Contribution – Football : stade suprême de l’aliénation planétaire ?

ballon Russie
Un supporter saoudien en Russie. D. R.

Par Mesloub Khider – «L’ennui, c’est que nous négligeons le football au profit de l’éducation» (Marx Julius Marks, dit Groucho).

Le football demeure un sport au rayonnement mondial indiscutable. Preuve nous est administrée actuellement par l’organisation de la Coupe du monde en Russie : cette grand-messe planétaire footballistique orchestrée par la multinationale privée la Fifa, les multinationales partenaires de la Fifa et les diverses organisations mafieuses.

De toute évidence, en dépit de sa pollution par la logique capitaliste, le football conserve néanmoins sa dimension populaire. Certes, le football est devenu une véritable entreprise intégrée par le capitalisme, mais il représente toujours pour la majorité des masses populaires un spectacle divertissant.

Le football, à l’instar de la religion à qui il ressemble par ses rites sacralisés et sa vocation universelle, est l’objet d’idolâtrie et de dévotion aussi bien par des hordes fanatiques belliqueuses que par des citoyens ordinaires civilisés. Et si, longtemps, il a été pratiqué avec un esprit amateur et ludique dans une ambiance conviviale et fraternelle, ces dernières décennies le football s’est radicalement métamorphosé par sa professionnalisation mercantile outrancière. Devenu football-business, son esprit sportif convivial s’est altéré, érodé. Il n’en demeure pas moins que les classes populaires continuent à pratiquer le football dans un esprit amateur et cordial, loin des attractions vénales.

En effet, par la simplicité de ses règles, ce sport attire encore une masse importante d’amateurs, d’autant plus qu’il peut aisément et librement se pratiquer dans la rue, même avec un ballon confectionné avec des moyens de fortune. Surtout, pour des enfants en quête de jeux ludiques et éducatifs, il constitue une bonne école de distraction et de formation de l’esprit. Grâce à la fois à son jeu collectif mais aussi à ses foisonnants gestes techniques individuels, notamment les spectaculaires dribbles, le football représente un remarquable outil pédagogique de socialisation dans la joie. Outre la beauté du jeu, le football procure également de très fortes émotions lors des matchs. Le suspens tient en haleine les joueurs et les spectateurs jusqu’à la dernière seconde du match. Le football, c’est l’émotion de l’incertitude et la possibilité de la jouissance.

La lutte anticolonialiste s’invite sur le terrain de foot      

Historiquement, le football naît en Angleterre en pleine révolution industrielle et expansion de la classe ouvrière. Au départ, sport populaire amateur sans règles définies, il devient rapidement objet de sollicitudes de la part de la bourgeoisie pour mieux l’encadrer. En effet, au milieu du XIXe siècle, pour discipliner une jeunesse populaire turbulente, la bourgeoisie prend en charge ce nouveau sport désintéressé et bénévolepour lui insuffler par une codification rigoureuse l’esprit de compétition. En outre, pour mieux inculquer l’esprit de soumission à l’autorité dans les nouvelles manufactures, les patrons imposent aux ouvriers d’intégrer des équipes de football réputées désormais pour leur apprentissage à la discipline.

Néanmoins, les ouvriers sauront avantageusement utiliser ce nouveau sport par la création d’une forte solidarité au sein de l’équipe de quartier, matérialisée notamment par leurs rencontres dans les pubs et, plus tard, dans les stades.

Progressivement, le football devient un sport populaire dans lequel la classe ouvrière se reconnaît. Mais aussi, par la pratique sportive du football, elle se forge un esprit de lutte et de combativité. Ainsi, grâce au football, les classes populaires, après des journées d’exploitation, trouveront un exutoire pour se divertir. A la même époque, les élites bourgeoises commencent à délaisser le football pour s’adonner à l’exercice d’autres sports plus prestigieux (le tennis, le golf).

Au point de vue technique, la codification du football est établie au XIXe siècle. Tout un ensemble de règles encadre désormais ce nouveau sport, notamment la superficie du terrain. Mais, progressivement envahi par la logique capitaliste industrielle, le football va calquer son fonctionnement sur la division du travail en vigueur dans les entreprises. A l’instar de l’atelier de la manufacture, la spécialisation des joueurs et des postes au sein de l’équipe est instaurée. Désormais, l’objectif devient productif : marquer des buts. Le plaisir du jeu cède devant l’angoisse de l’enjeu.

