L’agonie programmée de l’éducation en Algérie

éducation
Les écoles se sont multipliées, mais la qualité de l'enseignement a régressé. New Press

Par Bachir Hakem – Depuis le début de ce millénaire, le système éducatif a fait l’objet d’importantes mutations tant sur le plan social que sur le plan des réformes. L’évolution a été permanente et donne des résultats peu glorieux. Plus que tout, le front social a toujours été en ébullition, enlaidissant au fur et à mesure ce système qui pourtant demeure un vivier de hauts cadres et fonctionnaires du pays. Les ministres de l’Education nationale se suivent pendant l’école publique se mue, se consume et se meurt. Son agonie a été longue et pénible et à moins d’agir aujourd’hui, on risque de faire appel au médecin après la mort.

Le secteur de l’Education Nationale constitue l’un des premiers postes de dépenses du budget de l’Etat, le plus gros employeur et le plus grand parc infrastructurel du pays. Pour accueillir les élèves lors de cette rentrée scolaire, des établissements scolaires de plusieurs wilayas ont eu recours à des classes en préfabriqué.

L’éducation constitue indubitablement le socle sur lequel une nation ambitieuse se construit et se développe. La mission première d’une école digne de ce nom est d’éduquer, de former et de favoriser l’insertion sociale, économique, culturelle et professionnelle des citoyens. Notre système éducatif s’enlise dans une crise structurelle, l’Etat semble éprouver d’énormes difficultés pour apporter des réponses politiques, institutionnelles capables d’endiguer les nombreuses contestations et de trouver des solutions durables aux maux qui gangrènent l’école algérienne.

Le constat est décevant. L’inquiétude est grandissante et se lit sur le visage de presque tous ces acteurs, élèves, étudiants, enseignants et autorités. Quant aux parents d’élèves et autres personnes soucieuses du devenir de leurs progénitures et de la jeunesse, l’émoi est la hantise qui les poursuit sans relâche. Une seule interrogation revient comme un leitmotiv sur toutes les lèvres : pourquoi l’école algérienne est-elle si malade ?

Les écoles publiques ont vu leurs effectifs augmenter et la qualité des enseignements a drastiquement baissé.

Avec une superficie de l’Algérie de 2 380 000 km2 et une population algérienne de 42,2 millions d`habitants au 1er janvier 2018, le secteur de l’éducation nationale compte (en 2018-2019) 9 269 892 élèves répartis comme suit :

  1. Population d’élèves
  • élèves dans l’enseignement préscolaire : 5,8% soit 537 654 enfants
  • élèves d’enseignement primaire : 48,8% soit 4 523 707 élèves
  • élèves d’enseignement moyen : 31,7% soit 2 938 556 collégiens
  • élèves d’enseignement secondaire : 13,7% soi 1 299 975 lycéens
  1. Structures
  • structures éducatives au niveau national : 27 351 établissements.
  • établissements primaires : 75,09% soit 20 538 écoles
  • établissements d’enseignement moyen : 19,31% soit 5 281 collèges
  • établissements d’enseignement secondaire : 5,56% soit 1 532 lycées
  1. Encadrement pédagogique et administratif

Dans les établissements éducatifs, 749 232 fonctionnaires sont recensés, dont :

  • Près de 63% de femmes soit 472 017 fonctionnaires
  • Encadrement pédagogique : 89,9% soit 673 560 enseignants
  • Encadrement administratif : 10,1%, soit 75 672 administrateurs
  1. Répartition des enseignants
  • Enseignement primaire : 43,1%, soit 290 304 enseignants
  • Enseignement moyen : 34,5%, soit 232 378 enseignants
  • Enseignement secondaire : 22,4%, soit 150 877 enseignants

Un budget annuel de plus 789 milliards de dinars (plus de 696 milliards pour le fonctionnement et plus de 93 milliards pour l’équipement) est alloué au secteur.

Le front social est en ébullition et les grèves répétitives se suivent, dans l’éducation aux mêmes périodes chaque année, car les problèmes restent identiques et ne sont pas résolus. Cette année où les syndicats se plaignent comme depuis bien des années pour les mêmes revendications, dont :

  • Le pouvoir d’achat
  • La retraite
  • Le code du travail
  • La révision du statut particulier
  • Les problèmes des œuvres sociales
  • La restriction des libertés syndicales
  • Les retards de virement des primes de rendement, des primes de zone, des rappels de promotion et des échelons
  • Le non-recrutement des listes de réserve, des contractuels et des diplômés de l’ENS
  • Les retards dans la titularisation des nouveaux enseignants
  • L’anarchie dans la gestion dans les académies et dans les établissements scolaire
  • Les cours particuliers
  • La surcharge des classes.

