Noyade collective

Constantine raisons
Inondations à Constantine. D. R.

Par Akram Chorfi – L’Algérie se noie dans un verre d’eau. Cela pour deux raisons. La première tient au fait que des averses saisonnières, pourtant prévisibles, prennent les responsables communaux en défaut, au point de surprendre au moment où il aurait fallu s’y préparer pour réduire leurs effets sur les populations et le milieu urbain.

La seconde, et la plus regrettable, c’est la manière de communiquer des responsables qui prennent à chaque fois des postures défensives, comme s’ils étaient coupables d’avoir provoqué la catastrophe, alors qu’en comparaison avec d’autres pays, même parmi les plus avancés, les inondations et autres impondérables ne provoquent guère moins de victimes et de dégâts matériels.

En se livrant à un travail de recherche de diagnostic, on se rend compte, avec facilité, d’une réalité indiscutable : la responsabilité est partagée entre les acteurs communaux et les populations, les uns étant défaillants et incapables d’être proactifs, les autres étant agissants, braconnant à tout-va, accaparant des biens publics, construisant à même les oueds, jetant les ordures ménagères sur les routes, qui finissent par boucher les avaloirs.

Mais si la responsabilité est effectivement partagée, elle finit, pourtant, par revenir de droit à l’Etat, instance globale, qui a toujours eu bon dos, supportant même les attaques de populations victimes de leurs propres méfaits, avec l’air de dire que l’Etat ne les a pas protégés contre eux-mêmes.

N’est-ce pas le cas de gens qui construisent, contre le bon sens et en dépit des lois, sur des lits d’oueds et qui ragent, plus tard, contre les pouvoirs publics quand l’impondérable vient à se produire ?

Une manifestation des forces de la nature devient destructrice car elle trouve sur son passage, secondée par l’imprévision des intendants de la cité, l’incivisme coupable des habitants.

Et pourtant, sur ces tableaux qui décrivent la bêtise humaine, ces mêmes acteurs de la gabegie collective et institutionnelle dessinent des traits de courage, portés par des élans de solidarité humaine, unis dans la crise comme jamais, capables d’être des héros prêts à donner leur vie pour sauver des vies.

A. C.

Comment (13)

    Anonyme
    22 septembre 2018 - 18 h 45 min

    Tout problème individuel est un problème politique ! même un bébé qui réveille ses parents à minuit est un problème de santé publique donc gérè par l état alors c est un problème politique ! et quand un ministre de la santé publique accompagne sa femme en France pour accoucher , alors la c est un problème politique et un mépris pour le peuple algérien ,par pour le pouvoir en place car les gouvernants ont le même comportement !

    Anonyme
    22 septembre 2018 - 11 h 14 min

    La responsabilité ne doit pas être partagée , ces la responsabilité de l etat ; commander c est prévoir ! supposons que les millions de constructions en Algérie n ont pas ete construites par les algériens eux mêmes ; ou en serait la situation aujourd’hui dans l urbanisation ? même avec les constructions de l AADL ne sont pas arriver a couvrir les besoins de la populace heureusement que les citoyens faoudaoui (anarchique) ont réagit !afin de caser leur famille ,sinon ils seraient la a attendre leurs tours dans 40 ans ou plus ! c est a ceux qui ont le pouvoir que revient la responsabilité ; on assume ou on quitte cette responsabilité de 40 millions d algériens !

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    walou
    21 septembre 2018 - 22 h 53 min

