Un toit pour Bachir

logement Bachir
A quand unejuste répartition des logements ? New Press

Par Lina S. – Bachir a eu un AVC dans la nuit alors qu’il dormait dans un réduit asphyxiant sous l’escalier d’une bâtisse Place du 1er-Mai, à Alger. Mais ce n’est pas le manque d’oxygène qui a failli l’emporter dans son sommeil. Travaillant loin de son épouse et de ses deux enfants qu’il a laissés à Jijel et pour lesquels il se sacrifie pour leur assurer le minimum vital, il avait fermé l’œil sur une nouvelle frustration.

Avant de se rendre dans sa chambre de fortune, il regardait les informations qui relayaient en boucle les déclarations triomphalistes du ministre de l’Habitat annonçant avec fracas la distribution de 50 000 nouveaux logements. Bachir en est à son quatrième, cinquième ou énième dossier, tous les précédents ayant été «égarés» par l’administration à Jijel.

Bachir voit les logements lui filer sous le nez à chaque distribution surmédiatisée depuis de longues années. Il ne comprend pas comment des cités entières, à Jijel, sont noires de monde l’été et deviennent fantomatiques les neuf autres mois de l’année. Il ne comprend pas pourquoi, lui, l’enfant de Jijel, dont les enfants, brillants élèves qui cumulent les meilleures notes à l’école, ne puisse pas bénéficier de ce que l’Etat appelle un «droit». Un droit pour l’obtention duquel ce père de famille exemplaire n’arrive pas à se frayer un chemin au milieu d’une mafia aux bras longs qui détourne les logements au profit d’indus attributaires.

Hier, il l’a échappé belle. Au dénuement a failli s’ajouter la disparition d’un père qui se bat comme un lion, supportant l’avanie, l’éloignement, la privation pour nourrir ses enfants dont il est en train de faire des cadres exemplaires pour l’Algérie de demain avec un maigre salaire, une volonté de fer et un patriotisme qui résiste à toutes les injustices, armé d’un courage inouï.

Bachir, nous sommes de tout cœur avec toi.

L. S.

Comment (12)

    Comme il a dit lui
    1 novembre 2018 - 0 h 36 min

    N’oubliez pas que fakhamatou vient de vanter les réalisations de ces 20 dernières années, c a d les siennes. Il paraît que pour le cinquième mandat, il va offrir une imprimante à chaque Algérien pour qu’il puisse imprimer de la monnaie à sa guise maintenant que la formule est toute trouvée. Qui peut faire mieux?

    La peur !
    31 octobre 2018 - 22 h 38 min

    Franchement ces cités font peur rien qu’en photos, l’architecte qui les a dessiné doit avoir un problème.
    Dans quelque années elles seront des coupes gorges.

    ALi la Pointe
    31 octobre 2018 - 22 h 35 min

    Sa mère est morte en 2004 hébergée chez des gens a Miliana en attendant un logement comme les veuves de chouhada qui sont excluent systématiquement malgré l’ancienneté de leurs demandes, la plupart sont décédées maintenant.
    Elle avait saisie le maire, le ministère des anciens et le responsable de son fils.
    La seule réponse qu’elle a eue d’eux c’était un silence méprisant.

    3
    2
    benchikh
    31 octobre 2018 - 21 h 32 min

    de quoi dois-je commencer par un trafic ou bien un détournement le bien des gens.On commence par les gens de l’administration (les grands tapeurs) ??ou bien la politique de rente d’Ali Baba et les 70 voleurs?? ,ou bien l’égoisme d’une société malhonnête ,avoir les yeux plus gros que la bouche???.Si notre société ne rendre pas compte de ses mauvaises manière ,elle restera une société emprisonner par ses malices diaboliques , une nation bon à rien .

    MELLO
    31 octobre 2018 - 19 h 08 min

    Un toit pour Bachir, nous a bouleversé . En 2018 des Algériens trouvent refuge sous les escaliers d’un immeuble où 60 % des logements ont été loués, car achetés par une caste qui a des bras longs dans une administration corrompue. Bachir , un Algérien lambda n’à que sa conscience pour espérer obtenir ce toit de la part de cette administration du ministère de l’intérieur qui distribue les réalisations du ministère de l’habitat. Les uns et les autres se consultent par téléphone pour faire bénéficier X ou Y ,mais pas Bachir. Un recensement virtuel a donné que 60 % des logements distribués en formule sociale sont en location. Où est l’État ? Où est cette administration qui a égaré les dossiers de Bachir ? Où sont ces médias qui pouvaient faire ressortir cete mahzala ? Il ne suffit pas d’être de coeur avec Bachir , il faudrait dénoncer ces pratiques.

    Anonyme
    31 octobre 2018 - 10 h 45 min

    le systeme bouteflika a simplement imité dans les années 2000 les cités dortoirs sans ame qui éxistaient dans les années 50 EN europe de L’EST sous l’ere communiste, alors que ce genre d’habitations tend a disparaitre en europe.

    17
    Anonyme
    31 octobre 2018 - 9 h 57 min

    Anonyme au lieu de débiter des c…. mobilisons nous tous pour Bachir et ses enfants alertez le Wali de Jijel sur son cas et Lina S merci pour l article et dites ce qu on peut faire pour Bachir

    8
    2
    toto
    31 octobre 2018 - 9 h 44 min

    Quand on voit la photo d’illustration ,on peut se demander qui a envie de vivre dans cet univers de béton ? Cela ressemble plus à une ville morte après la disparition des hommes , une ville de film « catastrophe  » pas de commerces ,rien ,des dortoirs ! Alors qu’en Occident on détruit les bâtiments ,les  » barres  » édifiées dans les années soixante on en construit ici . Cela va devenir des bidonvilles verticaux dans 10 ans , voyez la presse et déjà tous les problèmes de cohabitation ,les malfaçons , le manque d’espaces verts ,d’ aires de jeux ,de convivialité chacun restant derrière sa porte ,les dégradations des rares équipements .Rien n’y fait on continue malgré tout ,le linge sera toujours aux fenêtres ,les paraboles , on voit même des animaux domestiques au bas des immeubles ,dans 50 ans faudra t -il tout raser ?

    11
    anonyme
    31 octobre 2018 - 7 h 43 min

    Conseil à Bachir : avec le prochain dossier, remets 500 000* dinars au directeur de l’OPGI et promets-lui autant à la signature de l’acte de propriété. Tu pourras enfin devenir propriétaire !

    * C’est ce qu’on m’ a demandé en 2008 pour un F3 à Koléa. Aujourd’hui, il faudrait prévoir un peu plus, je suppose …

    16
    3
      Anonyme
      31 octobre 2018 - 8 h 17 min

      Et vous appelez cela un conseil. Avez vous lu le texte concernant Bachir, il est dans le dénuement total d’où va t-il ramener cette somme, avec votre conseil vous êtes vraiment débile. Vous devez avoir honte d’argumenter de la sorte sur la misère des autres..

      8
      4
        anonyme
        2 novembre 2018 - 10 h 11 min

        Tu ne comprends pas l’ironie, c’est dommage pour toi. Et ne me traite pas de débile. Si tu veux aider Bachir, c’est bien, saches qu’il y a plusieurs centaines de milliers ou de millions de Bachir … Aider Bachir, c’est rendre l’Algérien honnête. Et là, c’est impossible, dans ce système D !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.