Donc les grèves dans l’éducation ne finiront jamais, car ces problèmes et ces revendications n’ont toujours pas changé. Je les ai connus depuis que j’ai été dans l’éducation en tant qu’enseignant puis en tant que syndicaliste, membre des bureaux nationaux du Snapest et du CLA. Aujourd’hui je suis à la retraite, mais le problème reste insoluble, récurrent et surtout voulu pour alimenter l’existence du multi-syndicalisme en Algérie. Un dialogue de sourds préfabriqué règne entre la tutelle et les syndicats ; je dirai plus, c’est le moyen de cacher certaines tares du système éducatif algérien, comme la faiblesse des élèves, les programmes non terminés et leur seuil. Malgré tous les moyens mis en place ou qui le seront, ceux-ci n’empêcheront pas la continuité de l’agonie de l’éducation en Algérie et cela, vu la politique de l’autruche qui continue à être appliquée.

L’Algérie a opté dès les années 2000, suite à la conférence de Dakar, pour les objectifs internationaux proposés par certains pays connus pour leur affinité avec la Banque Mondiale, le FMI et les multinationales. C’est une logique économique et libérale, alimentée par un nouvel ordre mondial programmé.

Beaucoup d’entre nous ont été élèves de l’école publique ; les plus anciens en gardent une image vivante, vénèrent tel maître ou telle maîtresse. Beaucoup d’entre nous sont ou ont été parents d’élèves de l’école publique et gardent aussi une image de son fonctionnement. Chiffres à l’appui, de plus en plus de familles migrent vers l’enseignement privé. Qualité de l’enseignement en déclin, absentéisme, surpopulation en classe, grèves des enseignants sont autant de facteurs qui contraignent la classe moyenne à emprunter cette voie.

Trop souvent, l’éducation est en place sans préoccupation de la psychologie des enfants. Son développement psychologique est mal connu et souvent mal géré.

A l’adolescence, les conflits s’intensifient et les parents se trouvent face à des situations qui peuvent se révéler dangereuses comme la drogue, l’alcool, la violence, l’intimidation, les dérèglements alimentaires. Les élèves algériens de seconde affichent des niveaux très bas en mathématiques et en langues, avec des acquis «faibles». En mathématiques, plus de 60% des étudiants scientifiques n’ont pas la moyenne et doivent suivre des cours particuliers, alors que les littéraires affichent une «carence importante en expression écrite en langue arabe». Les élèves ont également un niveau «très bas» en français, deuxième langue du pays.

Classes surchargées, manque criant de professeurs ou de professeurs de spécialité ou abandon scolaire, le système éducatif est à bout de souffle en Algérie. L’école algérienne vit aujourd’hui des heures sombres ou des moments critiques. Il y a donc lieu d’analyser les raisons profondes qui plongent l’école algérienne dans un climat délétère. Le premier responsable et non le moindre qu’il convient d’indexer pour justifier le «chaos» dans lequel est plongé l’école algérienne est à notre avis l’inadéquation du système éducatif hérité de la colonisation française lequel avait plus tendance à nous soumettre aux intérêts de la puissance impérialiste et aujourd’hui à une mondialisation ultralibérale qu’à nous réconcilier avec nous-mêmes ou à installer en nous des compétences arrimées à nos besoins.

Aucun développement, aucune libération ne sont possibles pour l’Algérie tant que l’école, en tant que vecteur puissant de transmission de valeurs, de cultures n’est pas en phase avec notre identité profonde. En effet, le rôle de l’école est de former les hommes de demain, aptes à prendre les décisions qui les concernent, car le développement est en définitive une affaire de mentalité. Encore faut-il que notre éducation soit tournée vers l’avenir que vers le passé. Le passé, les traditions ne doivent certes pas être rejetés, mais si le présent appartient à ceux qui ont la plus forte économie, le futur lui appartiendra à ceux qui dans les meilleures écoles forment les meilleurs hommes de demain.

