La crise économique alarme l’oligarchie

mafia catastrophe économique
Manifestation des étudiants à Alger-Centre. PPAgency

Par Mesloub Khider – Avec le déclenchement du hirak, l’imminence d’une catastrophe économique se précise chaque jour avec plus d’acuité. Et nos experts autoproclamés, apeurés, n’épargnent pas leur vénale intelligence pour se dépenser dans des propositions de sauvetage hypothétiques. Pour nous dispenser leurs leçons éculées qui ramèneraient l’Algérie aux temps faméliques reculés. Pour nous prodiguer leurs conceptuels cataplasmes afin de soigner le purulent marasme.  Chaque expert y va de sa plume magique ou de son clavier informatique thaumaturgique, pour se livrer à des prestidigitations analytiques et recommandations économiques fantasmagoriques. Tous ces «experts» solipsistes font la réclame de ces recettes économiques écrémées, depuis longtemps avariées.

Tous ces «experts» font partie du gratin de l’oligarchie algérienne, qui gratte du papier avec le même esprit prédateur et vénal que sa classe s’applique à gratter les richesses du pays.

Aujourd’hui, avec le soulèvement populaire du 22 Février, cette oligarchie est secouée par la crise politique et économique. Déboussolée par l’intensité de la crise, cette oligarchie affairiste et étatique se démène dans une angoissante agitation pour éviter le chavirement de son (yacht) Algérie. En vrai, pour sauver sa rentière parasitaire existence sociale.

Cyniquement, à l’époque de l’enrichissement inespéré de l’Algérie, où les milliards de dollars coulaient à flots par la grâce de l’enchérissement de cet or noir tiré des entrailles du désert par les braves travailleurs algériens, cette classe oisive flottait dans la mer de l’insouciance à bord de ses richesses matérielles achetées clés en main à l’étranger, sans se soucier du développement économique du pays. Sans se préoccuper de la dilapidation des milliards de dollars opérée par le mafieux régime.

Aujourd’hui, au moment où la conjoncture économique subit les tempêtes de la crise mondiale, aggravée par la crise politique, cette oligarchie, affolée par la dégradation du climat économique, s’emploie à se muer en experte pour nous livrer ses recettes économiques en vue de sauver l’Algérie de la banqueroute, de  la débâcle, de la déroute. En vrai, pour sauver son système. Car les classes populaires, depuis l’indépendance, sont confrontées à la banqueroute de leurs conditions sociales, à la débâcle de leur vie, à la déroute de leur Révolution de 1954.

A entendre ces «experts», de simples résolutions politiques suffiraient pour enrayer la crise. A les lire, une futile élection présidentielle assainirait l’économie  algérienne ; un dérisoire changement du personnel politique à la tête de l’Etat mafieux parviendrait à freiner l’enlisement économique, la périclitation financière. Et régénérer ainsi une situation économique malmenée par l’effritement des cours du pétrole, unique source de revenus de l’Algérie. Leur naïveté est criante, leur ignorance navrante, leur duplicité affligeante. En vérité, aucun pouvoir placé à la tête de l’Etat algérien, même constitué d’un personnel politique compétent et démocratique, élu librement au suffrage universel, n’inverserait la tendance actuelle de l’effondrement économique, même avec la meilleure volonté du monde. Il suffit d’observer la situation économique catastrophique du Venezuela. Et de nombreux autres pays, comme la Grèce et l’Argentine. Même les deux premières puissances économiques mondiales sont aujourd’hui embourbées dans une grave crise, exacerbée par des tensions commerciales, préludes sans doute à une confrontation armée généralisée.

Qu’il s’agisse de l’option industrielle ou agricole proposée par ces experts, dans l’affolement et l’urgence, comme panacée pour développer enfin l’économie algérienne, aucune mesure politique ne peut modifier le cours de la crise, infléchir la tendance déclinante de l’économie. L’industrialisation ne se décrète pas – on connaît le résultat avec l’ère Boumediene. Pareillement pour l’agriculture, elle ne s’implante  pas sur le sol algérien par un oukase. De toute manière, la Chine et quelques autres pays émergents, devenus les Ateliers du monde, pourvoient amplement à la consommation effrénée de la planète. Notamment aux besoins de l’Algérie.

