Il ne s’assume pas

Ouyahia grèves
Ouyahia s'est exprimé à Biskra en tant que secrétaire général du RND. New Press

Par R. Mahmoudi – Après un long silence, Ahmed Ouyahia a enfin parlé. Il s’est exprimé sur à peu près tous les sujets qui préoccupent les Algériens, l’augmentation des prix, les grèves dans l’éducation et le secteur de la santé, les subventions… Mais il a parlé, et tout le problème est là, en tant que secrétaire général de son parti, le RND, et non en tant que Premier ministre. C’est-à-dire que tout ce qu’il a dit ne peut engager son gouvernement, et il ne faut pas attendre de lui des positions tranchées, ni des décisions.

Car c’est ce que tout le monde attendait : des mesures pour sortir le pays de cette grave impasse sociale et non pas une dissertation politique. Or, Ouyahia a préféré parler en responsable politique pour exprimer son soutien à des ministres «harcelés» par des syndicats «irresponsables» et à un gouvernement dont il est pourtant le chef.

La question qu’on ne peut s’empêcher de poser est de savoir pourquoi Ahmed Ouyahia ne veut pas – ne peut pas ? – se prononcer sur les mêmes sujets en sa qualité de Premier ministre. N’a-t-il plus les coudées franches pour agir sur les événements ? N’a-t-il rien de plus à proposer que les deux ou trois ministres directement concernés ? A-t-il peur de retomber dans le même piège que celui des manifestations de décembre dernier sur tamazight et de se voir ainsi déjugé par le chef de l’Etat dont tout le monde, jusqu’aux syndicats frondeurs, sollicite l’arbitrage pour mettre fin à une instabilité qui perdure ?

Quoi qu’il en soit, sa sortie est sans aucun impact sur le cours des événements, puisqu’elle n’est suivie d’aucun effet contraignant et n’esquisse aucune solution, dès lors que lui-même ne se voit pas et ne s’assume pas comme une force de médiation pour en avoir.

R. M.

Comment (14)

    Anonyme
    19 février 2018 - 0 h 32 min

    Premier Ministre est un poste de façade dans notre pays,étant donné que le PM est juste tenu d’exécuter une feuille de route. Alors, pourquoi ne pas s’en passer,et laisser chaque ministre gérer son département?
    C’est au moins plus crédible.




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    Djeha DZ
    18 février 2018 - 21 h 05 min

    A défaut d’intelligence et de proposition positives Ouyahia brandit le bâton et affiche son habituel mépris pour toutes formes d’oppositions hors ‘’système’’.
    Il n’y-a rien à attendre d’un politicard dont l’unique préoccupation et le carriérisme.
    L’Algérie est hélas entre les mains de maquignons sans scrupules, depuis quand ces gens là assument quoi que ce soit ? pour s’assumer il faut être honnête digne et responsable.




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      anonyme
      23 février 2018 - 17 h 17 min

      depuis qu’ il a goute au miel il est fini politiquement
      le pouvoir corrompt
      il a corrompu tout le monde notamment les carrieristes




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    Linguistique
    18 février 2018 - 20 h 43 min

    « il ne s’assume pas » constate l’article. Ce qui sous-entend qu’on a affaire à un spécialiste de la valse-hesitation. Mais que ne l’a t’on pas compris plutôt? Depuis plus de 20 ans précisément. Alors rendons nous a l’évidence,: on a affaire n grand stratège en politique, insubmersible. Symétriquement nous avons dans un passé récent eu un autre phénomènes la politique syndicale ou du syndicalisme politique devenu incontournable donc indeboulonnable e, forcément fossilisé dans la texture du pouvoir. I k ne réussit cette performance que grâce à sa déclaration devant un tribunal qui jugeait la plus grande banqueroute de ce début de siècle, à laquelle il contribua , il reconnut ses fautes et déclara à la cour médusée: J’ASSUME.. Pus. Il quitta imperturbable le tribunal our s’en aller tranquillement participer une tripartite




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    GHEDIA Aziz
    18 février 2018 - 18 h 24 min

    Il est (beaucoup) moins risqué de parler en tant que chef de parti qu’en tant que chef de gouvernement. L’affaire Tebboune est encore récente pour ne pas en tenir compte. Un chef de gouvernement dans un système présidentiel tel que le notre n’a pas les coudées franches de mener à bien sa politique, ni le droit d’exprimer en toute liberté son opinion personnelle sur les questions de l’heure. Il risque à tout moment d’être désavoué par son supérieur hiérarchique, le président de la République (ou l’entourage immédiat de celui-ci), et par conséquent d’être éconduit.  » Un homme averti en vaut deux » semble donc être la devise du premier Ministre




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    Anonyme
    18 février 2018 - 17 h 08 min

    Mr Abou Stroff. Puisque vous paraissez bien savoir ce qui se passe en Algérie, pourquoi ne faites vous, en meme temps de constater l incompétence et l´incurie de nos dirigeants, des propositions pour sortir l `Algerie de cette crise; des noms d hommes d´état et de visionnaires dans notre paysage politique actuel? Cordialement.