Dans le cadre de la pacification des rapports sociaux, les instances patronales et religieuses s’invitent sur le terrain pour valoriser amplement le football. Pour amortir la trop forte pression de l’exploitation, les institutions patronales et étatiques incitent (excitent ?) les ouvriers à se défouler frénétiquement sur le terrain de football pour les détourner du terrain de la contestation sociale. Le football constitue ainsi une extraordinaire soupape de sûreté pour l’ordre établi.

Au cours du XXe siècle, le jeu footballistique évolue, se perfectionne. D’amateur, il devient professionnel. Le jeu de passe se développe contre la prouesse individuelle. Le football repose désormais sur la coopération et la construction collective du jeu. Les stades deviennent des espaces de sociabilité populaire. Parfois, des espaces d’expression politique. Le football peut même servir d’instrument de revendications politiques, d’affirmation d’identité nationale, de moyen de lutte anticolonialiste. L’Algérie illustre de manière triomphante cette instrumentalisation politique du football comme arme héroïque de lutte.

Dans sa lutte pour son indépendance, l’Algérie s’appuie, entre autres, sur le football pour lutter contre le colonialisme. C’est ainsi qu’en 1958, le FLN crée sa propre équipe de football, incarnée notamment par Rachid Mekhloufi. Ces joueurs, dont certains sont sélectionnés en équipe de France, abandonnent leur carrière et leur mode de vie confortable. Ces joueurs populaires montrent que la lutte contre le colonialisme ne peut plus être réduite aux doléances pacifiques politiques et à la marginalité revendicative. La lutte anticolonialiste s’invite sur le terrain du combat révolutionnaire. Elle refuse d’être toujours mise sur la touche. Elle brûle les règles de jeu imposées par l’adversaire pour chausser les treillis du maquis et enfiler la tenue de combat. Des gradins parlementaires, le combat descend sur le terrain militaire. De défensive, la lutte devient offensive.Le jeu de plume sémantique cède devant le fusil d’attaque héroïque. Les gardiens de la Révolution n’avaient qu’un but : remporter la victoire.

Entre football normatif et créatif

De même, dans les pays latino-américains, le football a représenté également un moyen de lutte et d’émancipation. Par exemple, au Brésil, à l’origine le football est l’apanage de la bourgeoisie blanche. Progressivement, sans jeu de mots, les Afro-Brésiliens envahissent le terrain et s’emparent du ballon pour se transformer, grâce au dribble, en artistes du football. Avec l’entrée en jeu des Afro-Brésiliens dans le football, le terrain dès lors devient une scène de spectacle où les plus belles prouesses footballistiques se déploient au grand bonheur des spectateurs ébahis. Contrairement au football européen demeuré encore très rigide (frigide), car il valorise la rigueur et la discipline. De nos jours, les joueurs du monde entier ont adopté la technique de jeu martial européenne. Ils sont devenus les mercenaires des capitalistes en quête d’investissements fructueux. Ils ne mouillent pas seulement le maillot dans le milieu du terrain, mais ils sont aussi mouillés avec le milieu mafieux du football-business international. (Ces millionnaires en crampons se mouillent aussi bien dans les mœurs des affaires que dans les affaires de mœurs – affaires des prostituées -).

Assurément, le Brésil incarne le football créatif. Et l’Europe personnifie le football normatif. Dans le football de cette dernière prime le jeu défensif et discipliné. Le résultat prime sur la qualité du jeu. Tandis que le football brésilien valorise le jeu offensif et créatif. La gratuité du geste contre l’avidité du gain. Le beau jeu intelligent contre le laid enjeu argent. Deux mentalités sportives radicalement antinomiques.

En tout état de cause, au cours de ces dernières décennies, le football a subi d’énormes transformations. On a assisté à une profonde marchandisation du football et à une manipulation et récupération politique du football. Plus grave, le football joue un rôle d’exutoire des nationalismes et des guerres.

En effet, régulièrement, dans de nombreux pays, les matches de football donnent lieu à des explosions de chauvinisme et de xénophobie. Même les Etats s’y mêlent. Lors des matches impliquant les équipes nationales, responsables politiques et supporters n’hésitent pas, en effet, à se livrer à des hystériques surenchères d’expressions ethnico-identitaires, communautaristes, nationalistes, à la limite du racisme. Seul le football est capable de produire ce genre de comportements antisociaux. Ainsi, au nom d’une passion infantile confinant à l’intoxication mentale, le football légitime et banalise ces hystéries chauvinistes et tribales collectives. Beaucoup de fanatiques footeux ne jurent que par le football, et n’injurient que pour le football.

