Le jeu n’est pas fini

Ouyahia
Le nouveau Premier ministre, Ahmed Ouyahia. New Press

Par Kamel Moulfi – Les observateurs et analystes algériens de la scène politique ont eu beau le pressentir, le limogeage de Tebboune les a surpris et déroutés par sa soudaineté. Ils s’attendaient, peut-être, à une sortie plus en douceur, tout juste pour soigner les formes. Les plus crédules pensaient que «jamais» un Premier ministre ne pouvait être dégommé si peu de temps après sa nomination. Un record.

En Algérie, les échéances cruciales ont toujours joué pour le maintien du titulaire d’un tel poste et même d’un simple ministre. Mais dans ce cas, ni la proximité d’une rentrée sociale incertaine mais que Tebboune promettait calme ni la tenue des élections locales menacées d’une abstention massive, mais que la population, enfin remobilisée, n’aurait certainement pas boudées, n’ont été des facteurs suffisants pour accorder un sursis au Premier ministre.

Il faut croire qu’il y avait «le feu dans la maison» pour qu’une décision de cette importance soit prise dans la plus grande précipitation. Les Algériens, qui ont suivi les péripéties de ce que l’on a appelé le feuilleton de l’été, sont déçus : leur «acteur» préféré, Tebboune, qui avait la main, n’a pas eu le temps d’abattre sa carte. Ils s’attendaient à la fin de l’influence de l’argent sur la vie politique, ils assistent, au contraire, à la neutralisation de la volonté de moralisation qui allait dans ce sens.

Seule consolation : pour une fois, la recherche d’explication au limogeage d’un Premier ministre est superflue. Tout s’est déroulé dans une transparence presque totale grâce aux technologies de l’information qui permettent de suivre les événements en instantané. Les réseaux sociaux ont été, de toute évidence, plus proches de la vérité que les médias lourds.

La question qui se pose maintenant est de savoir ce que va faire le nouveau Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Connu pour son intelligence indéniable autant que pour son ambition présidentielle et pour un opportunisme qui relève du réflexe quasi naturel, tiendra-t-il compte de l’«effet Tebboune» dans l’opinion publique algérienne ? Ceux, intéressés, qui ont pavoisé à l’annonce de sa nomination, ont-ils eu raison de le faire sans réfléchir ? Le jeu n’est pas fini. Ouyahia a la main.

K. M.

 

Comment (16)

    Anonyme
    17 août 2017 - 10 h 31 min

    POUR LES SALES BESOGNES, BOUTEFLIKA CHOISIT LES KABYLES.
    Alors que pour la présidence de la république aucun Kabyle ne pourra y accéder en Algérie, quel que soit son degré de servitude, mais pour les sales besognes ce sont des kabyles de service qui sont toujours choisis.

    Sachant bien que les kabyles sont les seuls à se soulever contre la dictature et l’islamisme, les seuls qui réclament la démocratie? aussi, Bouteflika choisit toujours un kabyle de service bien sûr, pour les sales besognes. Une manière pour lui de ternir tous les kabyles à travers une poignée de traîtres. C’est ainsi que le premier ministre d’Iboudraren, Ahmed Ouyahia, a été choisi pour remplacer Tebboune. Pour le blanchiment d’argent et le détournement des milliards de dinars, c’est un kabyle d’Azzefoun, Haddad, qui est à la tête de la mafia financière. Pour le faux syndicalisme, c’est un kabyle de Michelet qui est chargé de cette mission, Sidi Saïd en l’occurrence.
    Au ministère de la jeunesse et des sports c’est à El Hadi de Michelet toujours de s’occuper de ce secteur. La communication et l’information, un secteur névralgique, c’est à un Kabyle de Zekri, Djamel Kaouane, de mener la propagande et la gestion de la presse. Sans parler d’autres postes de responsabilité occupés par les kabyles au sein du système algérien. Les kabyles qui représentent vraiment la Kabylie ne sont admis à aucun poste.
    Ravah Amokrane




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      MELLO
      18 août 2017 - 21 h 57 min

      HEUREUSEMENT , tu as précisé « kabyles de service ». Car si sale besogne il y’a c’est , avant tout , cette usurpation des rennes du pouvoir par cette smala venue des frontières, en 1962.




