Le niveau zéro

vote rendez-vous
Nos politiques ont-ils banalisé l'acte de vote par leur façon de faire la politique ? New Press

Par R. Mahmoud – Aujourd’hui, c’est les élections ! Sous d’autres cieux, un tel rendez-vous aurait mobilisé toute la nation et suscité des débats sans fin sur l’état général du pays et des perspectives d’avenir. Chez nous, l’indifférence des citoyens est telle que la fonction politique s’en trouve elle-même galvaudée. Car, au-delà de la morosité somme toute habituelle, voire entretenue, de la campagne électorale, c’est tout le débat public qui ne cesse de régresser pour atteindre cette année son niveau le plus bas.

Il n’y a qu’à voir la qualité des discours de nos responsables politiques (et même sportifs !) à tous les niveaux pour s’en convaincre. Au lieu d’exploiter la liberté de parole dont ils jouissent à bon escient, certains de nos politiques se plaisent dans leur rôle de saltimbanques qui fait d’ailleurs des émules dans la classe politique, même parmi les gens du pouvoir. Un ministre qui veut aujourd’hui s’initier en politique – car, chez nous un ministre peut ne pas être politique ! – doit apprendre à faire dans le «franc-parler», qu’il va vite confondre avec faire le pitre : meilleure façon d’apparaître cool et de gagner la sympathie des citoyens. Il semble que ça marche bien, d’autant plus que ça ne nécessite pas de passer par une formation politique, ni d’avoir tout un attirail idéologique.

La politique façon FLN de Messadia ou de M. S. Yahiaou ne fait plus recette, désormais même chez les barons de l’ex-parti unique. Mais la question qu’on pose toujours : pourquoi le «franc-parler» au FLN s’accommode-t-il si facilement, ou en tous les cas plus facilement que chez les autres partis, de la violence et de la casse ? On a vu avec Amar Saïdani comment, après avoir attiré l’opinion par son franc-parler et ses singeries, cet hurluberlu de la politique s’attela avec une violence inouïe à attaquer l’institution militaire.

Son successeur, Djamel Ould-Abbès, tente de donner une image moins belliqueuse et moins tragique de son parti, en dosant le côté comique et débridé. Le résultat est le même : ses dernières sorties médiatiques, cumulant délires et fantaisies, participent de cette tendance à la banalisation de la parole et de la chose politique en général.

R. M.

Comment (8)

    Mello
    23 novembre 2017 - 14 h 38 min

    Le niveau Zero ? Surement , et les vingts dernieres annees ont aneanti tout espoir de le relever. Oui ! La dictature , visage cache’ de cette democratie tant martelee par les tenants du pouvoir, cette dictature a mene’ une politique de deculturation , une politique de depolitisation , voir de destabilisation mentale des Algeriens afin de rendre impossible toute pensee’ et toute action logiques. Par contre, cette dictature a donne’ ses chances a l’inculture politique, a la culture du mensonge, de la manipulation et de la violence.
    Qu’a t on fait de ce pays, de cette jeunesse et de notre societe en general ?. Jamais notre pays n’a connu une impasse aussi desesperante , y compris par tous ces partis d’opposition qui ne se limitent qu’a des constats , hormi le FFS qui propose tout de meme , le consensus national avec tous ces Algeriens epris de liberte et de devoirs envers ce pays qui a tant souffert. Souffert de tous ces degats materiels , mais surtout humains , ceux disparus durant la decenie noire et ceux qui continuent d’affronter la rage des vagues et les dents de la mer , pour tenter de s’echapper a cette politique d’aneantissement. Mais il existe , encore, des hommes a meme de repondre pacifiquement a cette meute du pouvoir.




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    Abou Stroff
    23 novembre 2017 - 13 h 45 min

    je confirme que le niveau zéro est atteint. les bureaux de vote sont affreusement vides (contrairement à ce que racontent les media du pouvoir) malgré le fait qu’il semble que la journée d’aujourd’hui soit considérée comme journée chômée et payée.
    moralité de l’histoire: les algériens lambda sont blasés de voir les mêmes gueules depuis des décennies et le font savoir en ne cautionnant pas les mascarades dans lesquelles le pouvoir en place essaie constamment de les plonger.




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      Mello
      23 novembre 2017 - 14 h 47 min

      Ce citoyen lambda, qu’attend t il pour choisir lui meme le candidat qu’il juge apte a repondre favorablement a ses voeux. Le grand probleme, avec l’effet de la deculturation , ce citoyen lambda n’a plus de voeux. That is the problem.




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      abdel
      23 novembre 2017 - 19 h 07 min

      je confirme que le président ,après le départ de mugabéhérite du titre du plus vieux dirigeant au monde,encore un mauvais classement,que les études des organismes érangers,ne manqueront pas de souligner prochainement




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    Anonyme
    23 novembre 2017 - 12 h 08 min

    Le niveau zéro c’était dans les années 80, aujourd’hui c’est pire, on est au niveau -40 (moins quarante). Bonne journée et bon week-end prolongé à tous et à toutes.




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    Anonyme
    23 novembre 2017 - 10 h 21 min

    Du moment qu ils ne veulent pas d alternance pour le pouvoir et qu ils ne font qu a leur tète ;alors pourquoi appeler les algériens a aller voter ? si ce n est qu a cautionner leurs discrédit !




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    Slam
    23 novembre 2017 - 10 h 10 min

    Amuser la populace, dépenser l’argent public dans une mascarade électorale, saupoudrer de quelques déclarations comiques, et la recette est prête. A table !
    Il est plus rentable pour nos trabendistes politiciens d’aller visiter une zaouia avec des caméras que d’organiser un débat contradictoire sur les politiques locales de développement, l’inter-communalité, le développement durable ou la démocratie participative. Dans un système fonctionnarisé où un simple Secretaire General de Daira a plus de pouvoir qu’un Maire, où la liste des gagnants se confectionne à l’abri de la lumière, il faut vraiment être aveugle pour aller voter.




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    Anonyme
    23 novembre 2017 - 9 h 15 min

    C EST LAMENTABLE ! LA QUESTION QUI SE POSE . POURQUOI LES GENS SERIEUX ET INTEGRES NE SE PORTENT PAS CANDIDATS QUE CE SOIT AUX LEGISLATIVES OU AUX APS ? C EST SIMPLE; CES COMPETENCES NE VEULENT PAS S ACCOQUINER ET CAUTIONNER UN POUVOIR D UNE REPUBLIQUE BANNANIERE ! TANT QUE MUGABU 2 ET OYAYA SONT AU POUVOIR LES CERVEAUX FUIRONT L ALGERIE ET C EST DOMMAGE POUR LE PAYS !




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