Par ailleurs, le football enferme les identités nationales ou régionales dans des identifications mystificatrices (Barcelone, PSG, JSK, MCA, etc.) générant des comportements de rejet et de haine de l’autre, alimentant des sentiments de vengeance, de revanche (mettre une «raclée», une «déculottée», une « branlée»…). Plus symptomatique d’une pathologie inhérente au football contemporain, lors des matches internationaux, les supporters sont envahis par des élans irrationnels d’identification mimétique à la mère patrie, donnant lieu à des stigmatisations outrancières de l’adversaire, à des slogans racistes doublés souvent d’agressions physiques.

Plus inquiétant encore, il n’y a qu’avec les matches de football où les stades et les alentours font l’objet d’une bunkerisation milataro-policière pour permettre le déroulement «normal» de la rencontre du match sous haute surveillance. Aucune autre manifestation sportive ou culturelle ne suscite de tels déchaînements de violence. Pourtant, en dépit de toutes ces mesures sécuritaires, les matches sont fréquemment émaillés de débordements de violences.

La caractéristique essentielle de la peste émotionnelle footballistique est son pouvoir de contamination. Rien n’est plus contagieux que la peste. Mus par l’esprit de meute ou de horde, les shootés du stade transforment souvent les stades en terrains d’affrontements violents généralisés meurtriers. Il ne faut pas oublier les responsabilités du football-business dans les massacres du Heysel en 1985 et de Sheffield en 1989.

La meilleure école de la guerre

Contrairement à l’opinion communément répandue, de nos jours le football ne constitue pas un vecteur d’intégration sociale, de concorde civile ou d’amitié entre les peuples. Au contraire, la réalité effective des terrains nous prouve qu’il remplit une fonction réactionnaire de dépolitisation, de grégarisation régressive et d’exutoire aux frustrations, de diversion idéologique, de déversoir hystérique.

Par ailleurs, si lefootball est producteur de violences sociales, générateur de violences nouvelles, cela tient aussi à sa structure même : le football est organisé en logique de compétition et d’affrontement ; il est fondé sur le principe de rendement, de hiérarchie. L’apothéose de l’aliénation se vérifie en ces temps de crise économique. En effet, il est pathétique que l’unique sujet de conversation quotidien soit le football. Et, en matière de commentaires footballistiques, chaque individu rivalise d’ingéniosité pour s »improviser expert sportif de comptoir de café ou de boutique de rue. Selon la topique psychique freudienne, on est en pleine régression au stade «baballe».

Au reste, au-delà de la «fête populaire», le football a toujours été au service des politiques réactionnaires, de diversion sociale, de distillation du chauvinisme, d’obscurcissement de la conscience de classe ouvrière. Le football est le seul sport dépourvu d’«innocence politique». Les grandes messes footballistiques ont souvent servi à légitimer diverses dictatures et régimes autoritaires, manipulations politiques.

Le plus révoltant à l’occasion de la Coupe du monde de Moscou : c’est qu’au moment où tous supporters de la majorité des pays communient joyeusement dans l’extase tonitruante, partout les systèmes des protections sociales sont pulvérisés en silence.

De toute évidence, les classes populaires préfèrent s’emparer des tribunes des stades que d’occuper les terrains centraux politiques. Préfèrent succomber aux «passions vibratoires» et aux «extases» footballistiques que de se passionner pour de vibrantes causes politiques. Et chaque adepte du foot réclame sa dose d’opium footballistique pour assouvir son addiction, loin des tribulations politiques et sociales.

Le paroxysme de l’aliénation se déroule dans les stades. Faire jouer les spectacles footballistiques par des acteurs mercenaires millionnaires devant des smicards et des chômeurs constitue, en effet, l’apothéose de l’aliénation planétaire. Par rapport au néant que les joueurs produisent, on ne peut que s’alarmer sur l’état mental de leurs supporters.

Quoi qu’il en soit, si autrefois le football était un spectacle ludique collectif populaire, depuis plusieurs décennies il est devenu une véritable multinationale capitaliste où les joueurs sont achetés, vendus ou échangés comme des chevaux de course ou des call-girls de luxe. Le football professionnel brille par ses multiples prouesses mafieuses : escroqueries, caisses noires, dessous de table, salaires et primes non déclarés, faux en écriture, détournements, fraudes, truquages, etc.