Le Japon et la Suède, qui n’ont ni superficies ni matières premières, en sont des exemples irréfutables et réels. Il faudra impérativement réformer et renforcer l’enseignement technique et la formation professionnelle de sorte que dès le cycle Secondaire les élèves puissent avoir la possibilité de se former à des métiers pratiques tels que la plomberie, la mécanique, l’électricité, l’informatique lesquels répondent mieux à nos préoccupations. Il est plus qu’urgent dans la perspective de résoudre les insupportables perturbations de l’école algérienne que non seulement l’Etat revalorise la fonction enseignante à travers un statut digne et une formation de qualité des enseignants, une amélioration de leurs conditions d’existence, c’est-à-dire en arrêtant de se livrer à des promesses irréalistes et électoralistes ; mais il doit signer avec eux un contrat de performance.

En d’autres termes, l’Etat doit restaurer son autorité en sanctionnant positivement les enseignants les plus méritants par l’octroi d’avantages et blâmant ceux qui sabordent le noble et sacerdotal métier. Aussi, longtemps qu’on va continuer de bâtir notre système éducatif sur la base d’un enseignement théorique très déconnecté des réalités d’un monde, où la science et la technique et, de façon générale la créativité et l’innovation, priment sur les savoirs spéculatifs sans utilité pratique, notre école va toujours continuer dans son agonie. En vérité, Michel de Montaigne avait on ne plus raison quand il déclarait : «Savoir par cœur n’est pas savoir : c’est tenir ce qu’on a donné en garde à sa mémoire.»

En somme, le malaise que vit l’école algérienne s’explique certes par l’insuffisance du budget (la majeure partie de ce budget est engloutie par les salaires des travailleurs et par le fonctionnement), par le déficit de formation de nos enseignants, par la surpopulation de nos écoles, par le manque d’infrastructures ; mais elle se justifie essentiellement par un refus de la part des autorités de réformer en profondeur le système éducatif de sorte qu’il soit plus adapté à nos réalités culturelles, sociales et économiques ; bien sûr, on doit tenir compte de ce qui se fait de bien ailleurs, dans un monde mondialisé et concurrentiel, sans pour autant que notre école ne perde son authenticité ou son âme.

L’école a depuis longtemps cessé d’être cet espace de formation du citoyen et est réduite en un laboratoire où naissent et se développent les processus de mutations individuelles et sociétales aux conséquences désastreuses. Un lycéen sur deux devient bachelier selon les statistiques officielles. La plus grande partie intégrera des facultés. Une minorité se dispersera sur des écoles de commerce, des écoles d’ingénieurs ou choisira une carrière de médecin. Mais que sont devenues les victimes de la déperdition sociale ? Aujourd’hui, il ne faut plus être surpris de la violence da la société, ou celle dans les stades, ou ces morts en mer, car c’est l’école algérienne qui a fait du gardiennage pendant leurs 16 premières années d’un adolescent pour le rejeter sans aucun débouché.

Victime donc de la carence de ces réformes et politiques éducatives inopportunes qui se sont soldées par un véritable fiasco, notre système éducatif a toujours été un grand malade, marqué par l’absence de crédibilité, de compétence et caractérisé par un laxisme dont les résultats sont catastrophiques. Aujourd’hui, l’éducation nationale algérienne agonise, car sa maladie a été traitée de manière incohérente ces vingt dernières années, tel le démantèlement de l’enseignement technique. Soucieux de l’efficience économique, la politique mondialiste ultralibérale contribue à donner une valeur marchande à l’éducation. Les programmes et les formations scolaires visent à répondre à cet idéal mercantile annonçant de vouloir préparer l’élève pour le marché du travail dans une optique de rentabilité.

La commercialisation de l’éducation et de ses services est commandée par une logique économique mondiale et un nouvel ordre mondial avec le retour de l’esclavage et de la colonisation.

Notre constat aujourd’hui, en ce début 2019, après 56 ans d’indépendance, est que nous importons presque tout, notre éducation est à l’agonie, notre santé est en faillite, des milliers d’Algériens disparaissent en mer tentant de fuir la malvie, notre monnaie ne vaut plus rien, la corruption et les détournements ne se comptent plus. Mais tout cela est le fruit de la politique de mondialisation ultralibérale que nos dirigeants suivent aveuglément, non pas par ignorance, mais pour des intérêts personnels ou familiaux. Continuer à suivre cette mondialisation ultralibérale a conduit l’éducation ainsi que d’autres secteurs clé au développement à l’agonie. Mais toute cette politique de mal gérance risque de conduire tout le pays vers le chaos et la révolte comme le vivent certains pays ayant opté vers cette globalisation ultralibérale, nous pouvons donner comme exemple les manifestations des Gilets jaunes en France.

