Les Etats-Unis volent au secours de l’Italie y compris sur le plan financier

Steven Mnuchin
Steven Mnuchin, secrétaire d'Etat au Trésor américain. D. R.

De Rome, Mourad Rouighi – Deuxième puissance industrielle et troisième économie en Europe, l’Italie, fait face depuis trente ans, néanmoins, à la donne de son endettement qui tel un boulet au pied, freine sa croissance depuis des décennies.

Pour preuve, en 1988 sa dette publique s’élevait à 550 milliards de dollars, tandis qu’elle est aujourd’hui de l’ordre de 2 300 milliards d’euros. Au passage, Rome a payé 3 000 milliards de dollars au chapitre de service de cette dette. De fait, les politiques d’austérité menées par les divers gouvernements ont été peu probantes : les hausses de la fiscalité ont conduit de manière cyclique à des contractions de l’économie et une augmentation du ratio de la dette. Résultat de ces choix : un taux de chômage qui a dépassé les 12 % en 2014.

Or, pour inverser cette tendance, une étape décisive devant mener au virage tant attendu, pourrait être celle amorcée en mai 2018, avec l’arrivée au pouvoir de la coalition réunissant deux partis réfutant ouvertement les solutions des technocrates de Bruxelles : le Mouvement 5 étoiles et la Ligue du Nord.

Certes le problème numéro un pour ce gouvernement et pour l’Italie est toujours le même, à savoir la dette et le service de celle-ci, mais sa gestion n’est pas en discussion. Bien que la véritable clef du salut, selon le cabinet actuel réside dans la croissance économique et les mesures mises en acte, pourront booster l’économie italienne et dégager ces atouts, qui de tout temps, ont fait de ce pays, un des acteurs commerciaux les plus dynamiques, sur le plan international. Une approche partagée par les experts de JP Morgan, le géant mondial qui gère des avoirs pour deux trillions de dollars et qui possède un portefeuille d’obligations de plus de 500 milliards de dollars.

Cette ouverture de crédit de la part du géant newyorkais contraste avec les notes de Fitch et de ses consœurs Standard & Poor’s et Moody’s, qui au début de septembre avaient déclassé la note de la dette souveraine italienne. Mais le gouvernement de Giuseppe Conte semble préférer relativiser cette donne. En effet et après une mission pékinoise couronnée de succès avec les investisseurs chinois et en marge de la réunion du FMI du 11 octobre, tenue à Bali, en Indonésie, le ministre de l’Economie, Giovanni Tria, a rencontré son homologue américain, Steven Mnuchin, lui confirmant l’engagement de l’Italie à réduire le rapport dette/PIB et lui illustrant les contours de la prochaine loi de finances 2019, axée sur le besoin de retrouver dès les prochains mois, le chemin de la croissance.

De son côté, Steven Mnuchin a appelé à un rapide retour de la stabilité des marchés, tout en mettant en garde les opérateurs financiers à ne pas essayer de déstabiliser la zone euro, à travers l’Italie.

Ce proche parmi les proches de Donald Trump signifiait, en l’occasion, aux marchés financiers que Washington est bien intentionnée à soutenir Rome et que bientôt des colosses de la finance américaine, sur indication directe ou indirecte de la Maison-Blanche, feront auprès des investisseurs américains et mondiaux, la promotion des bons du Trésor italien et de ces titres de dette souveraine BTP. Ce soutien, ô combien précieux pour Giuseppe Conte, s’ajoute au blanc-seing accordé à la diplomatie italienne sur le dossier libyen et le rôle qu’elle s’apprête à jouer, dans le cadre du projet dit «de la Méditerranée élargie», si cher au président américain.

Un constat partagé par le quotidien romain La Repubblica, qui relève que le renforcement de l’axe Washington-Rome, y compris dans le domaine financier, n’est que la conclusion logique du «feeling» entre l’Administration Trump et la majorité politique en Italie, qui depuis le sommet de juillet dernier, ont su créer une synergie plurielle portant sur plusieurs dossiers et nombre de thèmes.

Et selon un expert des questions américaines, cela dénote, que si Washington croit en la capacité de Rome de jouer pleinement ces divers rôles et elle est prête à la soutenir, vu d’Italie, ce soutien configure une sorte de droit de préemption par rapport à d’autres puissances européennes, sur des sujets aussi cruciaux que la Libye, les médiations avec Moscou et Téhéran sur la question des sanctions et la gestion du dossier des migrants.

M. R.

Comment (10)

    Tredouane
    14 octobre 2018 - 18 h 25 min

    Personne n’aide personne gratuitement,la position géostratégique et les relations profondes;la proximité de la Lybie,la domination sur méditerranée ….

