Convention entre la Cosob et l’Université d’Alger pour l’ouverture d’un master d’«analyste financier»

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L'Université Alger 3 et la Cosob formeront les cadres des entreprises et des professionnels du marché. D. R.

Une convention de formation a été signée mercredi à Alger entre la Cosob (Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse) et la Faculté des sciences économiques, commerciales et de gestion (Université Alger 3) pour définir les modalités et les conditions de l’introduction d’un nouveau master professionnel dans la spécialité d’analyste financier.

Selon cette convention, paraphée en marge du 3e colloque du conseil scientifique de la Cosob dédié aux «modes de financement alternatifs par le marché», l’Université Alger 3 s’engage à assurer la formation de ce master au profit des cadres des entreprises et des professionnels du marché en partenariat avec la Cosob. Cette formation permettra à chaque étudiant d’avoir les connaissances et les compétences professionnelles pour exercer la profession d’analyste financier en ayant une synthèse de tous les concepts et méthodes analytiques dans une variété d’applications pour une analyse financière efficace, selon le président de la Cosob, Abdelhakim Berrah.

Présent à la rencontre, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a invité les participants à débattre des modalités pratiques qui puissent permettre au marché financier de devenir une vraie source de financement alternatif, tel qu’escompté par le plan d’action du gouvernement. Ce plan d’action prévoit notamment de diversifier l’offre bancaire en élargissant les produits dits islamiques, en encourageant le leasing et en redynamisant la Bourse et le marché des capitaux, l’enjeu principal étant de mobiliser au maximum l’épargne existant actuellement hors du circuit bancaire, surtout que le pays traverse une conjoncture financière difficile, a souligné le ministre.

Pour ce faire, le gouvernement compte également diversifier l’offre boursière en y introduisant les sukuk, c’est-à-dire des titres boursiers conformes à la charia. Les sukuk offrent à leurs détenteurs un droit de propriété sur des titres tangibles et non pas un droit de créance, explique Nasser Hideur, directeur général d’Al-Salam Bank Algeria. Les sukuk ressemblent en fait aux actions classiques, mais avec une différence fondamentale : le détenteur d’un sakk n’entre pas dans le capital de la société émettrice, contrairement à l’actionnaire. Les sukuk diffère également des obligations, d’abord parce que ces dernières sont fondées sur l’émission de dettes, alors que le détenteur du sakk est un investisseur qui finance un actif tangible qui va fournir un revenu pendant une certaine période, et ensuite pour ce qui est de la rémunération, définie au préalable pour l’obligation et calculée en fonction des bénéfices pour le sakk, précise le même expert.

Les participants au colloque ont débattu des moyens techniques et juridiques nécessaires pour la mise en place des sukuk destinés aux entreprises. Une nouvelle loi régissant ce type d’émission boursière est actuellement en cours d’étude, a fait savoir M. Berrah. Mais pour que la Cosob puisse donner son visa à une émission de sukuk, «il faut que le code du commerce soit amendé pour introduire ces sukuk parmi les titres que peuvent émettre une SPA et que la loi sur la monnaie et le crédit explicite plus l’encrage légal concernant ce type de titres», a préconisé M. Hideur.

Les intervenants ont mis l’accent sur les répercussions positives qu’aurait l’introduction des sukuk et des produits financiers alternatifs en général sur la mobilisation de l’épargne, surtout celle existant dans le marché informel. Sid-Ali Boukrami, ancien ministre et président du conseil scientifique de la Cosob, a quant à lui plaidé pour une large implication des sociologues dans la réflexion sur ces solutions alternatives et pour trouver les moyens de renforcer la confiance des citoyens dans le système financier du pays. «Nous assistons à une inflation de textes régissant les finances, engendrée par une méconnaissance des comportements de la société, d’où l’intérêt à impliquer les sociologues dans cette démarche», a-t-il soutenu.

R. N.

Commentaires

    Abou Stroff
    28 septembre 2017 - 14 h 27 min

    « Convention entre la Cosob et l’Université d’Alger pour l’ouverture d’un master d’«analyste financier» » titre R. N..
    grâce à cette convention, l’université d’alger produira des analystes en mesure de nous expliquer:
    – l’impact du « mode de financement non-conventionnel » sur une économie basée sur la distribution de la rente et sur la prédation et non sur le travail.
    – l’existence d’un « bourse » dans un environnement où aucune entreprise ne remplit les critères requis pour entrer en bourse (telle qu’elle fonctionne dans une économie capitaliste).
    – quel rapport il peut y avoir entre un environnement boursier où le mouvement des capitaux liés à des anticipations en rapport avec des retours d’investissement avec la finance dite islamique qui est « techniquement » en contradiction flagrante avec la logique et le mode de fonctionnement d’une économie capitaliste.
    -….
    PS: pourquoi nos augustes dirigeants ne veulent ils pas comprendre que ceux qui détiennent d’énormes masses d’argent (à ne pas confondre avec des CAPITAUX) évitent de s’intégrer dans les circuits formels, non pas à cause d’une histoire de taux d’intérêt (riba selon les abrutis qui ne comprennent rien à l’économie), mais tout simplement parce qu’ils activent dans des sphères opaques où il n’est guère intelligent de se faire remarquer?




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