De l’art de démissionner

Le Premier ministre de la République tchèque Petr Necas vient d’annoncer qu'il démissionnera en raison d'un scandale de corruption qui implique sa secrétaire et dont lui est pourtant innocent. En quoi cette information, somme toute banale et «normale» dans ces pays, nous intéresse-t-elle ? En fait, elle nous interpelle et nous ramène à la triste réalité de notre gouvernement, de nos institutions et jusqu’à nos grandes entreprises où l’art de la démission est pratiquement interdit. Dans notre pays, la démission volontaire n’existe pas. Certes, il y a eu le cas d’Ahmed Benbitour qui n’a pas supporté plus longtemps d’être dépouillé de ses prérogatives de chef du gouvernement et qui a été poussé vers cette issue, ou celui d’Abdelaziz Rahabi qui, ministre démis de ses fonctions et mis dans une voie de garage, a fini par comprendre qu’il fallait partir de son propre chef. Il faut reconnaître que, souvent, ce n'est pas de la faute de ces personnes placées aux niveaux supérieurs de la hiérarchie de l’Etat, puisque rendre le tablier en Algérie équivaut, depuis l'avènement de Bouteflika, à un crime de lèse-majesté : c'est le Président qui nomme, c'est lui qui dégomme. Les plus zélés sont allés plus loin ; ils ont montré que s’ils ne connaissaient pas l’art de la démission, ils avaient, par contre, parfaitement maîtrisé l’art d’esquiver les situations qui mènent à la sortie et ils ont acquis la science de l’anticipation. En acceptant, avec empressement même, d’occuper certains postes, et pas seulement de ministre, ces «commis de l’Etat», comme ils aiment se faire appeler, acceptent d’abandonner leur autonomie de décision. Ils mettent leur sort personnel entre les mains de ceux qui les cooptent. En échange de quoi ? Le pays se portera mieux quand les responsables auront le courage de dire non à ceux qui les ont «placés». Mais comme les désignations se font moins sur la base de la compétence que sur celle de la région et de la loyauté, et – ce n’est pas rare – dans un but précis lié aux intérêts en jeu, personne, finalement, n'est prédisposé, dans le sérail, à cet acte courageux.
Kamel Moulfi

Comment (3)

    Anonyme
    17 juin 2013 - 19 h 12 min

    petit réctificatif..si vs le
    petit réctificatif..si vs le permettez Mr. concernant cet affaire de démission,de ce PM tchéque, que sa secretaire,et par la même occasion maîtresse,imliquée dans le détournement d’Argents,et enquête illégal, contre la femme de son patron et amant, alors! ce PM tchéque et civilement responsable,quoi que disent les medias?. y’a a boir et a manger dans cet affaire.bref, j’ai un ptit conseille a donner a ce Mr A Benbitour,qu’il aille joué de la flûte dans un coin isolé,en rase campagne, et qu’il noubli pas de prendre avec lui,le joueur de derbouka,le Mr A Rabahi,bref, moi j’aurai préféré un Article sur les 6 espions du mossad,les 2 tunisiens,1 algerien, et les 3 marocains??. j’espere que mon commentaire passe 😉




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    X man
    17 juin 2013 - 10 h 25 min

    «  »Le Premier ministre de la
    «  »Le Premier ministre de la République tchèque Petr Necas vient d’annoncer qu’il démissionnera en raison d’un scandale de corruption qui implique sa secrétaire et dont lui est pourtant innocent. «  »

    Mr Moulfi , ne tenez pas la canne par le milieu et ne nous prenez pas pour des moutons de Panurge .Dites le clairement:Dégage boutef !

    Votre Benbitour , représentant et garant des intérêts des maitres de la banque mondiale et du FMI n’avait jamais démissionné du poste de premier ministre mais bien au contraire ,il avait été démis et ce n’est que la presse indépendante algérienne de Bnp paribas qui ( puisque ils ont le même maitre )voulait le présenter au peuple algérien comme démissionnaire en attendant des jours meilleurs pour un nouveau redéploiement.

    Alors A.P ! ME CENSUREZ VOUS ?




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    le Naïf
    17 juin 2013 - 8 h 32 min

    لمن تقرأ زبورك ياداود!
    لمن تقرأ زبورك ياداود!




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