Sauvons ce qu’on peut sauver. Le système éducatif remplit mal ses fonctions de : produire des savoirs, développer des intelligences, former des compétences, donner au niveau élémentaire les capacités de lire, d’écrire et de compter dans une langue écrite. La faiblesse du matériel didactique, des classes surchargées, des enseignants mal ou non formés ont conduit l’école à son agonie. L’école est devenue parfois plus un lieu de gardiennage social où sont véhiculés des savoirs mémorisés plus que l’acquisition de savoirs.

Un grand chantier dans l’éducation nous attend et doit être entamé, par des gens du terrain loin de toute mondialisation ultralibérale programmée par l’Unesco, la Banque mondiale, le FMI et les multinationales. Nous n’avons jamais fait notre propre réforme, mais nous avons suivi celle des autres. Alors il est venu le temps de sauver notre jeunesse et celle des générations à venir, car nous, nous avons dès le début été ignoré. Il n’est pas trop tard pour recouvrer notre indépendance et notre développement, mais cela reste tributaire de l’éducation et de la volonté de nos décideurs.

La conjoncture actuelle nécessite donc une articulation entre la mise en place d’un programme d’urgence 2019-2032, loin des projets de la mondialisation ultralibérale non adaptés aux besoins du pays, au profil de formation et aux besoins d’avenir pour l’Algérie.

B. H.

 

Comment (22)

    Clovis
    14 janvier 2019 - 15 h 00 min

    Tout et son contraire a ete dit par le contributeur et les commentaires. Neanmoins une des plaies de l’enseignement est qu’il est assure par des personnes dont on peut douter de leur esprit d’ouverture et de modernite. L’esprit critique, la recherche de la decouverte, l’adhesion aux valeurs de la democratie, de la science, et j’en passe, est la condition necessaire a l’epanouissement des jeunes (et moins jeunes) eleves. Or quand on est enseignant (e) on doit respecter tout ca et ne pas tenter d’enfermer les jeunes dans des theories retrogrades sous couvert d’islam (mal compris). Ce n’est pas le role de l’enseignent. Porter un voile n’est pas nonplus souhaitable, avec le discours qui l’accompagne : faites comme moi ou vous etes des mecreants. Chacun est libre dans la sphere privee de se comporter ou de porter les vetements qu’il veut. Mais il se doit (en tant qu’enseignant) d’etre le plus neutre possible dans son discours et sa tenue. Ou alors il ou elle va faire autre chose. L’iskam n’a jamais ete coercitif dans son essence, et il est dit d’aller rechercher la science meme jusqu’en Chine. Tous les enseignants ne sont heureusement pas a blamer. Mais helas beaucoup sont une calamite educative.

    Anonyme
    14 janvier 2019 - 0 h 00 min

    « J’espère…….. que je n’ai pas trop choquer les consciences ! » Mais pas du tout, puisqu’on a appris à vous connaître maintenant, sur quel pied vous dansez et même sur quelle valse.
    Comme si ce français d’origine algérienne était une référence; s’il est comme Dati, Vallaud, Sansal, Daoud, Sifaoui, les Benchikh et compagnie, contaminés par les Virus sionistes francs-maçons d’outre mer, on comprend pourquoi il n’a même pas fait allusion au Coran, puisque la langue Arabe et celle du Coran aussi.
    La seule chose positive dans tout ce cirque est que vous connaissez au moins la langue arabe. C’est bien!

    Après nous
    12 janvier 2019 - 23 h 26 min

    Il ne reste que quelques fossiles patriotes qui voient la déliquescence de notre éducation et lancent les derniers cris d’alerte afin de sauver le pays du tourbillon de l’arriération qui déjà fait des ravages considérables.

    Loucif Ministre
    12 janvier 2019 - 23 h 17 min

    Merci Monsieur LOUCIF.
    Y aurait-il au moins Un seul responsable qui lirait votre post et qui se dirait que vite il est temps de tout remettre en ordre?
    J’espère qu’à force d’éducation on arrivera à persuader la majorité de l’utilité de la séparation de la religion de l’état.
    En effet, l’arabisation a été une grande erreur.
    Peut être qu’avec le déclin de l’influence des pays du M.O on verra émerger une génération intelligente qui remettra les choses en place; mais je craint qu’il ne soit déjà trop tard…car les pays qui ont pris une énorme avance ont besoin des moins avancés pour vivre.

