Une contribution d’Al-Hanif – Accusé Kamel Daoud, levez-vous !

Kamel Daoud
L'écrivain algérien controversé Kamel Daoud. D. R.

Par Al-Hanif – Le titre se veut volontairement provocateur, car je n’ai jamais instruit aucun procès à l’encontre de Kamel Daoud. Par contre, j’avais réagi à chaud à sa chronique virale – et ce n’est pas un hasard – sur les événements de Cologne, et lui avait reproché de fossiliser la culture musulmane pour la présenter comme oppressive et organisant toutes les modalités observables de la frustration sexuelle.

Mon sentiment de colère venait surtout du fait qu’il avait apporté un concours de poids qui avait fait prise de vent et donné l’occasion à des Zemmour, Finkielkraut et autres de s’engouffrer dans la brèche, ravis de l’aubaine et trop contents de se défaire de l’accusation de racisme et d’islamophobie, en se prévalant de ses propos.

Procédé rhétorique trop vite éventé et qui vous fait jouer la partition de l’idiot utile.

J’avais parlé à l’époque d’un écrivain trop rapidement encensé et qui sombrait dans les délices d’un pacte faustien qu’il ne soupçonnait pas. Je regrettais qu’il sombrât dans le syndrome néo-icarien qui consistait à prendre la lumière des spots médiatiques pour la lueur aveuglante de l’astre solaire et qui les courtisait, quitte à se brûler les ailes.

Cette contribution, longtemps différée, a une chronologie : je fus appelé à commenter pour un magazine anglophone sa conférence de Yale qui s’est tenue le 9 novembre 2015, et dans laquelle il fut présenté comme entré dans l’histoire littéraire par un engagement avec Albert Camus, presque par effraction, serait-on tenté de comprendre. Cette présentation réductrice acte sa véritable naissance littéraire aux yeux du public occidental, grâce et par la gloire posthume d’Albert Camus.

Notre ami ne sembla pas avoir relevé cette présentation ad reductio, et avec le temps, il semblait que du talent commençait à lui venir au fur et à mesure qu’il domestiquait son auditoire en déployant une verve ponctuée de références livresques assez attendues.

D’emblée, il sut faire un parallèle judicieux entre l’arabe anonymisé occis par Mersault, et le Vendredi de Robinson Crusoé.

Il sut également faire reconnaître la dette de Daniel Defoe (auteur de Robinson Crusoé) envers le philosophe andalou Ibn Tufayl qui exposa la problématique de l’homme échoué dans un désert dans son livre Hay Ibn Yakdâan, traduit en français par Le vivant fils du vigilant.

Enlever ses ressources à un homme et le placer dans un environnement hostile pour analyser son comportement afin d’en conclure que le règne de la culture finissait par l’emporter au final sur celui de nature, posait la question de son rapport au milieu et à l’Autre.

Fallait-il le considérer comme un égal, frère en humanité ou un inférieur, voire le chosifier ?

La question de la culture à imposer à l’Autre était précédée de la révélation intime que Dieu était le peintre de l’univers et que la beauté du monde invitait à en témoigner, à accepter l’épreuve et à transmettre sa Vérité.

Depuis le premier meurtre de l’humanité qui vit Caïn tuer son frère Abel, la question du rapport à l’Autre est brillamment résumée par Kamel Daoud, qui aurait pu profiter de cette prestigieuse tribune pour souligner que l’Autre parlait souvent à notre place, de nous, écrivait sur nous sans nous connaître, placé qu’il était dans un rapport de verticalité consubstantiel à son univers mental.

Kamel Daoud se veut écrivain sans passeport, et c’est son droit. Mais il a aussi démontré qu’il n’était pas un intellectuel, sinon il se serait référé à la controverse de Valladolid, débat tenu au Collège de San Gregorio sous les auspices de Charles Quint en 1550 et 1551 pour débattre du droit de conquête, pour finalement reconnaître une âme aux Amérindiens et décréter l’esclavage des Noirs africains comme légal et chrétien.

L’histoire du monde serait différente si juristes et administrateurs du royaume de Charles Quint n’avaient décrété l’Africain proie et l’Afrique terre de prédation dans laquelle le rapport à l’Autre ne pouvait se lire que de maître à esclave.