    Anonyme
    14 octobre 2018 - 13 h 54 min

    L’Italie vient de bénéficier de cette aide, une fois le genou mit à terre face à ses nouveaux maîtres :
    – Matteo Salvini, le leader du parti italien La Lega Nord très anti-immigration, s’est rendu en Israël ces derniers jours pour sa première visite officielle. Il y a rencontré différents hommes politiques.
    – Cyclisme : pourquoi le Tour d’Italie part-il d’Israël ?
    – Israël mise sur le Giro pour booster son tourisme
    – En Israël, une ministre italienne déclare que l’Etat juif fait “partie de nous”

    Mohamedz
    14 octobre 2018 - 12 h 29 min

    L’auteur de cet article est-il le fils de Si Med Rouighi ? Si c’est le cas je lui demanderai de passer mes respectueuses salutations à ce grand diplomate algérien qui a discrètement et efficacement servi l’Algérie au sein du centre de décision de l’agence onusienne dite la FAO à Rome.

    Vroum Vroum 😤..
    14 octobre 2018 - 12 h 21 min

    Pas folle la Guêpe !!…Si USA volé au secours de l’Italie financièrement c’est pas pour les beaux yeux des Italiens mais pour son intérêt vital en Europe ou Union européenne ..(Militairement parlant)..L’Italie est membre de L’Otan et pocede une base très importante de l’OTAN ou sont entreposés des Armes Nucléaires US..comme en Pologne !!..Une déstabilisation économique de L’Italie signifie une menace directe sur Usa ..Pourtant Usa a laisser la Grece ou Portugal manger des cailloux avec la même politique d’austérité imposé par les directives Commission européenne…la Grèce était en faillite sans le FMI et Bank Centrale européenne..!!… .Et là pour l’Italie dans le même schéma que la Grèce ou Portugal c’est Tonton USA qui va au secours de l’Italie financièrement en déclin !.. .

      Tredouane
      14 octobre 2018 - 18 h 19 min

      Sourire,mais ça c’est ce qu’on vois dite nous ce que l’on ne vois pas svp.merci,Fraternellement.

    TARZAN
    14 octobre 2018 - 11 h 32 min

    il faut aider l’italie car ils ont été toujours correctes avec l’algérie. d’ailleurs qu’attend l’algérie pour axer l’essentiel de nos exportations gaz et pétrole vers ce pays et bâtir une véritable base de stockage dans ce pays en gaz et pétrole pour alimenter l’europe via la tunisie (allemagne suisse, les pays balkaniques etc.) et rendre caduque tout projet marocain qui cherche à installer une base similaire à tanger (gaz qatari, russe ou nigerian) car ils ne vont trouver que l’espagne et la france comme débouchés et à quel prix loin d’être concurrentiel!! la france veut chasser toute influence italienne en libye, et ça risque d’être encore plus pénible pour eux! mla technologie ce sont les italiens, l’allemagne, les USA, .. mais jamais la france, n’attendez rien d’eux ils ne nous aiment pas, ils aiment le maroc et ils l’avantage toujours avant nous et tous le secrets de notre industrie ils les communiquent au roi!

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      Chakib
      14 octobre 2018 - 12 h 15 min

      Tu défends votre escrocs de Chakib Khelil.

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        TARZAN
        14 octobre 2018 - 13 h 06 min

        non! je défends note client numéro 1 en gaz et pétrole, je défends le pays dont on a toujours une balance commerciale positive en notre faveur et qu’ils se plaignent pas, je défends le pays qui a permis à sonatrach d’avoir un pied en europe, et le marché européen à notre portée sans payer les taxes douanières européennes, je défends le pays qui a livré à l’algérie des bateaux de guerre de dernière génération, je défends le pays qui va installer en algérie une usine de fabrication d’hélicoptère avec transfert de technologie etc. et si chakib khelil a permis tout ça alors vive chakib khelil je ne suis pas un idiot manipulé par la france et les marocains que tu appelles « nos frères » alors qu’ils détruisent les algériens à l’étranger! et je te rappelle que l’italie était laplus proche de l’algérie durant la décennie noire et l’embargo imposé à l’algérie. si tu as d’autres arguments à part colporter les rumeurs franco marocains vas y étale les ici

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    awrassi
    14 octobre 2018 - 11 h 29 min

    Comme si nous n’avions pas assez de problèmes algéro-algériens ? L’Italie, on s’en fiche …

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      TARZAN
      14 octobre 2018 - 12 h 01 min

      justement la différence entre nous et les marocains, c’est que nous nous sommes pas des traitres, égoïstes il faut être solidaires avec ceux qui nous ont aidé, c’est dans le gêne des algériens. demain on sera dans la même situation, ils viendront nous aider, c’est la vie!

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