    Anonyme
    12 janvier 2019 - 22 h 14 min

    La haine, et les préjugés envers une langue, envers une culture, où envers une religion quelconque
    Ne fait pas avancer, malheureusement, par les passions, notre compréhension
    De notre retard civilisationnel
    « Il est plus difficile de désagréger un préjugé, qu’un atome » Albert Einstein
    “Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé.” Albert Einstein
    Comment l’hébreu de juifs dispersés, en Europe, depuis le Moyen Age, est devenue une langue vivante
    Et une langue des sciences, et des technologies, en Israel, depuis près de 30 à 40 ans, grace
    Aux ingénieurs, aux chercheurs, et aux savants juifs allemands,biélorusses, hongrois, polonais, roumains, Russes, Ukrainiens, et autres,…..
    (prise de conscience collective d’un meme destin, et d’un meme avenir communs)
    Comment le coréen est devenue une langue présente à l’ONU, et dans le monde, d’un pays arriéré,
    Et sorti ruiné, d’une guerre destructive, et sanglante (Guerre de Corée 1950-1953),
    Et domination militaire japonaise cruelle (1910-1945), la Corée du Sud qui avait le meme PNB algérien
    Entre 1970-1980, c’est que nous avons dormis durant, à cause d’un système fermé aux progrès
    Le « Socialisme bureaucratique étatique utopique fermé », « la paix sociale » 1962 -2019
    Et une culpabilité collective d’une société qui s’est réveillée brutalement, et tardivement
    La plupart des physiciens français, lauréat du Prix Nobel de Physique ont conduit leurs recherches
    S.V.P, en anglais, et non en français
    Albert Fert (Carcassonne 1938 – ) le catalan français, prix Nobel de Physique 2007, pour avoir découvert
    Quantic effect of Giant Magnetorésistance Effect (1988)(absence de résistance
    Dans des couches superposées alternées ferromagnétique, et des couches non magnétiques,…)
    (GME dans les labos du CNRS-Thales (franco-britannique), avec l’allemand Peter Grunberg (1939-2018)
    Serge Haroche (Casablanca 1944 – ) juif français d’origine marocaine,
    (laboratoires Kastler-Brossel, CNRS- Université Pierre et Marie Curie, Paris VI, E.N.S, rue d’Ulm, CdF)
    Prix Nobel de Physique 2012, pour ses travaux sur Quantic Decoherence (matière-lumière, atomes, photons, et miroires à cavités supraconductrices), avec l’américain, texan, David Wieland (1944 – )
    Gerard Mourou (Albertville, Savoie,1944 – ), un grenoblois prix Nobel de Physique 2018,
    Avec son élève canadienne Donna Strickland (Guelph, Ontario 1959 – ) Chirped pulse amplification
    Où amplification, par dérive de fréquence, impulsions lasers très courtes, à très haute intensité
    S.V.P travaux effectués, en anglais, à l’Université Privée de Rochester (New York), en 1984

      MELLO
      13 janvier 2019 - 16 h 34 min

      Si et seulement si, la langue Amazigh n’à pas été combattue par tous ceux sont porteurs de la langue arabe, elle aurait trouvé son ascension et sa légitimité. Que de militants Amazigh, ils sont fort nombreux, à avoir croupi dans les geôles de Berrouaghia, de Tiaret, de Lambese et d’El Harrach, pour avoir voulu défendre leur langue. Vous le dites pour le Hébreu, oui effectivement la langue s’est développée car non combattue, hormis par Hitler. Maintenant et aujoud’hui que la langue Amazigh est reconnue , autant la faire fructifier comme richesse pour l’ensemble des Algériens.

    Yes
    12 janvier 2019 - 21 h 34 min

    Très bonne discutions. J’ajoute à loucif,mello et d’autres: g été à l’école française,àvec les enfants des colons. La durée du primaire c’était 6 ans,secondaire 4 ans puis seconde,première terminale.
    Objectifs du primaire: surtout savoir bien lire et ecrire ,et le calcul. Ça doit être l’objectif primordial au primaire avec peu de sciences éducation civique histoire geo. Au moyen introduction des langues,histoire geo…etc..etc..sport!! Car si l’élève quitte le primaire sans savoir lire ecrire parler correctement il ne comprendra rien à ce qu’on lui raconte,même pas capable de comprendre l’énoncé d’un problème! Et c ce qui arrive,et même à l’entrée de l’université.
    Alors rétablir illico presto 6 années de primaire.
    Quant à la religion elle n’a pas à être enseignée à l’école,désolé.