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      MELLO
      18 août 2017 - 22 h 02 min

      Ya Ravah, encore autre info : le premier ministre Ouyahia veut maintenir HANNACHI à la tête de la JSK , malgré la décision de l’assemblée générale . Comme quoi , ce pouvoir ne voudra jamais d’une décision venue de la base. C’est l’usurpation des consciences. Hannachi , en véritable serviteur doit être maintenu. « Ahmed Ouayhia ne peut pas oublier les services que Hannachi a rendu au régime. Hannachi a mobilisé plusieurs anciens joueurs de la JSK pour soutenir d’abord Zeroual et tous les mandats de Bouteflika. Il a aussi payé des dizaines de voyous à Tizi Wezzu pour soutenir le FLN et le RND ainsi que Bouteflika à chaque échéance électorale ».




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    Felfel Har
    16 août 2017 - 19 h 58 min

    Le président a perdu une belle occasion de se racheter, de se réconcilier avec le peuple algérien à la suite de sa déconvenue aux élections sénatoriales. Mr. Tebboune, en allant jusqu’au bout de sa politique de récupération de la rente accaparée par de pseudo-industriels, pour soutenir l’effort de remise en marche de l’économie nationale, aurait sauvé le pays de la catastrophe. Au lieu de recourir à l’endettement extérieur, il a préféré siphoner les fortunes mal acquises. Mais voilà, Bouteflika n’entend pas se séparer de ceux qui financent son clan à coup de rétrocessions de commissions sur des marché publics octroyés ici et là selon la formule du gré-à-gré. Paniqué, il s’est résolu à faire du recyclage en faisant appel à l’éternel exécuteur de basse besogne. Que Mr. O se méfie, ce n’est pas un cadeau; au moindre faux pas, il subira le même sort que Tebboune, sauf que ce dernier n’a jamais manifesté d’ambitions présidentielles. Des nuages s’accumulent sur nos têtes, la crise couve, les ingrédients d’un Big Bang se mettent en place, la rentrée sociale risque d’être explosive. « : Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle se casse » Ya Rabbi astar!




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    Zoro
    16 août 2017 - 17 h 41 min

    Que va faire ouyahia??il ne va sûrement pas essayer de casser les tire lire des Haddad & co elles sont solides il risque lui aussi de se casser les dents ,il ya plus facile et sans risque:, les ponctions espérons qu il laissera passer l aid et la rentrée. SIGNE ZORO..Z…




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      MELLO
      16 août 2017 - 19 h 40 min

      Mon cher ZORO , tu as oublié un grand chantier de OUYAHIA , que Matoub Lounes a chanté . Le hit parade de l’arabisation de l’administration. C’est sous l’administration Ouyahia qu’a été promulguée la loi de généralisation de la langue arabe, visant essentiellement à l’arabisation de l’administration. Son entrée en vigueur en 1998 ainsi que l’assassinat le 25 juin 1998 du chanteur engagé kabyle Matoub Lounès ont déclenché un soulèvement en Kabylie et créé une vive émotion en Kabylie et dans la diaspora. Que nous réserve t il maintenant ?




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    MELLO
    16 août 2017 - 15 h 11 min

    L’Algérie n’est pas à son premier coup d’essai , car le contrôle de tous les leviers de l’État par le régime inamovible ne peut conduire qu’à l’exclusion de ceux qui ne partagent pas sa conception du pouvoir. Résultat des courses : la confiance entre les gouvernés et les gouvernants est rompue depuis belle lurette. D’ailleurs, les discours développés par les uns et les autres divergent. Si pour le régime il n’existe aucune crise, il n’en est pas de même des citoyens qui subissent ses effets. Mais, pire que la crise sous toutes ses formes, l’absence de débat et le refus de chaque camp de faire un pas vers l’autre ont des effets plus néfastes que la crise elle-même. À vrai dire, la crise sera résolue quand les Algériens, toutes catégories confondues, se donneront les moyens de la transcender. Et pour cause ! Comme la distribution des marchés, le débat échappe totalement au citoyen. D’ailleurs, le simple observateur a l’impression qu’il s’agit d’une victoire d’un clan sur un autre. De la même manière, le manque de clarté renseigne sur le déficit démocratique de nos institutions. Hélas, le jeu n’est pas fini, les promesses n’engagent que les crédules qui croient à la bonne foi de nos dirigeants. Dans la réalité, tout ce qui concerne l’avenir du pays se fait et se décide en dehors du peuple algérien, et là malheureusement Ouyahia n’a pas la main.




