Il était une fois le fleuve Moulouya…

Fleuve Moulouya
Une vue du fleuve Moulouya. D. R.

Contribution d’Ali-Farid Belkadi – «Il faut bien qu’un pays finisse quelque part et que là en commence un autre.» A l’instar d’autres parties dans le monde, le Maghreb tient son nom du coucher de l’astre solaire. Ce substansif géographique d’origine phénicienne, l’Ereb, désigne «le couchant», «l’occident», «l’ouest», l’Amenti des anciens égyptiens. Probablement en rapport à l’ancienne cité antique de Tamentit, située à une dizaine de kilomètres d’Adrar dont on peut suivre les traces depuis le néolithique.

Les anciens Grecs désignaient le «levant», «l’aurore» par le mot Anatolé, qu’ils appliquèrent aux territoires situés à l’est, vers l’Asie mineure. Ce terme est resté dans la langue turque sous la forme Anadolu, c’est-à-dire l’Anatolie, la partie asiatique de la Turquie. Dans les temps lointains, c’est le substansif Libye qui désignait l’ensemble des pays du Maghreb. Les anciens Egyptiens disaient «Rebu».

Au VIIIe siècle de l’Hégire, les conquérants musulmans du Maghreb distribuèrent les Etats berbères dont ils étaient les nouveaux maîtres, en se conformant aux limites littorales traditionnelles définies par la topographie. C’est ainsi que la partie centrale de l’Afrique du Nord, l’Algérie, devint : Al-Maghreb el-Awsat (l’occident central), qui débutait au méridien de Bougie jusqu’au fleuve Moulouya, qui marquait à l’ouest la frontière avec le Maghreb el-Aqsa (l’occident extrême), c’est-à-dire le Maroc.

Pour l’historien Ibn Khaldoun, le Maghreb central représentait toute la partie de l’Algérie qui s’étend entre la Moulouya à l’ouest, la Kabylie plurielle et l’Aurès à l’est : autrement dit, les hauts plateaux d’Alger et d’Oran et la vallée du Cheliff. Ces territoires formaient le cœur du pays des Zenata. (Histoire des Berbères, W. M-G de Slane, tome III, page 180.)

Dans un autre volume de son œuvre, Ibn Khaldoun donne les mêmes limites au Maghreb el-Aksa, (le Maroc). Il écrit : «Le Maghreb el-Aksa est borné à l’est par la Moulouïa ; il s’étend jusqu’à Asfi, port de la mer Environnante (l’Océan).» Au-delà de cette limite vient le Maghreb central (Histoire des Berbères. Traduction de Slane. Tome I, p. 194 et suiv.)

Maghreb Al-Aqsa «occident extrême», Maghreb Al-Awsat «occident médian»

Au moment de la conquête de l’Algérie, les Français et les Marocains avaient conscience des territoires classiques appartenant à l’Algérie. Aucun territoire n’empiétant sur les possessions de l’autre, de manière convenue. Le fleuve Moulouya formant les frontières traditionnelles entre les deux pays, depuis la haute antiquité.

Plus tard, on vit les Marocains réclamer la ville de Tlemcen et sa région. L’Emir Abdelkader lors de sa prestation de serment à ses débuts, s’étant déclaré par calculs politiques, Khalifa du sultan du Maroc, se mettant ainsi sous la coupe et la protection des marocains afin de les impliquer dans les hostilités entre les Algériens et les Français.

Les conquérants musulmans avaient fixé dès le VIIIe siècle les bornes du pays de Barka, la Cyrénaïque, à l’exclusion de la Marmarique. A l’Ifriqiya, qui comprenait la Tunisie proprement dite, fut ajoutée la Tripolitaine à l’est ainsi que la région de Constantine, jusqu’au méridien de Bougie, à l’ouest. Le nom d’Al-Maghreb el-Aqsa (l’occident extrême) fut octroyé à tout le reste de l’Afrique du Nord, c’est-à-dire le Maroc, jusqu’à l’Océan atlantique à l’ouest et à l’Oued-Draa au sud.

Le terme Sahara échût ainsi à toute la région désertique

La notion de pays préexistait ainsi à travers cette dénomination de Maghreb Al-Awsat  bien des siècles avant l’apparition des Turcs dans la baie d’Alger.

La radicale arabe gharb

Le radical arabe gharb, tiré du phénicien Ereb, renferme aussi bien les termes qui signifient : l’«ouest», l’«occident», comme nous l’avons vu, que la notion d’«émigrer», «aller vers l’ouest» ou encore «venir de l’ouest».