    Yo ! avant on disait, khirek ya rabbi (Dieu merci) quand il pleuvait…la terre l’absorbait, le oueds et ruisseaux, chantonnaient.
    Avec la démographie (religion) tout est faussé : Bétonnage à tout va, infrastructures dépassée et mal anticipées, bouches d’égouts et conduites bouchées (incivisme).
    —-Mais malgré tout, les innondations restent un phénomène naturel et mortel ,même dans les pays développés.
    IMPORTANT : Si le peuple est féneant, sale et incivique alors la nature nettoie à sa place et sans ménagement !
    Tout cela finira par polluer les barrages et mers pour les poissons et légumes qui nous empoisonneront.
    Tu pollue, tu payes tonton ! Dame nature connait son travail, pas de passe-droit!.
    Pour les autres impuissants de réflechir, qu’ils aillent prier pour que Dieu arrête la pluie, comme ils le font pour qu’il pleuve.
    Mais non pardi ! ils vont te dire, c’est pour nous punir…comme les séismes, c’est une punition.
    Les cratères sur les planètes inhabitées aussi c’est une punition? et les ouragans qui existaient même avant l’apparition de la vie?
    A l’Aïd du mouton, certains jettent les viscères…dans les toilettes (dommage on a pas de crocodiles).
    Puis ARRÊTEZ de solliciter l’Armée Nationale pour tout, alors que les prisons sont pleines d’empifrés (court séjour) qui pensent au trafic à faire à leur sortie.
    Ah ya Bladi …un air de chanson me vient à la tête : Algérie mon Amour…
    Maintenant que beaucoup ont compris que La religion et la langue Arabe sont des anti-développements, L’Occident…fait tout afin que nous les gardions encore ! (Oui, oui c’est VRAI) !

    répercussions
    21 septembre 2018 - 19 h 36 min

    le problème n’est pas dans les pluies et les averses ou les incendies …c’est beaucoup beaucoup mais beaucoup plus profond : L’INCULTURE ET L’IGNORANCE de tout un peuple à commencer par ceux d’en ….

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    MOHAMMED BEKADDOUR
    21 septembre 2018 - 16 h 39 min

    Ce titre « Noyade collective » m’a remis en mémoire un livre paru en 1991, écrit par un ami, ADDI Lhouari, (Editions ENAL), « Algérie : Collectivité politique et état en construction ». En ce temps, cette collectivité n’avait pas les pieds sur Terre, et l’hygiène était le dernier de ses soucis. ADDI pourrait actualiser son livre et écrire : « Algérie : Collectivité en dé construction, et état sans instruction »… C’est à peine exagéré ! Mais il y a Espoir, on déconstruit pour construire… Enfin, l’état est désormais « instruit », il y a des mesures draconiennes à prendre ! Il y faut Les Algériens compétents, y compris les exilés malgré eux, qui avaient fui Les Microbes administratifs, hydriques, et tutti quanti.

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    Gatt M'digouti
    21 septembre 2018 - 13 h 19 min

    Un quidam qui gare sa voiture en pleine rue et bloque la circulation pour aller acheter un sachet de lait est ce la faute de l’État?
    Les mots orduriers qu’on entend à chaque coin de rue est ce la faute de l’État?
    Les trains caillassés par des voyous est ce la faute de l’État?
    Les sachets d’ordure balancés par les balcons est ce la faute de l’État?
    Le non respect de la chaine dans des guichets par des énergumènes, est ce la faute de l’État?
    Nous sommes mal élevés, sales et fainéants et grandes gueules !

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      ripper
      21 septembre 2018 - 15 h 42 min

      Dans des pays avec des états qui se respectent Le propriétaire d’une auto mal garée subit une amande salée pour le méfait, les couts de transport vers la fourrière et pour chaque journée passée. Il ne récidivera plus.
      Les mots orduriers et les voix hautes constituent de la pollution sonore, c’est passibles d’amandes, tout comme pour les sachets d’ordure balancés des balcons les citoyens sont appelés à dénoncer aux autorités, qui doit sévir.
      Les trains caillassés, et autres formes d’agressions de l’espace publique sont exécutés inconsciemment à des fins de vengeance, ils sont dus au non respect de l’état à ses devoirs envers les citoyens. Les droits passent avant les devoirs, en Algérie l’équation est totalement déséquilibrée.
      Le petit jeune qui voit ses parents se plier en quatre pour joindre les deux bouts ira exprimer sa colère sur les trains de cette société devenue ennemie. Il commet ce méfait en pensant se faire justice. Les sociologues vous diront que le fautif bénéficie de circonstances atténuantes.
      En somme, c’est la charrette avant les bœufs. Il ne sert à rien de courir pour améliorer son environnement, le bien-être et l’éducation l’individu doit passer en premier.
      L’état est incompétent, et fautif …

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    Ch'ha
    21 septembre 2018 - 11 h 47 min

    Un exemple comme ça qui me vient, suite à une pluie torrentielle à Nice un cycliste a été happé par une bouche d’égout.
    Voilà c’était juste un exemple.
    La nature reprend toujours ses droits.

