Italie : Giuseppe Conte président du Conseil avec l’Europe sans Metteo Salvini

Italie
Giuseppe Conte. D. R.

Au terme d’une crise politique qui a été la première du genre depuis plus d’un siècle à être initiée un mois d’août, l’Italie tient enfin son nouveau un gouvernement, présidé encore une fois par Giuseppe Conte, mais autour d’une nouvelle majorité parlementaire réunissant désormais le Mouvement des 5 étoiles, le parti démocratique de centre-gauche et quelques petits groupes autonomistes, radicaux et écologistes.

Quant à la Ligue du Nord, qui fut à l’origine de cette crise, elle se retrouve à l’opposition et son leader Matteo Salvini sort nettement perdant d’une bataille qu’il a voulue contre vents et marrées et dont il a manifestement sous-estimé tant les contours que les perspectives.

Sur l’autre versant de l’échiquier, Giuseppe Conte est sorti grand vainqueur de ce duel à distance, sa stature d’homme d’Etat a été reconnue par tous et son taux de popularité auprès de l’opinion publique frise aujourd’hui les sommets.

Ce dernier, chargé il y a quelques jours par le président de la République Sergio Mattarella, de former le nouveau gouvernement italien, vient d’annoncer la liste des ministres qui composent son cabinet et s’est dit résolu à tourner la page de ce bref incident de parcours. Il devra lundi prochain obtenir un vote de confiance des deux chambres du Parlement, ce qui devrait être fait sans grandes difficultés.

Et, à l’issue de son entretien avec le président Mattarella, il a annoncé qu’il allait se mettre au travail dès que possible et a promis que son gouvernement serait «équilibré et solide, capable de faire face aux problèmes politiques et économiques du pays». «J’ai de nouveau donné au Président l’assurance que la coalition est solide, disposant de la force et de la cohésion nécessaires pour gouverner», a expliqué Giuseppe Conte à la presse.

Plus en détail, ce gouvernement composé de 21 ministres dont 7 femmes, compte dix ministres du Mouvement des 5 étoiles et 9 du Parti démocratique, un technocrate et un représentant de la gauche radicale.

Poids lourd de ce gouvernement, le jeune leader du Mouvement des 5 Etoiles, Luigi Di Maio, qui, à seulement 33 ans, s’apprête à diriger la diplomatie de son pays.

Quant à la Défense et l’Economie, ces dicastères échoiront respectivement au député européen Roberto Gualtieri, actuel président de la commission des Affaires économiques au Parlement européen, et à Lorenzo Guerini, tous deux issus du Parti démocratique. A l’Intérieur, c’est Mme Luciana Lamorgese, préfet de son état, qui succédera au grand perdant Matteo Salvini et qui sera tenue de gérer, entre autres, le dossier épineux des migrants.

Sur le plan international, un premier enseignement politique de cette nouvelle majorité est le probable retour à une politique arabe plus équilibrée, représentée par le chef de la diplomatie Luigi Di Maio, sur des dossiers aussi sensibles que la Libye, la Syrie, le conflit au Proche-Orient et, par ricochet, à un degré moindre, l’Iran.

Au niveau européen, Paris et Berlin qui ont salué la formation de ce gouvernement, se disent prêts à lui accorder tout le soutien nécessaire «pour mieux arrimer l’Italie au wagon des réformes structurelles, et ce dans les meilleures conditions».

Enfin, note protocolaire, le nouveau gouvernement de Giuseppe Conte prêtera serment ce jeudi à 10h, devant le président italien.

M. R.

Commentaires

    Elephant Man
    7 septembre 2019 - 12 h 19 min

    Quel revirement de situation et quelle claque pour Salvini.
    Le M5S est antisystème, antimondialiste, eurosceptique. Cette alliance avec le Parti Démocrate semble surréaliste et loin de Beppe Grillo. J’imagine que si élections Salvini aurait raflé la mise même si lui aussi est un pur produit du système.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.