendu publiquement son bilan ni n’a été soumis à la Justice (affaires BRC, GCAgricole, Sonatrach, Panama Papers, etc).

      Pr Nadji Khaoua




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    coeur vif
    7 novembre 2017 - 14 h 22 min

    tres bel article qui dit beaucoup de verités ameres ;une belle analyse du moral de notre jeunesse sauf que le depart d’apres l’indépendance etait normal et pas tres important par rapport a une société dynamique.
    Ce qui n’est pas juste c’est de dire que les algeriens ont toujours fui leur pays, non les algeriens ont emigré pour s’épanouir. Mais la grande migration a été causée par le terrorisme (…)




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    Mello
    7 novembre 2017 - 13 h 30 min

    Mr Benzatat, pourquoi esthetique de la fuite ? Ce n’est pas une mode ni une quelconque vogue de vouloir se separer de tous ceux qu’on aime, sa famille, ses amis, son village ou son quartier pour partir dans un lointain pays ou les regles de vie ne sont pas necessairement convenables. L’hostilite et la mefiance sont les deux plus grands adversaires que l’on doit affronter. La solitude vous happe , vous etes face a vous memes loin de tout soutien ou appaisement dans les moments difficiles.
    De l’autre cote, votre maman ne dort pas, elle pense a vous, au sort qui vous est reserve, allez-vous revenir pour ses derniers jours ou son dernier souffle ?. Ce n’est pas facile de partir, mais les regles etablies vous y OBLIGENT, des regles insurmontables, vous etes rejetes de partout, aucun travail, aucun logis personnel, aucune volonte d’affronter ces problemes.
    A un jeune prêt a partir en harrag, un vieux dit : tu n’as pas peur de mourir en mer ? Non, mais ici on est deja mort, retorque le jeune. Alors esthetique de la fuite ? …
    Merci, tout de meme pour le sujet. Dans combien de temps nos concitoyens se targuerons d’aimer leur pays et y rester?




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    zaatar
    7 novembre 2017 - 13 h 01 min

    Emmenez moi au bout de la terre, emmenez moi au pays des merveilles, il semble que la misère serait moins pénible au soleil… il n’a pas tort le gars pour ce qui est de l’exemple de notre pays.




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      Flee Toxx
      9 novembre 2017 - 11 h 14 min

      salut Zaatar, je vois que: ti parle koum aznavor! mais tu aurais dû, à l’adresse de nos augustes dirigeants chanter:
      « Il faut savoir quitter la table
      Lorsque l’amour est desservi
      Sans s’accrocher l’air pitoyable
      Mais partir sans faire de bruit »




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    Anonyme
    7 novembre 2017 - 12 h 47 min

    Oui Mr youcef Benzetat on a surtout peur pour nos enfants dont l’avenir est des plus incertains
    Ils ont tout fait pour clochardiser la société et ils y sont parvenus
    Cette mal vie touche tous les pans de la société parce que personne n’est à sa place et que seuls les parvenus et les corrompus se la coulent douce. Le pays est devenu invivable!!




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      Arfa3 rassek ya 'bba !!! MDR
      7 novembre 2017 - 22 h 29 min

      LA SOCIETE est hélas devenue une méga ZAWIYA ! donc beaucoup deviendront des diciples d’un gourou …,ils se baladeront avec barbe et qamis dans l’algeristan qui les a vu naitre malgré eux les pauvres … pauvres enfants …
      moi j’ai pris mes devants bien avant , les miens j’ai financé leurs études privées et aujourd’hui sont bien loin et heureux d’etre chez la reine où la vie est plus sereine !




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    lhadi
    7 novembre 2017 - 12 h 37 min

    L’émergence d’un leader, charismatique, honnête et vrai républicain ; un enfant de l’Algérie qui sache tisser un lien avec le peuple et donner force à un slogan patriotique qui éveille la conscience de la jeunesse Algérienne qui, en ce temps difficile pour la nation algérienne, se détourne du cadre institutionnel, économique et social, est une obligation ardente.

    Il importe, à mon sens, de faire en sorte qu’une insurrection des consciences se fasse afin que la jeunesse algérienne médite, s’inspire de la bonne et exaltante tranche de notre histoire dont la source a été : Courage ! Détermination ! Patriotisme !

    
Dans son allégorie des métaux, Platon classe les hommes en groupes d’or, d’argent et de plomb.
    La jeunesse Algérienne, laissée en friche par un pouvoir autiste, est de l’or pur.


    Cette jeunesse qui veut vivre son temps, bâtir son avenir tout en bâtissant l’avenir du pays, a de l’or dans sa brillante intelligence, de l’or dans sa chaleur et son humanité, de l’or dans sa tolérance et sa générosité, de l’or dans sa loyauté et son abnégation infaillibles.


