Machiavel et El-Qods

Erdogan El-Qods
Recep Tayyip Erdogan. D. R.

Par R. Mahmoudi – Chassés du pouvoir dans plusieurs pays, lâchés par les Occidentaux et traqués par l’Arabie Saoudite et la Ligue arabe qui les classent désormais comme des terroristes, les Frères musulmans ont trouvé dans la vague de protestation actuelle contre la décision prise par le président américain de transférer l’ambassade des Etats-Unis à El-Qods une occasion en or pour revenir sur scène.

D’abord en (ré)occupant massivement la rue, partout dans les pays arabes et musulmans, y compris en Algérie, en se mettant au-devant des cortèges et en essayant de mobiliser la société civile et certaines institutions élues au nom de la défense de cette noble cause, l’une des rares à faire encore consensus dans ce monde arabo-musulman en pleine re(dé)composition. Puis, comme dans un partage de rôles bien étudié, le grand parrain machiavélique de la confrérie, Recep Tayyip Erdogan, appelle à un «sommet islamique» sur El-Qods pour ce mercredi à Istanbul.

Même boudé par tous les chefs d’Etat et souverains de la coalition anti-Frères musulmans (Arabie Saoudite, Egypte, Emirats arabes unis…) et par une bonne partie de pays neutres (l’Algérie, qui sera représentée par le président de l’APN, n’a fait jusqu’ici aucun commentaire), cette rencontre a déjà réussi à déplacer, symboliquement et momentanément, le centre de gravité de la contestation anti-israélienne vers la nouvelle capitale des Frères musulmans.

Le souci des organisateurs et de leurs alliés est de maintenir cette récupération de la cause palestinienne le plus longtemps possible. Car, pour le reste, on sait que cette réunion ne débouchera, comme celle de la Ligue arabe il y a une semaine, que sur une déclaration de condamnation qui sera lue à la fin des travaux et distribuée à la presse. Et comme lors de la réunion du Caire, personne n’osera se demander pourquoi le pays organisateur et initiateur de ce sommet continue à entretenir des relations normales avec Israël.

R. M.

Comment (17)

    El Nems el Wahrani
    14 décembre 2017 - 12 h 27 min

    NOSTALGIES OTTOMANES

    Après avoir courtisé obstinément l’Occident et réclamé, je devrai dire quémandé son intégration au sein de l’Union Européenne, la Turquie a été éconduite et rappelée à sa réalité géographique et historique d’Etat asiatique.
    En réalité, le motif de ce rejet, surtout sous l’impulsion de Sarkozy était motivé par la crainte d’inclure au sein de l’Europe, à la matrice judéo-chrétienne deux fois millénaire,génératrice d’une civilisation indéniable, un pays musulman à la forte démographie et au prosélytisme de plus en plus prononcé sous le règne du Sultan auto-proclamé d’Ankara.
    Pays membre de l’Otan et élément clé du dispositif atlantiste pendant la guerre froide, la Turquie insistait lourdement sur ses affinités avec l’Occident et tous les turcs que je connais insistaient sur leur caractère ethnique spécifique et se seraient sentis insultés s’ ils étaient confondus avec des ‘arabes’, ce terme générique englobant pour eux, ces sous-hommes et tous leurs sujets d’antan.

    Paniqué par le double jeu de son allié américain qui s’appuyait sur les Kurdes,et le projet d’implanter un nouvel Israël, le Kurdistan, Erdogan, qui avait soutenu l’insurrection islamiste en Syrie,tourne casaque, se rapproche de la Russie et tente même d’instrumentaliser l’Algérie à travers ses affidés.
    La chanson de la réussite économique,élément de langage utilisé , usité et usé n’est que le dernier avatar du projet islamiste et la posture sur Quods qu’une ruse de plus pour toucher le jack-pot de la rente religieuse.
    L’usage intensif de cette propagande dans les réseaux sociaux conditionne une contagion culturelle par mimétisme et qui fait rechercher aux algériens d’autres tuteurs, ce qui les désignent en cela comme mineurs politiques.
    Les sites islamistes sont devenus des tribunes où s’expriment les visions les plus rétrogrades qui visent l’embrigadement et l’endoctrinement.
    « Faisons sauter les menottes de l’esprit » recommandait Edward Said.
    Qu’i soit entendu.




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      moms
      14 décembre 2017 - 16 h 35 min

      salam! avec ces aboiements contre israel et ces condamnations multiple; Erdogan essaie en réalite de cacher son implication dans le conflit syrien vis avis du monde musulman mais surtout vis avis d un éventuel retour de la syrie sur le plan economique et militaire dans quelques anees !!