Kamel Daoud n’est pas un intellectuel, sinon son monde ne prendrait pas prétexte d’explorer le rapport à l’Autre pour se résumer à une algarade avec Camus, étrange affliction qui touche plus d’un écrivain sous nos latitudes.

Si je suis d’accord avec Kamel Daoud de ne pas intellectualiser l’acte d’écrire, surtout en fiction, et de laisser la métaphore de la condition humaine vivre sa propre vie, et que l’on n’écrit un roman avec des passeports, il faut admettre que l’on l’écrit avec ses racines comme Malek Haddad, Kateb Yacine et Mohamed Dib.

Ces géants ont une œuvre qui s’impose par sa qualité et n’ont besoin de nulle polémique.

Oui, je l’avoue, en littérature, j’ai un complexe : j’ai le complexe de Dib. Gloire à son œuvre et paix à son âme.

A.-H.

Comment (56)

    Anonyme
    7 avril 2018 - 20 h 17 min

    L’islamophobie est un signe de bonne santé mentale




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    Anonyme
    5 avril 2018 - 0 h 23 min

    Les pantins humains existent bel et bien…le cercle des néocolonisés…(Allah Yarhmek Ya Malek Bennabi et votre principe de colonisabilité)..!

    Il y a des Hommes qui meurent pour défendre leurs principes et d’autres qui se vendent pour 10.000 euros (le prix du sioniste Jean-Luc Lagardère)….!! Ce même prix a été attribué en 2014 à la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo….!!! Quel succès..et à quel prix…!?

    Ce genre de manchots nourris au fromage puant et correspondants à deux sous font de leur mieux pour avoir la bénédiction de leurs Maîtres francs- maçons sionistes puisque le Journal Le Monde a été racheté par le trio sioniste Bergé-Niel-Pigasse..!! Veulent-ils du bien pour le peuple algérien…??? Mais, la connivence de certains pseudo intellectuels psychopathes est un poignard dans le dos de l’Algérie et de son peuple…!!! Ils seront jetés dans la poubelle de l’Histoire….et seront toujours considérés comme des « traîtres » à la nation…!

    Allez Hak 100.000 euros et quitte la ville K.D de mes soucis…!!! Camus était un fils de Colon et vous…???

    Mais bon, l’écorce du citron est définitivement jetée à la poubelle une fois que tout le jus en est extrait…alors qui boira le jus et qui se contentera des pépins…??? Oh, My Goodness…..je vois que les carottes sont déjà cuites…!

    Merci Mr EL Hanif pour ce bel article.




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      L'Autruche
      8 avril 2018 - 0 h 26 min

      Hé bien, on peut constater que les membres du cercle des néo-colonisés sont nombreux, soutenu sûrement par leurs amies les Etoiles bleues et les Corneilles noires..!




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    RAYES EL BAHRIYA
    4 avril 2018 - 6 h 06 min

    LES JALOUX . LYNCHENT ENCORE CE GEANT DE LA LITTERATURE MODERNE.

    KAMEL DAOUD NE SERA PAS SACRIFIE COMME AUTODAFÉ COMME AU TEMPS DU NAZISME

    TRIOMPHANT ET SES NUITS DE CHRIST-ALES …

    LE CALVAIRE DE GOLGOTHA N EST QUE SOMBRE ET TRISTE MÉMOIRE DE L ANTI HUMANISME.

    KAMEL . ON TE VÉNÈRE COMME NOTRE SOURCE DE LUMIÈRE DE CE MONDE DE TÉNÉBREUX…

    ON CONTINUE LA LUTTE DES IDÉES ET DES HUMANITEES ….

    BRAVO LE FRÈRE . L AMI ET LE CITOYEN DU MONDE.




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    Anonyme
    3 avril 2018 - 20 h 45 min

    « Accusé Kamel Daoud,levez vous ».
    Par probité intellectuelle, et la présomption d’innocence, qu’en faites-vous ?




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      ZORO
      3 avril 2018 - 23 h 48 min

      C est le peuple qui l a jugé El Hanif ne fait que rendre la sentence!!!!
      SIGNE.ZORO. …Z….




