Le wali de Béjaïa va recevoir une délégation du café littéraire d’Aokas

café littéraire Aokas
Les animateurs du café littéraire d'Aokas. D. R.

Alors que la polémique bat son plein à Béjaïa au lendemain des émeutes qui ont secoué la petite ville balnéaire d’Aokas (à 15 kilomètres à l’est du chef-lieu de wilaya) suite à l’interdiction d’une énième conférence que devait organiser le café littéraire de cette ville, nous apprenons qu’une délégation de cette association sera reçue demain, mardi, au siège de la wilaya.

Cette décision a été prise par le wali dans le cadre des démarches initiées auprès des élus et des députés de la région pour essayer de désamorcer une crise qui risque de prendre une autre tournure. Deux députés, Braham Bennadji (indépendant) et Khaled Tazaghart (Front El-Moustakbel), ont été reçus dimanche, à leur demande, par le wali pour l’interpeller sur le problème des libertés d’expression en général dans la wilaya de Béjaïa et en particulier l’interdiction des activités du café littéraire d’Aokas. Dans une déclaration commune, les deux élus affirment avoir exprimé, devant le premier magistrat de la wilaya, leur «profonde indignation sur la répression dont étaient victimes les militants et les acteurs du mouvement associatif», samedi à Aokas. «Nous lui avons rappelé, lit-on encore dans le document, que Béjaïa est le bastion de toutes les luttes démocratiques. Ses militants, dont nous faisons partie, n’accepteront jamais la remise en cause des acquis démocratiques arrachés de haute lutte par plusieurs générations de militants».

En effet, les observateurs sont nombreux à exprimer leur incompréhension face à ce traitement excessif et disproportionné qui est réservé par l’administration et les services de sécurité à un collectif culturel qui ne fait apparemment rien qui porte atteinte à l’ordre public ou qui soit contraire à la loi. La seule explication possible est que, comme le pensent d’aucuns, l’administration locale appliquerait scrupuleusement une directive venue d’en haut enjoignant aux autorités locales d’empêcher toute activité arrimée au discours autonomiste du MAK, spécialement dans cette ville réputée être un «fief» du mouvement de Ferhat Mehenni. Or, s’il est vrai que les thèmes liés à «l’identité kabyle» sont assez récurrents chez les conférenciers invités à ce forum (et systématiquement interdits), les organisateurs eux-mêmes n’ont aucune affiliation avec le MAK.

Enfin, nous apprenons que, pour sa prochaine animation hebdomadaire, le café littéraire d’Aokas a programmé une conférence avec le chroniqueur Chawki Amari.

Rabah A.

Comment (6)

    ATHVOUYAHIA
    25 juillet 2017 - 13 h 57 min

    Le régime empêche le citoyen d’élaborer et d’en informer et de sensibiliser la population à la « Pédagogie d’enseignement de Tamazight »!! Alors qu’il n’a toujours pas mis en place l’Académie AMAZIGH promise pour développer notre langue reconnue « officielle » uniquement depuis 2016!!




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    MELLO
    24 juillet 2017 - 20 h 47 min

    «Nous lui avons rappelé » semblent nous dire ces deux élus à propos de leur déclaration au Wali. Pourquoi , attendre à ce qu’on lui rappelle les acquis de la lutte pour la démocratie ? Pourquoi ce Wali n’a pas , immédiatement, réagit après le refus de ces conférences ? C’est à Gandhi que l’on doit la vulgarisation de ce propos sur la politique « au jour le jour, qui est comme un serpent qui s’enroule autour de votre cou et finit par vous étrangler. ». Quand on a criminalisé la politique pendant des décennies, faire courber l’échine au peuple, se suffisant de vivre sur la rente, économique et symbolique, et en se contentant de copier- qui n’est pas emprunter ni adopter et encore moins mettre en oeuvre- une démarche politique, on ne peut mener le pays que vers des impasses de plus en plus dangereuses. Le Wali n’est qu’un commis de l’Etat, il fait partie de toute cette chaîne bureaucratique qu’est le système :Il faut plus d’une hirondelle pour faire un printemps.




