Parler d’un cinquième mandat est une hérésie

Bouteflika 5e mandat
Le président Abdelaziz Bouteflika. New Press

Par Bachir Medjahed – Nous sommes sans doute en train de faire une confusion en parlant de cinquième mandat. Il n’y a jamais eu de mandats de l’histoire du pays, dans le sens où un mandat résulte du seul assentiment du peuple dans les conditions où celui-ci rencontre les conditions du libre choix. C’était plutôt une phase de transition qui a été ouverte en 1962 et qui va toucher à sa fin dans peu de temps.

Le temps politique et le temps électoral ne coïncident pas. Le temps politique a commencé lorsque le premier exécutif de l’Algérie indépendante s’était auto-installé sans rien devoir au choix populaire. Ainsi a commencé la première étape d’une transition non définie dans le temps, mais qui doit durer au moins une génération. Celle-ci est en voie de clôture avec l’approche biologique des derniers survivants de l’ALN-FLN historique.

Tout était à faire. A construire. Construire les institutions. Construire la citoyenneté. Ceux qui avaient pris le pouvoir en 1962 avaient imposé l’idée que la société n’était pas encore prête à adopter le modèle politique et même économique colonial. Cette idée d’impréparation des populations à entrer dans l’ère du pluralisme politique a été reprise plus tard, après octobre 1988, quand il avait fallu redéfinir le rôle du parti FLN et sa place dans la nouvelle ère dite de démocratisation. On se rappelle qu’au sein même du FLN, il n’y avait pas de consensus. Les uns voulaient seulement ouvrir le FLN en reconnaissant simplement l’existence interne de courants politiques différents et continuer à œuvrer ainsi ; la démocratie interne au FLN et pas extérieure à celui-ci.

La phase de transition ouverte en 1962 n’était donc pas achevée à ce moment. L’ouverture du champ politique devait ouvrir la voie à une autre étape dans la phase de transition. Ce qu’on appelle le système a, dès l’indépendance, défini ses repères ou son programme. C’est d’abord l’histoire qui confère la légitimité aux premiers dirigeants politiques et, bien sûr, militaires. Une fois dépassée la prise de pouvoir par la force, la transition a commencé.

Tout ce qui devait se faire devait être frappé du sceau de la transition. Fatalement, les institutions, à ce jour, sont des institutions de pouvoir. Il suffit de voir l’épisode Bouhadja pour comprendre que nous sommes toujours dans une phase de transition qui a commencé en 1962 et qui doit s’achever prochainement.

L’armée également était dans une phase de transition pour passer de l’ALN à l’ANP. Le sigle ANP était ainsi donné à l’ALN sachant qu’une armée classique a besoin de temps pour sa construction. La construction de celle-ci avait commencé et devait totalement durer toute une génération. A l’achèvement total de la construction de l’armée moderne par sa professionnalisation et par un encadrement total issu des cadres de la génération post-ALN, on passe fatalement à la liquidation de la phase de transition car, en même temps, on aura fini la construction d’institutions aptes à l’encadrement de l’entrée dans la démocratisation.

Il sera temps, alors, que le FLN qui aura entretemps consommé sa légitimité historique, aille rejoindre l’ALN. Les événements de la décennie 1990 ont retardé la phase de transition du mandat unique.

B. M.

Comment (17)

    Zit Zitoun
    10 décembre 2018 - 8 h 08 min

    La Mauvaise herbes ne meurt jamais même sans eau ni entretien,il lui faut juste de (…) autours, comme chez nous

    lhadi
    9 décembre 2018 - 21 h 09 min

    Le F.L.N était un mouvement de libération nationale. Après l’indépendance, il est devenu un Parti-institution qui adopta le principe de l’avant-garde et essaya de justifier sa stratégie et sa tactique en fonction de son but : être la plaque tournante du système politique fondé sur le paradigme léniniste si ce n’est l’idéologie marxiste.

    Au jour d’aujourd’hui, cette « institution étatique » est devenue une bureaucratie démesurément enflée et inutile. Elle est vouée à disparaitre du paysage politique algérien.

