Crise

Crise
Bernard Bajolet. D. R.

Par Sadek Sahraoui –Encore une fois, c’est la crise entre l’Algérie et la France. Il n’était d’ailleurs pas nécessaire d’attendre la parution, vendredi dans le Figaro, de l’entretien hostile de l’ancien patron de la DGSE, Bernard Bajolet, pour le comprendre. La sortie médiatique du maître-espion, en poste par deux fois à Alger sous la couverture d’un fonctionnaire du Quai d’Orsay, représente, à notre sens, le point d’orgue de cette crise.

Avant cela, plusieurs éléments sont venus confirmer effectivement que les relations algéro-françaises, en dépit des apparences, étaient actuellement en train de traverser une assez sérieuse zone de turbulences. Il y a, par exemple, ce refus des autorités françaises de placer une garde statique devant la résidence de l’ambassadeur d’Algérie à Paris. Ainsi qu’il fallait s’y attendre, l’Algérie a appliqué le principe de la réciprocité, ce qui dénote qu’à Alger on est actuellement enclin aussi à répondre du tac au tac.

Les raisons de la discorde peuvent être nombreuses. Il existe de multiples dossiers importants sur lesquels Algériens et Français ne s’entendent pas. Ils sont à la fois politiques, économiques et géopolitiques. En plus de servir à faire un «coup de pub» à ses mémoires qui viennent de paraître sous le titre Le Soleil ne se lève plus à l’Est, Bernard Bajolet donne donc la nette impression, dans son entretien au Figaro, d’avoir voulu régler ses compte avec l’Algérie et en particulier avec le président Abdelaziz Bouteflika, un homme que son pays a pourtant politiquement soutenu depuis son premier mandat.

Qu’a-t-il bien pu se passer de grave ? L’histoire révélera très certainement bien assez vite les réelles raisons de ce retournement de situation. Une chose est toutefois certaine, le président Bouteflika a dû opposer un «niet» sur un dossier précis. D’où la violente «charge» dont il fait l’objet. Une charge qui a carrément pour objectif de le disqualifier ou de le discréditer politiquement. Et en cela, les «confidences» sournoises de Bernard Bajolet sont aussi à prendre comme une tentative claire d’ingérence dans nos affaires internes.

S. S.

Comment (21)

    Zaatar
    24 septembre 2018 - 20 h 51 min

    Le couple conjugal ne peut pas se parfaire d’une vie paisible; il ne pourra d’ailleurs jamais se targuer de vivre un seul instant sans un événement étincelant, sans un bruit sporadique venu de nulle part que chacun d’entre eux attribuera à l’autre, sans étincelles à coups de silex. Il ne pourra pas non plus mener sa barque sur un fleuve tranquille sans soubresauts d’amour et de convivialité, suivi de vagues à lames arrachant les étreintes aux deux protagonistes. le temps n’aura pas de signification tant les choses se simplifient et se compliquent à tour de rôle donnant à chaque fois l’impression du déjà vu et du déjà entendu. Comme disait Fellag à ce propos, on vous aime et vous nous aimez aussi….

    4
    2
    karimdz
    24 septembre 2018 - 20 h 22 min

    Les relations entre les deux pays ont toujours connu des hauts des bas depuis la libération de notre pays.

    Les raisons sont nombreuses, mais j’en vois deux principales, la première, le passé douloureux, la France s’obstine à assumer ses responsabilités et à reconnaitre le génocide du peuple algérien. La seconde, c’est la persistance, de l’ancien occupant français de s’imposer, s’ingérer dans les affaires du pays, comme s’il était notre tuteur.

    Sur le plan internationale, la France persiste à soutenir son protectorat marouki à occuper le Sahara Occidental, à faire et défaire des régimes, provoquant une insécurité dans le Sahel.

    Sur le plan économique, la France considère l’Algérie comme un réceptacle de ses produits et ses services, plutot qu’un vrai partenaire économique, avec lequel elle développerait des projets bénéfiques aux deux états.

    Dans ces conditions, il ne faut guère s’étonner que des crises surviennent souvent entre les deux pays.

    14
    5
      Anonyme
      24 septembre 2018 - 20 h 37 min

      On aurait plutôt dit le contraire, la france s’obstine à ne pas assumer ses responsabilités et ne pas reconnaître le génocide du peuple algérien.

      5
      1
      karimdz
      24 septembre 2018 - 21 h 35 min

      Il fallait bien sur lire dans le 2ème paragraphe, la France s’obstine à ne pas assumer ses responsabilités.

      Les algériens l’auront rectifiés d’eux mêmes.

      4
      2
    Cheeta
    24 septembre 2018 - 18 h 39 min

    « CRISE »… »Encore une fois c’est la crise .. »
    Je dis encore une NIÈME TENTATIVE D’Algérie BASHING.
    Le pays n’est pas un vassal comme le makhnazi.
    Ne JAMAIS rien attendre de la France si ce n’est des coups en dessous de la ceinture.

