Soufiane Djilali : «Il faut sortir de l’ère du “zaïmisme” absolu»

La société algérienne est à la recherche d’elle-même, selon Sofiane Djilali. New Press

Dans un discours prononcé à l’ouverture, aujourd’hui, des travaux du 1er congrès de Jil Jadid, Soufiane Djillali, qui préside cette formation politique qui fête cinq années d’existence, appelle à mettre fin au «zaïmisme» et au culte de la personnalité pour faire avancer l’Algérie.

Détaillant sa vision du pays et de ses problèmes, le président de Jil Jadid présente dans ce sillage son projet de société à l’opinion nationale pour favoriser la décantation des idées et la formalisation de courants de pensées novateurs. Il estime qu’il faut clarifier aux Algériens les intentions de son parti. Il faut aussi, ajoute-t-il, «leur dire ce que nous-mêmes avons compris des problèmes de notre société pour proposer ensuite des remèdes». «Le problème politique n’est en fait que la partie visible de l’iceberg. Pour construire un système politique fiable et efficace, il faut rétablir les équilibres internes à notre société. Or, celle-ci est profondément affectée par des distorsions jusqu’ici largement occultées», considère Soufiane Djilali, qui, faut-il le rappeler, a décidé de boycotter les prochaines élections législatives. 

«Les partis politiques ont les plus grandes difficultés à se construire sérieusement. Il est vrai que le pouvoir en place ne les aide pas, tout au contraire. Il reste que le chemin est encore long pour aboutir à une démocratie épanouie. Pourtant, il est essentiel de s’atteler à la construire dès maintenant. L’avenir passe par l’action du présent», poursuit le président de Jil Jadid, qui insiste beaucoup sur le changement des mentalités. «Le système institutionnel algérien doit donc être réformé en fonction de ces données. Pour les résumer, il s’agit d’impliquer la population à assumer ses responsabilités politiques à travers les partis politiques mais en canalisant l’accès aux institutions à travers des normes raisonnables et progressives dans leur ouverture», assure-t-il, estimant qu’«il faut rapidement sortir de l’ère du “zaïmisme” absolu et entrer dans celle des institutions fortes». «Il faut mentalement, précise-t-il, quitter l’esprit tribal et familial pour entrer dans l’organisation institutionnelle et légale. Il faut en finir avec le mépris du peuple-sujet de la part des gouvernants et entrer dans l’ère du peuple-citoyen.»

Soufiane Djilali considère que la société algérienne est à la recherche d’elle-même. «Même si un projet de société cohérent et d’avenir est engagé dès maintenant, il faudra néanmoins du temps pour voir les premiers fruits», soutient-il, tout en insistant sur le poids des conservatismes qui freine l’avancement vers la modernité. 

Pour trouver une solution contemporaine à leurs graves problèmes, «les musulmans devront, selon lui, comprendre qu’ils doivent discerner entre l’essentiel et l’accessoire, entre spiritualité et rite, entre l’adoration de Dieu et celle du chemin qui mène à Lui. Réactualiser notre approche et notre compréhension de l’islam sera notre akaba». Pour lui, dans le contexte actuel, l’Etat qui fut constitué à l’indépendance est exposé à une contestation, d’une part, pour son manque flagrant de légitimité et, d’autre part, pour des raisons intrinsèques à la société qui n’a pas encore consolidé son sentiment national.

Soufiane Djilali se dit convaincu que la nation ne sera confortée qu’avec le sentiment de citoyenneté, «ce qui suppose deux conditions : le dépérissement des atavismes tribaux et régionalistes et la forte présence d’un Etat de droit». Pour maintenir un ordre social, suggère-t-il, «il faut recréer de nouvelles structures sociétales à même de remplacer les anciennes et réinventer une cohésion et une cohérence sociales perdues». Le président de Jil Hadid considère que les vieilles valeurs anthropologiques n’étant plus en mesure de maintenir debout et fonctionnel l’édifice de la société, «il ne reste plus d’alternative en dehors d’un “exosquelette” conçu par le politique, formalisé par le législateur et imposé, au besoin, par la force de la légitimité et de l’autorité publique». Autrement dit, un Etat moderne qui tirera «sa fiabilité et sa pérennité de sa légitimité». 

«Les institutions politiques doivent retrouver leur rôle primordial de médiateurs entre les différents compartiments de la société. La justice doit absolument assumer son rôle et ses responsabilités. L’administration doit être renouvelée tant dans sa composante qu’en qualité», souligne-t-il, assurant que «l’Etat de droit doit assurer la sécurité, la justice et l’équité entre les citoyens. Il doit organiser la vie politique et l’accès aux responsabilités institutionnelles. L’administration doit être au service de l’Etat et celui-ci au service de la société».

Pour atteindre ces objectifs, Soufiane Djilali ne voit rien d’autre que de «donner une légitimité et un dynamisme à l’Etat de droit par une organisation politique démocratique. Car, c’est par le jeu sain des institutions démocratiques que la société peut retrouver une stabilité, un dynamisme et une vitalité qui la libèrent du fardeau du sous-développement et de ses incohérences endogènes dû à l’obsolescence et à la désagrégation de ses anciennes structures».

Hani Abdi

Comment (2)

    Anonymous
    25 février 2017 - 22 h 21 min

    Bon cela devient plus clair
    Bon cela devient plus clair Mr Djilali. Oui, il faut construire une société de citoyen dans une République ou chacun à des droits et des devoirs. Découpler le politique du spirituel, de parler d’Algériens, de l’Algérie, de citoyens, de République, d’Etat de Droit, de justice, de droits de l’homme, économie ouverte, de tolérance, de la place de la femme et des jeunes. Mettez tout cela dans une vision, une stratégie, une ambition, un timing et mettez vous dans le costume d’un homme d’Etat potentiellement Présidentiable capable de fédérer de l’ouest à l’est et du nord au sud.
    Les Algériens vous suivrons si votre projet est pacifique et nous savons tous que le chemin sera sinueux et pleins d’embûches mais nous commençons à vous entendre mais pas encore à vous écouter. Alors bon courage et continuer à essaimer, persévérer pacifiquement sans effrayer les citoyens.




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    Anonymous
    25 février 2017 - 22 h 01 min

    Sortir du za3imisme ( ça me
    Sortir du za3imisme ( ça me rappelle la crapule de messali) et du makhzenisme dans lequel on est plongé depuis 1999…
    L’Algérie et le peuple algerien sont plus grands que bouteflika sa famille et sa tribu. I 7EBOU OULA I KERHOU!
    NOUS NE SOMMES NI DES MAROCAINS NI DES HALLABAS !!!!




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