L’obstacle, en matière de développement économique de l’Algérie, est paradoxalement économique. Dans une économie capitaliste mondialisée fondée sur le profit, sur la vente des marchandises produites, la saturation des marchés est déjà suffocante de pollution et alarmante de destruction écologique. En effet, la surproduction a atteint des proportions inégalées. D’où l’exacerbation de la concurrence entre les pays capitalistes pour écouler leurs produits toxiques. Dans cette guerre économique internationale impitoyable, seuls les pays capitalistes hautement développés tirent leur épingle du jeu, raflent l’enjeu. Les nations à économie développée anciennement établie disposent de ressources et de forces plus solides pour accaparer les marchés grâce à la vente de leurs produits compétitifs à des prix défiant toute concurrence. Et, ainsi, évincer du marché les pays sous-développés, comme l’Algérie. En vérité, dans le cadre de cette économie concurrentielle mondialisée, il revient moins chère à l’Algérie d’acquérir les marchandises à l’étranger que de les fabriquer sur son territoire. C’est l’imparable et implacable loi du développement inégal du capitalisme.

En outre, à notre époque, où des milliers d’usines à travers le monde ferment pour raison de faillite (mévente), avec comme corollaire un  chômage massif endémique, la perspective pour l’Algérie, comme le suggèrent ces experts illusionnistes, de se lancer dans le développement industriel est illusoire, pour ne pas dire impossible. De même pour l’agriculture. S’il fallait développer ces deux secteurs, il eût fallu l’impulser au lendemain de l’Indépendance, à cette période de prospérité économique au niveau international, de croissance soutenue. Aujourd’hui, la récession obère cette perspective de développement.

La solution n’est donc pas politique. Encore moins économique dans le cadre du système enlisé dans une crise systémique mortelle. En réalité, sans rupture radicale avec le capitalisme, aucune solution n’est envisageable. Tous ceux qui ergotent sur les réformes à envisager uniquement dans le cadre de ce mode de production en putréfaction sont des menteurs éhontés. Les travailleurs et les classes populaires algériennes doivent se défier de ses experts au service du capital. Faute de quoi, c’est la reconduction des mêmes classes dirigeantes dominantes, la perpétuation de la même misère pour les classes laborieuses algériennes.

Le salut du peuple algérien – qu’il faut différencier du régime mafieux algérien et des classes parasitaires rentières – ne viendra pas de ces experts illusionnistes ou de ces «nouvelles» élites politiques recyclées, propulsées sur le devant de la scène médiatique à la faveur du hirak. De ces escrocs de la politique déconnectés des réalités sociales mais, par ailleurs, les yeux toujours rivés vers les cimes du pouvoir. Un pouvoir auquel ils prêtent leur machiavélique expertise pour le sauver du naufrage, notamment en offrant leurs vénaux et serviles services au travers de leur officine, ce panel de crabes, catapulté par le régime moribond, pressé de hisser une nouvelle classe politique algérienne obséquieuse aux commandes de l’Etat.

Le peuple algérien ne doit pas lutter abstraitement contre le système, contre les classes dirigeantes étatiques et politiques parasitaires.

Le peuple algérien, soulevé contre le régime depuis le 22 février, doit prendre concrètement son destin en main, s’organiser réellement en dehors des instances politiques parasitaires inféodées au régime et des récentes structures politiques oligarchiques. Il doit se structurer afin d’autonomiser sa lutte en vue d’instaurer son propre pouvoir démocratique dirigé par ses intègres représentants, au moyen  d’une démocratie directe horizontale, dans  le cadre d’une société égalitaire débarrassée du profit, de la marchandise, de l’argent.  En un mot : d’une économie produisant pour la satisfaction des besoins sociaux et non le profit.  En Algérie comme à l’échelle de la planète.

M. K.

 

Comment (18)

    Mounir
    25 août 2019 - 13 h 20 min

    Le mur sera pris de face, cela ne fait plus de doute.
    Nous y allons en klaxonnant; il n’y a qu’à écouter le ministre Loukal pour qui tout va très bien au lieu de sonner le tocsin de l’urgence économique et sociale nationale.
    Le résultat de 57 ans de mensonges, illégitimité des gouvernants, manipulations électorales, corruption, rentiers de tout bord.
    Plus dure sera la chute; je pense qu’à l’été 2021, ça va sentir le roussi et vraiment tourner au vinaigre.
    Au cours actuel du pétrole et du gaz, je prédis 57 milliards de réserves de change fin 2019, 38 milliards fin 2020 et 16-18 milliards à l’été 2021.
    45 millions d’habitants à nourrir en 2021, une explosion démographique incontrôlée et un manque cruel de temps, résultat: plus aucune solvabilité extérieure.
    Cela fait très peur!