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    LE NUMIDE
    16 août 2017 - 11 h 46 min

    La dernière sortie de la première dame qatarienne de El Jazeera, Khadija Bengana, sur le changement de premier ministre en Algérie – qui ne regarde que les algériens – et les sous-entendus qu’elle a distillés, blessant au passage les personnes de Bouteflika et Ouyahia et surtout nous faisant revenir à 1992 et à l’arrêt de l’agression wahhabite armée du FIS, cette sortie coïncide avec la campagne de dénigrement et d’insultes anti-berbères et anti-algériennes des frères musulmans égyptiens en Algérie leurs partis et consorts et El Magharibia comme toujours contre les symboles algériens et surtout contre notre identité nationale.
    Toute cette orchestration relayée par les agents religieux et politiques du Qatar met ce pays qui se prétend « ami » et partenaire en belligérance et en guerre médiatique ouverte contre les berbères algériens et contre les nationalistes algériens anti-wahhabites…
    La machine de guerre médiatique RACISTE des frères musulmans égyptiens et « algériens » et leurs complices internationaux est donc en marche sous la tutelle du Qatar contre NOUS.
    Nous faisons savoir au Qatar que les algériens ne sont pas des égyptiens ni les berbères ne sont des saoudiens qu’ont peut rouler dans la boue. La machine médiatique nationaliste algérienne et berbère peut se mettre désormais en branle et les militants berbères dans le monde notamment en Occident, peuvent l’actionner pour neutraliser les pôles d’opinion qatariens qui activent sous la couverture islamiste des Frérots dans les pays européens… Les militants berbères algériens seront donc en droit de présenter à l’opinion internationale les inventaires des crimes terroristes financés par le Qatar et son implication dans les massacres de ses milices wahhabites en Syrie, au Yemen, en Libye, en Irak, etc. les militants berbères peuvent aussi facilement mettre leurs forces et leurs réseaux internationnaux dans une attaque médiatique de grande envergure contre El Jazeera et Khadija Bengana… le Qatar a intérêt à la paix avec les berbères!!! (…)




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    Mazouzi
    16 août 2017 - 11 h 23 min

    Le clan (…) De ceux-là mon pays que je chéris tant est devenu la proie…je pleure des cascades.
    Je dis aux Chouhadas Al Abrare votre chance est d’être partis sinon vous auriez eu une
    deuxième mort plus pénible. Allah Yarhamkoum




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    lyes2993
    16 août 2017 - 11 h 02 min

    Je ne suis pas certain que les explications soient aussi évidentes sur le limogeage de Tebboune ! Pour que le limogeage soit fait avec une telle réactivité, c’est qu’il a fait quelque chose de sensiblement périlleux ou gravissime pour la souveraineté de l’Algérie !
    Moi, je dirais qu’il a du fauter durant son passage à Paris et notamment de par sa rencontre avec le premier ministre français et potentiellement d’autres responsables français!???! La rapidité avec laquelle tout cela s’est fait est trop rare pour que la cause racine soit juste une histoire de conflits avec Haddad ou de blabla sur la corruption (qui est un fléau qui le dépasse en réalité)….
    Mon avis, c’est qu’il a shunté l’autorité du Président en allant discuter directement avec les responsables français… c’est une ligne rouge fixée par la Présidence mais aussi par nos autorités militaires à ne pas dépasser! D’autre part, s’il a eu l’outrecuidance d’aborder des sujets sensibles sur notre souveraineté, c’est d’autant plus gravissime !




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      Anonyme
      16 août 2017 - 23 h 30 min

      Ce que tu racontes c’est ce que veut faire croire, aux algériens, le régime bouteflikien et les affairistes vereux qui le soutiennent. Haddad a déjà essayé de faire croire aux algériens via son torchon médiatique ce que tu dis. Tu prends les algériens pour des idiots pour avaler les sornettes du régimes qui sont relayées par ses soutiens. La réalité c’est que Tebboune a touché à quelque chose qui n’a pas plu aux mafieux qui dirigent le pays, il a alerté le peuple algérien à l’effet que l’argent sale gangrène le pouvoir en Algérie, c’est un fait que tous les algériens savent depuis longtemps et dénoncent c’est pour cela qu’il ne vote jamais aux élections truquées par ce même régime. La vérité c’est que le clan Bouteflika est mouillé jusqu’au cou avec les affairistes mafieux véreux qui se sont enrichis avec l’argent du peuple, et la survie de ce clan dépend de ces affairistes véreux qui gangrènent l’Algérie et l’empêchent de se développer. Les affairistes véreux ne sont pas différents des terroristes islamistes qui ont détruit le pays et commis des crimes Abjectes en Algérie durant la décennie noire et cela continue encore parce qu’ils ont pris la société en otage. La corruption c’est le pire des terrorismes. AP laissez passer je ne fais que rappeler ce que les algériens savent depuis longtemps.