Toutes les valeurs capitalistes valorisées dans le monde de l’entreprise sont propagées dans l’univers du football : culte de la performance, dépassement de soi, virilité, force physique, victoire sur l’autre, etc. En outre, le football est devenu un instrument de politique d’encadrement pulsionnel des foules, un moyen de contrôle social, une intoxication idéologique saturant tout l’espace public.

Il représente pour les Etats un idéal agent de diversion social, une soupape d’échappement permettant la résorption de l’individu dans la masse moutonnière anonyme, un terrain propice au conformisme des automates. Ces porteurs d’un ballon à la place du crâne ressemblent à ces animaux mus par un fonctionnement mimétique, instinctuel.

De nos jours, le football est devenu une véritable machine à décerveler les consciences, une entreprise de massification régressive des émotions, de chloroformisation des esprits, de crétinisation culturelle, de colonisation des conduites par le conformisme grégaire, de fanatisation des masses par les chauvinismes hystériques. Le football sert d’exutoire à ces shootés du stade, toxicos du foot, décérébrés des stades.

Le football, comme tous les sports de compétition, stimule l’agressivité, excite les rivalités, intensifie les tensions, attise les haines, exacerbe les conflits, déchaîne les violences, enflamme les foules fanatisées, exalte les chauvinismes, incite aux crimes. Dans le football, les «explosions de bonheur» s’apparentent davantage à des décharges pulsionnelles primaires bestiales qu’à des expressions de sentiments liés à une sociabilité pacifique, fondée sur l’amour, l’amitié.

Le football est la meilleure école de la guerre : guerres des quartiers, des régions, des nations, guerres des maillots, des sponsors et des télévisions, guerres ethniques, guerres des supporters transformées souvent en guerres civiles. Le football est un terreau fertile du racisme, de la xénophobie, de l’antisémitisme, de l’exaspération des appartenances identitaires, de l’exaltation des différences, des crispations communautaristes, des haines amoureusement partagées dans les stades.

Assurément, ces dernières décennies, nous vivons à l’ère de l’horreur footballistique généralisée : violences, dopage, magouilles, crétinisme des supporters et joueurs, etc.

Enfin, le football ne recèle aucune créativité artistique. Il est à l’art ce que la nuit est au jour : il n’offre aux yeux aucune lumière esthétique.La nuit sombre reproduit les mêmes ténébreux, aveuglants et angoissants paysages minuscules, dépourvus de tout horizon. Le jour, au contraire, offre au regard un majestueux illimité spectacle de la nature, perpétuellement métamorphosée. Chaque matin une nouvelle chorégraphie naturelle ouvre le ballet de la danse du jour.

Dans le football, il n’existe aucune créativité. C’est la monotone répétition de l’ancien, la répétition des mêmes gestes techniques, la reproduction des mêmes schémas tactiques acquis au cours des entraînements. L’éternel recommencement du même jeu. On se croirait à l’usine, soumis à la cadence et au chronomètre.

De plus, si la chorégraphie sur la pelouse se réduit aux ballets de la violence et des chocs brutaux, l’œuvre d’art, elle, au contraire, incite à penser, invite à stimuler l’imagination, incline à varier sans fin les œuvres, à bouleverser constamment les règles de la création.

Si l’art s’inscrit dans un horizon infini de perspectives où l’imagination prend son envol pour atteindre le firmament de la création, le football, lui, s’exerce aux ras des pâquerettes, dans un périmètre restreint où le seul enjeu est de projeter un ballon dans la lucarne.

Qui a dit que (seule) la religion était l’opium du peuple ?

«Un intellectuel est quelqu’un qui regarde une saucisse et pense à Picasso» (A.-P. Herbert).

M. K.

Comment (18)

    Med
    16 juillet 2018 - 6 h 23 min

    « …Préfèrent succomber aux «passions vibratoires» et aux «extases» footballistiques que de se passionner pour de vibrantes causes politiques… ».
    Telle est bien la stratégie du capitalisme. Créer le plus possible de conflits horizontaux afin d’éloigner les gens des veritables enjeux, à savoir la perpétuation de la domination du 1% sur les 99%, l’accaparement des richesses au profit de l’Élite, l’exploitation des classes faibles et moyennes, instauration de l’esclavage moderne avec les phénomènes migratoires, les LGTB, les végétariens etc…

    Sinon très bonne analyse.