Différentes sections de la racine arabe gharb renvoient au terme «étranger(e)». Ainsi, le Maghreb Al-Aqsa est l’Occident le plus éloigné, alors que le Gharb est «l’Ouest de tout lieu où l’on se trouve».

Moulouya et Mellieha «marais salins»

Dans le nord-ouest de Malte, Mellieha est le nom d’un bourg perché sur une colline qui domine la plus vaste plage de sable de l’île. Le site fut occupé dès la période néolithique. La conquête arabe de 870 a brouillé quelque peu le patrimoine linguistique de l’île. Les habitants de Malte qui sont les descendants, dit-on, d’autres sémites, les Phéniciens, s’expriment dans un dialecte proche de l’idiome arabe maghrébin. Mellieha doit son nom au sel «melh» en arabe et en maltais. Les Maltais vivaient du produit des marais salins situés dans cette région de l’île.

Mellieha et Mulucha sont un même mot, d’origine sémitique, et qui semble avoir été attribué par les Phéniciens à ce fleuve des confins algéro-marocains et au bourg du nord de Malte. On sait que les Phéniciens, assimilés aux Maures, furent à Lixus, actuel oued Loukous, vers -1000.

Mulucha

Les textes de la haute antiquité qui nous sont parvenus citent un grand cours d’eau, le Mulucha, comme formant la frontière naturelle entre les deux Maurétanie, tingitane et césarienne. Il s’agit du fleuve Moulouya et les deux Maurétanie. Elle a ensuite marqué la séparation entre les deux provinces romaines, la Maurétanie tingitane et la Maurétanie césarienne qui formaient le Maroc et l’Algérie dans leurs limites anciennes, fixées par la tradition antique de part et d’autre du fleuve.

Pour l’historien Salluste, le fleuve Mulucha séparait le royaume de Bocchus de celui de Jugurtha. Pomponius Méla et Pline l’ancien confirment les indications de Salluste. On peut retrouver ce terme Moulouya dans sa forme première Melleiha dans Jugurtha, XCVII «flmnen Mulucha-quod Jugurlhse Bocchique regnum disjungebat». 3 1. 5. «Mulucha amnis, nunc gentium, olim regnorum quoque terminus Bocchi Jugurthœque» 4 V. 1 (II), 19. «Amnis Muluchae, Bocchi Masstesylorumque finis

Le géographe Strabon témoigne également de la forme Melleiha. Il écrit : «Molochath, pour désigner le fleuve qui servait de limite naturelle entre les Maurusii et les Massaesylii. Beaucoup plus tard, à l’époque turque, ce fleuve Moulouïa ou Moulouya séparait le Maroc de la Régence d’Alger. Les limites territoriales propres au Maghreb le plus éloigné, le Maroc et le Maghreb central, l’Algérie, ont ainsi été reconnus à travers toutes les époques depuis la haute antiquité.»

Malva

La Moulouya était connue sous la domination romaine sous le nom de Malva : «Flumen Malva dirimit Mauretanias duas», dit l’auteur de L’Itinéraire d’Antonin (publié en 1845 par le marquis A.-J.-F. Fortia d’Urban et en 1848 par M.-E. Pinder & G. Parthey).

Au moyen-âge, sous les dynasties berbères, la distinction des royaumes de Fez et de Tlemcen se fondait sur la même limite. Léon l’Africain disait au XVIe siècle : «Le royaume de Télemcin (Tlemcen) de la partie du Ponant se termine au fleuve Za et à celui de Malvia.» (Léon l’Africain, De l’Afrique, contenant la description de ce pays et la navigation des anciens capitaines portugais aux Indes orientales et occidentales. Traduction de Jean Temporal. impr. de L. Cordier & impr. de Ducessois. Paris, 1830.)

Une grande partie des territoires historiques algériens ont ainsi été perdus lors des négociations précipitées entre les Français, nouveaux maîtres d’Alger et le royaume du Maroc. Le célèbre historien A. Berbrugger écrit : «II n’est pas un auteur de quelque poids en géographie africaine qui ne reproduise cette délimitation (entre l’Algérie et le Maroc).» (Rev. Afric, 4e vol., p. 414.)

