Et le consensus ?

Ouyahia consensus
Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. New Press

Par Kamel Moulfi – Deux mots ont quasiment disparu du discours politique du pouvoir : dialogue et consensus. Ils étaient récurrents durant la courte période où Abdelmadjid Tebboune a été Premier ministre. Le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, qui lui a succédé, n’est-il pas dans le besoin de ratisser large, dans la classe politique et dans la société civile, pour mener à bien le plan d’action du gouvernement ? Est-ce qu’il se suffit du soutien des députés qui ont voté sans surprise pour «son» plan, mais qui se sont distingués par un absentéisme qui en dit long sur leur mobilisation ? Ou est-ce une question d’agenda trop rempli sous deux casquettes qui empêcherait le Premier ministre de consacrer du temps aux séances de discussions, longues et harassantes, avec l’opposition et les partenaires sociaux ?

On peut penser que, pour l’immédiat (deux mois) et même pour le moyen terme (moins de vingt mois) ce sont les échéances électorales, locales et présidentielle, qui dictent la marche à suivre par chaque parti. La casquette de secrétaire général du RND  impose à Ouyahia des obligations partisanes que tout le monde comprend. Le renouvellement des APC et des APW, s’il laisse indifférente une bonne partie de la population – tentée, selon toute vraisemblance, par l’abstention massive comme aux législatives – constitue pour les partis, et en premier lieu le FLN et le RND, un test décisif avant la présidentielle de 2019. Aussi bien Ould Abbès qu’Ouyahia savent qu’avant les élections, les dérapages «internes» arrivent comme une fatalité, alors que leurs formations politiques respectives sont engagées dans une course au leadership.

Le FLN connaît déjà les des tensions et une grogne qui se traduisent par la contestation de listes entières de candidats dans plusieurs kasmas. Les échos qui parviennent de la direction de l’ex-parti unique laissent entendre que la crise qu’il traverse depuis quelques années, depuis l’éviction de Belkhadem, n’a pas été résorbée. Il est certain qu’Ouyahia veut à tout prix éviter au RND de connaître le même sort. D’où sa gestion risquée des priorités.

K. M.

Comment (4)

    MELLO
    24 septembre 2017 - 13 h 53 min

    Tebboun , Ouyahia, , deux personnalités , deux caractères différents, deux « dirigeants différents » et deux politiciens différents. Le premier ( Tebboun) avait compris et avait saisi le message du 4 Mai 2017 d’une majorité silencieuse qu’il voulait à tout prix récupérer avec son attaque lancée sur les nouveaux riches qui ont ramassé tout l’argent Algérien pour s’enrichir davantage. De plus son projet de dialogue devait venir enraciner cette option à s’entourer d’une majorité du peuple Algérien. La minorité gouvernante, sentant le danger proche , ne s’est pas laissée embarquer en débarquant celui qui devait les anéantir. Pour le second ( Ouyahia) , son air de maître de conférence et d’autosuffisance, portant une casquette de chef de parti , mais surtout ayant un penchant vers la minorité gouvernante, se veut convaincu de ses propres idées sans pour autant aller en chercher chez d’autres. Preuve ce programme qu’il a fait passer à l’APN portant des contradictions et des actions néfastes au développement du pays. Ouyahia n’est pas un homme de dialogue, il se laisse emporter par son arrogance mal placée qui lui fait réaliser des besognes anti-populaires. «Ouyahia est d’une susceptibilité et d’un entêtement maladifs et ne tolère pas la contradiction,» disait de lui Nasreddine (Nacer) Akkache. Il disait, aussi de Ouyahia alors nouveau locataire du Palais, qu’ «il recourait à un vocabulaire qui se voulait dense, mais exprimé dans un style touffu, volontairement sinueux et plein d’aspérités. Toutes les circonvolutions et les tournures qui ne laissent aucune chance à la transparence et à la clarté, reflètent la complexité du personnage.». Voila pourquoi il a renvoyé le dialogue aux calendes Grecques.




