Nacer Djabi interdit de conférence à l’université d’Alger

Nacer Djabi considère ainsi cette décision comme une atteinte aux libertés scientifiques et académiques
Nacer Djabi. D. R.

Par Hani Abdi – Le sociologue et chercheur Nacer Djabi dénonce avoir été exclu d’une conférence-débat à laquelle il devait participer aujourd’hui à l’Université Alger 3. Sur sa page Facebook, ce sociologue, connu pour ses positions politiques contre le pouvoir, affirme avoir été convié, il y a quelques jours de cela, à animer une conférence à la Faculté des sciences politiques sur les élections. «Mercredi soir, des organisateurs m’ont contacté pour m’informer que la conférence a été annulée en raison de la situation que traverse actuellement l’Université. J’ai été convaincu de l’argument. Mais voilà que, ce matin, je suis surpris d’apprendre que, finalement, la conférence s’est bel et bien tenue. Des enseignants amis parmi les organisateurs m’ont assuré que l’ordre d’annuler ma participation a été donné par le recteur de l’Université Alger 3 parce que ‘‘je suis un opposant au pouvoir’’», explique Nacer Djabi, qui a pris sa retraite en tant qu’enseignant il y a une année.

Le sociologue considère ainsi cette décision comme «une atteinte flagrante aux libertés scientifiques et académiques». Nacer Djabi se dit «choqué» par l’état dans lequel se trouve l’Université algérienne.

Il est à rappeler que ce sociologue, qui a longtemps travaillé au Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread), s’est élevé en 2014, avec un groupe d’enseignants, contre le 4e mandat du président Bouteflika. Il a pris part à un rassemblement à l’Université de Bouzaréah pour un plan de sauvetage de l’Université. Un rassemblement lors duquel les participants avaient lié la situation de l’Université à celle du pays, appelant à la nécessité d’un changement politique.

H. A.

Comment (8)

    Abou Stroff
    16 décembre 2017 - 10 h 15 min

    Nacer Djabi n’a pas le droit d’exposer ses idées parce que Nacer Djabi PENSE. en effet, il s’avère que, dans un système basé sur la distribution de la rente et sur la prédation, ceux qui pensent posent des problèmes insurmontables pour ne pas dire insolubles à ceux qui profitent des bienfaits de la rente (penser veut dire travailler, or, le travail est antinomique avec la rente).
    ceux qui pensent doivent être museler pour que les clients du pouvoir rentiers (les responsables universitaires, entre autres) puissent pérorer et clamer haut et fort leur soutien indéfectible à leur bienaimé fakhamatouhou national.
    ce dernier et ses clients, avec une vue à très court terme (garder le pouvoir quoi qu’il en coûte), ne comprennent pas qu’ils sont en train de creuser et leur propre tombe et celles des algériens dans leur ensemble.

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    Sid-Ali 16
    15 décembre 2017 - 16 h 23 min

    Il y a des conférenciers plus brillants que lui : l’Escroc Chakib Khellil, le Dr . Cheb Khaled et Le chercheur/ Inventeur Douktour Ould Abbes

    bougamous
    15 décembre 2017 - 11 h 24 min

    Je suis désolé.Mais toutes les puissances économiques actuelles sont passées par le capitalisme et la
    libre entreprise:Etats Unis,France,Angleterre,Japon et tout récemment la Chine.Tous les autres qui essaient de mettre la charrette avant les boeufs, comme l’Algérie et même la Russie, vont continuer à patauger et
    suivre le va-et-vient du prix du baril.Il faut privatiser, en aidant uniquement les pauvres.