    Il importe, à mon sens, de stigmatiser le premier des magistrats qui, se considérant comme consubstantiel à l’Algérie, a poussé à l’extreme les dérives du système afin de camoufler ses errements, ses erreurs et ses échecs : donc incapable de cornaquer notre pays pour relever les défis et les enjeux qui l’assaillent.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

      Abdel-Kader
      10 décembre 2018 - 5 h 38 min

      Tous ceux qui soutiennent une candidature pour un 5è mandat finiront par mettre le pays à feu et à sang. Ils en endosseront la responsabilité. Ils doivent mûrement y réfléchir.

    Anonyme
    9 décembre 2018 - 19 h 36 min

    Il me semble que tous les peuples qui ont fait des révolutions pour se libérer du colonialisme ont dû refaire une autre,la vraie.
    Ceci dit,de 62 à 78 le système etait justifié,le pays à construire à instruire…construire une industrie..ce que boumediene a fait intelligemment. C’était une dictature assumée justifiée,yavait plus de débats à l’intérieur du FLN que maintenant àvec plusieurs partis.

    Bonjour
    9 décembre 2018 - 19 h 28 min

    Il n’aurait ni cinquième,ni sixième,le moment est arrivée que les pure souche prennent leur destin en main,fini la sous traitance des Marocains et les Tunisiens avec la complicité de nos traîtres ingrats, c’est leurs tour de rechercher des embarcations pour rejoindre leurs tuteurs sur l’autre rive

    Souk-Ahras
    9 décembre 2018 - 16 h 28 min

    Si c’est vous même, Mr Medjahed, qui avez choisi le thème illustratif de la contribution, je dis honnêtement qu’il est génial car le regard qu’on devine horizontal, montre que nous sommes dans le cas d’une transition voulue lente et graduelle, qui échappe aux lois de la biologie, mais qui répond parfaitement à celles du changement dans la continuité.
    « …Celle-ci est en voie de clôture avec l’approche biologique des derniers survivants de l’ALN-FLN historique » (sic).
    C’est vrai.
    Mais, Mr Medjahed, cette génération a fait des « ptis », en nombre, plus voraces, moins partageurs, que Bouteflika (photo d’illustration), avec des fleurs, attend patiemment qu’ils daignent « transiter » par le Saint-Siège pour recevoir leur ordre de mission (document placé à côté des fleurs).
    La transition sera lente, très lente et graduelle, qui s’accomplira dans un temps….indéterminable.

    Felfel Har
    9 décembre 2018 - 16 h 02 min

    On a tort de se focaliser sur la personneet le clan qui cherchent à imposer un 5ème mandat au président Bouteflika. C’est sur le terrain de la légalité qu’il faut livrer bataille. Une telle initiative, qu’elle émane de lui, de sa fratrie, de ses courtisans ou d’une puissance étrangère, est simplement ANTICONSTITUTIONNELLE.
    Le texte fondamental, écrit sous sa dictée, verbatim (mot pour mot) n’autorise aucun mandat au delà de deux mandats consécutifs. Ce qui, selon moi, signifie Game Over pour le président.
    Le processus proposé de désignation du « candidat naturel » ou du « candidat du consensus », s’il n’obéissait pas aux dispositions constitutionnelles, devrait être déclaré « nul et non avenu ».
    Le « systême » ou « le cabinet noir » ne remplaceront jamais la volonté populaire et il est hors de question d’adouber des candidats ayant eu affaire à la justice (qu’elle soit nationale ou internationale), des candidats ayant affiché une soumission à une puissance étrangère, ou des candidats ayant affiché des comportements anti-nationaux.
    Sur 40 millions d’Algériens qui n’ont, à aucun moment, participé à la gestion du pays pendant les dernières annéees, il est parfaitement possible de recenser une bonne dizaine de gestionnaires compétents, honnêtes et nationalistes. Place aux jeunes, ils sont notre unique espoir de nous sortir de l’ornière profonde et de nous projeter dans l’ère de la modernité, du progrés et de la prospérité.
    Litab jnanhoum yadjbdou rouhoum! Jurassic Park, c’est de l’histoire ancienne. L’ère des dinausores est finie!