    Laïcité et mixité
    12 janvier 2019 - 21 h 34 min

    On a remplacé Mr et Mme dupont coopérants techniques par des enseignants des pays Arabes ! quelle erreur !
    Le meilleur professeur n’est rien si on lui impose un programme inventé par des incapables.
    J’ai vu à la TV CA de belles jeunes éleves cadettes de l’Armée studieuses et sans foulard et devinez : l’enseignante en avait un ! C’est montrer le signe que malgré votre choix vous êtes fatalement inférieures.
    On devrait veiller à ces détails qui sont très lourds de conséquences.
    Dehors des écoles et du travail les signes religieux, sinon wallah point de développement.
    Ah, moi je bosse dans un restaurant chic pour touristes mais a condition de ne pas servir du vin…et aussi, ah, ma femme ne doit pas servir la table ou il n’y a que des hommes…quelle éducation !

    L'enseignant
    12 janvier 2019 - 21 h 27 min

    En 1995,ingénieur enseignant de Technologie dans un lycée depuis déjà une quinzaine d’années,je fus appelé à encadrer un stage de formation de nouveaux professeurs dans une ville de l’Est algérien sur le thème de la « commande numérique »…. Vingt ans après (2015) ,à 3 mois de mon départ en retraite ,je fus convoqué pour être formé sur le même thème par un de ces profs que j’ai formé en 1995 ????Une histoire vraie à méditer

    lhadi
    12 janvier 2019 - 20 h 25 min

    J »ai toujours éprouvé beaucoup de respect et d’admiration envers les algériennes et les algériens qui veulent créer d’abord une école avant de bâtir une mosquée et du coup attachent plus d’importance à la transmission du savoir qu’à celle des rites et des croyances.

    L’enseignement, et lui seul, pourvu qu’il soit approprié et que ses méthodes soient justes, peut garantir la justice et l’égalité entre algériens divisés, en ces temps difficiles pour le pays, entre paraboles et minarets, entre conservateurs et progressistes, entre ceux qui font leurs devoirs et ceux qui ne le font pas.

    L’enseignement ainsi défini peut permettre de créer des débouchés et de triompher des maux inhérents au sous développement et surtout de former des citoyens qui ne se laissent pas manipuler, qui sachent trouver la voie du droit et de la vérité et qui cherchent à garantir la sécurité et la stabilité de leur pays et, au-delà, le progrès et la prospérité de l’humanité toute entière, dans la paix et la sécurité, en se gardant des tout extrémisme ou fanatisme.

    Au lieu de se ferrer dans le travail de Sisyphe : c’est-à-dire le bricolage permanent, la ministre de l’éducation nationale aurait dû définir, dès le début, les objectifs généraux et les étapes transitoires en même temps qu’elle aurait dû proposer des lois de programme pluriannuelles qui mettront le train de l’éducation nationale sur les rails de l’excellence.

    Elle ne doit pas perdre de vue qu’une politique démocratique et moderne de l’Education nationale doit répondre aux impératifs économiques, sociaux et culturels du développement de l’Algérie et garantir le droit de chacun à l’éducation initiale et permanente qui épouse notre siècle.

    Fraternellement lhadi

    ([email protected])

      Anonyme
      13 janvier 2019 - 0 h 21 min

      Si Lhadi, les deux doivent aller de pair, on n’a pas besoin de former des coquilles vide non plus!
      « Les impératifs sociaux et culturels » de l’Algérie, même si on doit s’ouvrir sur le monde pour profiter du meilleur pas du mauvais! Et puis, l’Islam est bon pour tous les siècles, la preuve, il dure depuis plus de 14 siècles, même si certains énergumènes essayent de le combattre par tous les moyens ou de le ternir. Mais Il restera jusqu’à la fin des Temps que vous le vouliez ou non! Qui vivra verra!