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    MELLO
    15 juillet 2018 - 21 h 31 min

    Le football, n’est plus un sport où l’esprit sportif de réconciliation et de pardon a perdu son sens de sociabilité.
    Mr Mesloub Khider, vous avez été jusqu’à racler les bas fond de cette pratique devenue un terrain d’expression populaire. Vous avez cité la JSK ,effectivement ,depuis les années de plomb ,où s’exprimer en langue Kabyle est devenue un crime d’État, tous les fans ont trouvé en ce club un vecteur d’expression identitaire. L’expression populaire est facilitée par les capacités des stades qui peuvent accueillir des milliers de personnes où les slogans ne peuvent être censurés. Un terrain de football dispose de tribunes permettant des slogans de toute sorte. Avec la prise en charge de ce genre de manifestations, les responsables ont mis en place une séparation des galeries afin d’éviter les confrontations. Le football est devenu , comme c’est le cas pour la Russie , lors de cette coupe du monde, un terrain médiatique d’affirmation.

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    Anonyme
    15 juillet 2018 - 19 h 37 min

    comparer le foot ball à la religion, il n’y a aucune relation. Dieu a enseigné la religion à ses prophètes pour éduquer les hommes et leur éviter la mécréance et la hoggra. Le foot ball c’est pour les imbéciles quand il est érigé en multinationale rentabilisante, des milliards sont amassés par les organisateurs à chaque évènement. Les imbéciles su ruent, crient, s’énervent pour une équipe qu’ils déifient.Je peux faire une partie de foot ball par plaisir avec des copains pour créer un moment de joie, de convivialité mais jamais je n’irais crier pour une équipe quel qu’elle soit. La plupart des joueurs de foot finissent dans la déchéance délaissés par leurs fans surtout quand ils tombent malades. Mustapha zitouni (Allah yerrahmou) a fini avec le soutien de djorkaeff connu dans le foot français, mais les siens l’ont tous délaissé dans la misère, et il y en a d’autres sans les nommer. Le foot politisé c’est une arme aux mains des politicards, et au détriment des peuples qui suivent comme des moutons. El Hadj el anka (d’après son entourage a terminé avec cette sentence à la fin de sa carrière : je n’ai rien fait de ma vie (entendre toute sa vie il tapait le ganbar). Le footballeur pourra en dire autant : toute sa vie il tapait dans un ballon. Et puis de vous à moi; ne dites pas la France a remporté la coupe du monde, c’est plutôt l’équipe d’Afrique de France et le président français heureux de les féliciter pour ce succès, et entre temps son armée terroriste bombarde les pays arabes et africains. A bas le foot ball, vive l’école et les sports utiles pour le corps humain.

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    Plateni
    15 juillet 2018 - 19 h 35 min

    Du concret, du vrai sur ce sport populaire planétaire , un article bien expliqué tout est dit. Cette illustre coupe du monde existante depuis 1930 qu’il faut attendre parfois impatiemment tous les 4 ans est un jeu devenu business-to-buisness, un sport « bingo » qui engrange des milliards de dollars. ..

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    karimdz
    15 juillet 2018 - 17 h 16 min

    Article fleuve pour dénigrer le football, ce sport quelles que soient les critiques, demeure un sport populaire, où même les plus pauvres, ont un jour la chance de devenir célèbre et reconnu.

    La culture n est hélas pas accessible à tous, tout comme certains autres sports, destinés à une certaine catégorie. On peut critiquer le foot à cause de l argent qui dénature les valeurs sportives, mais on appréciera toujours la beauté du geste, le jeu tactique, le patriotisme exalté.

    Personnellement, j aime le foot et la culture, et ils font bon ménage.

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    Linguistique
    15 juillet 2018 - 16 h 59 min

    @ Zombretto
    15 juillet 2018 – 11 h 47 min et – 13 h 58 min
    Merci pour ton étai et surtout bravo pour ton analyse comparée du football tel que pratiqué « en deçà ou au delà » de l’Atlantique. Toi au moins tu mets en plein dans le mille. Lezs radiations de ton commentaire n’épargnent aucun aspect , forcément périphérique, de l’article qui a le mérite de poser le vrai problème de ce phénomène dont le détournement par « le capitalisme » débridé a atteint des proportions inédites et ravageuses pour les peuples avec la mainmise par Qatar, ces suppôts de ce capitalisme arrogant et honteux, sur les droits de transmission des rencontres; l’achat de clubs prestigieux; et l’octroi de façon non moins honteuse de la prochaine coupe du monde dans ce pays qui n’existe que par les milliards de dollars qu’il injecte sans compter dans les économies capitalistes alors que les Palestiniens se font abattre comme des lapins par Israël…..

