Une contribution de Nouredine Benferhat – Les formes du leadership

chef leadership
«Toutes les formes de pouvoir ne sont pas du leadership.» New Press

La notion de leadership est apparue au siècle dernier quand la révolution industrielle a imposé de nouveaux schémas d’organisation rationnelle du travail. Le leadership est associé à la position du leader, mais seulement de celui qui est jugé «démocratique» ; il devient alors impropre de parler de leadership autocratique ou d’identifier ce terme à l’hégémonie.

Dans le monde anglo-américain, le concept de leadership s’inscrit dans un cadre culturel, idéologique et identitaire qui a des caractéristiques particulières : celui de l’homme «libre», des droits individuels forts, d’une réglementation sociale limitée, de communautés «locales» relativement autonomes et d’un appareil étatique ou bureaucratique faible.

Au sein d’un tel contexte, les modes de régulation de l’action ne peuvent reposer sur des approches très structurées, voire autoritaires, et la question fondamentale posée est la suivante : comment mobiliser des collaborateurs et des subordonnés qui sont des agents libres ? Elle constitue une compétence stratégique majeure lorsque vient le temps de transformer les organisations et les sociétés.

Toutes les formes de pouvoir ne sont pas du leadership. Malgré le nombre surprenant de travaux portant sur cette notion, on s’entend généralement pour définir le leadership comme la capacité de susciter la participation volontaire = des objectifs suivis.

Parce que le leadership repose sur la notion de participation volontaire, il se distingue de la notion d’activité ; si l’autorité est déléguée par l’instance hiérarchique en fonction du poste occupé, le leadership fait implicitement référence au processus d’attribution, c’est-à-dire aux mécanismes d’identifications positives, voire de projection, que des personnes réalisent à l’égard d’une autre. En ce sens, l’exercice du pouvoir est construit d’acteurs, qui est à la fois relatif aux personnes elles-mêmes, à leur capacité à lire les situations, à les traduire en relations et à œuvrer sur les perceptions et les représentations. L’essence même du leadership repose donc sur cette combinaison complexe et personnelle de savoirs, savoir-faire et savoir-être, qui n’est pas octroyée avec l’obtention d’un poste, ceci relève de la capacité d’influence d’une personne sur d’autres.

Cette influence ne peut être considérée comme un simple synonyme de pouvoir, ce dernier reposant sur l’habileté d’un individu à mobiliser au sein d’un groupe les divers détenteurs d’influence. Quant à l’autorité, elle est en somme un pouvoir «institué», c’est-à-dire un pouvoir accepté, légitime et reconnu.

Des chercheurs ont identifié des sources de pouvoir qui sont regroupées de façon suivante : les pouvoirs de position qui comprennent : le pouvoir correctif fondé sur la capacité de menacer et d’exercer des sanctions ; le pouvoir de renforcement fondé sur la capacité d’offrir une faveur à une personne ; le pouvoir légitime qui est basé sur l’autorité rationnelle légale associée à un poste hiérarchique.

Les pouvoirs personnels qui comprennent : le pouvoir de référence ou charismatique qui est fondé sur la capacité d’influencer parce que l’on est un sujet de référence, d’administration et d’identification ; le pouvoir d’expertise fondé sur la compétence professionnelle (connaissances et habileté), plus précisément sur la désirabilité et la pertinence des compétences détenues au regard des besoins de l’action. A des niveaux variables, un dirigeant aura recours à ces différentes bases de pouvoir. Toutefois, celui à qui l’on reconnaîtra des compétences en leadership manifestera une plus grande maîtrise des bases de pouvoirs personnels.

Malgré l’importante diversité des modèles théoriques sur le leadership, généralement quatre approches majeures sont retenues. L’approche axée autour des traits, définie à partir des résultats d’une étude commandée par l’armée américaine pour identifier les principaux traits des officiers ayant de l’ascendant sur leur troupe, vue ayant de l’ascendant sur leur troupe, vue comme capacité à résoudre des problèmes, l’initiative en tant qu’habileté à percevoir un besoin et à élaborer une stratégie appropriée de réponse ; et l’assurance personnelle, c’est-à-dire la confiance en soi et son corollaire, la maîtrise d’un niveau relativement élevé de compétences.

L’approche des contingences, une composante nommée degré de maturité des subordonnés, où le rôle de formateur du dirigeant est important. En effet, ce dernier, après avoir diagnostiqué le niveau de maturité d’une personne et déterminé le style d’intervention approprié, doit chercher à faire cheminer cette personne vers les stades ultérieurs de maturité. L’approche transactionnelle, la plus «politique», car elle repose en majeure partie sur la mouvance du pouvoir, selon les contextes et la nature des réactions potentielles des personnes soumises à celui-ci.

