Le FFS s’élève contre l’exclusion d’une trentaine de syndicats par le ministère du Travail

FFS ministère de Travail exclusion de syndicats
Congrès extraordinaire du FFS tenu le 20 avril 2018 à Zéralda. New Press

Par Hani Abdi – Le Front des forces socialistes (FFS) s’élève énergiquement contre la décision du ministère du Travail d’exclure du champ social des syndicats n’ayant pas fourni les preuves nécessaires de leur représentativité. Réagissant à travers une déclaration signée par l’Instance présidentielle, le plus vieux parti de l’opposition qualifie la démarche du ministère du Travail d’inadmissible.

Il dénonce énergiquement cette décision prise par le ministère du Travail contre le mouvement syndical et exige à la fois son retrait immédiat et un débat national autour de la question sociale. «Mettant en œuvre sa machine de répression à la fois policière, judiciaire, administrative et bureaucratique, le pouvoir en actionnant son ministère du Travail vient encore fois, une fois de trop, de s’en prendre aux syndicats autonomes, en procédant d’une manière autoritaire et clandestine à l’exclusion d’une trentaine de syndicats sous le prétexte fallacieux de leur non-représentativité», dénonce le parti de feu Hocine Aït Ahmed.

Pour ce parti, il s’agit d’une grave atteinte aux libertés syndicales clairement consacrées par la Constitution. «Au-delà des pratiques qui replongent le pays dans les années noires de contrôle de la société par la police politique, cette procédure d’exclusion constitue une atteinte gravissime aux libertés démocratiques et aux libertés syndicales», souligne le FFS, qui s’interroge sur le lancement en cette période précise d’une telle procédure. «Pourquoi cette procédure ? Pourquoi le pouvoir choisit-il ce moment, où les mouvements sociaux s’organisent en vue de préserver leurs droits légitimes, pour les réprimer davantage ? Pourquoi cette énième provocation ?», se demande le plus vieux parti de l’opposition qui vient de se doter d’une nouvelle Instance présidentielle, coordonnée par Ali Laskri.

Le FFS se dit ainsi «préoccupé par la situation sociale des citoyens qui se dégrade de jour en jour et inquiet des conséquences sur la stabilité du pays de la crise économique et sociale qui amplifie à cause de l’orientation libérale du système et d’une mauvaise gouvernance». «Notre président, feu Hocine Aït Ahmed, déclarait lors des débats de l’Assemblée nationale constituante en 1963 : “Détruire le mouvement syndical est un crime contre les travailleurs et contre le patrimoine politique et social du pays.’’.» Cette formation politique organisera demain une conférence-débat sur les libertés syndicales en Algérie à l’occasion de la célébration de la fête du Travail.

H. A.

Comment (5)

    Anonyme
    1 mai 2018 - 13 h 02 min

    Il fût un temps en 63 à l’assemblée constituante, il n’y avait pas encore d’assemblée populaire. La création du FFS pour faire de la politique et quand le FFS est passé dans la clandestinité sa stratégie visait de déboulonner le pouvoir et la mise en place d’une démocratie , après la mort la mort de Hocine Ait Ahmed le ffs se retrouve sans stratégie de déboulonnement du pouvoir ni politique d’un parti qui aspire l’ascension au pouvoir. le déboulonnement du pouvoir est réussi par le Président Bouteflika mais partiellement, ça ne suit pas, nous sommes sortis d’une longue colonisation on a toujours fain on arrive pas à être rassasié.

    2
    3
    Rayés Al Bahriya
    1 mai 2018 - 9 h 34 min

    Version corrigée svp.

    Le syndicat c’est fait pour donner raison à des
    Gens qui ont tort.
    Les CRS sont les forces de l’ordre.
    Les syndicats sont les forces du désordre.
    Les syndicats sont les farces du travail. Ils sont à
    Confondre avec les farces du travail.
    IPIPIP….IPIPIP…..

    1
    5
    omar
    30 avril 2018 - 15 h 58 min

    le pouvoir pour une fois mettre de l’ ordre dans un domaine ou l’ anarchie règne en maitre en faisant seulement respecter la loi…donc comment cette demarche tout a fait legale puisse deranger le plus vieux parti d’ opposition…?

    15
    10
      Nostalgia
      30 avril 2018 - 17 h 06 min

      Et comme par hasard, ce sont les syndicats qui dérangent qui sont éliminés.

      9
      16
      MELLO
      1 mai 2018 - 12 h 31 min

      Qui peut défendre le monde du travail ainsi confronté à une crise sociale sans précédent sinon les syndicats autonomes en premier lieu. Hocine Ait Ahmed (Allah Irrahmou) déclarait lors des débats de l’Assemblée Nationale Constituante en 1963 : “Détruire le mouvement syndical est un crime contre les travailleurs et contre le patrimoine politique et social du pays”. Il n’avait pas cessé depuis lors de dénoncer la domestication de l’UGTA au service du pouvoir et non des travailleurs, et la non reconnaissance des syndicats autonomes par ce même pouvoir qui mène des actions multiformes pour les neutraliser. Un Algérien, un seul, qui a la chance d’avoir un travail, formel ou informel, est pénalisé à triple titre en tant que travailleur, en tant que consommateur et en tant que citoyen. En tant que travailleur, affilié à un syndicat ou non, il subit la précarité de l’emploi, un salaire érodé par l’inflation des prix et la baisse du Dinar, un niveau et un âge de retraite en recul. En tant que consommateur, la loi de finances qui a introduit de nouvelles taxes sur les biens et services de base a érodé le budget alimentaire de sa famille, alourdi les charges de son logement et de son transport. En tant que citoyen, il assiste impuissant à la détérioration continue des services publics, voire leur remise en cause, et à la privatisation annoncée, sous couvert d’un partenariat public privé, d’activités du secteur public.
      C’est ainsi que la crise touche toutes les catégories de la population et toutes les régions du pays et, de ce fait, nécessite la contribution de tous les acteurs politiques et ceux de la société civile, sans distinction. C’est pour cette raison que le projet de reconstruction d’un consensus national se veut inclusif, avec la participation des formations politiques du pouvoir et de l’opposition, des organisations non gouvernementales et d’autres acteurs de la société civile.

      4
      3

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.