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    Anonyme
    3 avril 2018 - 17 h 10 min

    Nés pour la médiocrité nous sommes accablés par les esprits sublimes.Charles De Montesquieu.




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    ZORO
    3 avril 2018 - 16 h 58 min

    SLIMANE RUSHDI dans ce chemin , a ouvert la voie a tous les renegats ,il leur a servi son know how to get title and prestige from the occident .just Fellow me disait il , I will show you the way of success.
    SigneZORO. …Z…..




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    Anonyme
    3 avril 2018 - 16 h 41 min

     » J’écris en français pour dire aux Français que je ne suis pas Français »
    Kateb Yacine,1966.
    En revanche Kamel Daoud écrit en français pour dire aux Algériens que plusieurs choses vont mal en Algérie.
    Il a le courage de dénoncer le carcan de tabous qui écrasent la société civile, et qui étrangle toute perspective dans le future.
    Ceci dit, il ne l’écrit pas avec le talent et la fluidité de style, propre à K.Yacine.
    Kateb Yacine est indubitablement un titan de la littérature algérienne.
    KatebYacine ,Malek Hadad, et Mohamed Dib , ne sont pas comparables à K.Daoud, tout simplement. Ce sont des grands qui écrivent avec leurs tripes.
    k.Daoud ne possède pas cette profondeur de style, il se sert plutôt du lexis, à la manière d’un sculpteur, il construit des puzzles, qu’il laisse parfois sans réponse, pour nous interpeller dans un questionnement continu, presque absurde et choquant. K.Daoud à la tendance de travailler son texte en surface, pas en profondeur.
    Personnellement, je n’aime pas,je préfère de loin le style généreux et chatoyant de K.Yacine, ou celui de Proust. Mais ça n’est pas une raison pour autant de le calomnier sur des faits, dont je ne suis sincèrement pas au courant.
    Je me borne à une très humble analyse, qui n’engage que ma personne.




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    LOUCIF
    3 avril 2018 - 12 h 57 min

    On lit encore dans les réseaux sociaux que Kamel Daoud a soutenu le massacre de Gaza et qu’il n’est pas solidaire de la cause Palestinien ! Ce sont des affirmations fausses, des accusations fausses ! Pourquoi ?

    Je ne me fais pas l’avocat de KD, mais son argumentation sur la question Palestinienne doit être clarifié, il peut me corriger si je me trompe ! Pour lui ce n’est pas parce que la Palestine est musulmane qu’il faut à tout prix être automatiquement de son côté ! Pour lui, la guerre en Palestine ne doit pas être considérée comme un combat pour l’islam ou pour Dieu ou au nom de Dieu, mais comme un combat pour se libérer d’un prédateur colonialiste israélien qui s’accapare de terres qui ne lui appartiennent pas ! Kamel DAOUD refuse de voir ce combat au nom du Coran ! C’est une lutte de libération nationale. C’est une lutte anti-colonialiste, point barre ! Il estime, et c’est son point de vue, qu’on ne rend pas service à la Palestine en disant que son combat est un combat au nom de l’islam , au nom de Dieu, que c’est du djihad. Pour lui le combat des palestiniens ne doit pas être interprété comme une guerre religieuse. Il conteste cette manière de se solidariser avec la Palestine ! C’est son droit de voir les choses ainsi ! KD refuse la haine primaire du juif, comme celle envers le musulman, le chrétien, le bouddhiste , le non croyant, l’athée etc… etc.. mais il condamne tout extrémisme utilisé au nom de la religion ! Il est contre le sionisme, c’est clair comme de l’eau de roche et il le répète chaque fois qu’il en a l’occasion. KD n’a jamais, au grand jamais affirmer qu’il était contre les Palestiniens ou qu’il soutient Israël ! C’est de l’intox et de la déformation de lui faire dire cela ! Tout le monde a le droit d’avoir une opinion.