Le traité franco-marocain et les frontières algériennes

A l’issue de la bataille d’Isly, remportée le 14 août 1844 par le maréchal Bugeaud sur le sultan du Maroc Moulay Abd Al-Rahman qui soutenait sans conviction l’Emir Abdelkader, des pourparlers eurent lieu pour fixer la frontière algéro-marocaine. Sur la base des limites de l’ancien royaume de Tlemcen.

La partie française abandonna la frontière traditionnelle de la Moulouya pour un tracé qui coupait en deux les tribus de l’Ouest algérien. D’où le terme ethnique qui sera adopté par la suite pour désigner au sein d’une même tribu, «ceux de l’ouest gheraba et ceux de l’est cheraga. Dans le sud, les Français cédèrent au Maroc Ich et Figuig, c’est-à-dire une partie de la route des caravanes menant au Touat par l’oued Guir. Ich, ou encore Yich est une localité située à l’extrême sud-est du Maroc. Le Figuig ; Fidjidj et Fikik en arabe, est prononcé Ifiyey en berbère. Cette localité, qui faisait traditionnellement partie du territoire algérien, est fixée à la limite des hauts plateaux algériens et le nord du Sahara.

A propos de l’octroi surprenant de ces localités au Maroc, lors de la délimitation des frontières entre ce pays et l’Algérie qui était en instance de colonisation par les Français, le voyageur allemand Gerhard Rohlfs écrivait : «On ne sait pas de quoi il y a lieu de s’étonner le plus, ou de la naïve ignorance du diplomate français ou de l’impudente connaissance de la question du diplomate marocain Si Ahmed Ben-Ali.» (La Gazette de Cologne, du 6 juillet 1892.)

Les Français qui étaient pressés d’en finir avec les Marocains abandonneront la vallée de la Moulouya au Maroc. Il était plus urgent pour les Français de consacrer leurs efforts vers l’Algérie, le Maroc ayant signé un traité qui interdisait aux résistants algériens de se réfugier sur ses terres.

Gerhard Rohlfs, auquel étaient reconnues des compétences de géographe, rajoute dans son ouvrage Reise durch Marokko (1864) : «La France a commis une faute impardonnable en laissant à son voisin de l’ouest la vallée de la Moulouya et, plus au midi, ces oasis qui sont des foyers de troubles et de complots toujours dénoncés et presque toujours impunis.»

Les oasis dont parle Gerhard Rohlfs renferment des ksour historiques liés à l’histoire médiévale de l’Algérie.

Les Béni-Snassen scindés en deux

Le traité abusif franco-marocain de 1845 a scindé en deux les tribus berbères appartenant à deux grandes familles : les Trara et les Béni-Snassen. Les Trara se composaient à l’origine de plusieurs fractions qui occupaient presque tout le territoire de l’ancienne annexe de Nemours : les Béni-Snassen. Le pays au sud des Monts du Trara jusqu’à l’oued Za, dont la plaine des Angad fait partie, est peuplé par les tribus désignées sous le nom générique d’Angad. Ce sont :

1- en territoire algérien, les Oulad Riah, les Doui-Yahia, les Djouidat, les Mâazis, etc.

2- dans l’amalat d’Oujda, les Zekkara, les Oulad Ahmed Ben-Brahim, les Mezaouir, les Béni Bou-Zeggou, etc.

Toutes ces populations, unies par des liens de parenté héréditaires, se retrouvèrent ainsi démantelées et scindées en deux du jour au lendemain par une limite frontalière imaginaire, favorable aux Marocains, sans jamais restreindre ni détruire les contacts et les liens familiaux.

Le cas des Oulad Sidi-Cheikh

D’après l’article 4 du traité franco-marocain de délimitation des frontières : les Hamyan-Djemba et les Oulad Sidi-Cheikh Gharaba dépendent du Maroc ; les Oulad Sidi-Cheikh Cheraga et tous les autres Hamyan dépendent de l’Algérie. Néanmoins, les Hamyan-Djemba et les Oulad Sidi-Cheikh Gharaba, quoique Marocains, ont des ksour en terre algérienne. La France a ainsi été dupée quant à «ses droits» (en fait algériens) sur le pays des Béni-Snassen, des Angad et des nomades du Sud.

La frontière tracée est en contradiction avec la tradition historique régionale qui était reconnue aussi bien par les Algériens que par les Marocains. Elle n’a aucune valeur topographique ; elle est fausse au point de vue ethnologique, ne serait-ce que pour avoir divisé des familles, des foyers qui vivaient unis sur ces territoires depuis des générations immémoriales.