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    Lahlou
    14 décembre 2017 - 23 h 31 min

    Nacer Djabi, sociologue arabisant et auteur de l’ouvrage monographique (en arabe) « les ministres algeriens » est un de ceux qui donnent des cles de comprehension de la « boite noire » qui commande a la reproduction du systeme politique algerien. En permettant d’acceder a certaines faits verifies comme les origines sociales et familiales de ceux qui ont diriges le pays depuis son independance, on comprend l’independance reelle reste encore un but a atteindre. Dans leur immense majorite, ces ministres sont issus de familles qui ont ete d’une maniere ou d’une autre, des serviteurs zeles des puissances dominantes (Ottomane puis francaise). Ils ont naturellement reproduit le modele de relation entre « dirigeants » et « diriges » qui a constitue leur referentiel.
    Il faut empecher que des personnes comme Djabi puissent faire des emules au sein des futurs chercheurs-euses en le presentant comme un pestifere, un profiteur, un « cumular », etc…Une propagande dont se chargent ses propres collegues qui brillent par la secheresse du propos et par un comportement fonde sur le principe
    « pour vivre heureux, vivons couches ». Ces suppots de la mediocrite ignorent certainement que s’il est possible de tuer un homme a cause de ses idees ces dernieres, au contraire, ne meurent jamais!

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    Thanks AP
    14 décembre 2017 - 20 h 47 min

    à l’heure du tout numérique on se tourne plutot vers la visio conférence :
    https://www.pcmag.com/article2/0,2817,2388678,00.asp
    https://www.pexip.com/

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    Ouelechaab
    14 décembre 2017 - 19 h 48 min

    C’est tout ce que sait faire ce ministère, dirigé par des carriéristes (son titulaire a été recteur de l’université d’Alger pendant près de vingt ans, du jamais vu de par le monde) incompétents (il suffit de mettre les noms et prénom du ministre en poste et de la majorité écrasante des Recteurs et autres Doyens sur Google Scholar, pour juger de leurs compétences académiques dans leurs spécialités).
    L’université de par le monde est un espace de débats contradictoires et l’universitaire en sciences sociales et humaines en particulier se doit d’être critique et explorer toutes les voies objectives qui éclairent les situations de crises politiques, sociales et économiques.
    Quelqu’un comme le Dr Nacer Djabi ferait le bonheur de plus d’une université et de plus d’un centre de recherches de par le monde. On le réprime, on le muselle, comme si on le poussait soit à se taire soit à s’exhiler !!!
    Ce n’est surement pas ce genre de pouvoir d’Etat qu’imaginaient pour l’Algérie indépendante Abane Ramdane, Boulaid et les millions de chouhada, si jeunes comme Kabbar Adra, Mériem Bouattoura, P’tit Omar et tant d’autres !!!
    Alors

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    awrassi
    14 décembre 2017 - 18 h 12 min

    Ce n’est pas les hommes qu’il faut changer en Algérie, c’est le système économique. Le capitalisme européen est passé par l’industrialisation et la salariat -qui n’existent pas en Algérie – pour s’ouvrir sur un Etat-providence dans lequel le salariat, malgré son exploitation, a trouvé quelques avantage dits sociaux. L’Algérie, à peine sortie du colonialisme, a flirté avec le développement sous une économie mixte et un Etat centralisé fort. Depuis que nous sommes « capitalistes » (depuis Chadli), rien n’avance malgré les milliards injectés par l’Etat … Cherchez l’erreur, surtout que le baril coûtait 5 fois moins, au mieux, qu’aujourd’hui. Il nous faut revenir aux idées socialistes d’hier et renationaliser notre système financier (banques et assurances), nos ressources naturelles et leur exploitation, forcer les propriétaires terriens à se constituer en coopératives, etc., etc. Sans prolétariat, ni révolution ni évolution !!!

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    MELLO
    14 décembre 2017 - 17 h 01 min

    Il y a encore des HOMMES , en ce pays, qui ne se courbent pas devant ces supplétifs pour quémander le droit d’exister. Le drame est en ces participants qui ne se sont pas levés pour soutenir Mr DjabI , en exigeant sa participation , faute de quoi cette conférence sera , purement et simplement, boycottée . Voilà ce qu’est un peuple qui se mord la queue, en se déchiquetant face à une déchéance morale. Le soutien de ses pairs devait être la priorité de ces participants , tels des « harkis » qui se sont précipités pour lécher les bottes des organisateurs appendices d’un pouvoir mesquin.

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