    9
    3
    Djeha Dz.
    24 septembre 2018 - 15 h 10 min

    La France et ses serviteurs, font feu de tout bois, avec cynisme et sans scrupules. Ils ne cesseront pas de nous casser les pieds. Leur rêve c’est de voir l’Algérie s’embraser.
    Les Algériens connaissent la situation du pays, du Président de la République, mieux que n’importe quel espion français ou embassadeur. Les Algériens sont les premiers à débattre de leurs problèmes et n’y acceptent personne qui ne soit ALGERIEN ou ALGERIENNNE.
    Ce Mr Matahari, ex, ex, ex… ne nous apprend rien. Son intention est l’intention de la France ; n’est ni plus ni moins qu’une basse provocation, et ce n’est pas une première, il y en a eu bien d’autres.
    La France ne supporte pas qu’on lui dise NON, qu’on lui résiste, que les indigènes d’hier se passent d’elle et ne font qu’à leur tête. Que l’Algérie s’oppose aux ambitions néo-colonialistes de la France.
    Il y aura encore d’autres gallinacés et coquelets qui à défaut de nous corrompre, chanteront à qui veut bien les entendre. Cocorico, Cocorico, …

    16
    5
      Ch'ha
      24 septembre 2018 - 18 h 30 min

      @Djeha Dz
      👍✌
      Et de 2 😉

    Ali Mazouzi
    24 septembre 2018 - 14 h 59 min

    Abou Stroff,
    tu as des suites dans les idées…bravo, tu devrai aller à la paramount pour proposer des scénariis.

    5
    7
      Abou Stroff
      24 septembre 2018 - 15 h 10 min

      des scenarii ou des scénarios?

      3
      3
        Zaatar
        24 septembre 2018 - 15 h 40 min

        Un pluriel qui défie l’orthographe français classique..on devrait en avoir beaucoup plus ça nous changerait un peu.

    Abou Stroff
    24 septembre 2018 - 14 h 45 min

    supposons, je dis bien supposons, que cet « éruption » assourdissante de bajolet ait été programmée pour donner l’occasion aux « plus patriotes qu’eux, tu meurs », de mettre en exergue le patriotisme abyssal de notre bienaimé fakhamatouhou national et de pousser les tubes digestifs ambulants algériens à tonitruer haut et fort:  » 5ème mandat, 5ème mandat, 5ème mandat » .
    PS: si j’étais bouteflika, j’aurais payé un « ennemi considéré comme tel » pour m’insulter et soutenir que je n’ai aucune qualité pour diriger.
    en effet, connaissant la « taghenanet » qui caractérise les algériens dans leur grande majorité, je serais réélu jusqu’à la fin des temps, n’est ce pas?

    14
    11
    Felfel Har
    24 septembre 2018 - 14 h 42 min

    La France s’est avérée indigne de notre confiance et de sa prétendue neutralité. Au lieu de chercher à promouvoir, de manière ÉQUILIBRÉE, la paix et le développement économique et social du Maghreb, elle a pris fait et cause pour le Maroc pour nous créer des ennuis. L’Algérie, peuple et gouvernement, est convaincue que les actions de la France à son égard sont inamicales, parfois bellicistes, et elle se réserve le droit d’y répondre par la réciprocité. Pour assurer une meilleure efficacité de notre riposte, il faut toutefois que nos dirigeants, hommes d’affaires et concitoyens cessent de prendre la France pour un Eldorado. Qu’ils aillent ailleurs pour faire leurs emplettes, pour investir, pour faire du tourisme ou pour dépenser leurs Euros!

    15
    6
    Anonyme
    24 septembre 2018 - 14 h 32 min

    Pas besoin d’aller chercher très loin les causes: Rapprochement avec la chine confirmé et renforcé, probablement aussi début d’une relance avec l’Allemagne et la Belgique. Mise en sourdine du protégé de la France en Libye « Aftar ». Les raisons ne manquent pas.

    11
    3
    Anonyme
    24 septembre 2018 - 13 h 36 min

    Pour pérenniser la légitimité révolutionnaire le pouvoir a besoin des crises avec la France et entretenir sa légitimité .

    9
    9
      Vector
      24 septembre 2018 - 13 h 55 min

      Hors-sujet
      C’est la France qui critique l’Algérie et non l’inverse !
      La France critique l’Algérie dans le Figaro, journal de l’extrême-droite BCBG !