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    djamel
    13 décembre 2017 - 14 h 16 min

    -QODS – L’Organisation de la Conférence islamique (OCI) a ouvert ce mercredi un sommet extraordinaire à Istanbul avec la participation de 48 États, dont 16 dirigeants de pays membres, afin d’examiner les répercussions suite à la décision américaine de reconnaître Al-Qods comme capitale d’Israël et d’élaborer une position islamique unifiée. La délégation marocaine est conduite par Mounia Boucetta, la secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale.
    « Cette décision ne menace pas seulement l’identité arabo-islamique d’Al-Qods, mais aussi son identité chrétienne », a affirmé l’OCI, soulignant au passage le lien des musulmans avec la mosquée d’Al-Aqsa et la place centrale qu’occupe la ville sainte au sein de la communauté musulmane.
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dans un discours, a appelé les États-Unis à revenir sur leur décision de reconnaître Al-Qods comme capitale d’Israël et d’y transférer leur ambassade.
    « Ce n’est pas avec un fait-accompli que les choses vont changer. Vous pouvez prendre une telle décision (…) mais les 196 pays membres actuels de l’ONU vont prendre position contre votre décision », a-t-il adressé au président américain Donald Trump.
    Au lieu de ceux qui veulent la paix, les USA se sont positionnés du côté de ceux qui rendent la paix impossible. En cette période de lutte intense contre le terrorisme, c’est apporter de l’eau au moulin des fanatiques », a ajouté le chef de l’Etat turc et président en exercice de l’organisation de la Coopération islamique (OCI).
    « En tant que pays islamiques, nous n’abandonnerons jamais l’idée d’une Palestine souveraine et indépendante avec Jérusalem pour capitale », a-t-il relevé, invitant tous « les pays responsables qui respectent le droit international à reconnaître la ville de Jérusalem comme capitale de la Palestine sous occupation », et à mobiliser leurs moyens pour la ville sainte, qui constitue une « ligne rouge ».
    « Les pays qui n’ont pas encore reconnu l’État palestinien doivent, désormais, faire ce pas pour assurer un équilibre juste dans la région », pressant les États et les Nations unies à rejeter la décision américaine qui viole les droits et résolutions internationales.
    Le président palestinien Mahmoud Abbas a indiqué, pour sa part, que ce genre de « décisions unilatérales, qui sont « contraires au droit international et qui défient les sentiments des musulmans et des chrétiens », encouragent « les extrémistes et les non-extrémistes à transformer le conflit politique en conflit religieux ».
    Washington a « perdu toute qualité de médiateur dans le processus de paix », a-t-il déclaré, ajoutant que « nous n’accepterons pas que l’Administration américaine ait un quelconque rôle dans le processus politique dès à présent ».
    Israël cherche à « déplacer notre population d’Al-Qods à travers une série de mesures colonisatrices, en leur interdisant de bâtir, en retirant leurs pièces d’identités et en leur imposant des taxes exorbitantes », a poursuivi le président de l’Autorité palestinienne, appelant à faire reconnaître la Palestine comme « État sous occupation ».
    Ces mesures unilatérales de l’Administration américaine sont « nulles et non avenues » et ont constitué un choc au moment où « nous étions engagés avec elle dans le processus politique pour parvenir à une paix juste ».
    « Nous avons convenu officiellement avec Washington de ne pas adhérer à certaines organisations internationales à condition qu’elle ne transfère pas son ambassade, ne touche pas à notre Bureau à Washington, ne suspend pas les aides, arrête la colonisation », mais « les Américains ont violé cet accord et nous ferons de même pour notre précédent engagement », a averti Abbas.




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    Soltane
    13 décembre 2017 - 13 h 58 min

    Beaucoup pour ne pas dire tous… les peuples arabes rêvent d’avoir un Chef comme Erdogan !Les Algériens en premiers rêvent de voir l’Algérie comme la Turquie! Même Said Saadi en a rêvé un temps !un pays ou la démocratie veut bien dire quelque chose! un Gouvernement ferme et qui ne tolère aucune traitrise! et qui veille aux intérêts supérieurs de son pays! un pays développé!
    sans pétrole et sans gaz, la Turquie a un PIB 20 fois supérieur a celui de l Algérie et fait des entrées en devises qui dépassent les 500 milliards de dollars/an. qui dit mieux?




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      Argentroi
      13 décembre 2017 - 20 h 54 min

      Voilà, les chiffres sont têtus:
      Turquie : PIB : 769 milliards $. PIB PPA 1400 milliards $ PIB nominal par habitant 9126 $ PIB PPA par habitant 24 000 $ Dette extérieure‎: ‎396,8 milliards $ Dette publique‎: ‎34,5 % du PIB (est. 2012)

      Algérie : PIB 167 milliards $ PIB PPA 520 milliards $ PIB nominal par habitant 4500 $
      PIB PPA par habitant 15 000 $ Dette extérieure 5,2 milliards $ Dette publique‎ ‎9,9 % du PIB (est. 2015).
      Allez à vos calculatrices et n’oubliez pas de soustraire la dette extérieure et de multiplier les PIB par 50 ! Tiens, j’ai oublié de dire que la Turquie a enregistrera une hausse de 34 milliards de dollars (+5%) de son produit intérieur brut entre 2016 à ce jour et ce qui ne fait pas 500 milliards $ de rentrées de devises. Pourrait-on savoir quels sont les principaux créanciers de la Turquie car 398,2 milliards $ de dette, ce n’est pas rien !




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        Zoro
        13 décembre 2017 - 22 h 11 min

        @ Argentroi Dans la logique ou les pays les plus endettes (USA) sont les plus prosperes la turquie est sur la bonne voie.
        SIGNE ZORO. ..Z….