Elle s’est surtout intéressée à la dynamique des rapports lors des échanges entre les individus qui, en tant qu’acteurs, établissent des relations de réciprocité où les uns comme les autres recherchent des bénéfices. La personne qui accepte un service d’une autre personne a accepté implicitement que cette dernière prenne du pouvoir sur elle. L’exécution d’une tâche présentée sous la forme d’un «service rendu» peut créer réellement une situation de dépendance. L’approche transformationnelle, le leadership «transformatif», propose un renouvellement et une revitalisation des modèles et l’engagement dans des transformations organisationnelles et sociales.

Trois dimensions identifient ce type de leadership : le charisme, le leader sait créer un environnement humain convivial, propice à l’identification et à l’appartenance et exprimer une vision articulée. La reconnaissance individuelle : le leader délègue des projets pour favoriser des situations d’apprentissage et demeure attentif à ceux qui sont les plus démunis.

La stimulation intellectuelle : le leader lance des idées nouvelles, invite à repenser les méthodes traditionnelles inadaptées, ouvre le regard sur des façons différentes d’aborder les problèmes et de réaliser les processus.

Les dirigeants jugés efficaces sont ceux qui peuvent impulser et conduire les changements. Ils se distinguent par une capacité à susciter et maintenir l’intérêt, une capacité à communiquer leur vision et de la rendre signifiante ; une capacité à faire preuve de fiabilité et de constance, enfin, être attentif à eux-mêmes, à leurs forces et à leurs faiblesses. Cela se traduit par un effort constant pour leur formation et celle de leurs collaborateurs et subordonnés, la dimension éthique étant évidemment intégrée en permanence.

N. B.

Sources : Articles et conférences sur le management de l’éducation, le leadership et la prise de décision du professeur d’université G. Pelletier (Montréal).

Comment (9)

    Anonyme
    14 juin 2018 - 3 h 41 min

    « Le carré VIP » du wali de Annaba qui sépare les commis de l’État des autres fidèles lors des salawates atarawih, squatté au beau milieu de la mosquée Zighout Youcef, et surveillé SVP, par des agents de sécurité,est la parfaite image que l’on peut se faire du leadership en Algérie.
    Monsieur Nouredine Benferhat, le wali de Annaba Mohamed Salamani ne partage pas votre avis sur le leadership ,ni notre vision de simples citoyens musulmans sur la religion. Visiblement, il prétend appartenir à une race de super-musulman, et qu’il nécessite des faveurs par rapport aux simples fidèles de la même mosquée.
    Il est utile de rappeler que le prophète Mohamed (s3w) était un leader d’exception, avec un charisme d’exception, mais jamais, au grand jamais, ni lui, ni ses apôtres après lui,n’ont installé de séparation entre eux,et leurs fidèles.
    Comment voulez-vous que ce clown de wali puisse assumer ses fonctions de leader,alors que la notion même que tous les hommes,et les femmes sont égaux devant Dieu lui échappe? Au lieu de faire preuve d’exemplarité, et de servir de modèle d’humilité face aux fidèles, il pousse le zèle jusqu’à vouloir paraître au-dessus de tous les fidèles, au vu de sa fonction de wali.
    Mon exemple pourrait être jugé d’extrême, mais il me semble que la notion leadership devrait marcher de paire avec l’exemplarité, et dans tous les domaines de la vie citoyenne. C’est cette exemplarité dans l’équité, accompagné du sens du devoir, de la responsabilité, et d’une grosse dose d’humilité qui fait qu’un leader est un bon et grand chef.
    Nelson Mandela ne faisait il pas partie de ces grands leaders que l’histoire aura retenu dans ses annales? Hormis son éloquence, et la profondeur de sa réflexion, Il a toujours eu la justesse du propos et du bon sens,doublé du courage d’un grand leader, y compris dans son engagement pour l’indépendance de la Palestine. Un charisme exceptionnel, qui a fait de lui l’étoile du firmament africain, et une icône mondiale.
    P.S. lire: …devant Dieu lui échappe?
    Merci




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    Anonyme
    14 juin 2018 - 3 h 32 min