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    Koursi
    25 août 2019 - 9 h 52 min

    @ LHADI : La crise à court terme est inévitable sauf miracle ( c’est une remontée spectaculaire du cours du Brent)

    Sais-tu que pour fabriquer une baguette en Algérie , un boulanger utilise à 90 % que des produits importés ( farine, levure, four, récipients etc…); seule l’eau est locale.

    Malheureusement non, notre pays ne pourra pas éviter la crise car les réformes économiques auraient dû se faire il y a au moins 10 ans. Nos dirigeants le savaient parfaitement depuis longtemps et rien n’a été fait.

    EXPLICATIONS :

    Notre pays (qui est un pays essentiellement gazier) ne vit pas dans un monde fermé : il a des pays concurrents économiques tout autour de lui.

    De plus en plus de pays découvrent de nouveaux gisements de gaz ( comme le Sénégal et la Mauritanie) et la demande internationale va à la baisse.
    Et d’ici quelques années notre pays ne pourra plus exporter de gaz conventionnel ( à cause de la demande intérieure) sans compter que le Monde entier s’oriente vers des énergies renouvelables donc non fossiles

    Point important : Un investisseur étranger ne viendra pas avec ses propres devises dans notre pays s’il trouve mieux et moins cher ailleurs, ça va de soi.

    Cette idée bien connue de relancer l’économie par la consommation intérieure (keynésianisme) nécessite des conditions non réunies à ce jour pour notre pays; en effet :

    1) Pour consommer, les citoyens doivent avoir de l’argent et l’argent utile à l’économie vient toujours du travail privé. Le travail public (fonctionnariat) c’est de l’argent public dépensé en clair du pétrole et du gaz

    2) Pour que l’Etat gagne, il faut que les citoyens travaillent dans des société privées qui gagnent de l’argent c’est à dire qui ont un marché intérieur ( ce qui implique des consommateurs qui ont de l’argent ) et/ ou extérieur ( exportation).
    Quels produits non pétroliers et concurrentiels notre pays est capable de fabriquer et de vendre à l’internationale ? Réponse : à ce jour quasiment rien au vu de la concurrence internationale.

    CONLUSION :

    Pour que notre pays s’en sorte, il doit faire entrer des devises étrangères qui feront travailler nos compatriotes qui alors pourront consommer des produits au moins à 50% Made in Algeria et payer des impôts à l’Etat.

    Pour que l’économie du pays soit saine, il faudra obligatoirement balayer les corruptions et les fuites de capitaux, revoir l’énorme budget de l’armée, arrêter tous les trafics à toutes les frontières du pays, revoir la fiscalité etc….etc…etc…

    Toutes ces réformes mettront au Minimum 5 ans avant d’être efficaces et ce temps nous ne l’avons plus.

    Il faut donc s’attendre à voir le FMI débarquer en Algérie d’ici 2 à 3 ans. Le FMI ( qui fonctionne comme un banque classique ) va demander des garanties de solvabilité, un gel des dépenses publiques ( donc moins de fonctionnaires et de dépenses militaires) , des investissements dans les secteurs privés productifs, la lutte contre les corruptions etc…En résumé le FMI va nous demander de faire ce que nous aurions dû commencer à faire il y a 10 – 15 ans.

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    25 août 2019 - 8 h 53 min

    la mafia italienne et contente du soulèvement du peuple algérien le clan les a fait rougir de honte par sa puissance,,, elle va vont pouvoir récupéré sa place sur le podium

    oXo
    25 août 2019 - 6 h 15 min

    @M.K
    J’ai apprecié les rimes du premier paragraphe.
    Bravo.

    lhadi
    25 août 2019 - 0 h 20 min

    La « crise »… les économistes des générations formées après la guerre, à l’époque de la prédominance des idées keynésienne, sont plus ou moins convaincus qu’une crise peut toujours être évitée : une habile conduite de la demande (investissements, consommation et, s’il le faut, exportations) permettra chaque fois que nécessaire de soutenir, de freiner ou de relancer la croissance. Ces mêmes idées trouvent des applications pour les politiques de développement des pays du tiers monde les plus avancés : politique de substitution des productions nationales aux importations ou de promotion des exportations.

    Quelques économistes marxistes, de plus en plus isolés, affirment avec opiniâtreté le caractère inéluctable de la crise dans la logique du capitalisme ; mais leur attitude souvent dogmatique, l’obstination de certains d’entre eux à annoncer à chaque indice négatif l’arrivée de la grande crise ont érodé leur crédibilité. Car, à crier sans cesse « au feu », on ne se fait plus entendre.