    Il ne faut pas accuser ! Tous les avis des uns et des autres sans légitimes certes, mais il ne faut pas déformer les propos et surtout Il faut critiquer les postions des uns et des autres sans insultes, sans condamnation, sans jugement, sans exercé une forme d’apostasie. On peut être contre sa vision des choses mais au lieu de l’insulter ou de le condamner, il faut lui répondre par des contre-arguments et c’est mieux pour la démocratie, la liberté de pensée et d’opinion ! D’ailleurs, j’ai remarqué que les dernières interventions et critiques des internautes insistent plus sur la critique de fond de ses œuvres, leurs contenus littéraire ou non littéraire, l’ambiguïté voulue ou pas voulue des ses personnages de fiction , etc… etc.., C’est ainsi qu’on revient à la raison et à la normalité !

    PS : C’est ce que j’ai compris de ces positions, il reste à KD de me contredire !




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      Abou Langi
      3 avril 2018 - 15 h 50 min

      C’est un peu plus nuancé que çà. KD se positionne par rapport au « ma3ek ya falastine dhalem oula madhloum ». C’est-à-dire que les palestiniens dans ce rapport occupant-occupé ne peuvent face à Israël qu’avoir raison. Or KD dit qu’il ne soutiendrait les palestiniens que s’ils ont raison. La perte d’un enfant n’est pas moins douloureuse pour une mère juive que pour une mère palestinienne. Mais le clivage va plus loin. Pour la majorité de nos intellectuels qui sont encore plus arabes que les arabes et plus musulmans que les musulmans plus palestiniens que les palestiniens Israël n’a aucun droit d’existence, ils ne le reconnaissent pas, et vont plus loin que les palestiniens. Pour KD non, les palestiniens n’ont pas forcément et en tous les cas raison. En clair les palestiniens n’ont pas toujours raison et Israël n’a pas toujours tort




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    Abou Langi
    3 avril 2018 - 12 h 29 min

    Wouaw !
    Le dossier s’étoffe qu’il a dit lui. Il ne manque que les bûchers. Un vrai procès de fauves avec le loup comme juge et partie. A ce que je vois il n’est pas de bon ton de lire autrement KD. Aucun écrivain algérien n’est capable d’écrire comme Céline, c’est trop demander. Ou  » Vipère au sein »: el djenatou tahta aqdam el oumahate, mon père ce héro. Oedipe nous y’en pas connaitre. Et KD avait à peine commencé à lui emboiter le pas à rebrousse-poil avec une langue châtrée tout de même qui n’a rien à voir avec le style célinien. Sansal aussi, oui. Mais il pointe courageusement de la plume nos travers, et c’est là son crime.




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    Karamazov
    3 avril 2018 - 10 h 32 min

    Bravo Souk Hrass, touché ! El Hali se rebiffe, il est descendu soigner son orgueil parmi nous avec un chwari plein de foin – pour son âne ? – de références que d’autres ont écrits et de plagias. Mais à vrai dire, lui n’est pas mon sujet, sans les commentaires j’aurai passé cette énième salve contre KD qui a fini par se faire une carapace anti-crachas.
    Hihihi je swi comme ça comme dirait le grand Khaled, dans une symphonie je n’entends que les couacs, mais passons.
     » l’Algérie Française dans laquelle l’Algérien autochtone est un Arabe trouvé là par hasard. »
    Fanonique », n’est-ce pas ? Il a expulsé l’Arabe de son panorama ?

    Je ne suis pas un littéraire, très loin s’en faut, je ne lis pas les livres avec les grilles académiques. Je n’analyse pas les livres que je lis. C’est avec une madeleine proustienne que je les lis. Chacun sa grille