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    Felfel Har
    24 septembre 2017 - 13 h 23 min

    Comment voulez-vous avoir un dialogue et un consensus lorsque ceux qui nous gouvernent n’entendent que leur propre voix et qu’ils dédaignent échanger les avis et opinions, les prendre en considération? Ils sont tellement imbus de leur personne que nul ne compte à leurs yeux. Pourquoi les consulter? Leur devise c’est « marche ou je te marche dessus ». Ils sont tous atteints de narcissisme, maladie contagieuse au contact de celui préside depuis 20 ans.
    D’aprés la légende, Narcisse, en voulant admirer son image sur la surface de l’eau, s’approcha si près de la rivière qu’il y tomba et s’y noya. Le « narcissisme », lui, est un terme que l’on doit à Freud qui en a observé les symptômes. Ceux atteints de cette « maladie » ont la conviction de leur propre importance (ils se surestiment), ils sont absorbés par les fantasmes du pouvoir, de perfection même, ils sont convaincus d’être « spéciaux » (superman), ils manifestent un désir d’être admirés, ils exploitent autrui pour parvenir à leurs fins (mensonges, chantages, violence verbale…), ils manquent d’empathie (insensibles aux malheurs des autres) et sont arrogants et hautains. Ils sont légion dans nos institutions, n’est-ce pas? Laissons-les brasser du vent, ils ne récolteront que la tempête quand la crise atteindra son paroxysme!
    M. O. n’a pas de quoi être fier, il a montré des signes d’incompétence et de panique quand, au lieu de répondre aux députés qui ont critiqué son plan, il s’est donné en spectacle (en évitant de leur répondre sur le fond quant à l’opportunité de ses mesurettes) en tombant à bras raccourcis sur tous ceux qui ne sont pas de son avis. Son attitude et son langage violent, vulgaire et agressif ne sont pas dignes d’un PM. C’est le langage des mégères de Oued Kniss ou de « tayabate el hammam ». Sellal, reviens vite, tu nous manques, au moins toi, tu nous faisais rire! Et aussi Tebboune, tu nous redonné le temps d’un été de l’espoir et un peu de fierté. Avec Dark Vador, « ♫Noir, c’est noir♪, il n’y a plus d’espoir♫ »!!




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    LE NUMIDE
    24 septembre 2017 - 12 h 31 min

    CONSENSUS : il ne reste aux algériens qu’un seul Consensus : trouver un homme d’Etat NATIONALISTE et le faire élire et qui va remplacer Bouteflika à la présidence pour assurer une transition tranquille au lieu de la guerre civile que veulent les islamistes wahabistes salafistes et frères musulmans comme en 92 et qui n’attendent que CA .. l’Algérie comme tous les pays arabes et musulmans ne sont pas sortis de l’Ornière et ils ne sortiront pas sitôt , le cercle infernal du wahabisme et du pétrole les ont bloqués à vie .. Pour plus de sérieux , de sécurité et d’unité , désignez Ouyahia il fera l’affaire ( réfléchissez !) , quelques râleurs au début , puis les algériens vont trouver tous leur compte ! Ou bien alors nommez Hamrouche ? Teboune ? Benflis ? Gozali ? Benbitour ? ou bien alors Boukrouh ( sauf que celui -là , il est certes intelligent mais il n’a pas de base militante fiable et assez d’expérience de l’Etat , il n’a jamais été premier ministre ) .. Désignez qui vous voulez ( un homme d’État bien sûr , pas un amateur qui fera honte aux pays ) , mais dépêchez vous avant qu’il ne soit trop tard ..L’Algérie est un pays difficile et il est devenu dangereux , ce n’est pas le Luxemboug , ni le Qatar . voila tout est dit , le reste n’est que balivernes




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    lhadi
    24 septembre 2017 - 11 h 38 min

    L’idéal, pour une jeune nation comme la nôtre, doit être la recherche de sa consolidation et par ailleurs la construction d’une société d’hommes et de femmes convaincus de la destinée commune. C’est à ce prix que peut se faire la renaissance du sentiment national et républicain.

    Le dialogue dont on ne veut pas chez nous est celui qui consiste à envisager la légitimation des pratiques gouvernementales habituelles déviées qu’elles sont des missions d’intérêt général : santé, éducation, sécurité et défense du pays et de l’intégrité des citoyens, environnement, solidarité, bonne gestion des ressources et créativité libérée…

    La conviction de chaque algérien doit être partagée, enrichie des diverses intelligences et mise avec force sur la place publique dans le cadre général du dialogue. C’est de l’avenir immédiat de notre pays et pour les générations futures qu’il est question.

    Une grande perspective s’annonce : elle consiste à tirer les leçons des errements, des erreurs, des différends réels ou supposés.

    La consistance des projections dépendra de la détermination et essentiellement de la capacité à aller, par le dialogue du cœur et de la raison, vers la renaissance de notre pays dans le concert des nations du monde.

    Fraternellement lhadi

    ([email protected])




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