Pacte avec le pouvoir : le Syndicat des magistrats au bord de l’implosion

Mabrouk Syndicat
Le secrétaire général du Syndicat des magistrats, Issad Mabrouk (gauche). PPAgency

Par Mounir Serraï – L’accord suite auquel le Syndicat des magistrats a décidé d’arrêter la grève illimitée ne semble pas satisfaire tout le monde.

Selon des sources internes au Syndicat, beaucoup de magistrats ont exprimé «leur grand mécontentement». Certains, ajoutent les mêmes sources, sont allés jusqu’à refuser de suivre la décision du bureau syndical d’arrêter la grève. D’ailleurs, nous signale-t-on, dans plusieurs tribunaux, des magistrats continuent d’observer le mouvement de grève.

Ce mécontentement est visible, poursuivent nos sources, aux tribunaux d’Oran, de Constantine, de Béjaïa, de Sétif et de Tizi Ouzou. Ces magistrats insatisfaits de l’accord conclu entre le Syndicat et la tutelle veulent une assemblée générale extraordinaire pour une consultation de la base sur le sujet et examiner les suites à donner à l’offre du ministère de la Justice.

Ces magistrats auraient même fait état de leur mécontentement au président du syndicat, Issad Mabrouk. Pour eux, la revalorisation des salaires et le réexamen au cas par cas des changements opérés dans le corps des magistrats ne suffisent pas pour annuler la grève.

Ces magistrats considèrent la revendication de l’indépendance de la justice comme essentielle pour qu’elle soit confinée dans une commission. Il est à souligner que c’est grâce à cette revendication greffée aux exigences sociales que le Syndicat des magistrats a suscité la solidarité et le soutien des citoyens. Mais après la décision d’arrêter la grève suite à la satisfaction des revendications sociales, beaucoup d’Algériens ont exprimé leur colère et indignation.

C’est aussi cette réaction qui semble pousser des magistrats à contester la décision du bureau syndical d’arrêter la grève. La tension est vive au sein de cette organisation syndicale pas comme les autres.

M. S.

Comment (7)

    Felfel Har
    8 novembre 2019 - 18 h 23 min

    Et dire qu’on les croyait capables de s’ériger au rang du Hirak pour se battre pour des idéaux, des principes et des valeurs comme l’honneur, la dignité, la liberté! Il n’en a rien été puisqu’ils se sont laissés corrompre par plus corrompus qu’eux. Ils se révèlent maintenant comme de petites breloques, des porte-clés, des marionnettes du pouvoir. On les disait mûrs pour l’émancipation, l’indépendance, l’autonomie; ils se sont misérablement mis une corde au cou et ont honteusement fait acte d’allégeance au potentat.
    En s’associant avec la mafia, ils se parent du titre peu flatteur de véreux et ils subiront, le moment venu, le même sort que celui réservé aux complices des criminels.
    « Auri sacra fames! » Excécrable soif de l’or!

    20
    Med
    8 novembre 2019 - 17 h 00 min

    L’indépendance de la justice ne se donne pas, elle s’arrache. Le peuple sait que seulement moins de 10% des magistrats sont des adeptes du téléphone. Pour la majorité, c’est la loi et la conscience de chacun qui priment. Ce qui est maintenant important ce n’est pas de s’opposer à l’accord passé par le syndicat mais plutôt de dénoncer ces personnes qui sont à la solde du pouvoir, qui font beaucoup de tort au peuple et au corps des magistrats lui-même.

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    57 ans féodal
    8 novembre 2019 - 8 h 30 min

    moi si j étais magistrat je me donnerai quelques jours pour une concertation avec les intègres les décision hâtives ne débouchent souvent sur rien de bon >> on n est pas dans un bac a sable parce qu il y a une cour<<, si j étais un autre je m assure que le président du syndicat n est pas a la solde des résidus ,sachant que je fait parti de l institution la plus puissant du pays (de droit za3ma on n'sait jamais) je devrais être craint par les voyous et respecter par tout le monde et respecter tout le monde avec ou sans robe
    et vu ma position mon éducation ma culture ma notoriété et ma religion m empêchent de grimper sur un piédestal

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    Anonyme
    8 novembre 2019 - 8 h 15 min

    Il faut éviter de toujours généraliser, il y en a peut être parmi eux, qui sont de bonne foi. Même s’ils ne représentent qu’une minorité, il ne faut pas les condamner d’avance, mais les juger sur leurs actes. On attends de voir ce que cette minorité de magistrats rebelles va faire.

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    brahim
    8 novembre 2019 - 8 h 13 min

    Pour moi ce ne sont que des Magist…..RATS

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    3
    @momo
    7 novembre 2019 - 20 h 22 min

    Ces maffaistrats ont floué le peuple par deux fois.Au début du Hirak ,ils se sont engagés avec lui.Suite au réveil du système et les pressions qu’il a commencées à exercer sur ce corps,les maffiastrats ont fait volte face et se sont distingués dans la répression des porteurs du drapeau amazigh et des voix libres.Et recemment ils ont utiliser le Hirak pour faire pression sur leur tutelle d’augmenter leur salaire.qui est infinitesimal en comparaison avec ce qu’ils engrangent dans la corruption.
    Et ce serait un non -sens que de croire qu’ils se battent pour la liberté de la justice,car la justice aux ordre est l’ossature,la colonne vertébrale d’un systeme dictatorial.
    Si Gaid libère la justice,il sera le premier victime de cette action.Donc arrètons de jouer les naifs.
    La liberté de la justice ne peut se faire que dans un ÉTAT DE DROIT,celle que revendiquent les Algériens

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    Momo
    7 novembre 2019 - 19 h 40 min

    SVP, arrêtez de couvrir les sautes d’humeur des magistrats. Pour moi ce sont des traîtres à la cause du peuple. Ils ne m’auront pas une seconde fois. Promis.

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