Le prix cinématographique de Rome 2019 décerné au réalisateur algérien Rachid Benhadj

Rachid Benhadj Matarès
Rachid Benhadj (à gauche). D. R.

La troisième édition du prix cinématographique de Rome, organisé par le Comité italien des réfugiés, a été décerné hier au metteur en scène algérien Rachid Benhadj, pour son dernier film, Matarès, dont une brève présentation a été projetée en l’occasion, devant une brochette d’invités de marque et dans le décor féerique du Club nautique de Rome.

Ce prix, Ambassadeur d’Humanité pour l’année 2019, récompense ainsi l’action de Rachid Benhadj qui, depuis des décennies, oriente son œuvre artistique dans le sens de ponts d’union et de proximité entre les peuples de Méditerranée et bien au-delà.

Le film, qui fut longuement salué par un public de connaisseurs, raconte l’histoire touchante de Mona, une petite fille ivoirienne qui fuit son pays avec sa mère, pour rejoindre son père installé en Italie. Entre l’enfer de la Côte d’Ivoire et la terre promise, l’Italie, Mona doit passer par l’Algérie et y gagner l’argent nécessaire pour pouvoir payer le passeur qui lui permettra d’arriver à destination. Et elle le fait en vendant des fleurs à Matarès, une ville côtière algérienne, célèbre pour ses vestiges romains. Mona y fait la connaissance de Saïd, un petit garçon algérien, qui vend lui aussi des fleurs, pour venir en aide à ses parents démunis. La pureté de leur âme et l’insouciance de leur jeune âge en fait très vite des amis qui, jour après jours, apprennent à contourner les aléas de la vie et des risques du contexte cruel et cynique qui les entoure.

Un membre du jury, nous dit qu’il a été littéralement sous le charme de cette brève «carte postale», racontant un pays, si proche et si riche en histoire et en culture. «La description riche et détaillée faite par les deux jeunes protagonistes, le long du film, m’a donné envie de découvrir votre pays, de connaître son peuple et de participer à la réussite de cet élan de solidarité voulu par Rachid Benhadj, qui ne manquera pas de rapprocher un peu plus nos peuples et nos pays», nous a-t-il confié.

Quant au principal intéressé, il nous dit que «le voyage qu’il a entamé depuis ses débuts tourne autour de cette constante, rappelée par ce film, à savoir que malgré nos couleurs, nos religions et nos continents différents, le cinéma maintient intact son lot de rêves et d’illusions magiques et reste un très beau moyen de communication et d’entraide entre les mondes. C’est, du reste, le sens premier de ce film et de mon œuvre pour mon pays l’Algérie et je reste persuadé qu’avec le concours de tous et grâce à ce genre de films, à commencer par les opérateurs nationaux et italiens, nous pourrons créer un marché cinématographique dynamique dans la distribution et dans la production, qui sache mettre en valeur l’aspect enrichissant du contact entre nos peuples et l’apport de cette interpénétration culturelle à notre civilisation commune».

Complimenti Rachid!

M. R.

Commentaires

    Zombretto
    25 septembre 2019 - 16 h 34 min

    Je n’ai pas vu le film, mais j’admire le réalisateur pour au moins une chose, celle de l’originalité. Depuis plusieurs décennies, nous ne voyons presque rien d’autre que des films à l’emporte-pièce. Emporte-pièce hollywoodien de gangs, violence, sexe et personnages célèbres ou aspirant à la célébrité. Emporte-pièce français insipide imitant l’emporte-pièce de Hollywood ou bien celui analysant à mort la relation entre un homme et une femme, de quoi vous tuer d’ennui.
    N’ayant pas vu le film, je ne sais pas comment Rachid Benhadj a mené la tâche au bout, mais en tout cas la situation et les protagonistes sont originaux et intéressants.

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