Belkhadem : «Bouteflika ne parle pas mais fera parler son bilan»

Lors de son passage, hier soir, sur le plateau de Dzaïr TV, Abdelaziz Belkhadem a eu tout le mal du monde à convaincre sur la «bonne santé» du président-candidat. Acculé par l’animateur de l’émission, le tout nouveau conseiller particulier du président sortant n’a pas su trouver les mots pour rassurer sur la capacité physique de Bouteflika à assumer encore ses missions présidentielles durant un nouveau quinquennat. Belkhadem reconnaît, comme l’a fait avant lui le nouveau directeur de cabinet, Ahmed Ouyahia, que le Président «ne jouit pas de la plénitude de ses capacités physiques». Ce que tout le monde a eu à vérifier à travers ses rares apparitions télévisées. S’il insiste sur la santé mentale dont il dit qu’elle est «intacte», le conseiller du président-candidat ne nie cependant pas les graves séquelles laissées par l’accident vasculaire cérébral qu’il a eu le 27 avril 2013. Selon lui, Bouteflika ne peut pas encore marcher et poursuit une rééducation fonctionnelle dans l’espoir de retrouver l’usage total de son pied gauche. Loin d’être tranchant, Belkhadem défend le chef de l’Etat et appuie son argumentation sur les délégations étrangères qu’il a reçues. Interrogé avec insistance sur son apparition devant le président du Conseil constitutionnel, au visage défait et blême et la voix complètement éteinte, le conseiller particulier de Bouteflika s’est contenté de répéter qu’il était toujours lucide et apte à gouverner, affirmant qu’il suivait de près les affaires du pays. Abdelaziz Belkhadem a admis que le chef de l’Etat «connaît des difficultés de langage», liées à une perte partielle de la voix à cause de l’AVC. Mais, assure-t-il en même temps, son état s’améliore de jour en jour. Autrement dit, il parle mais pas comme avant, fait comprendre Belkhadem sans trop convaincre. Il n’explique cependant pas pourquoi le chef de l’Etat ne s’est pas adressé à la nation depuis fort longtemps et a plutôt chargé Abdelmalek Sellal pour annoncer sa candidature et mener sa campagne électorale. Pour Belkhadem, une campagne par procuration n’est pas un problème. Selon lui, Bouteflika va «faire parler» son bilan, que «personne ne peut nier». Il insiste sur ses «grandes réalisations» qui, en quinze ans, ont pu, d’après lui, reconstruire le pays et le mettre sur la voie du progrès. Belkhadem rassure, en outre, que le président sortant n’a aucun problème avec les militaires et que l’armée comme le DRS ont toujours été sous le contrôle politique et agissent selon les lois de la République. En somme, la sortie de Belkhadem n’est pas différente de celle d’Ahmed Ouyahia.
Sonia B.
 

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