    VERITAS
    9 décembre 2018 - 12 h 39 min

    Moi, la chose qui me choque le plus, c’est le fait indéniable que depuis 1962 nous n’avons pas encore été capables de trouver une solution définitive au problème de la transmission/succession du pouvoir politique selon des règles purement démocratiques, les voies électorales (élections).

    Droits Humains
    9 décembre 2018 - 10 h 31 min

    Je me demande si ce n’est pas un membre de la tribu (des tribalistes algériens) qui a écrit cet article. C’est pour rejoindre K.Daoud, B. Sansal, Sifaoui, …etc. ????
    Franchement, il fallait faire la guerre, se débarrasser du colon et lui ouvrir les portes de la manipulation électorale pour revenir à la même place ? M. BM, il manque un W à vos initiales. Cordialement.

    Karim
    9 décembre 2018 - 9 h 47 min

    Je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse écrire de telles choses en 2018.
    Comment peut-on penser un instant vouloir ou pouvoir reproduire un système politique proche de celui coloniale.
    Il serait temps de comprendre que le seul modele de réussite est le système économique.
    Quand les affaires vont tout va et si les affaires vont mal tout suit.
    Le système politique, lui, permet simplement de gérer l’image en tant de crise, jusqu’à une certaine limite, le cas de pays européens en est un parfait exemple.
    La démocratie occidentale et son sytème économique et financier ne fonctionne que chez elle, la preuve tout ceux qui s’essaient, échouent lamentablement que ça soit en Amérique, en Afrique ou en Asie.
    Nous sommes à la veille de l’an 2019 et il serait temps de réaliser que notre salut ne viendra que par la réflexion et la mise en place d’une politique économique et financière adaptée à notre environnement et il faut dire que même cela n’est pas évident puisque « l’axe du bien » veille à ce qu’aucune émancipation ne se fasse sans son consentement.
    Donc la réflexion doit être bien poussée…

    Réseau 16
    9 décembre 2018 - 9 h 28 min

    En Algérie il y’a n’avait jamais d’élections libre et transparente à part celle du mandat de Monsieur Lamine Zaroual et d’ailleurs il est le seul président du monde Arabe et Africain avoir démissionné,le reste de la naissance jusqu’a la mort et voir au de la;les Arabes ne sont pas fait pour dirigé une démocratie;ils sont habitue à la dictature et la monarchie,et coupeurs de tètes a ceux qu’ils ne sont pas d’accord avec eux;l’Arabe d’aujourd’hui est un grand escroc aimant la folie des grandeurs et il veux avoir son paradis sur terre,le contraire des anciens;l’Arabe resterait la boniche des grandes puissances a cause de son ignorance

      noname
      9 décembre 2018 - 11 h 38 min

      @Réseau 16

      tu fais pitié pauvre d’esprit non arabe

        Réseau 16
        9 décembre 2018 - 13 h 07 min

        [email protected];je préfère etre un faible d’esprit qu’un Arabe assassins tueur de journalistes et les hommes libre,quand à toi le soumis;le cireur de babouche,je t’en veux pas ce n’est pas de ta faute;tu es pour Rien;sans rancune barbare

          noname
          9 décembre 2018 - 16 h 45 min

          tu fais vraiment pitié tu es irrécupérable

          Réseau 16
          9 décembre 2018 - 18 h 35 min

          [email protected]’est nouveau un barbare qu’il a la pitié pour son maitre

      awaghlis
      9 décembre 2018 - 19 h 02 min

      Tu es vraiment a plaindre : tu as écrit « arabe » exprès alors que l’Algérie est berbère (que tu le veuilles ou pas).vas en arbie bon de dieu !

        noname
        9 décembre 2018 - 19 h 30 min

        encore un irécupérable ma patrie n’est pas celle que tu réve elle est algérienne

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