Un véritable casse-tête

L’article 4 du traité de délimitation de la frontière algéro-marocaine porte : «Au delà de Teniet es-Sassi, il est inutile d’établir une limite, puisque la terre ne se laboure pas. Et l’on se contente d’énumérer les tribus nomades qui relèveraient de chaque gouvernement : les Hamyan-Djemba et les Oulad Sidi-Cheikh Gharaba dépendent du Maroc ; les Oulad Sidi-Cheikh Cheraga et tous les autres Hamyan dépendent de l’Algérie.»

Le traité poursuit à l’article 5 : «Les ksour qui appartiennent au Maroc sont ceux d’Ich et de Figuig ; ceux qui appartiennent à l’Algérie sont ceux d’Aïn Sefra, Aïn Sfissifa, Asla, Tiout, les deux Chellala, El-Abiod et Bou-Semghoun.»

Des territoires situés à l’est du méridien d’Aïn Sefra ne sont pas évoqués dans le traité, un véritable casse-tête, source à contestations. Les zones situées au sud des ksour algéro-marocains, dit l’article 6, qui subissent le manque d’eau et qui sont de ce fait inhospitalières car s’agissant du désert proprement dit n’ont pas été délimitées, elles ont été jugées dérisoires…

Un ajout au traité pour parer à toute éventualité insurrectionnelle en provenance du Maroc indique que «les tribus des deux Etats ont droit de libre parcours n’importe où dans le Sud, et que le souverain d’un Etat, ayant à réprimer dans cette région les désordres de tels ou tels de ses sujets, peut les poursuivre et les châtier à sa guise, mais sans exercer la moindre action sur les tribus de l’autre Etat.»

C’est ainsi qu’une tribu du Sud marocain pouvait pousser ses troupeaux au-delà de Géryville, de Laghouat et de Biskra, et une tribu algérienne pouvait faire de même jusqu’aux bords de l’Atlantique.

Cependant, «comme il faut bien qu’un pays finisse quelque part et que là en commence un autre», les rédacteurs du traité ont imaginé une ligne droite problématique qui, partant «de Teniet es-Sassi, coupe le chott er-Gharbi, gagne de là le djebel el-Guettar, s’infléchit vers le sud pour passer à l’ouest d’Aïn Sfissifa puis, décrivant un arc de cercle autour des deux ksour marocains d’Ich et de Figuig, va rejoindre l’oued Zousfana au 32e parallèle». (Considérations sur la défense de l’Algérie-Tunisie et l’armée d’Afrique, par R.-J. Frisch. Editeur : H. Charles-Lavauzelle. Paris, 1899.)

Du côté des confins algéro-tunisiens

Du côté de la Tunisie, les revendications territoriales grandissent de jour en jour, «elles sont devenues intolérables» (AV, 1 H 91. Dossier 3). «Les agents du bey prétendent que toute la montagne des Ouled-Aly lui appartiennent». Randon, qui ne veut aucun incident avec les Tunisiens, assisté d’un officier du génie, d’un officier d’état-major et de commissaires tunisiens doit délimiter la frontière algéro-tunisienne (1er au 18 juillet et du 1er au 12 août 1843).

Bugeaud et Baraguey d’Hilliers ont reçu des instructions concernant d’éventuels litiges frontaliers avec les Tunisiens (1 H 92 Dossier. Septembre-octobre 1843). Désormais, lorsque des tribus se trouvent coupées en deux par la ligne frontalière à déterminer, il est suggéré d’abandonner «la portion de territoire qui devrait revenir à l’Algérie plutôt que d’exiger la partie qui reviendrait de droit à la régence de Tunis».

En clair, dans l’attente d’un retournement de situation en faveur des Français, qui annexeront plus tard la Tunisie, il est demandé de faire des concessions territoriales aux Tunisiens. Comme dit le proverbe bien connu, appliqué aux voisins de l’Est et de l’Ouest : «Qui tombe n’a pas d’amis. Trébuchez seulement et vous verrez.»

«Pour conclure. Chaque communauté humaine est identifiée dans des limites géographiques définies, le trait commun présumé étant la conscience de l’appartenance du groupe à la communauté, celle-ci s’étendant à des régions entières. La notion d’appartenance à un pays, le vecteur identitaire, qui se définit par les règles tribales, la langue, une histoire commune, la culture, les arts, la sociologique, les mœurs communes, l’ancienneté sur les terres etc. Cette ancienne Algérie, en allant d’est en ouest, avait pour limite le fleuve Moulouya. Les terres algériennes furent cédées au Maroc alaouite par les Français, suite à ses engagements formels de chasser de ses terres les troupes de l’Emir Abdelkader.»

