Choquant !

tribunal Bir Mourad Raïs ministres
Tahar Hadjar, ministre de l'Enseignement supérieur. Où va l'université algérienne ? New Press

Par Kamel Moulfi – L’information donnée par le quotidien Ennahar à propos du jugement émis par le tribunal administratif de Bir Mourad Raïs annulant les délibérations concernant le diplôme de postgraduation obtenu par deux ministres et un magistrat a de quoi choquer.

Les enseignants et chercheurs qui ne cessent de se plaindre de l’état de déliquescence dans lequel se trouve l’institution universitaire ne sont pas surpris d’apprendre que certains «étudiants» bénéficient d’un statut spécial qui leur permet de réussir sans coup férir là où d’autres étudiants échouent en dépit d’efforts méritoires. Ce qui, par contre, a été certainement pour eux un motif d’étonnement, rassurant celui-là, c’est que force soit restée à la loi.

Ce cas montre qu’on est loin de l’exigence d’exemplarité que devraient s’imposer les ministres et les hautes personnalités. Ce n’est un secret pour personne que beaucoup de responsables se placent au-dessus de la loi quand elle les dérange. Ils ne respectent pas les procédures administratives, stationnent leurs véhicules où bon leur semble sans craindre le sabot qui les immobilise, pratiquent les passe-droits… En fait, ils savent qu’ils sont incontrôlables et se sentent donc impunis. Certes, il y a des exceptions où se trouve respecté le principe selon lequel les responsables doivent d’abord penser à l’intérêt général et donner l’exemple en tout.

Mais l’image de déliquescence de l’Etat que donnent certaines institutions, dont l’université, laisse penser que les mauvaises habitudes l’ont remporté sur les bonnes pratiques. Pourquoi ? Il semble bien que toute la dérive a commencé par la tendance chez certains responsables à «couvrir» les fautes de leurs protégés, fautes qu’eux-mêmes provoquent d’ailleurs par des injonctions illégales visant à obtenir des avantages indus. Cette pratique généralisée partout a créé un sentiment d’impunité qui, par réaction en chaîne, produit un impact totalement démotivant, et donc dévastateur, dans le personnel.

Il y a une solution, elle allie la transparence au contrôle indépendant et la sanction, sans ingérence de nulle part.

K. M.

 

Comment (10)

    Anonyme
    16 décembre 2017 - 10 h 08 min

    IL faut faire repasser les examens a tous les cadres de l état et le peuple algérien sera surpris des resultats de nos dirigeants qui sont passes par les cours du soir et les capacitaires de l articles 120 du FLN ou les profs monnayaient les notes par un logement, une lada russe ou une promotion dans les années 80 !
    l université d aujourd’hui est la conséquence des agissements des adhérents du FLN en ce temps ! ould abbes est un spécimen du genre ! pire lui il a étudié avec angela merkel et ça veut tout dire !




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    Anonyme
    15 décembre 2017 - 13 h 05 min

    Choquant ? Comment alors ce pouvoir a t il pu tenir plus de cinquante ans ? La cooptation, ou la désignation, sont souvent les deux critères qui déterminent la nomination d’un recteur de l’ Université. Cette cooptation est fortement liée à une appartenance régionale ou politique, des critères qui regroupent un certain groupe d’individus dont les intérêts restent communs. Cette forme de désignation reste valable pour d’autres postes de responsabilités comme c’est le cas pour les ministres. Il est, de fait, que le critère compétence est mis « au placard » , par conséquent tout ce personnel ira falsifier tous les diplômes, avec l’aide de tous ces recteurs, afin d’enrichir le CV. Alors dire que c’est choquant, oui dans un monde de droit et d’égalité, mais malheureusement l’Algérie est loin de cette situation.




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    awrassi
    15 décembre 2017 - 10 h 22 min

    Moi je vois l’université algérienne comme une pépinière, un vivier, où viendront se servir les pays étrangers. Nous éduquons nos enfants pour qu’ils aillent travailler ailleurs. Le tissu industriel de notre pays n’a rien à offrir aux diplômés de plusieurs branches. Nous devrions revoir notre système éducatif en fonction des emplois … L’Algérie a un besoin énorme en artisans : électriciens, peintres, plâtriers, plombiers, menuisiers, ébénistes, etc. A ma connaissance, le meilleur système de formation serait le système « collèges communautaires ». Nous avons suivi les CFA français, mais les Français sont loin derrière les Anglo-Saxons en la matière …




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    yabdas
    15 décembre 2017 - 8 h 32 min

    cela a commence des les premiers de l’independance mais personne n’a songe a y mettre fin,au contraire.pourquoi ne pas donner les noms des universitaires qui les ont admis et les condamner en premier.ou est la transparence…..




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    zaatar
    14 décembre 2017 - 15 h 12 min

    Quoi de choquant? mais c’est ce qui est cultivé chez nous. L’abrutissement à ciel ouvert. La mascarade par excellence. Vous ne vous rappelez pas les thèses plagiées de nos docteurs? Vous ne vous rappelez pas des communications publiées après paiements par leurs auteurs pour que ces derniers puissent accéder à des postes supérieurs? Les faux diplômés sont monnaies courantes chez nous. d’ailleurs, il m’est arrivé de m’interroger lors d’une conversation avec un haut cadre de la nation à propos du langage qu’il sort et de sa façon de parler… on le prendrait facilement pour le vendeur de cacahuètes ou le poissonnier du coin (je n’ai rien contre ces derniers bien sur). Enfin on connait le classement de nos universités et donc pourquoi dès lors s’étonner ou être choqué?




