L’intellect et le pneu

édito brûleurs
Les accès de violence de la part de jeunes désœuvrés récompensés ? New Press

Par Akram Chorfi – Pourquoi les pouvoirs publics transigent-ils avec la rue et avec les brûleurs de pneus qui se mettent souvent dans l’illégalité et dans des postures infra-citoyennes et se montrent intransigeants vis-à-vis des citoyens qui s’organisent pour exprimer leurs revendications dans un cadre légalement valable ?

On a souvent vu matraquer les représentants de corps de métiers qui ne sont rien d’autres que l’élite du pays, traités avec un souverain mépris et agressés avec zèle par les forces de l’ordre, et vu parallèlement récompenser des accès de violence inouïe de la part de jeunes désœuvrés, par une écoute inédite et des réponses qui, souvent, s’apparentent à une récompense de cette violence.

Selon toute logique, et au vu du sens que l’on peut donner à cette manière de faire la part des choses dans l’entendement des décideurs, il semble bien que l’on ait tranché, depuis longtemps déjà, cette question en différenciant le traitement des cas de rassemblements de citoyens organisés qui sont structurés pour communiquer sans violence et qui ont, chacun quelque chose à perdre, et celui d’une foule informe où l’on vocifère et proteste en paralysant la circulation routière et en brûlant, à même les routes, tout ce qui peut être brûlé au mépris des lois et de l’autorité.

Tout ce qui admet une brèche d’illégitimité légale semble complaire aux gestionnaires politiques qui redoutent que ceux qui brûlent et cassent n’apprennent à s’organiser, dans la non-violence, en prenant exemple sur les élites leur façon irréprochable et inattaquable de s’organiser et de protester. Ce qui serait catastrophique et un précédent intolérable qui donnerait au plus grand nombre – la foule informe – la clé du changement.

Alors, pour que la foule ne prenne pas modèle sur l’élite, on matraque l’élite pour dire à la foule que sa façon de faire – brûler des pneus et casser – est la façon idoine pour se faire écouter.

Une approche machiavélique pour casser l’élan de la société vers la modernité, mais pas pour construire un Etat où ce sont les élites qui pensent le changement et qui inspirent le peuple pour qu’il emprunte les voies les plus salutaires.

A. C.

Comment (3)

    MELLO
    13 août 2018 - 12 h 29 min

    En Algérie le pouvoir s’était installe’ par la violence après le premier coup d’Etat fait au GPRA, puis un deuxieme en 1965 pour conforter ce pouvoir dans sa position. Sémantiquement , la violence sous toutes ses formes, devient un moyen d’acquérir ce que l’on veut. Mais, rappelez vous de cette réponse de Larbi Belkheir aux jeunes venus réclamer leurs droits, sa réponse était: bruler des pneus et barrer les routes. Un signal de départ fut donne’ pour toute revendication, mais ,il ne faudrait pas oublier que ce pouvoir, venu par la violence , ne cherche que ce terrain qu’il affectionne pour faire taire toute expression citoyenne. En ce qui concerne notre Elite ,qui tente d’enclencher un esprit de lutte par le verbe, elle semble se situer au dessus des capacites cognitives de ce pouvoir. Leurs discours , leurs propositions, ne sont jamais assimilées par ces « dirigeants » car loin de les comprendre. D’ailleurs depuis leur main mise sur le pouvoir , leur discours comporte toujours les mêmes termes: le peuple Algérien héroïque – la révolution de Novembre 54- le pays au 1,500 000 martyrs- comme ce slogan: la révolution par le peuple et pour le peuple.
    En conclusion , qu’ils nous disent la signification de : République Algerienne Democratique et Populaire.

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    Fellaga
    13 août 2018 - 11 h 20 min

    En France, la racaille d’en bas sert la racaille d’en haut. Autrement dit les casseurs sont voulus par le gouvernement pour entretenir l’idée de délinquance de violence urbaine avec stigmatisation systématique des français d’origine maghrébine et africaine. Les soi-disant antifa qui sont en réalité des fascistes de 1ère ordre servent l’oligarchie également. D’ailleurs lors de la victoire des bleus en coupe du monde, les casseurs ont agi en toute liberté impunité : le ministère de l’intérieur n’a pas placé des « forces » de l’ordre et cie pour empêcher ces « débordements » systématiques et prévisibles donc preuve de sa complicité manifeste.
    Pour le pays, je ne m’avance pas sur cette théorie.

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      bougie
      13 août 2018 - 15 h 45 min

      Si je lis bien l’article il concerne l ‘Algérie et non pas la France ,pourquoi changer de sujet ,peut – on traiter de n’importe quel problème sociétal sans en revenir à la France ? On parle ici des brûleurs de pneus comme d’ailleurs les coupeurs de route dans la plus totale illégalité en Algérie ,laissez la France de côté .

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