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    Slam
    16 août 2017 - 10 h 29 min

    L-a-m-e-n-t-a-b-l-e !
    Quel gâchis ! Tout ça pour ça !
    Retour à la case départ ou l’éternel recommencement.
    Le pays tourne en rond, à l’image de son président immobile sur son koursi.
    Et quand on tourne en rond on s’enfonce irrémédiablement dans l’absurde et on régresse plus vite que prévu.
    Aucune honte, le pays est privatisé, les institutions bafouées, le peuple méprisé. On ne lui parle pas, on ne s’adresse plus à son cerveau mais juste à son kerche à coup de listes d’importations, de moutons pour l’aïd et du prix des patates qui va augmenter ou baisser cette année. Le souk est devenu notre Marché Boursier.
    Le culte de la personnalité de fakhamatouho est érigé en mode de gouvernance. Un culte morbide, effarant, qui défie toutes les lois biologiques et éthiques. De pays révolutionnaire avant-gardiste nous sommes devenu une monarchie à genoux devant une personne invisible et muette. (…) l’humiliation permanente.
    On tue la matière grise, on la pousse vers la sortie. On tue l’espoir, la jeunesse, le rêve, le travail.
    Et on recycle de vieux grabataires du siècle passé pour za3ama nous éclairer, nous guider, nous montrer la voie du Progrès.
    Nous somme coincés entre le 20e et le 21e siècles. Une sorte de No man’s land où nous errons comme des zombies. Tout cela à cause d’un seul homme qui a réussi à arrêter l’horloge de notre Espace-Temps.




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    malik
    16 août 2017 - 10 h 27 min

    Ouyahia prendra surement en compte l’effet Teboune, mais pas dans le sens que l’auteur de la chronique voulait lui donner. Ouyahia aura à rétablir la cohésion sociale mise à mal par les annonces et les décisions anarchiques de Teboune.
    Il s’agit de rassurer les Algériens meme ci la conjoncture est difficile, en mettant en place des mécanismes concrets et mesurables pour le partage equitables des effets de la crise entre les differentes couches sociales.
    Ce sera tout le contraire de ce qu’a voulu faire Teboune en dréssant les Algériens les uns contre les autres.




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      Saladin
      16 août 2017 - 13 h 51 min

      BARAKALLAH OUFIK. Merci pour ce résumé de ce que nous vivons réellement actuellement et de ce qu’ est devenu l’Algérien.




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    mzoughene
    16 août 2017 - 9 h 53 min

    OUYAHIA A LA MAIN MAIS IL N A PAS LES CARTES ! IL NE PEUT PAS COMPTER SUR SON MAILLAGE ADMINISTRATIF DE WALIS FRAUDEURS ET CHEFS DE DAIRA ET SG ÉGALEMENT DE MÈME ACABITS . OUYAHIA N A PAS LES MOYENS DE SA POLITIQUE FINANCIÈREMENT OU EN CRÉDIBILITÉ ! CA AURAIT ETE LOGIQUE ET PRAGMATIQUE DE DE FAIRE APPEL A UN ALGERIEN ISSU DES 90/00 D ABSTENTIONNISTES !
    HADDAD A BRANDI DES SITUATIONS DE PLUSIEURS MILLIARDs DE DOLLARS; OU VA-t-il CHERCHER CET ARGENT, OUYAHIA? AU FMI? ALLAH YESTER ! le piege se referme sur ouyahia et sur les oligarches . quel gouvernement ? comme d habitude hagar el meskine ! mais cette fois ci ca vas se passer autrement puisque boutelika est hors jeu et certainement l implosion viendra de l intérieur dans les jours a venir !




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    zaatar
    16 août 2017 - 9 h 49 min

    J’aime bien cet article. Il prend bien les Algériens pour des fatalistes les plus extrêmes. Car comment comprendre ou interpréter la phrase suivante de l’article: « Les Algériens, qui ont suivi les péripéties de ce que l’on a appelé le feuilleton de l’été, sont déçus : leur «acteur» préféré, Tebboune, qui avait la main, n’a pas eu le temps d’abattre sa carte. Ils s’attendaient à la fin de l’influence de l’argent sur la vie politique, ils assistent, au contraire, à la neutralisation de la volonté de moralisation qui allait dans ce sens. » Donc l’Algérien ou les Algériens savent l’influence de l’argent dans la vie politique, que le système neutralise tous ceux qui s’interposent à ce mode de fonctionnement et de la manière la plus brutale s’il le fallait…et les Algériens laissent faire, se contente simplement de disserter sur les réseaux sociaux et autres sites de journaux électroniques.




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