    Et pourtant, c’est bien une nouvelle grande crise qui s’annonce vers la fin des années soixante, et qui éclate dans la première moitié des années soixante-dix. La troisième grande crise du capitalisme industriel moderne, après celle de la fin du XIX siècle (1873-1895) et celle des années trente (1929-1945). Une grande crise complexe, multiforme, multidimensionnelle, à l’image de l’économie qu’elle soit nationale/mondiale contemporaine.

    Que l’on se méprenne pas sur le mot. Crise ne signifie pas effondrement, blocage, arrêt absolu. La crise est un mélange de difficultés, d’opportunités ; des pays s’embourbent et d’autres s’affirment ; des secteurs régressent et d’autres connaissent de fortes croissances ; des technologies se révèlent désuètes, dépassées et d’autres surgissent, s’imposent ; de même pour les entreprises, les activités, les emplois, les savoirs…

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

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    Zaatar
    24 août 2019 - 20 h 37 min

    On est tous une mafia, c’est dans nos gènes. C’est pour cette raison que le seul système qui nous va est celui de la distribution de la rente et de la prédation. Pas besoin d’aller en chercher d’autres, on n’y arrivera jamais.

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      Anonyme
      25 août 2019 - 8 h 49 min

      On ne pas pas abdiquer, sans avoir au moins essayé!

    Kahina-DZ
    24 août 2019 - 13 h 33 min

    Vous avez oublié de nous donner les solutions….

    L’Algérie doit chercher l’autosuffisance alimentaire. Nous avons les moyens pour la réaliser, il faut juste qu’il y’ait une volonté politique sincère. L’Algérie doit redevenir un pays agricole qu’elle était. C’est la premier étape à faire.
    La deuxième étape: Diminuer l’importation et encourager les produits locaux: L’Algérie doit encourager les initiatives sérieuses pour la promotion de l’entreprenariat…Nos jeunes ont de l’initiative, mais ne trouvent pas de suivi et d’encouragement…Il ne suffit pas de distribuer l’argent aux jeunes entrepreneurs…Il faut leur assurer un suivi adéquat jusqu’au lancement de leurs projets.

    La promotion de la médiocrité = le sigle du bouteflikisme …doit disparaitre. Place à la valorisation du travail.

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      A3zrine
      24 août 2019 - 22 h 10 min

      L’article nous expose les risques de la future crise économique qui approche à grands pas mais ne donne pas des indices pour une sortie de crise. Elle est mondiale oui, et aucun pays ne pourra faire face c’est inéluctable, y compris la Chine et l’ancle Sam, on nous demande gentiment de l’accueillir sans faire de vagues.
      Déjà pour amortir les effets sur le peuple, arrêter d’abord cette gangrène de corruption, faire un grand ménage dans le service des douane, un grand coup de karcher.

    Anonimaoui
    24 août 2019 - 13 h 22 min

    Ce qu’on qualifie d’oligarchie chez nous c’est tout simplement un groupe de prédation parasitaire qui existe et prospère par la grâce du budget alloué par l’État centralisateur pour des projets non productifs notamment dans l’habitat, les travaux publics et les télécommunications. Alors que dans un système purement capitaliste, l’État se limite à un rôle de régulation, de surveillance et de contrôle des règles assurant l’égalité des chances et une concurrence réelle entre l’ensemble des opérateurs économiques. L’oligarchie ne peut survivre dans un tel climat. C’est l’État omniprésent qui engendre l’oligarchie prédatrice. Il faut la combattre par la démocratie et le libéralisme économique.

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    Si Mesloub écris...
    24 août 2019 - 13 h 01 min

    « En vérité, dans le cadre de cette économie concurrentielle mondialisée, il revient moins chère à l’Algérie d’acquérir les marchandises à l’étranger que de les fabriquer sur son territoire. C’est l’imparable et implacable loi du développement inégal du capitalisme. » Alors là j’hallucine et franchement diminutif de supposer qu’importer est plus rentable économiquement! La loi du capitalisme est simple: laissons le consommateur agir économiquement de façon libre suivant la loi de la l’offre et la demande et non pas suivant les maîtres du monde qui eux changent suivant les temps! Si j’ai bien compris les puissances économiques actuelles le seront à jamais et vu ce constat vous proposez donc une économie basée sur le communautarisme et donc indirectement socialists-communists? Mais malheureusement ces Systems n’ont jamais offert à leur peuple le bonheur et le bien être escompté. Évidement, votre analyse ne tient pas de bout, et l’Algerie peut facilement devenir un géant économique et tenir tête aux grands de ce monde à condition d’être diriger pas des enfants dignes et pas des vendus ou harkis économiques.