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    karimdz
    21 septembre 2018 - 11 h 10 min

    C est d abord la responsabilité de dame nature qui chaque année pas seulement dans notre pays, mais également dans des pays développés comme la France où cela est courant qu’elle se déchaine, entraine de grands dégats et emporte hélas avec elle dans son flot des victimes.

    C est aussi la responsabilité des élus locaux ou de l Etat qui parfois construisent sur des zones à risques, sans prendre le soin par exemple de détourner un oued qui reprend toujours le cours naturel.

    Le problème de l évacuation des eaux usées, comme celui des zones à risques, doit être la priorité de l Etat algérien, surtout en cette période de changements climatiques, qui certes nous apporte l eau en grosse quantité, mais fait également des désastres.

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    Anonyme
    21 septembre 2018 - 10 h 18 min

    Tout ce que vous ecrivez est exacts..mais il y a un probleme technique souvent non evoque.Les canalisations
    pour evacuation des eaux usees ont ete prevues pour ..disons 50.000 habitants au departs de leur realisation.
    puis les agglomerations ont doublees…triplees….et on construit sans penser aux systemes d evacuation des eaux …puis le flux est enormes en cas de pluie…le diametre des canalisations ne supporte plus le debit et fait sauter les couvercles des egouts (minimum 10 kilos) et cela deborde et cause des des inondations d un melange d eau de pluie et d eaux usees……il y a plusieurs solutions…. 1-Reconstruire les canalisations dans les grandes villes avec un diametre beaucoup plus important pour eviter ces miseres aux prochaines generations…
    2-Proceder aux choix de recuperation des eaux de pluie dans les nouveaux plans d amenagement des villes par un systeme d infiltration..

    3-Encourager les proprietaires de maisons individuelles a recuperer l eau fluviale dans des citernes sousterraines pour utilisation domestiques.

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      Anonyme
      21 septembre 2018 - 17 h 01 min

      Tout a fait la recuperation des eaux de pluie aiderait a resoudre en partie les debordements .
      Il y a plusieurs systemes qui ont donnes de tres bons resultats dans plusieurs pays Europeens et
      c est beaucoup plus economique et plus ecologique que la construction de canalisations d evacuation,d un autre cote la recuperation par infiltration va alimenter la nappe phreatique. Toutes les grandes villes Europeennes ont optes pour ce systeme de recuperation des eaux de pluies…cette eau extremement precieuse.Que notre ministre de tutelle se penchent sur cette tres importante question….et arreter le gaspillage d une ressource naturelle recuperable a moindre frais.Paris n est pas plus intelligente qu Alger….une possibilite a germer.

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      Anonyme
      22 septembre 2018 - 7 h 02 min

      Je constate qu un sujet si important que la recuperation par infiltration des eaux de pluie est completement ignoree par les lecteurs pourtant il est d une importance capitale pour alimenter les nappes phreatiques…nos medias doivent se pencher sur ce sujet et s informer sur les riches documentations sur Google tres bien expliquees en textes et images. Tipez Recuperation eau de pluie par infiltration.Ce system est parfaitement applicable au moindre frais en Algerie,c est l avis de plusieurs experts.

    Zaatar
    21 septembre 2018 - 8 h 10 min

    Encore une fois la responsabilité n’est pas partagée. Les lois et les règles établies par les législateur, Donc par une institution de l’État, sont faites pour être appliquée par l’exécutif, institution de l’État également. Le reste, la mise en application et le veiller à la bonne application de ces lois et ces règles c’est le travail des administrations, de la gendarmerie, de la police. En cas d’enfrein c’est encore la loi qui doit agir, Et le citoyen se doit de s’y conformer. En d’autres termes le citoyen doit « obeir » et il devrait pas y avoir dérive. Car si c’est le cas c’est les institutions de l’État qui n’auront pas fait leur travail. Et si la dérive persiste c’est le sommet de l’État qui n’aura pas fait son travail en laissant les mêmes dans leurs postes au niveau des institutions de l’État. On n’a jamais de mauvais soldats mais de mauvais généraux. Pour finir vous me direz que les dirigeants du pays doivent être des élus du peuple auquel c’est le peuple qui est responsable, Oui mais il faudrait qu’on soit dans une véritable democratie.

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