A.-F. B.

Comment (23)

    Anonyme
    7 août 2021 - 9 h 19 min

    Le début de l’article nous renseigne sur le mot Maghreb, que les intégristes berbères attribuent « aux colonialistes arabes » des orientaux, qui selon eux auraient attribué ce nom à l’Afrique du nord. Alors que ce nom existe depuis les phéniciens.

    Galoufa
    6 août 2021 - 11 h 36 min

    Les Archives marocaines des années 1830 et suivantes devraient être rendues publiques. A défaut des recherches au Archives de Vincennes concernant cette époque.

    Le Symbolisme Des Mots
    5 août 2021 - 9 h 15 min

    Il faut faire attention aux terminologies utilisées,le sybolisme des mots est important et c’est d’ailleurs,sur cela, que joue le régime marocain et ses relais en France(depuis la prise d’Alger en 1830) pour falsifier l’histoire.Même si dans le fond et globalement, l’article ne contredit pas la vérité historique mais dans la forme, plusieurs incohérences historiques sont à relever, y compris:

    -Il n’y a jamais eu de chose qui s’appelle le « Royaume du Maroc » avant que la France n’invente ce nom et cette entité nouvelle centralisée et institutionnalisée et qu’elle lui octroit son indépendance en 1956(une indépendance factice et symbolique dans l’interdépendance de la France). Utiliser le mot « royaume du Maroc » avant cela est factuellement faux et incohérent avec la vérité historique.

    -Cette portion géographique du « Maghreb El Aksa » était avant la venue de la France et pendant des siècles, des entités microscopiques morcelées et séparées les unes des autres, le Sultana de Fès, le Sultana de Marrakech et Blad Essiba(des territoires indépendants de toute autorité et distincts de blad el makhzen). Et on peut même ajouter d’autres entités, comme le Sultana de Tafilelt et le Sultana de Sijilmasa qui ont existé pendant un long moment . Les Sultana de Fès et Marrakech étant que des entités microscopiques qui ne peuvent même pas dans la réalité aspirer à la dénomination de Sultana puisqu’elles n’étaient que des confréries religieuses(Al Had’ra en arabe)autour de la ville de Fès et ses confins au nord et la ville de Marrakech et ses alentours au Sud, séparées par de grandes étendues de territoires sous aucune autorité connue et reconnue et qui échappaient à la mainmise des chefs des confréries religieuses de Fès et Marrakech. Et on ne va pas aborder la présence des espagnoles et des portugais qui ont occupé une grande partie de ces territoires pendant des siècles.Ou encore des anglais qui possédaient des comptoirs et des régions entières, notamment à Terfaya(au Sud-Ouest).

    Anonyme
    5 août 2021 - 8 h 32 min

    Tout est vérifiable dans cet article magistral, les arguments sont là, les références précises. Pourquoi la classe politique a-t-elle permise cela ? À quoi sert la cohorte de nos députés, sauf pour les hauts salaires et les limousines avec chauffeur ? Une mentalité nouvelle doit apparaitre en Algérie. Le ton est donné.

      Anonyme
      5 août 2021 - 13 h 16 min

      Tout le monde a compris sans en rajouter. Ici ce n’est pas un symposium, c’est juste un journal électronique qui vise à atteindre l’internaute lambda et le plus grand nombre, ce n’est pas une revue savante. L’information est passée et c’est tant mieux.

    Oranais
    5 août 2021 - 8 h 15 min

    Momo le Makoko a peur pour la succession de son trône, il a formé son fils pour un règne qui s’avère déjà hypothétique dans le cas de sa disparition. Comme un chef d’entreprise qui veut transmettre un héritage à son fils, dont il n’est pas sûr. Pour cela il s’entoure de juifs, d’américains, la France est toujours là depuis Lyautey. Il n’a aucune confiance dans son peuple soumis et à plat ventre, qu’il fait fonctionner au fouet. Cela est aussi dans son message codé aux Algériens. Ceci dit excellent travail, et merci à l’auteur qui vient à point pour mettre les pendules à l’heure. On aimerait que d’autres se manifestent avec la même veine pour remettre en place ce mauvais voisin.

