Sous-traitance automobile : des professionnels nationaux et étrangers optimistes pour l’avenir

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Salon Equip Auto Algeria. D. R.

Plusieurs professionnels du secteur de l’après-vente automobile ont exprimé, lundi à Alger, leur optimisme quant à la possibilité de développer un «fort réseau» de sous-traitance automobile en Algérie, permettant d’accompagner les efforts de l’Etat pour l’instauration d’une industrie mécanique locale homogène et complémentaire. Intervenant lors d’une conférence-débat sur le développement du secteur automobile en Algérie et son tissu industriel local, organisée en marge de l’ouverture de la 12e édition du Salon Equip Auto Algeria 2018, ces professionnels ont appelé, cependant, «au maintien des importations de la pièce de rechange, tout en s’engageant dans une politique de développement d’une industrie locale en la matière».

«Nous sommes très optimistes quant aux capacités de notre pays de développer un fort réseau de sous-traitance automobile, mais il nous faudra une période transitoire, car ce genre de projets nécessitent de l’argent, de la technologie et de la formation», a estimé Faycal Daoudi, directeur général d’une société spécialisée dans la commercialisation de la pièce de rechange et équipements mécaniques. «La restriction sur les importations pénalisera un parc de 6 à 7 millions de voitures», a-t-il indiqué, ajoutant que «la maintenance de ce parc par des produits importés doit se faire en parallèle avec le lancement d’une industrie locale qui se substituera progressivement aux produits importés».

Un avis partagé par plusieurs professionnels présents à cette conférence qui ont estimé que «l’urgence» est de faire face à l’importation des produits contrefaits. D’ailleurs, lors de ce Salon, et suite à une plainte du constructeur Renault Algérie, les services des Douanes algériennes sont intervenus auprès de plusieurs exposants, notamment chinois, afin d’ôter des affiches portant la marque française sur leurs stands, mais également la saisie de produits non certifiés par Renault, a constaté l’APS sur place. Renault Algérie a procédé à la vérification de l’authenticité et l’originalité des pièces de rechange commercialisées sous son emblème auprès de plusieurs exposants étrangers et même algériens, a précisé à l’APS la responsable de la communication du Salon Equip Auto Algeria 2018, Halima Bourouis, précisant que le constructeur à fait valoir son droit de ne permettre qu’à ses produits homologués d’être exposés et commercialisés.

Par ailleurs, d’autres importateurs algériens ont révélé que plusieurs projets sont en cours de réalisation au niveau local en partenariat avec des fournisseurs étrangers, à l’image d’une usine de batteries de véhicules dans la wilaya de Bouira. «Nous construisons actuellement une usine de batteries à Bouira en partenariat avec notre fournisseur coréen. Son taux de réalisation a atteint les 20% et elle devrait être opérationnelle avant la fin de l’année en cours», a indiqué Karim Nemri, responsable commercial d’une société algérienne spécialisée dans l’importation et la commercialisation des batteries.

Des fournisseurs étrangers rencontrés au Salon ont également émis le souhait de développer des partenariats mixtes avec des opérateurs algériens pour la construction d’usines de fabrication d’équipements et de pièces de rechange pour véhicules. «Le marché algérien est très attrayant, et si nous sommes ici, c’est pour pouvoir décrocher plus de parts dans ce marché dans lequel nous évoluons depuis des années. Notre objectif n’est pas seulement de commercialiser nos produits, mais, on est également à la recherche de partenaires algériens pour étudier la possibilité de construire une usine pour la fabrication de certains de nos produits», a indiqué Orhan Erdim, responsable des exportations d’une multinationale turque spécialisée dans la fabrication et l’exportation des pièces mécaniques pour les véhicules touristiques.

Un avis que partage Yimai Zhang, responsable d’une société chinoise, souhaitant s’installer en Algérie, précisant que «des négociations sont déjà entamées avec des opérateurs algériens pour la création d’une usine mixte en Algérie».

En outre, des exposants algériens ont fait part des difficultés rencontrées sur le terrain pour la concrétisation de projets industriels ou même l’importation de produits destinés au développement de l’industrie locale, notamment «la lenteur et la complexité des procédures administratives et bancaires». Pour un importateur de pneus, représentant d’une marque mondiale, «l’exigence de domicilier une opération d’importation et attendre un mois sa validation, alors que l’argent a déjà été versé à la banque, pénalise les fournisseurs de renommée et leur fait perdre des parts de marché face aux concurrents, ce qui les dissuade de venir investir, au moment où on a plutôt besoin de les encourager à venir».

La 12e édition du Salon international de l’après-vente automobile et des services pour la mobilité (Equip Auto Algeria) a ouvert ses portes lundi au Palais des expositions à Alger avec la participation de près de 280 exposants nationaux et internationaux. Quelque 190 exposants internationaux issus d’une vingtaine de pays prennent part à ce Salon spécialisé, selon Nabil Bey-Boumezrag, directeur du Salon, précisant qu’un bon nombre d’entre eux ont émis le souhait de trouver des partenaires algériens et d’y investir dans un cadre de partenariats mixtes.

Des fournisseurs de Chine, de Pologne ou du Portugal ont eu une participation officielle à cette manifestation professionnelle, alors que les autres participants viennent principalement d’Allemagne, de Belgique, de Bulgarie, de Corée du Sud, des Emirats arabes unis, de France, d’Inde, du Royaume-Uni, de Serbie et de Tunisie. S`étalant jusqu’au 1er mars prochain, le Salon enregistre, par ailleurs, une participation «record» de sous-traitants algériens, avec près de 15% du nombre total des exposants algériens, selon les organisateurs. Plus de 10 000 visiteurs professionnels sont attendus au Salon qui regroupe des équipementiers, fournisseurs et marques leaders de l’équipement automobile dans le monde, ainsi que les principaux importateurs et fabricants algériens de pièces de rechange et de matériels de garage. En parallèle de l’exposition, des conférences et des débats sur l’évolution de la filière automobile en Algérie seront également organisés.

R. E.

Commentaires

    Anonyme
    27 février 2018 - 15 h 40 min

    Le problème de la sous-traitance automobile ne sera jamais résolu tant que nos responsables au plus haut niveau de l’Etat auront des œillères: Pour asseoir une économie sur des bases solides et durables, il faut disposer de moyens nationaux d’études d’ingénierie et de recherche qui puissent nous permettre de concevoir et de fabriquer des machines et autres équipements nécessaires pour la promotion et le développement d’une industrie capable de répondre aux besoins de l’ensemble des secteurs et SANS AVOIR A RECOURIR A L’APPORT EXTERIEUR si ce n’est à travers une recherche documentaire, comme ont fait de nombreux pays d’Asie. Mais cela, nos gouvernants ne l’ont jamais compris, ou feint de ne pas le comprendre pour des raisons sordides de profit personnel fondé sur la corruption. Si on veut être sérieux, c’est un MINISTERE DE LA RECHERCHE ET DU DEVELOPPEMENT, regroupant tous les moyens de R & D disséminés à travers plusieurs ministères et qu’il faut créer sans plus tarder. Mais hélas, il ne faudra pas y compter tant que nous serons gouvernés sur la base d’un système fondé sur la corruption à grande échelle. Pauvres de nous qui avons été soudoyés par des gouvernants qui n’ont rien trouvé d’autre que de distribuer des subventions tous azimuts sous prétexte de « paix sociale » ……..




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