L’ombre de Kadhafi

Kadhafi assassinat
Lors d'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi. D. R.

Par Mrizek Sahraoui – Plusieurs années après l’assassinat du guide de la révolution libyenne par des mercenaires élus par le peuple dont la présomption de culpabilité est avérée, toutefois une forfaiture restée à ce jour impunie et qui ne connaîtra probablement jamais son épilogue judiciaire, l’ombre de Mouammar Kadhafi plane sur l’Europe.

La tension dans les relations entre la France et l’Italie qui frise la crise diplomatique trouve sa source, bien évidemment, dans le mépris et la condescendance affichés par Emmanuel Macron dès après les élections générales italiennes du 4 mars dernier, consacrant la Ligue du Nord et le Mouvement 5 Etoiles principales forces politiques en Italie.

Mais, quels que soient les arguments que vient asséner le Quai d’Orsay, invoquant la rencontre entre des responsables italiens et une petite poignée de Gilets jaunes, ce sont surtout les déclarations de Luigi Di Maio et celles de Matteo Salvini qui ont heurté – le mot est faible – de l’autre côté des Alpes.

«Si la France n’avait pas les colonies africaines, parce que c’est ainsi qu’il faut les appeler, elle serait la 15e puissance économique mondiale, alors qu’elle est parmi les premières grâce à ce qu’elle est en train de faire en Afrique», a déclaré le vice-président du Conseil des ministres, et a surenchéri sans détours, fin janvier, le ministre de l’Intérieur : «En Libye, la France n’a pas intérêt à stabiliser la situation, probablement parce qu’elle a des intérêts qui sont contraires à ceux de l’Italie.» Des insinuations lourdes de sens qui viennent rafraîchir les mémoires sur une machination abjecte et donner l’étendue du préjudice subi par l’Italie, le partenaire historique de la Libye. Ceci explique cela.

Ainsi, affirmer donc de façon tranchante que l’Europe va bien, ne court aucun risque d’éclatement et au soir des élections européennes de mai prochain, à la tombée des résultats, la brutalité des échanges en cours laissera place aux congratulations et aux accolades, relèvent de la duperie, une posture scandaleuse et irresponsable, ou encore de l’aveuglement, tout aussi condamnable, l’enjeu étant de dimension internationale.

Ce n’est pas une simple querelle de voisinage. Il s’agit là de divergences de fond qui viennent rappeler que les intérêts des uns ne sont pas forcément compatibles avec ceux des autres. C’est en cela, notamment, que l’affaire libyenne continuera d’empoisonner les relations entre l’Italie, la porte d’entrée principale des flux migratoires en provenance de Libye, et la France, jugée responsable du chaos qui y règne depuis la chute de Mouammar Kadhafi.

M. S.

Comment (6)

    Yeoman
    10 février 2019 - 5 h 30 min

    À terme, et pas plus que français, les italiens ne cherchent ni les intérêts des africains, ni ceux des libyens. Ils veulent leur part du gâteau. Les propos de leur ministre de l’intérieur le montrent bien: «En Libye, la France n’a pas intérêt à stabiliser la situation, probablement parce qu’elle a des intérêts qui sont contraires à ceux de l’Italie. » Autrement dit, les intérêts des premiers concernés ne veulent même pas la peine d’être mentionnés. Bientôt, on va voir des représentants des deux gouvernements s’afficher bras dessus, bras dessous. Et nos journalistes continueront de jouer les fins observateurs de la scène européenne.

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      Ahcen
      10 février 2019 - 6 h 47 min

      Si tu nous donnais ton analyse. Elle pourra nous édifier mieux que l’auraient fait les johrnalistes de AP.
      L’article donne des précisions sur la lutte pour le leadership que se livrent les européens en Afrique, notamment la France et l’Italie Si Moh.

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    Elephant Man
    9 février 2019 - 21 h 16 min

    De mémoire le Guide le Colonel Kadhafi Allah Yarhmou entretenait une relation amicale avec Berlusconi sans oublier les contrats pétroliers et gaziers entre les 2 pays et juteux pour l’Italie.
    L’assassinat du Guide par la France Sarko/ BHL a provoqué ce chaos libyen délibéré et par extension le chaos sahélien et cette immigration massive procédé sioniste de déstabilisation de pays dont l’Italie est en pleine ligne de mire au niveau européen.
    À QUI PROFITE LE CRIME ? La réponse est simple la France, l’entité sioniste qui dispose de ses propres milices pour piller le pétrole libyen et comparses Haftar vend le pétrole libyen illégalement avec la complicité des EAU…
    La seule et unique solution pour une recouvrance pleine et entière de la souveraineté libyenne est Saïf al-Islam Kadhafi qui dispose notamment du soutien de nombreuses tribus libyennes et force est de constater qu’il a les compétences requises en la matière.

    Asma D
    9 février 2019 - 15 h 33 min

    (…) des mercenaires élus par le peuple, excellente remarque.
    Le fantôme de Kadhafi va les hanter toute leur vie, ces charognards qui n’ont pas encore assouvi leur soif de sang arabe. Le tribunal de l’histoire jugera les Bhl, Sarkozy, Brown and co.

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    Anonymeplus
    9 février 2019 - 13 h 14 min

    La france est déstabilisée par la droite italienne, digne héritière de Benito Mussolini, le duce, qui dit toute la vérité sur la façon dont cette france continue de faire de l’argent sur le dos des pays africains.
    Elle ne comprend pas pourquoi l’Italie assène ses vérités maintenant, pourquoi parler de l’assassinat de kadhafi par la france et pourquoi parler des colonies africaines qui sont considérées comme des pompes à fric encore aujourd’hui, en donnant toutes les richesses à cette france, tout en appauvrissant les colonies africaines, a ce stade il faut parler de colonies africaines et non d’états africains qui ne sont pas encore indépendants, le franc cfa est là pour clairement signifier aux africains qui est aux commandes et qui est le caniche de service.

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    Djeha Dz.
    9 février 2019 - 10 h 14 min

    La situation chaotique en cours en Libye, n’a rien de surprenant. Elle est ainsi, par la volonté manifeste des maîtres de la guerre, qui profitent des richesses naturelles de ce pays et de juteux contrats de constructions et d’équipements après avoir tout détruit.
    Avec la différence que cette fois-ci, la France arrogante, se trouve confrontées à l’Italie et de nouveaux hommes politiques qui n’ont pas l’intention de se faire marcher sur les pieds et ne prennent pas de gants pour remettre sur la table les conséquences de la colonisation française en Afrique et les origines des flux migratoires et leur répercutions sur l’Italie en particulier. Aux uns le butin de la prédation et autres les boats peoples.
    Le beurre et l’argent du beurre, BASTA.
    Les ministres Italiens, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, font feu de tout bois ne se privent pas de s’ingérer même dans la politique et les évènements qui secouent le gouvernement et la société française depuis plusieurs semaines.
    Encore une fois, on constate que ce sont les intérêts matériels qui guident la politique.
    Tout le reste du pipeau.

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