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    Chaoui
    18 février 2018 - 16 h 49 min

    Inquiétudes des marocains de devoir prochainement quitter « leurs provinces du Sud », j’ai nommé le Sahara Occidental :




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    Abou Stroff
    18 février 2018 - 15 h 23 min

    « Il ne s’assume pas » assène R. N., parlant de ouyahia.
    moua, je pense qu’il s’assume pleinement car, il a toujours avancé que sa tâche, en tant que premier des ministres, se résumait en la réalisation du programme de son président (programme qui semble se résumer en une série décousue de dépenses quasi-improductives).
    et, il me semble que ouyahia assume pleinement son rôle puisque lui et son gouvernement ne proposent rien aux algériens lambda en termes de perspectives à moyen et à long terme (d’où cette ambiance bizarroïde et insolite où dominent en se entremêlant un nihilisme prononcé et une religiosité de plus en plus prégnante).
    moralité de l’histoire: ouyahia, comme son mentor du moment, n’a jamais été un homme d’Etat. car, il a mené sa carrière de telle sorte à être toujours aussi prêt que possible de la mangeoire, sans plus. par conséquent,ouyahia, comme son mentor du moment, sera oublié dès qu’il quittera la scène où son beni-oui-ouisme légendaire l’a arrimé.
    PS: je l’ai souvent répété: pour réintégrer le cours de l’histoire qui se fait sans elle, l’Algérie a besoin d’être dirigée par des Hommes d’Etat et des Visionnaires de la trempe de Bourguiba, Mandela ou d’Atta Turk. or, la scène politique algérienne n’exhibe que des individus assoiffés de pouvoir qui ne voient pas plus loin que leurs intérêts mesquins. conclusion: il me semble que notre clavaire n’est pas prêt de s’arrêter.




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    Felfel Har
    18 février 2018 - 14 h 56 min

    Quand allons-nous comprendre qu’un PM chez nous n’est qu’un secrétaire particulier de celui qui l’a nommé? Il n’est pas autorisé à prendre une quelconque initiative personnelle, il le répète lui-même à l’envi: « Je suis chargé de mettre en application le programme du président »; il faut comprendre ce n’est pas le mien, comme pour se chercher une couverture quand ça tourne au vinaigre. Je ne veux nullement le disculper, sa faute est pleine et entière dès lors qu’il a accepté (ce n’est pas la première fois) ce rôle ingrat. Il peut tout juste se prévaloir du titre ronflant de chef d’orchestre chargé de faire exécuter une partition musicale (écrite ailleurs) à des ministres qui n’ont jamais appris le solfège. Résultat? Cacophonie en ut majeur!




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    Anonyme
    18 février 2018 - 12 h 53 min

    Y A AUSSI QUI PROFITENT D EXCÉDENT DE LIBERTÉ FAUTE DE SAVOIR LA LIMITE




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      Anonyme
      18 février 2018 - 16 h 28 min

      Depuis 20 qu il est dans le pouvoir avec ouyahia errif fechbek ; il est la par la force …. ni plus ni moin ! l Algérie recule dans tous les domaines mèmes nos médecins prennent el botti avec tous ses danger ! quand vous entendait ould abbes dire qu ils sont la pour 100 ans et naima salhi tuer ses enfants et saadani prendre ses cliques et claques pour Neuilly sur seine ; il n y a pas de quoi se réjouir ou pavoiser pour ouyahia !




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    lhadi
    18 février 2018 - 11 h 26 min

    Le premier… des ministres actuel n’est pas au service de l’Algérie Il est au service du Cesarisme présidentiel qui considère l’Algérie adamantine comme son latifundium.

    Sans prérogatives que la constitution lu octroie, il va se garder d’agir pour éviter les erreurs et, du coup, s’interdit les idées pour échapper aux disputes.

    Un exécutif qui veut juste défendre sa position et non conquérir le pays n’avance plus et ne crée plus.

    C’est donc des années perdues qui s’avancent.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])




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    LE NUMIDE
    18 février 2018 - 9 h 31 min

    ni Ouyahia ni un autre ne peut rien contre la crise financière et la situation économique endémique de l’Algérie et qui relève plus d’un retard historique et d’un probleme de civilisation que des fanfaronnades politiques des uns et des autres .. Si la rente des hydrocarbures venait à disparaître, les algériens retomberont dans la misère pire que celle d’avant 1962 et 1830 . seulement actuellement l’Algérie a quelques avantages par rapport à celle de 1830 ; elle a un état centralisé , un gouvernement souverain, une police et gendarmerie, une armée nationale, une société qui fonctionne tant bien que mal dans la paix civile et des attributs symboliques et réels d’une nation. C’est déjà beacoup !!!! Des pays comme la Lybie , la Syrie , l’Irak , le Soudan ,Le Yemen , la Somalie , le Liban , la Palestine etc. ne les ont même pas. IL FAUT LES PRESERVER et éviter la guerre civile wahabite, c’est déjà pas rien.
    Pour la résolution du problème économique endémique cela dépend plus de la volonté des élites leur créativité et du peuple et sa discipline que n’importe quelle politique de Ouyahia ou un autre… il faut un déclic civilisationnel comme la Renaissance européenne, ou comme celui de Meiji au Japon , ou alors un Deng Xiaoping Chinois qui remet le peuple au travail ou on ne sait quel miracle. mais inévitablement ca doit commencer à la base par la prise de conscience de la valeur de la PROPRETE (des lieux et des gens) au sens propre et au sens figuré!!




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      anonyme
      23 février 2018 - 17 h 34 min

      il n y a pas de crise financiere ;il y a simplement une reduction des ressources des hydrocarbures
      un baril à 60 dollars est une bonne base pour developper le pays si on le veut
      il y aura moins de depenses de prestige et de predation à dissimuler ,il faut en convenir mais sans plus
      le budget a été concu sur la base d’un baril à 50 dollars ;le deficit prévu ne devrait pas etre atteint
      en plus 97 milliards de dollars de reserve et des tonnes d’or sont disponibles
      que veut le peuple ?
      cessons d’exploiter ce « registre de commerce » qu’est la CRISE FINANCIERE
      il faut juste des hommes et des femmes capables de gerer la rareté et non plus comme c’est le cas jusqu’à maintenant l’opulence !




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