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      Zaatar
      16 juillet 2018 - 7 h 41 min

      A Zombretto et Linguistique;
      L’un dans l’autre, le but ultime est de dompter la masse et s’accaparer les richesses des autres dans un esprit d’égoïsme, d’expansion, de domination et de compétitivité. C’est ce qu’il y a dans les gènes de l’humain depuis sa création et qui sont en éternelle perfectionnement dans la stratégie et les ruses à appliquer. Depuis la nuit des temps, depuis que l’humain est sur terre, il n’a cessé de se comporter de la sorte et c’est ce qui fait partie tout naturellement de l’évolution dans la nature. L’environnement changeant au fil du temps, il est clair que le football dans nos temps modernes s’avère être un creuset lucratif et donc il est tout à fait normal que l’être humain s’y adapte pour formuler un des aspects de sa nature qu’il a dans ses gènes. En gros, tous les moyens sont bons. Mon rapprochement avec la religion est tout autant naturel, car l’homme a aussi usé de celles ci pour asseoir ou tenter d’asseoir sa domination sur les autres et sur la masse. D’ailleurs cela se vérifie aisément en feuilletant les livres d’histoires en ce qui concerne l’évolution de l’humanité sur terre. Bien à vous chers Messieurs.

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        Zombretto
        16 juillet 2018 - 20 h 33 min

        Salut Putois/lehbila/Zaatar… de la part de dinelbeqq:
        Pour illustrer encore une fois ce que je disais à propos de l’idéologie, prenons ce que dit « panem et circenses » expression voulant dire “du pain et des jeux de cirque” ou “du pain et des jeux”. Les « jeux » dans la Rome antique consistaient en duels de gladiateurs et en spectacles d’êtres humains livrés à des animaux sauvages dans l’arène. Les gladiateurs s’entretuaient ou alors l’officiel romain présent décidait si un gladiateur vaincu allait vivre ou être exécuté par son vainqueur. Voici la puissance de l’idéologie dont je parle : en ce temps-là, c’était tout à fait acceptable. Dans la cervelle des gens, quelle que fût leur position sociale et leur éducation, ces massacres étaient quelque chose de tout à fait normal. Le mode de production était basé sur l’esclavage. L’idéologie dominante de cette époque était celle de la classe des maîtres et même les esclaves eux-mêmes ne rejetaient pas l’esclavage comme forme d’organisation sociale. Ils auraient bien voulu ne pas être des esclaves eux-mêmes, mais il ne leur venait pas à l’esprit que l’esclavage lui-même était une aberration grossière et révoltante. Même Spartacus n’a pas essayé de renverser le système esclavagiste, il voulait simplement se libérer et retourner chez lui. La notion « que le meilleur gagne » leur aurait été tout à fait étrangère. Dans ce système, comme dans le féodalisme qui l’a suivi, on n’acceptait pas cette idée, et d’ailleurs elle n’existait pas, que c’est le meilleur qui gagne. Le gagnant était supposé être le plus noble, le plus près des dieux ou de Dieu. Le gagnant était censé être favorisé par les dieux, par la noblesse de sa naissance. Les classes sociales ne se mélangeaient jamais dans les jeux. Si un membre de la classe paysanne osait demander à affronter dans l’arène un membre de l’aristocracie en France on lui aurait coupé la tête pour son insolence et aucun paysan n’aurait pris ça pour de l’oppression, car les paysans, sous l’influence de l’idéologie de la classe dominante croyaient fermement eux aussi à l’inégalité naturelle entre les classes. Pour eux c’était l’ordre naturel de l’univers.
        Le football aurait été impensable dans ce système. Le football est strictement capitaliste. Le peuple qui vit sous le régime capitaliste sait pertinemment qu’il a très peu de chances, sinon aucune chance d’accéder à la classe des nantis. Le foot lui donne l’illusion qu’il est l’égal de n’importe qui dans « la république ».

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          Zaatar
          17 juillet 2018 - 8 h 18 min

          OHO, salut Didine;
          C’est un plaisir que de te lire… comme avant je crois que les avis convergent et se rejoignent sur pas mal de sujets entre autre celui ci. Les voies qui mènent à la connaissance de la nature de l’homme sont impénétrables. Tout est bon pour assouvir ses désirs, ses plaisirs, ses dominations sur les autres…etc. la masse restera éternellement le dindon de la farce.
          Mes amitiés.