    N’en déplaise aux gardiens de cette république de copains et de coquins et à ses griots, la jeunesse Algérienne a toutes les qualités et les compétences appropriées pour organiser, diriger notre pays vers une voie nouvelle conforme aux intérêts du peuple et du pays.

    fraternellement lhadi
([email protected])










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    abdel
    7 novembre 2017 - 12 h 36 min

    depuis 1999, selon des statistiques, deux millions d’algeriens ont quitté le pays, à ce rythme, qui va rester sur place pour faire changer la situation ?




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      Zone1
      7 novembre 2017 - 13 h 23 min

      Les chiffres réels oscillent entre 5 et 7 millions de personnes ayant quitté le pays depuis 1998.
      Il faut garder à l’esprit qu’aucune statistiques n’est fiable et l’ONS est loin d’avoir des chiffres corrects même lorsqu’il s’agit de la démographie du pays.
      Pour les 2 millions que vous évoquez, il s’agit des cadres.
      Aucune statistique ne comptabilise les personnes bénéficiant d’un visa Schengen et disparaissant dans la nature ou encore ceux qui immigrent clandestinement par voie maritime ou encore via la Libye, la Grèce, la Turquie, les pays de l’Est etc.
      Il y a aussi deux millions de personnes jamais comptabilisées: celles vivant clandestinement (pas de résidence, pas de logement mais qui travaillent et vivent en location). Bref, la fuite ne date pas d’aujourd’hui.




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    Abou Mrang
    7 novembre 2017 - 12 h 34 min

    Cela ne va pas sans regrets, mais faut-il accabler ceux qui partent ? Tout le monde ne part pas pour les mêmes raisons: certains se retirent dans leurs châteaux en Espagne d’autres fuient leur destin ou cherchent seulement à sauver leur âme.
    J’en ai fait l’expérience : je suis parti révolté à la mort de mes illusions. J’ai vécu mon exil avec beaucoup d’insouciance et de facilité. Après près de trente ans d’exil – lassitude, remords, mauvaise conscience ou folie soudaine – je suis revenu gonflé d’enthousiasme et de promesses pour me réinstaller au pays. Après deux ans seulement, j’ai dû repartir, ruiné, meurtri et complètement déçu pour sauver non mon âme, mais ma peau et celle de ma famille.
    Aujourd’hui encore, je médite ma faute, je dirais même mon crime.
    A notre retour en Europe après un an de galère seulement – car nous avions tout quitté: boulot, appart et tout le reste – nous avons pu reprendre nos marques et refaire notre vie comme avant. Aujourd’hui, nous nous disons encore, ma femme et moi, que nous avons failli commettre un infanticide en emmenant nos enfants en enfer.
    Je conseille à tous ceux qui partent de tracer bien droit et de jeter leur rétroviseur sinon ils gâcheront leur exil.
    Croyez-moi, cette question ne se traite pas avec les sentiments.




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      Argentroi
      8 novembre 2017 - 6 h 46 min

      Abou Mrang. Donc c’est Boomerang et non Abou Mrang !




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    Moh
    7 novembre 2017 - 12 h 21 min

    Cette démission arrange les corrompus pour voler tranquillement. Ils poussent les Algeriens à l’exil.




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    Mello
    7 novembre 2017 - 12 h 03 min

    Depuis que notre pays a acquis son independance vis a vis de l’Etat colonial, un autre colonisateur s’est intalle en s’accaparant tous les pouvoirs, toutes les institutions, en imposant une constitution, une langue et un systeme d’enseignement, veritable colonne vertebrale d’Etat. Le peuple, meurtri par Sept annees de guerre, ne peut plus repondre, demander ou exiger. La machine a broyer les cerveaux est en place. Les postes de responsabilite sont attribues non pas en fonction du niveau d’etudes , mais en fonction des relations avec les cercles du pouvoir: plus proche sera le cercle du centre de decision, plus haut sera le poste.
    Nos universitaires, nos intellectuels se retrouvent ejectés de la sphere professionnelle, mais en essayant, tout de meme de s’aggripper, jusqu’a la rupture. Ecartée de la vie professionnelle, notre elite ne voit qu’un seul chemin , celui de l’exil.
    La mise en place de l’arabisation forcee a cree un gouffre entre les generations, la courroie qui pouvait servir de transmission du savoir s’est de fait, cassee. La generation post-independance, plutot francisee, ne pouvait plus transmettre a la nouvelle plutot arabisee, d’où une deperdition generalisee qui s’est installee, pendant que les enfants de la nomenklatura continuaient a frequenter les etablissements des representations diplomatiques Europeennes.
    Aujourd’hui le resultat est là, sans concession: les etudiants, les intellectuels, les hommes de lettres et meme les chanteurs cherchent a partir, sachant que leurs capacites seront appreciees à leur juste valeur, au delà des mers et des oceans.




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      ZORO
      9 novembre 2017 - 21 h 53 min

      Tu fais des progres dans ton langage mello ,on dirait que c est ghoul qui parle.
      SigneZORO…..Z….