      14
      6
        Ch'ha
        24 septembre 2018 - 18 h 27 min

        @Vector
        Exact.
        À côté de ça, le figaro déroule un tapis au Liban après avoir tapé sur la Syrie et le Président Bachar Al Assad.
        Faut bien se trouver une nouvelle tête de turc avec cette NIÈME propagande Algérie bashing.
        Venant du pays qui élève un harki au rang d’honneur à la nation française rien de surprenant ni de nouveau sous le soleil.

    Nadjma
    24 septembre 2018 - 12 h 58 min

    Il n’ont jamais arrêté de vouloir s’ingérer dans nos affaires internes à nous de ne pas le leur permettre. La raison principale de la discorde est que nous avons gagné encore une fois et qu’ils ont perdu encore une fois, toute cette folie à toutes nos frontières, les militaires français, les terroristes, la drogue, les migrants etc… la liste des méfaits de la france est longue, malgré tout ça ils ont été défaits. Comme ils ont été défaits en Syrie.
    Il ose titrer son livre « Le Soleil ne se lève plus à l’Est », le soleil continuera à se lever à l’Est pour les peuples courageux qui se ont battus avec bravoure et détermination et ce malgré la difficulté que cela représentait. Ils nous ont appliqué exactement la même méthode à nous et aux syriens, nous combattre en utilisant les nôtres (GIA, daesh, ennosra etc..) car de toute évidence eux les européens n’ont plus les c… pour le faire eux mêmes!!! C’est précisément à l’Est que le soleil continuera à se lever et à briller. Ils ont la rage parce qu’ils ont perdu, laissons les s’étrangler de rage, laissons les geindre, laissons les hurler et pleurer, laissons les se rouler par terre de rage impuissante. Vive l’Algérie !

    16
    7
    Betrouni
    24 septembre 2018 - 12 h 46 min

    Je ne comprends vraiment pas pourquoi certains journalistes et certains internautes parlent de manque de respect ou d’insultes envers l’Algérie. Alors qu’en dehors du fait qu’il parle d’un Bouteflika maintenu en vie artificiellement , tout le reste de l’analyse Bernard Bajolet sur l’Algérie et le régime algérien est vraie, authentique. Beaucoup d’internautes ici même sur AP disent exactement la même chose sur notre pays et le pouvoir algérien. Il y en a même qui critiquent le pays avec les mêmes arguments, sur les mêmes sujets qu’aborde Bernard Bajolet !

    A moins qu’on ait une fierté mal placée et que c’est seulement nous algériens qui avons le droit de critiquer notre pays , là on ne peut rien faire ! De mon côté, je n’ai pas besoin de faire encore le résumé de ce qu’il a dit car certains internuates ici même sur AP l’ont déjà fait en énumérant les différents points et analyses qu’il aborde ! On ne peut qu’être d’accord avec la presque totalité de son interview et certains extraits de son livres révélés par la presse !

    13
    19
      Chaoui
      24 septembre 2018 - 13 h 25 min

      Hé ! Le sieur « Betrouni » !
      Tu connais le concept selon lequel « le linge sale se lave en famille » ? Il a été érigé en règle par le droit international, plus précisément par la Charte des Nations Unies que – nous te rappellerons – la France a dûment signée interdisant l’immixtion dans les affaires intérieures des pays. Le doit international consacre effectivement LA NON INGÉRENCE.
      Les problèmes intérieurs Algériens ne regardent QUE LES ALGÉRIENS. Et qu’eux seuls. Eux seuls ont le droit et la légitimité de s’exprimer sur LEURS problèmes, non à quelque autre pays que ce soit fusse via la voix officieuse de l’un de ses subordonnés.
      Aussi, ton commentaire ci-dessus va plutôt l’adresser dans les journaux de ton pays le Maroc.

      16
      6
      Anonyme
      24 septembre 2018 - 14 h 16 min

      Betrouni, peut-être que celui qui a écrit l’article et les internautes qui font des commentaires en savent un peu plus que toi sur les relations présentes et passées entre l’Algérie et la France. Peut-être qu’ils n’admettent pas et à juste titre qu’un pays étranger s’ingère dans leur politique intérieure et peut-être aussi qu’ils savent que la france est un pays ennemi qui ne cherche qu’à nuire à notre pays. Peut-être qu’ils connaissent un peu mieux leur histoire. Ceci bien-sûr dans le cas où tu serais algérien si tu es étranger et ennemi alors je ne vois pas ce que tu fais sur AP.

      11
      4
      Anonyme
      24 septembre 2018 - 15 h 59 min

      Nous connaissons très bien les graves problèmes engendrés par le régime illegitime destructeur corrompu qui dirige le pays. Ce regime se pérennise grâce au soutien de la France qui par ce fait exerce un chantage permanent sur l’Algerie pour maintenir ses intérêts en Algérie au mépris des nôtres. Le regime Bouteflika est honnis du peuple malgré cela la France n’a pas à s’ingérer dans nos affaires.

      6
      1

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.