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    DYHIA-DZ
    15 juillet 2018 - 14 h 57 min

    Le football a perdu son esprit sportif, c’est devenu un centre commercial d’êtres humains qui sont les joueurs. Chaque joueur a un prix sur le front comme un bétail.
    Même le langage utilisé est un langage commercial…Ce joueur sera vendu, tel joueur a été vendu.
    Le salaire d’un scientifique est misérable comparativement au salaire d’un footballeur.
    Chaque joueur a ses fans qui le vénèrent et sont prêts à mourir pour lui dans les stades, ça frôle une secte.

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    Zaatar
    15 juillet 2018 - 14 h 14 min

    Comparer le football à la religion n’est pas suffisant, le football est quasi une religion sur la planète. Maintenant lorsque l’on voit les buts et les desseins ou les » buts » d’une telle « Entreprise » planétaire on comprend très vite comment cette drogue agit sur l’être humain. On saisit alors, de facto, en faisant machine arrière dans le temps pour comprendre aussi, par analogie, pourquoi il y a les religions.

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    Zombretto
    15 juillet 2018 - 13 h 58 min

    @Linguistique : Pour étayer ce que je disais dans mon commentaire précédent, je vais utiliser ton commentaire. En effet, le football américain n’a rien à voir avec le football “mondial”, que les américains appellent “soccer”. Le soccer commence peu à peu à gagner du terrain au USA, mais il reste très largement ignoré. En ce moment par exemple, on parle à peine de la coupe du monde dans les médias, et certainement pas en première page des journaux.
    Je disais tantôt que le football (“mondial”) est la parfaite représentation symbolique du capitalisme. Il est intéressant de noter justement la différence entre le soccer et le football américain. ous deux reflètent l’idéologie capitaliste, mais ils reflètent chacun une forme de capitalisme qui s’applique à leur pays respectifs. Si le football (“mondial”) promeut l’idée de fair-play et d’esprit d’équipe, le football américain reflète la forme « sauvage » du capitalisme impitoyable américain. Il est brutal et repose beaucoup plus sur les intiatives individuelles des joueurs. La brutalité de ce sport n’est pas accidentelle, le sport est censé être brutal, et on s’attend à ce qu’il soit brutal, comme le capitalisme sauvage qui n’épargne personne. Aux USA on considère le capitalisme européen comme du socialisme, presque du communisme ! Leur football reflète beaucoup mieux cette forme de capitalisme sur le terrain que ne le fait le “soccer” et c’est pour ça que le soccer n’a jamais réussi à s’y implanter solidement.
    Il est aussi intéressant de noter le parallèle entre le développement (embryonnaire pour le moment) du soccer et des idées “socialistes” aux USA. “Socialiste” voulant simplement dire un capitalisme un peu moins sauvage, un capitalisme avec un filet social qui garantisse qu’on ne crève pas de faim parce qu’on a dépensé toutes ses économies pour payer des frais médicaux qui sont gratuits ailleurs.

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    Linguistique
    15 juillet 2018 - 12 h 49 min

    Les Marx Brothers étaient des acteurs célèbres dans les 2/3 du 20è siècle. Quand Groucho, célèbre par ses citations et ses calembours avec son accent new yorkais, parlait de football, il désignait le football américain. Grand supporter des Yonkers qui enflammaient le mythique Yankee stadium, il était loin de penser au soccer, sport inconnu ou très peu pratiqué chez eux. Et il serait heureux de voir que sa citation ait traversé le temps, l’Atlantique, s’approprier l’actuel football et devenir mondiale.
    Ceci dit, le choix de cette citation pour l’exergue de cette judicieuse et lumineuse contribution est quelque peu atténué par celui de la photo qui n’ajoute rien au fond de l’article sinon une confusion inutile avec ce drapeau galvaudé et accaparé par les wahabites qui n’ont pas bronché en voyant la chahada figurer sur une des facettes du ballon portant les emblèmes des pays qualifiés ,.. sans oublier celui de l’Itan avec son « Allah » stylisé. Heureusement que l’Irak ne s’est qualifié. Sinon on aurait eu droit au « Allah Akbar » ajouté par Sadam.