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    Karamazov
    24 août 2019 - 11 h 26 min

    Ayavava ! J’ai lu le premier paragraphe en apnée, en faisant presque à chaque mot un aller retour vers le dico pour comprendre de quoi ça retourne sans réussir entraver un brin. Le problème c’est que dès que j’ai cru enfin comprendre de quoi un mot retourne le deuxième me le fait oublier.

    Je suis obligé de demander à Abou Stroff s’il a réussi à tout lire de me spliker de quoi ça retourne igzaktma.

    J’ai kamim une grande admiration pour la maestria avec la quelle M.K a réussi à tombé dans les travers qu’il reproche aux autres.

    « Tous ces «experts» font partie du gratin de l’oligarchie algérienne, qui gratte du papier avec le même esprit prédateur et vénal que sa classe s’applique à gratter les richesses du pays. »

    N’étant expert en rien, je me sens protégé contre les diatribes de MK . Cependant j’ai eu du mal à passer entre les gouttes pour savoir de quoi il s’agit et ce qu’il reproche à qui exactement et pourquoi .

    A part Moua et Abou Stroff qui faisions l’éloge du capitalisme non comme idéal mais comme seul vrai fossoyeur de l’histoire , je n’ai pas encore lu un seul intellectuel algérien qui a dit du bien du capitalisme.

    M.K ne fait qu’un donc mauvais procès à tous nos sachants même si on ne saurait les qualifier de révolutionnaires qu’ils ne sont pas , pas plus que ne l’est le Hirak, cette branlade populacière portée au pinacle pour les besoins de son onanade par M.K.

    Mais on ne peut pas empêcher MK de jouer aux prophètes qui voudraient conduire ce troupeau de tubes digestifs ambulants vers le paradis.

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    Koursi
    24 août 2019 - 11 h 19 min

    Les Choix économiques dépendent toujours des choix politiques.

    Après 57 ans d’indépendance et 57 ans de ce régime, le constat est amer et ce qui vient n’est guère rassurant .

    Je suis d’accord avec ce qui est écrit car les experts ou journalistes économiques du régime vendent des illusions au pays.
    Ils veulent nous faire croire qu’en 2 à 3 ans, ils peuvent faire de notre pays un pays autosuffisant en biens de consommation divers et exportateur de produits manufacturés et services divers

    OUI MAIS avec quel argent et en combien de temps sachant qu’aucun pays au Monde n’a réussi un tel exploit en si peu de temps avec le peu d’argent qui reste ?

    Qui dit INVESTIR dit forcément DEPENSER de l’argent donc ENDETTEMENT et tous les pays non rentier ( comme le notre) ont été obligés d’INVESTIR ou d’attirer des investisseurs étrangers qui viennent risquer leur propre argent en espérant des bénéfices à court ou moyen terme. En plus, ces investisseurs étrangers paient des salaires aux populations locales qui elles paient des impôts à l’Etat et consomment.

    OR , Les institutions économiques internationales prédisent, au vu des données économiques actuelles, que notre pays connaitra une situation très difficile vers 2021-2022 au plus tard soit dans 2 à 3 ans max

    Les besoins en consommation de nos compatriotes vont aller en augmentant ( énergie, médicaments, services divers, produits alimentaires) . De plus, notre population augmente de 1 million de nouveaux nés chaque année.
    Donc pour répondre aux besoins , le pays est obligé d’importer car il produit peu et de façon non compétitive par rapport à des pays comme la Chine qui inonde le monde entier.

    Les produits dites de haute technologie viennent tous de pays développés et coutent chers ( voitures, aéronautiques, armements, satellites etc…etc…etc..). La Chine avec son milliard de travailleurs a mis 20 ans à copier les occidentaux avant de devenir l’usine du Monde et même avec ça , les majorité des chinois vivent moins bien que les occidentaux

    Quant à l’agriculture ( qui nécessite de l’eau) et au tourisme, si on regarde les autres pays méditerranéens ( Espagne, Grèce, Turquie, Tunisie etc…) qui ont mis au moins 20 ans pour en arriver là ils en sont, il faut être un sacré rêveur ou menteur pour faire gober à nos compatriotes que nous pourrons les concurrencer de sitôt. Il nous faudra au moins 10 ans. et in nous reste 3 ans max de réserves pour faire vivre 42 millions de personnes et en plus investir dans de nouvelles infrastructures.