    Moua je n’ai jamais considéré les romans de Camus comme des grandes œuvres. Ce n’est que par pur curiosité que je l’ai lu. Sartre disait de lui qu’il était un philosophe indigent, il n’est pas non plus un grand écrivain. Ce n’est donc ni vous ni moi qui magnifions Camus. Je n’ai jamais lu l’Etranger comme un roman pro-colonialiste ni reproché à Camus d’être anti-indépendantiste alors que beaucoup de nos leaders de son temps l’étaient aussi. Rappelez-vous les mots de Ferhat Abbas (les cimetières et les tombes) et le cheminement vers l’indépendance. Camus était comme lui assimilationniste.
    Sans Sartre il n’y aurait jamais eu de Camus et sans Camus il n’y aurait jamais eu de KD. Si KD avait intitulé son roman : « Moussa mon frère » aurait-il eu le destin qu’on lui a fait ?
    Mais ce que vous dites de Camus à propos de monologue insipide et fade dans « la chute », ne pourrions-nous pas le dire à propos de ces déblatérations d’un pilier de bar (drôle de produit de l’indépendance) et des clins-d ’œil à la mère (mère patrie) confirmés dans Zabor-Aïssa ? Je voulais juste dire que ceux qui disent qu’avec Meursault contre-enquête KD a définitivement réglé ses comptes à Camus se trompent : il n’a rien réglé du tout c’était même du contraire qu’il s’agissait et Zabor l’a confirmé.
    Mais moi je si je ne reproche pas son anti-indépendantisme à Camus je ne reproche pas sa posture à KD mi aposta mi converti à KD (voir Zabor qui abandonne les récitations du Coran pour ses psalmodies en langue française qu’il déifie presque). L’apostasie n’est pas une injure ni la conversion à mes yeux. Je ne reprocherais même pas à KD cette ambivalence ou tous ses écrits sur Cologne et sur la Palestine les sociétés musulmanes, son essentialisme ni même son ambiguïté. Je ne fais que les pointer du doigt.
    Je pense que KD gagnerait beaucoup à s’émanciper de la relation œdipienne qu’il entretient (comme d’ailleurs les butin-de-guerristes) avec la langue de Fafa. Idem avec l’islam. Ceci dit entre les uns et les autres je préfère KD.

    Donc ma3ak ya KD dhalem oula madhloum.




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    AL - HANIF
    3 avril 2018 - 7 h 30 min

    Autre pièce à verser au dossier qui s’étoffe: ( Pour ceux qui ont du mal à voir dans un texte ce qui y est écrit, la formulation parodique dans le titre est un procédé d’intensification de la charge lexicale, tout de suite invalidée par la phrase: » je n’ai JAMAIS instruit de procès à l’encontre de »….(.. des cours de français se perdent, mais il n’est jamais trop tard de retourner à l’école!))

    A mourir de rire Il m’est reproché de délirer sur l’Arabe de l’Etranger et Robinson et des contorsions googlisées iront chercher la genèse de querelles existentialistes, alors que c’était l’angle de la présentation de Daoud lors de sa conférence dans ce qu’il appela ‘ une Ronbinsade’ , et que je ne faisais que d’en rendre compte.
    La centralité du débat de Vallalolid semble avoir échappé à beaucoup. Les actes de cette controverse qui a duré à chaque fois un mois lors des années mentionnées, et non deux ans en séance plénière, comme faussement affirmé ont servi de base à de nombreux livres, dont celui de l’érudit Carrère et à de nombreuses pièces de théâtre et à un film monumental.

    Pour en revenir au choix du titre, assumé et revendiqué,cela signifie qu’il y a un procès instruit dans l’opinion publique,’ in absentia,’ diraient les juristes ; et qui ne relève pas du débat, qui lui, fort heureusement se nourrit de dissensus car le consensus est à l’esprit ce que la pensée est à l’arrière-pensée, c’est-à dire l’expression moutonnière d’une opinion.

    Ama ba3d! Voilà que qu’écrivait son Ami et traducteur Adam Shatz ( un vrai intellectuel lui) dans la prestigieuse London Review of Books, autant dire le Graal. Adam Shatz, critique littéraire, et écrivain et journaliste phare au New York Times est le ‘découvreur’ de Daoud et celui qui lui a ouvert les portes de Marikène!

    « On 31 January, Daoud wrote a piece in’ Le Monde ‘headlined ‘ Cologne,
    the Scene of fantasies’
    The causes of the sexual attaks by a group of Arab men in Cologne
    on New Year’s Eve had not been established by the German police,
    but ‘ fantasy’ did not wait for facts and neither did Daoud. »

    Il prendra ses distances avec l’auteur Algérien, un peu sa créature en estimant que les écrit de Daoud avaient conforté l’extrême droite et provoqué un sentiment anti-immigration , le tout résultant de la collision de fantasmes. En clair, il déplore dans le même texte que Daoud ait apporté de l’eau au moulin de l’extrême droite allemande prompte à dépeindre l’Arabe comme un barbare et un prédateur sexuel. Sebaa wa elqateha hdoura!