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    Khelfane
    7 novembre 2017 - 12 h 01 min

    votre propos n’aborde que l’aspect cinétique de ce qui n’est pas une « fuite » mais une mise à l’abri de sa dignité bafouée, un phénomène qui remonte à la nuit des temps…

    Lorsque le spectacle du quotidien devient insoutenable, lorsque le libre arbitre n’existe plus oû le prix du pain hors de portée de votre bourse… lorsque votre opinion est dissoute dans l’acide du mépris ou de l’inquisition, Lorsque votre identité est remise en question par des marchands du temple…Lorsque vous devez enfin tricher pour survivre,
    Vous allez rejoindre la cohorte – non pas des « fuyards » comme vous dites – mais des pèlerins qui choisissent comme Mecque celle du visage humain et de l’état de droit.

    Le terme d’émigrant c’est alors l’image de Charlot qui a ému notre enfance, ou celle de Christophe Colomb ou d’Ulysse, Celle de nos ancetres qui on bâti l’Andalousie.

    Le clanisme récurent et la folie meurtrière des moines assassins n’ont jamais engendré une nation, encore moins un etat-nation où une femme peut tendre une main ou un regard, engendrer une réussite ou exprimer une opinion sans se faire matraquer.

    partir et non pas fuir est douloureux. monsieur, je vous offre cette réplique d’un film celebre: « Courage. Fuyons. » au sens héroïque du terme.

    L’herbe n’est pas plus verte ailleurs, mais on y transporte son orgueil blessé, ses compétences bafouées et ses vœux de bonheur pour sa famille et ses descendants…
    Quand on ouvre sa fenêtre le matin on respire où qu’on soit l’odeur de l’espoir, parfois ténu, du jasmin et non pas des fientes de la médiocrité et de l’injustice…
    On emporte toujours son pays avec soi, l’aimer à distance est parfois salutaire (…)
    « Partir sans mourir un peu. »




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    Ath Ouacifs
    7 novembre 2017 - 10 h 35 min

    Quand on cote une identité à l’incertain, on est au gré du vent. boumediene et ben bella avaient imposé l’arabisme, depuis le peuple affaibli faisait semblant d’écouter toutes les bourdes du regime et l »Etat » faisait semblant d’etre légitime.
    Le mensonge arabiste avait besoin d’un couvercle plus solide, voilà donc arrivé l’islamisme. La volonté de devenir adulte, apres 50 ans fit que l’algerien tenta la sortie du couvent arabislamique, le règime paternaliste l’inonde de partis liberaux produits baath-fln.
    Le faux islamisme pour combattre le vrai qu’ils ont créé. Apres tout, faire et défaire fait dans la productivité système.
    La goutte qui a fini par faire déborder le vase, paradoxalement, est celle des années fastes. 1000 miliards$ ont été siphonnés et la pauperisation massive continue. Ce que les elections derniéres avaient souligné est un grand changement anthropologique.
    Le lien potentiel est cassé. Désormais, les citoyens refusent toute imposition, ni la langue arabe, ni ses imams, ni ses statistiques. Il etait grand temps!! Un homme averti en vaut deux, mais le sens de la mesure a depuis longtemps quitté les lieux…




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    Anonyme
    7 novembre 2017 - 10 h 18 min

    Si l’Algerien ne se prend pas en charge , personne ne le fera a sa place , et surtout pas ceux qui ont interet de le voir a plat ventre .




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    co5
    7 novembre 2017 - 10 h 06 min

    « Fuir ce pays qui n’a toujours pas su trouver le moyen d’offrir de l’hospitalité à ses habitants »
    « Même les anciens ministres et des Premiers ministres fuient ailleurs après leur retraite ou leur fin de mission ».
    qui du pays ou de ses « habitants et de leurs gouvernants » doivent être accueillants , hospitaliers etc ?




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    chibl
    7 novembre 2017 - 9 h 55 min

    Il y a 15 jours j’ai eu un nouveau né et ma mère m’a dit de l’appeler SKANDER, quand je lui ai dit pourquoi tu aimes ce prénom elle me dit ça ressemble a Alexandre et quand il ira a l’étranger il paraîtra pas arabe.
    Voila a quoi nous sommes arrivés, même les grands mères souhaitent a leurs petits enfants de ne pas rester dans ce pays.




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      Nassima
      7 novembre 2017 - 15 h 19 min

      @chibl: Votre commentaire est marrant, je ris aux éclats et vous félicite pour la naissance d’Alexandre en lui souhaitant une longue vie hors Algérie. C’est dommage que cette envie de fuir le pays puisse occuper tous les esprits, l’Algérie est infestée de subsahariens bons à rien qui vont la remplir à ras bord et les Alexandres algériens fuient leurs pays dés la naissance. Pauvre Algérie et ces Martyrs qui ont offert leurs vies pour la libération de cette terre si riche.




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      Anonyme
      7 novembre 2017 - 21 h 54 min

      Pense aussi à lui changer de nom sa réussite sera garantie.




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    kach
    7 novembre 2017 - 9 h 48 min

    quand un peuple ne peut pas se débarrasser d´un système ou dictature ,c´est le système qui se débarrasse de tout un peuple.
    le début de la fin.
    pauvre riche Algérie patrie de millions de chouhadas




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