    Il va falloir faire travailler nos jeunes dans des entreprises privées ( et non pas avec l’argent du pétrole) et se pose alors la question dans quel secteur d’activité qui peut générer des bénéfices. Il y a certes des pistes mais cela n’absorbera qu’une partie des jeunes chômeurs actuels. Que vont devenir les autres ? des parkingueurs, des parosoleurs, des vendeurs illégaux d’omelettes frites !!

    PROVERBE : Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent

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    Abou Stroff
    24 août 2019 - 11 h 04 min

    apparemment M. K. nous invite à combattre un moulin à vent appelé « capitalisme » (du donquichottisme inconscient?)
    en effet, au sein de la formation sociale algérienne, ce n’est point le capitalisme, en tant que système, qui domine mais plutôt le système basé sur la distribution de la rente et sur la prédation qui empêche le premier nommé d’étendre son rapport fondamental (l’extorsion de la plus-value) et de nous permettre de rejoindre l’histoire humaine qui se fait sans nous.
    en partant du fait que: « Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu’elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s’y substituent avant que les conditions d’existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société » (K Marx) et que le capitalisme en tant que système continue à développer les forces de la production, il me parait tout à fait incongru pour ne pas dire insensé de proposer la réalisation d’une chimère ( « une économie produisant pour la satisfaction des besoins sociaux et non le profit ».) à un ensemble de tubes digestifs ambulants amorphes incapables de se prendre en charge
    moralité de l’histoire: la première tâche que doivent accomplir, d’une manière ou autre, les couches sociales indigènes acquises au changement est de déconstruire le système basé sur la distribution de la rente et sur la prédation qui nous avilit et nous réduit à des moins par la neutralisation des couches rentières (que l’auteur semble confondre avec une bourgeoise).
    lorsque le système capitaliste aura remplacé le système rentier et développé les forces de la production à un point tel que ces dernières commenceront à « stagner », alors, nous aurons tout le loisir à penser au dépassement du système capitaliste.
    PS: je pense que l’Histoire ne saute pas les étapes et l’échec de l’expérience soviétique devrait nous rappeler qu’il ne faut jamais prendre ses fantasmes pour la réalité et que le capitalisme, en tant que système, est, pour le moment, indépassable.

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    yacine
    24 août 2019 - 10 h 27 min

    « Je pensais l’air du Canada plus rafraîchissant pour la pensée… »
    Merci « anonyme  » pour ce rafraichissant commentaire !
    Effectivement ce monsieur Mesloub y va d’une diatribe de commissaire politique sovietique. Rien n’a de grace pour lui !
    Ni les oligarches algeriens qui d’apres lui ne dorment plus a cause tenez vous bien de la  » crise economique » ; ni des des experts qui passent leur temps a jouer aux experts retribues ; ni au capitalisme !
    D’accord monsieur Mesloub ; mais dites comment et quoi faire ? SVP , du concret , pas de baratin .
    Vous avez oubliez l’essentiel que sont l’effort et l’intelligence et ce sans rentrer dans les discours dogmatiques et byzantins !

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    Anonyme
    24 août 2019 - 8 h 37 min

    Pas meme des peuples de vrais travailleurs n´ont réussi à vivre en autarcie!

    L´Algérie une ile d´autogestion et de bonheur dans un océan capitaliste, il faut vraiment etre reveur!

    Ya sidi, commencons d´abord à travailler, quelque soit le système économique!

    Apprenons à avoir le plaisir d´un travail accompli, pour nous en habituer!
    Après ca, on décidera,affranchi et éclairé, du système qui nous va le mieux!

    Éncore une fois: la priorité des priorités pour l´Algérien, c est d´apprendre à vraiment travailler,
    Pas de liberté, de démocratie, de solidarité, sans le Travail fourni!

    Et, on ne peut partager plus que le gateau qu´on a préparé et cuit.

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    Anonyme
    24 août 2019 - 8 h 06 min

    Je pensais l’air du Canada plus rafraîchissant pour la pensée…

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      Anonyme
      24 août 2019 - 20 h 47 min

      Effectivement l’Air du Canada est rafraichissant !mais les oliviers et les figuiers de la Kabylie sont plus inspirants…L’eau fraiche des montagnes kabyles est énergisante ! L’eau de achmoukh est irremplaçable !

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