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          Argentroi
          14 décembre 2017 - 9 h 05 min

          Je répondais par des chiffres à Soltane qui voulait nous présenter Erdogan et la Turquie comme étant la quintessence des hommes d’état et des pays en donnant des chiffres invraisemblables ; de la propagande pour le rétablissement du Califat ottoman. Le montant de la dette des USA va dépasser avec Trump le seuil psychologique de 20 000 milliards de dollars soit plus de 100% du PIB, mais cela ne signifie pas que les USA ne sont pas solvables. Ce sont les agences de notation financière qui mesurent la solvabilité d’un pays selon plusieurs critères. Et donc, pour l’agence Standard & Poor’s , les USA sont crédités d’un AA note de haute qualité et la Turquie créditée d’un BB de grade spéculatif en dessous de BBB- de qualité moyenne inférieure. En tout cas, je ne suis pas prêt d’oublier le rôle néfaste d’Erdogan dans la destruction de la Syrie et son alliance avec le terrorisme et les enturbannés du Golfe.




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        ZORO
        15 décembre 2017 - 10 h 25 min

        N oublié pas que HAFED EL ASSAD n a pas fait que du bien en transformant une république en monnrchie.




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          Argentroi
          15 décembre 2017 - 11 h 49 min

          On parle de la Syrie pas de Hafed el Assad ni de Bachar el Assad. C’est le peuple syrien qui a subi tout le mal et Erdogan en est aussi responsable. Qu’a t-il gagné par son aventurisme en Syrie? Moi, si j’étais islamiste, je lui ferais mille critiques acerbes dont la plus importante est qu’il a affaibli fortement la stratégie des frères musulmans qui eux sont aussi comptables devant leurs supporters en s’alliant aux puissances de l’argent c’est à dire Qatar et en tissant une alliance avec Al-Qaïda. Les erreurs, ça se paye!




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    HANNIBAL
    13 décembre 2017 - 12 h 58 min

    Un sommet pour détourner l’attention 3 états musulmans ont des relations avec le $ionistan il ne sert a rien de se voiler la face les bensahyouds en sont les instigateurs pour l’officialisation avec nethamyaou il ne sert a rien de miauler dans
    le vide cette réunion de manchots est le fond de commerce de merdogane l’imprévisible ,quand aux autres Emirs absents dont notre voisin qui a hérité du titre de président du comité d’El Quds en meme temps qu’amir el mouminine
    et s’est auréolé du titre d’émirs des croyants il manque le titre d’amir el maztolènes qu’il ne s’est pas gratifié dans la foulé de cette réunion sa majesté mulatre VI aurait pu déléguer son conseiller personnel Azoulay par politesse pour montrer sa sympathie envers les Palestiniens au lieu d’etre a la traine des fourbes enturbannés et que par l’action de Trump le comité a signé son certificat de décés puisqu’il était en mort clinique depuis sa naissance et les musulmans leur reste les yeux pour pleurer après la messe du derviche .




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    Mohamedz
    13 décembre 2017 - 11 h 04 min

    Ce qui est bizarre dans tout cela c’est l’absence confirmée de M6 en tant que soi-disant « Président » du « Comité El Qods ».
    À moins que Trump ait dissous discrètement cette coquille vide et/ou peut être que le mongolien veut éviter d’attirer une autre fois la foudre de Trump!!!




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    Lamri
    13 décembre 2017 - 10 h 53 min

    Les plus grands Machiavel sont les Al Saoud. On peut aimer ou pas Erdogan mais il faut reconnaître que c’est pratiquement le seul chef d’état d’un pays islamique qui dénonce et menace au lieu de faire le dos rond.




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    BabElOuedAchouhadas
    13 décembre 2017 - 10 h 36 min

    La seule fois où j’étais d’accord avec la politique de l’UE c’est quand Bruxelles a refuser l’adhésion de la Turquie à l’UE et ainsi éviter de permettre au loup de pénétrer dans la paisible bergerie.




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    RasElHanout
    13 décembre 2017 - 10 h 33 min

    Erdogan veut nous faire croire qu’il n’est pas un agent du Mossad !!!




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    BabElOuedAchouhadas
    13 décembre 2017 - 10 h 30 min

    Ce terroriste a la cravate qu’est Erdogan devrait être au TPI pour avoir détruit la Syrie et massacré son peuple.




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    Anonyme
    13 décembre 2017 - 7 h 39 min

    Au moins lui il a le courage d’exprimer sans craintes ses critiques. Ce qui n,’est pas le cas des dirigeants arabes qui se murent dans un silence lâche.




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      Argentroi
      13 décembre 2017 - 9 h 16 min

      Anonyme. Ah, il a bien été sans crainte quand il a soutenu les terroristes contre la Syrie le pays le plus solidaire avec les palestiniens. C’est quoi cette hypocrisie, soutenir les palestiniens et détruire l’un de leurs grands soutiens stratégiques qui est la Syrie? Qu’on nous explique cela car on n’est pas prêt à oublier cette duplicité !




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