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    T'zagate
    24 juillet 2017 - 17 h 16 min

    Je pense que le Wali de Béjaia a pris une bonne initiative de recevoir cette association ! Je connais très bien la région côtière de Aokas et de Souk El Tenine, je sais que ce sont des gens réputés pacifiques fondamentalement mais attention à ne pas trop tirer sur la corde !!!!




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      MELLO
      24 juillet 2017 - 20 h 32 min

      Voilà comment on se fait désirer par ce petit peuple. La réaction du Wali est certes sage , mais il l’a prise après moult manifestations de la jeunesse. Le Wali a réagit à un événement , mais il n’avait pas agit au moment opportun. C’est, exactement, cette politique qui sied à ce pouvoir: Le caractère à la fois totalitaire et autoritaire du régime qui a pris par la ruse et la force les commandes du pays dés 1962, en brandissant de nouvelles valeurs sociales et culturelles en totale rupture avec les traditions nationales, n’a pas permis qu’un consensus se fasse entre le peuple et ses institutions, entre le citoyen et le nouvel Etat algérien. Il a empêché la construction de la Nation algérienne. Toutes les traditions nationales qui ont permis au peuple de tisser son unité culturelle, de relever les défis et d’assumer ses responsabilités historiques ont été ensevelies, dénaturées et falsifiées au cours de ces cinquante dernières années.




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    T'zagate
    24 juillet 2017 - 17 h 08 min

    @ jughurta 24 juillet 2017 – 7 h 21 min , oui tu as raison ! il faut marteler sans cesse dans la tête des gens d’en haut que 95 % des kabyles ne sont pas indépendantistes. Mais dans leur grande majorité, les kabyles sont soit des autonomistes soit des adeptes du fédéralisme, en tout cas des adeptes d’une nouvelle organisation politique et économique régionale à mettre en œuvre le plus rapidement possible. La Kabylie est preneuse de ces scénarii de politique régionale constructive, nécessaire et bénéfique à moyen et long terme. La Kabylie souhaite profondément rester dans une Algérie Une et Indivisible …. sauf si le pouvoir central s’entête et ne veut rien entendre ! Et avec une telle position d’entêté et de réfractaire de la part du pouvoir, les risques d’instabilité politique et de soulèvements sont réels et présents même si la plus plupart des leaders de ces mouvements sont pour une lutte politique pacifique et sans violence !

    Si les autres régions du pays ne demandent rien et sont satisfaite de leur situation, c’est leur problème. Mais la Kabylie ne veut pas et ne peut plus vivre dans un système politique autoritaire et centralisé à Alger. La Kabylie refuse que toute décision doive d’abord venir des Tagarins ou d’El Mouradia ou du FLN alors qu’une autonomie régionale, une gestion décentralisée ou déconcentrée réelle peut libérer les initiatives locales pour un développement économique et social plus efficient ! Avis aux amateurs !!




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    jughurta
    24 juillet 2017 - 7 h 21 min

    Vous dites dans votre artcicle  » La seule explication possible est que, comme le pensent d’aucuns, l’administration locale appliquerait scrupuleusement une directive venue d’en haut enjoignant aux autorités locales d’empêcher toute activité arrimée au discours autonomiste du MAK ». Je vous répondrez que 95% des Kabyles sont autonomistes mais 95% des Kabyles ne sont pas indépendantiste comme ceux du mak. Une nuance que seul les pervers putrides font expres d’ ometre. Nous sommes autonomiste mais ne sommes pas indépendantiste, celui qui entend ok sinon c’ est pareil. Cette histoire doit avoir encore plus d’ echo à l’ international. Les Kabyles se sont trop calmés, quand ils étaient enragés et rentré dans les commissariats et les gendarmerie, ils faisaient moins les malins, c’ est peut être ce qu’ ils cherchent.




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