        NOUR EDDINE
        13 janvier 2019 - 15 h 50 min

        Reconnaît quand même que les plus grands ennemis de l’Islam c’est ceux qui s’en revendiquent le plus ; ceux qui s’enferment dans un arabo-islamisme acharné et veulent revenir à la société bédouine du 6ème siècle et confondent Islam et bédouinisme, alors que cette religion appartient à toute l’humanité. Les plus grands érudits qui conjuguent Islam et modernité sont bilingues ou multilingues et universalistes. C’est ça l’avenir de nos sociétés pas le retour à la société post-jahilienne qui d’ailleurs est loin d’être la société parfaite qu’on nous dépeint, l’assassinat de 3 califes bien-guidés sur les 4, les luttes intestines pour le pouvoir dont les meurtres des petit-fils de notre prophète PSSL et de bien d’autre musulmans authentiques par intolérance doivent nous inciter à méditer et à revenir au message initiale d’amour, de paix, de tolérance et d’ouverture d’esprit piétinés par l’arabo-islamisme bête et méchant.
        Tout croyant et pratiquant que je suis et au vu du niveau culturel de nos sociétés, je suis pour un état laïc et ce, jusqu’à ce que nous éduquions et élevons le niveau de nos sociétés.

    hihan
    12 janvier 2019 - 20 h 16 min

    Une fois tous partis en retraite … Les instituteurs et professeurs des environs de 1962 ont été remplacés par Elmouâllem sidi Alif ba ta…quelle autodestruction !
    Même la photo d’un cochon est hram.
    Je les ai connu moi les enfants qui maltraitaient les animaux (chatons, chiots etc).
    et la prof qui claque un môme parcequ’il observe un bourdon… yakhah ecraziha ba’oucha hadi ! sans pouvoir aucunement expliquer en classe le rôle de cet insecte, son mode de vie etc comme le faisaient les instituteurs en Français.

      Anonyme
      13 janvier 2019 - 0 h 25 min

      Le départ massif et anticipé des anciens était voulu et prémédité! Les nouveaux enseignants sont jeunes et maniables, même si leur niveau pour la plupart laisse à désirer, mais le plus important c’est l’application des consignes des experts français désignés par Vallaud Belkacem et compagnie! Des Vallaud, nous en avons plein chez-nous!

    walou
    12 janvier 2019 - 20 h 07 min

    Tu la vois notre directrice d’entreprise en foulard discuter avec des hommes étrangers et être à l’aise et à la hauteur?
    On les voit déjà crispées assise en salles de réunion comme si elles attendaient une autorisation pour dire quelque chose.

      Anonyme
      13 janvier 2019 - 0 h 34 min

      Pourtant, je connais un tas de femmes en foulard qui travaillent dans les laboratoires de recherche de pointe, des pilotes, des hôtesses, des géologues, des biologistes, des ingénieurs en travaux publics, en génie civil, des agronomes, des interprètes, des policières, des conductrices de bus, des médecins, des cadres,…etc..! Alors, pas la peine de verser votre venin importé de l’autre rive pour diaboliser les femmes qui portent un foulard! …

    akila
    12 janvier 2019 - 20 h 03 min

    Rien qu’à voir le foulard j’imagine le résultat final…
    Arabisation et religion c’est l’enfer du pays.

    Bla bla
    12 janvier 2019 - 17 h 51 min

    C est bien de décrire le mal mais il fallait pointer la cause. 56 ans après notre indépendance vous dites et nous importons tout, pourquoi ne pas avouer que l arabisation aveugle a tue notre algerianite capable de rebondir????

    MELLO
    12 janvier 2019 - 16 h 44 min

    Monsieur Bachir Hakem, merci pour ce tableau relatant tous les aspects de l’école Algerienne de ces dernières années. Vous avez été l’un des acteurs de cette école , en votre qualité d’enseignant du secondaire et en votre qualité de syndicaliste . Vous êtes en retraite, comme ces milliers d’enseignants qui ont voulu quitter ce milieu devenu étouffant. Je pars de cette déclaration du Président Ben Ali de Tunisie , qui confiait à un ami , après son éviction :  » La faute m’incombe car les réformes que j’avais engagées dans l’éducation m’ont été fatales, notre école a formé des vrais cadres aptes à gérer … »
    C’ est dans ce sens qu’il faudrait voir pour comprendre les raisons d’une telle agonie de l’école Algerienne. Malgré toutes commissions de réforme installées , constituées d’experts de l’éducation nationale, aucun projet émis n’a été engagé à l’effet de réformer cette école.
    Comme vous l’avez bien signalé, l’école des années 60/80 avait formé des cadres de grande valeur, avec des programmes une pedagogie adaptés . Y’a t il problème dans l’arabisation totale de cette école ? Très probablement, avec des programmes sans apport dans l’avenir de l’élève. L’ une des entorses est ce cursus en langue arabe pour les trois paliers de l’éducation pour aboutir à l’Université en langue étrangère ( le français ou lnanglais) . Y a t il problème de pédagogie ? Probablement, avec l’insertion de l’idéologie islamique et non islamiste. Notre école est trop islamisee, avec des programmes occupant des créneaux horaires qui auraient pu être attribués aux matières scientifiques porteuses de savoir.
    La politique de l’école consacrée par nos dirigeants reste une politique d’abrutissement et de désertification des esprits, preuve que notre école reste en queue de peloton au niveau mondial: que de médecins quittent ce pays pour se retrouver infirmier ailleurs en d’autres cieux.