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    Zombretto
    15 juillet 2018 - 11 h 47 min

    Je pense que Mr Khider est passé juste à côté de l’essentiel. Il a cerné la cible de toutes parts mais ne l’a pas touchée dans le mille. J’ai dit dans un autre commentaire que les gens, même beaucoup de marxistes, ne se rendent pas compte de la puissance de l’idéologie. L’idéologie est aussi forte que les forces physiques, comme la force centrifuge ou centripède, ou la gravité. Mr Khider dit que le football est devenu quelque chose d’autre que sa vocation originelle, il a perdu son rôle des origines, qui était ludique et sain; il est tombé entre les mains du Capital, etc., et c’est là que je ne suis pas d’accord. Pour moi le football n’a rien perdu, il n’est pas « tombé » dans sa triste situation d’aujourd’hui, il l’a toujours été depuis le début. Ce n’est pas par hasard qu’il est né au moment où le capitalisme s’était le plus consolidé en Europe, dans la deuxième moitié du 19ème siècle. Le football est un symbole du capitalisme. L’auteur l’a presque dit :« Toutes les valeurs capitalistes valorisées dans le monde de l’entreprise sont propagées dans l’univers du football : culte de la performance, dépassement de soi, virilité, force physique, victoire sur l’autre, etc. » Le football reflète parfaitement l’idéologie capitaliste. Il fait croire au peuple que tout le monde a les mêmes chances de gagner. Le terrain est plat et ne favorise aucun individu ou équipe particulière. Même les conditions adveres comme le vent ou le soleil sont neutralisées par le fait qu’on change de direction à la mi-temps. En d’autres termes, si une équipe perd elle n’a qu’elle-même à blâmer. Il suffit de travailler dur et de persévérer pour gagner. « Que le meilleur gagne ! » Cette devise semble si simple, si logique et si juste. Elle est acceptée par tout le monde ou presque. Pourtant elle contient l’implacable logique capitaliste qui veut qu’il y ait quelques gagnants et une vaste majorité de perdants.
    Le football est un concentré d’idéologie capitaliste. Il en est un ersatz, une parfaite matrice mentale. Le capitalisme est censé être le système dans lequel c’est la loi qui a le pouvoir suprême et non un roi ou autre dictateur. La loi est claire et s’applique à tout le monde sans aucune exception. Cette loi est reflétée sur le terrain de foot. L’arbitre représente le juge et l’agent de police dont il partage le sifflet. Il ne crée pas la loi, il l’applique et l’exécute seulement. La loi elle-même est au dessus de lui. L’idéologie capitaliste a convaincu les peuples que c’est ça la logique et la raison. La loi s’applique à tous et le meilleur gagne, quoi de plus juste ? C’est tellement ancré dans les esprits que la question ne se pose pas. On ne se rend pas compte que c’est de l’idéologie, une idéologie particulière à un système donné, une époque donnée. Evidemment que le meilleur gagne ! Le pauvre algérien ou brésilien qui passe sa vie à commenter les matches de foot se convainc inconsciemment que lui aussi il va gagner un de ces jours. Il suffit de continuer à travailler dur, le système est juste.
    Le football n’est pas devenu la proie du capitalisme, le football « c’est » le capitalisme.

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      PANEM ET CIRCENCES
      15 juillet 2018 - 21 h 00 min

      @Zombretto
      15 juillet 2018 – 11 h 47 min
      …Le football n’est pas devenu la proie du capitalisme, le football « c’est » le capitalisme
      ————————————————————–
      La finale entre LES JOUEURS croates et franceafrique l’a illustré, l’accolade finale entre Macron et la présidente croate l’a illustré, en jeu pur jamais Macron n’aurait gagné, le gouvernement croate s’est vu promettre (ou remettre) quoi combien… Quant au peuple imbécile : Panem et circences ! Ave César…

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    L'An 620 , le football en plus :
    15 juillet 2018 - 10 h 22 min

    de nos temps , les pays dits colonisateurs n’ont plus besoin de coloniser militairement un pays pour lui siphonner ses richesses , ils n’ont qu’à faire de sorte qu’il promeuve (auprès des régimes en place ) la religion ainsi qu’un sport collectif populaire ( ici le football ) ,pour voir ce même pays sombrer dans la paralysie socio-économique totale avec toutes les retombées négatives que cela engendre .
    s’en suit alors après cette paralysie , la dépendance totale (économique, culturelle ..) envers le pays colonisateur .

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    LOUCIF
    15 juillet 2018 - 9 h 03 min

    Magnifique article de Mesloub Khider sur le football ! Tout est dit ! Chapeau mon gars !!

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    Anti khafafich
    15 juillet 2018 - 8 h 48 min

    Excellent!

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