    Marmol
    5 août 2021 - 7 h 52 min

    L’historien espagnol Luis del Mármol Carvajal, né en 1524 parle des mauvaises mœurs qui se commettaient dans les hôtels de Fès : « (les hommes) sortent en habits de femmes avec barbe rasée et une quenouille à la ceinture et parlent avec une voie adoucie contrefaisant celle des femmes, pour inciter les hommes à une infâme luxure ». Il rajoute : « ces repaires de démons où se commettent 1000 pêchers avec tant de licence et d’impunité qu’il est permis aux hôteliers […] de vendre du vin, de loger des femmes et de jeunes enfants, comme lieux consacrés à la débauche. ».
    De nos jours c’est bien pire, tous les pervers occidentaux de la planète, les pédophiles et les autres, dont des célébrités et des hommes politiques connus, se donnent rendez-vous à Marrakech et à Fès. Ils adorent le Maroc pour ses moeurs relâchées. Le salut viendra du Rif.

    Anonyme
    4 août 2021 - 19 h 35 min

    Grand merci à vous M. Ali-Farid Belkadi pour votre article.
    Il faudrait que nous Algérien, à travers les réseaux sociaux et autres, demander à la population marocaine habitants les régions frontalières s’ils veulent se libérer et rejoindre l’Algérie en annexant leurs régions au territoire Algérien, bien sûr, il faudrait qu’ils se rebellent contre la monarchie.

      Elephant Man
      4 août 2021 - 22 h 11 min

      @Troll makhnaz
      À fortiori vous n’avez absolument rien compris à la contribution.
      Je vous conseille de demander à votre hilale omar de réclamer votre indépendance à l’ONU 😁😂

      Elephant Man.
      4 août 2021 - 22 h 12 min

      @Troll makhnaz
      À fortiori vous n’avez absolument rien compris à la contribution.
      Je vous conseille de demander à votre hilale omar de réclamer votre indépendance à l’ONU 😁😂

        Anonyme
        4 août 2021 - 23 h 43 min

        @ Elephant Man : vous savez pertinemment que je suis Algérien et que mon idée est pertinente, et ce qui vous a fait réagir par le dénigrement, c’est la crainte que mon spot soit relayé et prit au sérieux.
        POURQUOI ???

          Elephant Man
          5 août 2021 - 8 h 25 min

          @..
          Il ne faut pas prendre vos délires pour la réalité.

    Elephant Man
    4 août 2021 - 19 h 34 min

    Excellente contribution.
    Voilà pourquoi l’Histoire est intéressante dans la mesure où elle remet les pendules à l’heure.
    Je fais n parallèle avec un documentaire récent 2j sur Canal Algérie sur l’Émir Abdelkader Allah Yarhmou avec ce magnifique rappel de l’Histoire de l’Algérie d’ailleurs un historien Américain a déclaré que l’Émir Abdelkader avait un profond mépris pour la peur alors qu’aujourd’hui on vous fait peur pour n’importe quoi et sur tout.

    yace taco
    4 août 2021 - 19 h 20 min

    je partage 1000fois khouya Chaoui

    chaoui40
    4 août 2021 - 18 h 36 min

    Le phénicien est une langue originaire de l’Asir, région du dus ouest de l’Arabie. Les « Phéniciens » sont des Arabes qui ont migré vers les côtes de la Grande Syrie, Cham, comme l’explique Kamel Salibi, dans « La bible est venue d’Arabie » …

    Algerien Pur Et Dur
    4 août 2021 - 18 h 20 min

    Si ma memoire ne me joue pas des tours, le tracé de l’actuelle frontière a été signée par les deux pays apres amgalla 1 et 2. C’était du temps de Boumedienne mais l’Algérie n’aurait jamais du le faire. Il est temps pour notre pays de remettre ces terres sur la table et les réclamer formellement devant la court internationale de justice. J’ai toujours dit que l’ANP ne devrait pas intervenir en dehors de ses frontières. Mais l’auteur de cet article, que l’on doit tous remercier pour son travail historique, nous a rappelé preuve à l’appui que notre pays s’étend beaucoup plus loin vers l’ouest jusqu’au fleuve Moulouya. Personellement, Je ne considere plus l’intervention de l’ANP sur ces territoires comme une intervention en dehors de ses frontieres. Mais donnons d’abord 2 ou au maximum 3 années à la court internationale de justice et l’ONU pour statuer sur cette situation. Apres ca, c’est une autre histoire beaucoup plus serieuse dont la france serait encore une fois seule responsable.