    Anonyme
    12 janvier 2019 - 15 h 25 min

    L’éducation est victime de luttes idéologiques bureaucratiques, fermées, improductives, et stériles,
    De politisation démagogique, et populiste d’une certaine gauche anarchiste-surréaliste, et utopique, et D’un islamisme fermé, et renfermé, coupés des changements, des évolutions,
    Et des progrès rapides internationales
    Nos voisins ouverts aux progrès sans complexes ont bati des centres, des écoles, des instituts
    Et des universités privés avec personnel enseignants-formateurs étrangers de qualité qui réussissent

    L’ouverture, des réformes libérales, et la privatisation partielle de l’éducation pourraient contribuer
    Dans une première étape, à donner un nouveau souffle de changements, à l’éducation
    La formation, et le recyclage qualitatifs des formateurs, et des enseignants,à l’étranger, et en Algérie
    Où l’apport d’enseignants, et de formateurs étrangers (allemands, américains, anglais, russes, français,…)
    Aideraient à améliorer le niveau de l’éducation, et de l’enseignement, en Algérie
    Améliorer, réformer , s’ouvrir sans complexes, ni de leçons de nationalisme à donner monopolisées
    Par certains courants idéologiques qui ont fait faillite, et qui ont fait faillite notre éducation-victime
    De fonctionnaires bureaucrates incompétents, et coupés des réalités changeantes du monde

    Anonyme
    12 janvier 2019 - 13 h 22 min

    La langue arabe et l’islam sont un frein à main du progrès humain.

    LOUCIF
    12 janvier 2019 - 12 h 56 min

    Merci infiniment Monsieur Bachir Hakem pour votre magistral article-bilan du secteur de l’Éducation Nationale et de l’École de la République ! Extra.

    Mais comme j’ai le défaut de chercher des poux dans la tête des chauves, j’ajoute de mon côté qu’il est urgent de faire des efforts pédagogiques pour enseigner une langue arabe dé-idéologisée, cette langue que moi personnellement je trouve un peu trop phagocyter par la religion ! Le Coran doit être appris, enseigner c’est un droit identitaire, culturel et cultuel indéniable, mais dans des établissements adaptés et fait pour cela ou dans les mosquées, mais jamais au sein de l’École de la République ! La « sacralité » de la langue arabe ne rend pas service à langue arabe proprement dit. Ce n’est pas là le plus gros des plus gros problèmes mais cette situation contribue très fortement à empêcher l’école algérienne et la langue arabe de progresser comme d’autres langues ont su le faire pour accéder et maîtriser les sciences et la connaissance en général!

    Pour citer mon exemple, j’ai appris la riche langue arabe juste après notre indépendance (en seconde et première de lycée , durant la décennie 60) à l’école algérienne sans aucune connotation religieuse et sans aucune référence au Coran. J’ai eu la chance d’avoir un professeur un agrégé de Langues Orientales, oui agrégé ya el khaoua, venu de la France métropolitaine à cette l’époque là dans le cadre de la coopération technique. C’était un français, d’origine algérienne. Une merveille. J’ai appris la langue arabe avec lui comme on apprend la langue anglaise ou française, avec simplement sa grammaire, sa conjugaison, sa richesse de vocabulaire, sa littérature, sa poésie etc… etc… et ce, sans à aucun moment parler ou faire référence au prophète ou à la Mecque ou à Dieu ou comment laver un mort ! J’espère que je me suis bien fais comprendre et que je n’ai pas trop choquer les consciences !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.