    Le pire est à venir dans ce vrai procès, pour de vrai qu’instruit l’ami déçu de Kamel Daoud:
    Il reproche vertement à son ex-ami de fournir clés en mains aux racistes et idéologues d’extrême-droite l’offrande suprême:

    « But, Daoud turned his attention to two ‘other fantasies’: ‘ the angélisme’ or naive optimism of the left, whiçch he said refused to acknowledge the challenges of
    integrating refugees from the Arab world and the place of women in the Arab world. »

    Pour ceux qui parlent sans savoir, la vigoureuse riposte, sous forme de pétition, de 19 universitaires et chercheurs, venant tous du monde académique et dépositaires de l’honneur du monde intellectuel non soumis, réunis par la seule motivation de ne pas laisser des thèses nauséabondes être instrumentalisées, allait représenter un vrai tsunami et organiser la riposte. Relever que l’auteur algérien. recyclait les clichés les plus rances du refoulé colonial et les plus éculés fantasmes orientalistes, ne laissaient comme explication que la manifestation de la haine de soi. Les pétitionnaires y voyaient également une charge islamophobe et un concours apporté à ceux qui veulent les désarmer idéologiquement en les dépeignant comme de naïfs bougres, alliés de l’islamo-gauchisme.
    Daoud, n’étant pas un intellectuel, n’a à aucun moment pris conscience qu’il devenait un chien dans un jeu de quilles, si peu armé conceptuellement qu’il était, sans faire injure à la verve de l’écrivain.

    Daoud est aussi un dangereux récidiviste qui publia, avec l’aide et la traduction d’Adam Shatz un éditorial au New York Times dont le titre était:
     » The Sexual Misery of the Arab World » ( La Misère Sexuelle du Monde Arabe)
    Il persistait et signait: Après Tahrir, vint Cologne! After Tahrir came Cologne.
    Le lectorat américain de ce journal à forte audience pouvait être conforté dans ses préjugés, et professer un racisme ordinaire, à l’instar d’un Trump qui voudra annuler les visas pour les musulmans.
    Notre Daoud, longtemps sous cloche, sans connaissance du monde qu’onirique, semble ignorer l’effet papillon et le caractère viral de l’information et de la désinformation.
    Pendant ce temps là, à Cologne, le temps judicaire qui n’est pas le temps médiatique ayant fait son oeuvre dans un état de droit, aucune charge ne fut retenue sinon celle de séjour illégal . Daoud ne s’excusera jamais d’avoir condamné sans savoir et de s’être mué en auxiliaire zélé de la justice allemande en se drapant dans le rôle du procureur et en instruisant à charge.

    Adam Shatz, gêné par la vigoureuse réponse du monde académique concédera que Daoud, qui reste son ami dit-il, a eu tort de lier des incidents à Cologne avec les fantasmes d’un Monde arabe malade, vision devenue son leitmotiv.
    Ayant rencontré Boudjedra et habité chez Daoud à Oran, il livrera ses impressions, sur les deux personnages.
    ‘Boudjedra est hautain et arrogant, un intellectuel issu de la classe supérieure et Daoud est un auto-didactique qui vient du peuple.
    Adam Shatz parlera de pensée non construite et d’exagérations en ce qui concerne Daoud:

    « The exaggerations in Daoud’s New York Times piece about behaviour in the Arab World were too sweeping, the heaps of judgment too swift. He seemed to be breaking taboos about Muslim ‘ sexual misery’ for their own sake without realising that some of these taboos are clichés in the West, in the racist Circles… »

    Voilà le constat lucide du Pygmalion Adam Shatz qui n’aura d’autre choix que de conclure à l’inconséquence de kamel Daoud qui se transformait sous ses yeux, et ce sont les mots de Shatz « ..en arabe de service. »

    Dossier clos




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      Souk-Ahras
      3 avril 2018 - 12 h 40 min

      Bonjour Mr Al Hanif, je m’adresse à vous nommément. J’utilise mon droit de réponse. Ma formation m’a axé plus sur les sciences que sur les lettres, j’utiliserai donc des mots simples qui n’auront pas la prétention d’égaler les vôtres.

