Aveux 

France
Le président Macron à la tribune de l'ONU. D. R.

Par Sadek Sahraoui − La France a changé de fusil d’épaule concernant le dossier libyen. Après avoir tenté pendant longtemps de faire cavalier seul et d’imposer ses vues, Paris a fini par se rendre effectivement compte que rien ne pouvait se faire sans l’implication effective des nombreux autres acteurs concernés par la question, à savoir les pays voisins de la Libye. La preuve de cette prise de conscience se trouve dans le discours du président Macron, prononcé hier devant les membres de l’Assemblée générale des Nations-unies, dans lequel un appel a été lancé en faveur de la recherche d’une solution politique consensuelle au conflit.

L’autre preuve du fléchissement de la position de la France est contenue dans les déclarations d’une source du Quai d’Orsay au journal Le Monde reconnaissant que le contexte actuel n’était pas favorable à la tenue d’élections générales en Libye et qu’il était donc plus sage, si l’ONU et les Libyens y consentaient, de les reporter à une date ultérieure. La France, qui est un acteur nouveau en Libye comparativement à d’autres pays, semble ainsi avoir pris la juste mesure de la complexité de la situation qu’elle a contribué à forger en décidant de renverser Kadhafi et réalisé que le temps où elle décidait de tout toute seule est révolu.

Le plus cocasse dans l’histoire est que la diplomatie française a fini par reconnaître de façon claire que le drame des Libyens s’explique également en grande partie par les nombreuses ingérences dont fait l’objet le dossier libyen et les rivalités qui opposent certains actuellement certains pays au premier rang desquelles ont retrouve justement la France, l’Italie, les Emirats arabes unis et le Qatar. Aussi, le président français a-t-il convié là aussi les nations concernées à convenir d’un agenda unique pour hâter le règlement de la crise libyenne. En se distinguant par de tels aveux, en live en plus, le président français ne fait rien d’autre en réalité que le procès de la politique libyenne de la France. Une France qui était motivée non pas par son souci d’exporter la démocratie, mais plutôt par les richesses du sous-sol libyen.

S. S.

Comment (9)

    Anonyme
    28 septembre 2018 - 11 h 09 min

    Ayant vu son intervention, Macron a été lamentable. On se demande s’il était dans son état normal ou si le fait d’avoir fait du théâtre ne la sérieusement pas déconnecter de la réalité. La manière dont il s´ est mis en colère était incroyablement ridiculise et finalement risible. Pitoyable intervention, il critiquait sans le savoir, ou sans en être conscient des pays qui dérangent la paix dans le monde et dont son pays fait partie… Cette intervention est ubuesque. Il faut l’écouter sur Youtube, quelque chose ne tourne pas rond. Mieux vaut Bouteflika malade (pour qui je n’ai jamais voté) qu’un Macron jeune mais complètement hystérique ou hystérisé. Hallucinant… Nous sommes rentrés dans une ère où les hommes politiques ne sont plus des hommes de convictions, mais des acteurs de théâtre politicien… Hallucinant. Regardez l’intervention de Macron, c’est la honte intégrale.

    mouatène
    26 septembre 2018 - 21 h 08 min

    il appartient au peuple lybien de prendre toutes les mesures necessaires devant les instances judiciaires internationales pour faire comparaitre sarkozy et les membres de son gouvernement de l’époque pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et concussion. le TPI, la CPI ont bien été créés pour ça. pour que cette démarche aboutisse, il faut que le peuple lybien élise seif el islam kaddafi président de la république de lybie. et si ça se concrétise, il y aura des avc en cascade.

    Même pas en rêve !
    26 septembre 2018 - 16 h 49 min

    La France nous braque la RÉPENTANCE et on doit l’aider dans ses manoeuvres douteuses ?

    karimdz
    26 septembre 2018 - 15 h 41 min

    La France détruit, maintenant elle demande aux autres pays voisins, particulièrement l’Algérie de construire avec elle , la paix en Lybie.

    Il faudrait d’abord que la France cesse sa politique néo coloniale, qui sème le chaos au sahel et au moyen orient. La France doit assumer ses responsabilités, elle doit non seulement réparer ses erreurs, mais s’engager à ne plus s’ingérer dans les affaires d’un pays indépendant, souverain. Pour commencer, faire pression sur des pays comme le qatarsrael, l arabie yehoudite… de cesser d’envoyer et armer des groupes armées dans la région.

    Notre pays a toujours préconisé la non ingérence, et a toujours entrepris des démarches pour rapprocher les partis. Il est facile de détruire un pays, mais il est plus difficile de le reconstruire.

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    ANTI - COLONIALISTE !
    26 septembre 2018 - 13 h 03 min

    La Lybie est comme l’Irak : Entièrement colonisé et nous demandons leurs indépendance réel !

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    RÉPENTANCE POUR QUAND ?
    26 septembre 2018 - 13 h 01 min

    C’est la France qui doit ce rendre compte de ce qu’elle a fait en Lybie ! Et ne doit pas essayer par tout les moyens de nous utiliser dans leurs délire de colonisation Lybienne et Syrie ! Stop basta…….

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    Kenza
    26 septembre 2018 - 12 h 52 min

    En ce qui concerne Maron, il faut faire la différence entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. Et pour le moment, ses dires sont diamétralement opposés aux faits. On a vu ça dans sa politique intérieure entre ce qu’il raconte aux français et les décisions prises; ainsi que dans sa politique étrangère entre les beaux discours comme celui qu’il vient de donner à l’ONU et ses actions en Syrie ou bien par rapport à l’Iran….
    Prenons par exemple son combat pour la planète. Comment faire confiance dans un discours pour l’environnement d’un président dont le ministre de l’écologie a jeté l’éponge parce qu’il ne servait à rien ….
    Macron,certes, il fait de beaux discours mais….en même temps, il ne fait, justement, que de beaux discours!

    Djeha Dz.
    26 septembre 2018 - 12 h 29 min

    La France, malgré les coups de pied au c… qu’elle a reçu en Indochine, et en Algérie, pour ne citer que des histoires récentes, n’a rien compris.
    Finalement, toutes ces valeurs universelles et civilisationnelles qu’on nous sert à toutes les sauces et à tous les moments, ne servent que de paravent à une barbarie innée et un gout prononcé de la prédation qui ne sont pas forcément l’apanage des ‘’sauvages « … Malheur aux pays riches et faibles.

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    Zaatar
    26 septembre 2018 - 11 h 41 min

    « Une France qui était motivée non pas par son souci d’exporter la démocratie, mais plutôt par les richesses du sous-sol libyen. »? PAS QUE, mais aussi et surtout par souci de Sarkozy de liquider le leader Libyen de l’époque Mouamar Kaddafi pour les raisons que tout le monde connait en ce moment et qui font tapage également en France.

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