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    MELLO
    14 décembre 2017 - 13 h 46 min

    Hélas, en Algérie, on est habitué à cette dépravation de la pratique politique. Après avoir annihilé toute chance d’alternance au pouvoir, les minis crises à l’intérieur du système donnent lieu à des luttes d’une violence parfois inouïe, qui laissent ouvrir toute tentative de non-supplantation au poste gouvernemental. Cela étant dit, si la société était organisée, de telles histoires n’auraient pas eu lieu. C’est la faiblesse du peuple, à tous les niveaux, qui fait la force de ceux qui nous gouvernent. Devant cette situation, que peuvent nous dire les moralistes et les analystes à deux balles qui nous parlaient, en Mai dernier, d’un choix fondé sur des convictions de la part de presque 70% des électeurs? Force est de constater, malheureusement, que le sommeil dans lequel est plongé le peuple algérien ne véhicule aucun message politique.
    « Les colonies ne cessent pas d’être des colonies parce qu’elles sont indépendantes », Benjamin Disraeli, ancien premier ministre britannique au XIXe siècle.




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    Anonyme
    14 décembre 2017 - 13 h 05 min

    Malheureusement cela ne date pas d aujourd hui,j etais à la faculté de droit et de sciences economiques dans les années 1970,et on voyait des hauts fonctionnaires diplômés en même temps que nous alors qu il n assistaient jamais aux cours et et TP mais comme c étaient soi disant d anciens moudjahidines, ils avaient tous les droits d Où les conséquences du niveau de développement de l Algerie actuelle….




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      Ouelechaab
      14 décembre 2017 - 13 h 59 min

      Ces comportements illégaux et avilissant de notre système universitaire ne datent effectivement pas d’aujourd’hui.
      A l’Université d’Annaba, on a eu des Recteurs qui n’ont enseigner que quelques mois durant toute leur carrière universitaire, d’autres qui ont occuper le poste pour récompenser leurs partis politiques, la plupart n’ayant peu ou pas du tout de C.V. académique.
      On a également à ce jour des Doyens demi-analphabètes de 70 ans d’âge, des Vice-Doyens dont le passé pédagogique contenant des sanctions disciplinaires durant leurs études de graduation ne leur permettait pas, normalement, d’être nommer à ces postes, etc.
      Mais la question n’est pas de remuer le passé et de se suffire de lamentation stérile sur cette crise systémique de l’université en Algérie.
      La question stricte et directe est : pourquoi le gouvernement ne commence pas aujourd’hui même de redresser les choses en : Sanctionnant ces personnalités qui ont trafiqué; en sanctionner les responsables directement responsables de la survenue de ce trafic: c’est à dire hiérarchiquement : le chef de département, le Vice-Doyen de la pédagogie, le Doyen, le Vice-Recteur de la Pédagogie, le Recteur et le Ministre.
      Question subsidiaire: En l’absence de sanctions officielles immédiates, comment ces responsables, et surtout le Ministre, continuent-ils à vaquer le plus normalement du monde à leurs tâches ? Comment continuent ils à gérer, recevoir des gens, décider, donner des directives, des avis…???




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    Abou Stroff
    14 décembre 2017 - 11 h 57 min

    « Choquant ! » titre K. M..
    moua, je ne vois rien de choquant dans ce genre de pratiques qui ne datent pas d’hier.
    en effet, il ne faut jamais oublier que l’université est une partie intégrante de la société algérienne et qu’à ce titre elle (l’université) ne peut qu’exhiber les tares (la culture rentière et le mépris total pour le travail en tant qu’activité et valeur) qui caractérisent le mieux cette société.
    quant aux faux diplômés dont on parle, ce ne sont guère des cas isolés mais ils (les faux diplômés) ne sont que la « partie émergée de l’iceberg ». en effet, en terme de quantité, l’université algérienne a produit plus de douktours que le nombre d’habitants de l’entité sioniste et pourtant nos universités ne sont quasiment pas classées au niveau mondial (je n’oserai point parler des « laboratoires de recherche » qui n’ont de labo que le nom).
    moralité de l’histoire: une société qui ne se reproduit pas grâce au travail mais se renouvelle grâce à la distribution de la rente n’a nullement besoin d’un système éducatif performant en général et d’une université au top niveau en particulier.
    en effet, le travail et la compétence qui en dérivent nécessairement ne sont guère des critères pertinents; bien au contraire plus on est abruti et plus on grimpe dans le hiérarchie sociale. car l’abruti ne remettra jamais en cause le pouvoir de l’abruti qui l’a nommé.
    PS: il suffit d’enquêter sur ceux qui occupent des postes de responsabilité, du ministre à l’agent de sécurité en passant par les recteurs, les doyens, les chefs de département, etc. pour découvrir que les seuls critères dont il est tenu compte pour les « nominations » sont l’appartenance à un réseau d’une part et l’aplaventrisme (typique de l’idiot utile) confirmé face au supérieur hiérarchique d’autre part.




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    Chaoui
    14 décembre 2017 - 10 h 30 min

    Pitoyable et lamentable sont les deux adjectifs caractérisant ces tricheries.
    Suite à cette décision de justice, les tricheurs doivent être ipso facto démis de TOUTE fonction.
    Et ce n’est pas tout ! Une Commission d’enquête indépendante devrait être initiée sur le champ dans le domaine universitaire avec pour mission de contrôler les dossiers de TOUS les candidats au minimum de ces 10 dernières années…




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