      « Mort de rire » êtes vous ? Je vous en prie Monsieur, faites donc. Riez ! Il semble que l’acte de rire fait travailler bon nombre de muscles. Profitez en car vous allez encore rire, beaucoup ; cela contribuera sans aucun doute à affiner votre silhouette alourdie d’une phraséologie « superfétatoire » (je vous plagie).

      De vous lire, et de discerner votre positionnement à l’endroit de Kamel Daoud, je crois entendre Sepulveda, vous savez, l’adepte l’Aristote des « esclaves nés », dans son argumentaire durant l’instance religieuse (controverse) commandée par le Pape Paul III, qui s’étala de 1550 à 1551 (je le redis) en opposant deux notions de l’humanisme diamétralement différentes.

      Sepulveda, comme vous devez le savoir, était, tout comme vous l’êtes vous-même, dépendant d’une vision Aristotélienne hiérarchique du monde dans laquelle toute différence s’interprète en termes d’infériorité ou de supériorité. Tout comme Camus, l’adepte de l’Algérie Française et des bienfaits de la colonisation.

      Dans un registre moins philosophico-hiérarchiste, Daoud, vous savez, le « chien dans un jeu de quille (sic), alias Las Casas, affirme, lui, que tous les hommes (humains) sont égaux, qui peuvent commettre des bourdes ; capacité contenue naturellement dans le génome humain. Je trouve qu’il est courageux dans sa manière de dire les choses haut et clair, et que « l’électro-choc » induit est un fouet à l’esprit chloroformé des « 19 universitaires et chercheurs, venant tous du monde académique et dépositaires de l’honneur du monde intellectuel non soumis » (re-sic) nombre qu’il faut dissocier de quelques 40 millions d’humains algériens qui n’en pensent pas moins que Las Casas.

      « Adam Shatz, gêné par la vigoureuse réponse du monde académique concédera que Daoud… » (re-re-sic) : grosse bourde que je met sur le compte de la concomitance car nul ne détient la science infuse. Vous pouvez mourir de rire maintenant, cependant, prenez soin de descendre un peu de votre piédestal virtuel avant de le faire.

      Fin de la controverse.




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    Justice
    3 avril 2018 - 1 h 20 min

    Kamel Daoud est grand, comme sont grand Sansal et Khadra.
    Dib , Kateb au pluriel, Mammeri et tous les autres anciens n’ont pas démérité. Khamssa dans les yeux des envieux hhh




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    Hibeche
    2 avril 2018 - 23 h 46 min

    Je n’ai pas l’habitude de polémiquer sur des sujets sérieux, mais là pour K. Daoud, dont j’ai toujours lu les chroniques dans un quotidien national jusqu’au jour ( 13/07/2014) où il a soutenu le massacre de Gaza. Pour ces messieurs qui comparent KD à Camus, et défendent son talent etc….tant mieux si on a des génies dans tous les domaines et des Nobels de littérature. KD est loin de ça, la preuve, il a édité son livre en octobre 2013, personne n’en a entendu parler jusqu’à ce qu’il ponde la chronique « ce pourquoi je ne suis pas solidaire de Gaza » . Il a visé la cible, il l’a touchée. Le 1er résultat ? Nominé pour 14 prix littéraires. Il en gagne un tout petit, et il reste « demi finaliste » au Goncourt avec la mention « peut mieux faire ». Tout le reste, ce ne sont que des conséquences logiques, les médias du monde entier parlent de KD, comme si c’était, Hemingway, Garcia Márquez, Faulkner, ou Naguib Mahfouz. Alors qu’il est loin de ça, c’est juste un ancien du GIA qui a rallié son allié naturel, le sionisme, pour vendre quelques livres. Point barre




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      Anonyme
      3 avril 2018 - 2 h 41 min

      pour gaza, tous pays arabes,sont devenus brusquement aveugles,il est unjuste d’évacuer la responsabilité,du principal protagoniste du problème palestinien,son role,et surtout ceux qui sont a l’origine de sa création.devant un probleme politique,d’occupation d’un territoire, opposer a ce probleme,seulement le fait réligieux ne suffit pas,et c’est peut etre ce que voulait dire cet écrivain




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