    « Le carré VIP » du wali de Annaba qui sépare les commis de l’État des autres fidèles lors des salawates atarawih, squatté au beau milieu de la mosquée Zighout Youcef, et surveillé SVP, par des agents de sécurité,est la parfaite image que l’on peut se faire du leadership en Algérie.
    Monsieur Nouredine Benferhat, le wali de Annaba Mohamed Salamani ne partage pas votre avis sur le leadership ,ni notre vision de simples citoyens musulmans sur la religion. Visiblement, il prétend appartenir à une race de super-musulman, et qu’il nécessite des faveurs par rapport aux simples fidèles de la même mosquée.
    Il est utile de rappeler que le prophète Mohamed (s3w) était un leader d’exception, avec un charisme d’exception, mais jamais, au grand jamais, ni lui, ni ses apôtres après lui,n’ont installé de séparation entre eux,et leurs fidèles.
    Comment voulez-vous que ce clown de wali puisse assumer ses fonctions de leader,alors que la notion même que tous les hommes,et les femmes sont égaux devant Dieu? Au lieu de faire preuve d’exemplarité, et de servir de modèle d’humilité face aux fidèles, il pousse le zèle jusqu’à vouloir paraître au-dessus de tous les fidèles, au vu de sa fonction de wali.
    Mon exemple pourrait être jugé d’extrême, mais il me semble que la notion leadership devrait marcher de paire avec l’exemplarité, et dans tous les domaines de la vie citoyenne. C’est cette exemplarité dans l’équité, accompagné du sens du devoir, de la responsabilité, et d’une grosse dose d’humilité qui fait qu’un leader est un bon et grand chef.
    Nelson Mandela ne faisait il pas partie de ces grands leaders que l’histoire aura retenu dans ses annales? Hormis son éloquence, et la profondeur de sa réflexion, Il a toujours eu la justesse du propos et du bon sens,doublé du courage d’un grand leader, y compris dans son engagement pour l’indépendance de la Palestine. Un charisme exceptionnel, qui a fait de lui l’étoile du firmament africain, et une icône mondiale.




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    RIPOSTE
    13 juin 2018 - 22 h 02 min

    Des bouquets de Fleur rouge c’est mieu, car nos femmes Algériennes nos combattantes méritent mieu que ça !! Que la peine de mort soit prononcé par toute personne qui agresserait nos femmes !!!!




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    Anonyme
    13 juin 2018 - 17 h 14 min

    La photographie posté sur cet article résume en un clin d’œil ce qu’est le leadership étatique en Algérie.
    Autre remarque, les leaders politique de petite taille ont laissé des traces nauséabondes et indélébiles dans l’histoire de l’humanité: Hitler, Napoléon, et plus récemment, Sarkozy,et bien d’autres. Ces derniers n’ont pas de charisme, il usent de la ruse,et de l’abus de pouvoir. D’une manière, ou d’une autre,ils finissent tous dans la poubelle de l’histoire.




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    Anonyme
    13 juin 2018 - 14 h 37 min

    En Algérie leadership est synonyme de pouvoir. Y’a qu’a constater les portraits géants du raïs qui envahissent les façades de la capitale, et bientôt toutes les rues des villes algériennes.




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    Anonyme
    13 juin 2018 - 14 h 19 min

    Excellent article.
    Le leadership d’entreprise n’est pas celui d’un pays : je réponds Donald Trump qui est un excellent chef d’entreprise on ne peut le contester et qui est Président des USA.
    Que l’on aime ou pas cet homme Trump a du charisme.
    On ne devient pas leader par formation etc : c’est un caractère inné : il faut du charisme confiance en soi etc .. et ça ne s’apprend pas.
    En France, le leadership d’entreprise se fait par cooptation et non compétence quant aux présidentielles les lobbies influents sionistes (uniques en France) créent les hommes d’Etat français et ce depuis Chirac qui est le dernier président à ne pas avoir été élu grâce au sionisme.




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    Nour
    13 juin 2018 - 13 h 03 min

    C’est pour cela que Boumediene et Boudiaf avaient tous deux un leadership hors normes et qu’il pouvaient faire adherer a leurs projets un nombre considerable de nos concitoyens.




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    Anonyme
    13 juin 2018 - 10 h 24 min

    Pour parler de comment devenir leadership, autant le dire d’emblée, on ne dispose pas de formule toute faite
    Le leader est un fait, un choix, ou un aboutissement de l’individu. Mais ce qui est important pour le leadership c’est de ne pas accepter le fait démoralisateur. Pour cela il faut une société équilibrée ou les codes et règles qui régissent le comportement social ne perdent pas leur pouvoir et ils sont compatibles avec la réalité




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    Jefferson
    13 juin 2018 - 10 h 17 min

    Leadership d’entreprise n’est pas celle d’un pays. Les confondre est symptome d’une culture d’organisation qui porte ses valeurs bien claires. A’ la base du leadership etatique il y a la légitimation democratique culturelle. Pour la selection de leadership d’entreprise il y a la selection en fonction des resultats. Dans les deux cas de figure, l’Algerie n’a pas de leaders, mais des hommes de pouvoir qui ont pri le pouvoir de force et le garde malgré les résultats…




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