    Anonyme
    4 août 2021 - 17 h 36 min

    Cet article je vais le lire et le relire. Merci Monsieur. Intervenez plus SVP, il faut que nous sachions plus pour nous armer mentalement contre les nuisances d’ici et là.

    Galoufa
    4 août 2021 - 17 h 07 min

    Il est temps de rappeler aussi que la ville d’OUJDA a été fondée vers 994 par l’Algérien Ziri Ibn Attia, un chef berbère originaire des Aurès qui appartenait à la tribu de Maghraoua. Auparavant Ziri Ibn Attia s’était emparé de Fès en 988. Il fera de cette ville la capitale du royaume Zénète. L’Histoire de l’Algérie est un livre magnifique pour ceux qui prennent le temps de le lire. Les Alaouites se sont alliés avec Bugeaud pour mettre à genoux l’Algérie. Ils tentent de le faire avec l’aide des sionistes.

    Chaoui
    4 août 2021 - 15 h 06 min

    A Ali-Farid Belkadi :
    Un grand MERCI pour votre rappel Historique rappelant avec justesse que notre VRAIE frontière ouest se situait (Et SE SITUE TOUJOURS) sur le fleuve de la…Moulouya.
    On vous saluera autant pour avoir précisé que cette partie de NOTRE Territoire ancestral avait été cédée à notre époque contemporaine au maroc par l’agresseur et occupant français en guise de contre-partie pour qu’il n’intervienne pas et le laisse coloniser l’Algérie….(vilénie et fourberie que le maroc n’eut de cesse d’employer à l’égard de notre pays depuis au moins l’époque de ses deux souverains Bocchus I et Bocchus II où en échange de leurs trahisons ils eurent le gain de se voir ‘offrir’ – mais que très momentanément…- des pans entiers de notre pays…).
    L’Histoire nous enseigne combien depuis ces 5 siècles passés, cette famille de brigands alaouite venue du moyen-orient n’eut de cesse de perpétrer des razzias (vols d’or, traite des Noirs…) et des vols de territoire dans notre région et sous-région, agissant en fer-de-lance de ses ‘amis’ (déjà !) chrétiens occidentaux qui ‘protégeaient’ hier son…’trône’, j’ai nommé : espagnols, portugais et français…(aujourd’hui : c’est bis repetita avec ses nouveaux ‘amis’ us et sionistes…).
    Cette Histoire est d’autant toujours d’actualité que le maroc s’échine depuis à poursuivre de nos jours exactement les mêmes schémas tellement c’est dans leur ADN…(il ne rêve et n’aspire qu’à notre perte…).
    Sauf à nous perdre, il nous revient de nous défier d’eux aujourd’hui plus qu’hier tout autant que demain.
    Ce ‘royaume’ doit redevenir ce qu’il était avant sa création par la France, soit aux deux sultanats de Fès et Marrakech et à ses réelles et historiques dimensions. Il s’entend ici que le Rif devra retrouver son indépendance (et on ne citera même pas le Sahara Occidental qui n’a JAMAIS été marocain).
    Pour revenir à NOTRE Moulouya : il serait heureux que ce sujet soit repris par l’ensemble de notre Pays et que nous en revendiquions résolument le retour et rattachement au sein de notre territoire qui en avait été vilement démembré (le refus de la France de nous restituer NOS Archives en est assurément l’une des raisons…).
    Ce qui nous appartient, DOIT nous revenir. En un mot : La Moulouya doit nous être restituée. Si ce n’est aujourd’hui, nous la récupérerons IMMANQUABLEMENT demain.

    Anonyme
    4 août 2021 - 14 h 57 min

    Belle évocation. Merci

    souad
    4 août 2021 - 14 h 42 min

    très inspirant comme article. grand merci !

      Anonyme
      5 août 2021 - 9 h 29 min

      Donc à fortiori l’Algérie commence à partir de la Moulouya sur 600km , puis ensuite descendre sur Figuig, je comprends pas pourquoi cela n’a pas était inclu dans les « Accords d’Évian »…

      Yy
      8 août 2021 - 9 h 00 min

      Un article de première importance qui nous apprend des choses essentielles sur notre pays poignardé dans le dos par le Maroc frere, dépecé par les Français. Partagé par la caste alaouite de la grenouille efféminée qui veut se prendre pour un boeuf.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.