L’arme fatale

Internet Numérisation
La numérisation peut changer en mieux la vie des citoyens. New Press

Par Akram Chorfi – La numérisation ou le tout-numérique porte une promesse de meilleure gouvernance pour notre pays. A petits pas nous y allons, mais sûrement aussi, car il n’y a plus de gouvernance possible, dans le cadre de la mondialisation, sans la numérisation.

Là où une certaine faune vole, détourne, malverse, falsifie, accumule au mépris des lois et des réglementations, à la faveur de l’absence de fichiers numériques qui éventent les fausses déclarations, les faux et usages de faux, les fausses qualités de bénéficiaires de plein droit et qui permettent les recoupements inter-administratifs, y compris aux niveaux central et local, la numérisation apporte la disponibilité exhaustive de l’information, la rapidité de la vérification ainsi que la traçabilité et, surtout, la saisie définitive de données qui serviront de précieux éléments statistiques au service de la recherche et de la prospective.

La numérisation est également une arme fatale à la bureaucratie, dans ce sens où le versant de celle-ci, indispensable et salvateur pour l’Etat, est préservé, qui reste opératoire, mais sous sa forme numérisée, avec son lot de vérifications et de procédures que des logiciels gèrent en un temps numérique qui met à mal les réflexes procéduriers des bureaucrates scribouillards et leurs arguments fallacieux, de même que sont mises à mal toutes les magouilles et arnaques qui ciblent d’ordinaire une administration fermée sur elle-même et lestée par ses lourdeurs.

La non-numérisation a longtemps fait le bonheur des bureaucrates sociopathes qui jouissent de la prévalence de la technocratie procédurière, mais elle a également profité aux corrupteurs et corrompus qui pratiquent, les uns les passe-droits, les autres le chantage administratif, pour s’enrichir et accaparer des biens et des services indus.

A double tranchant, en réalité, la numérisation peut changer en mieux la vie des citoyens au quotidien, comme elle peut permettre, si elle est utilisée de façon malhonnête, d’empoisonner la vie des gens et de commettre des larcins et des manipulations malveillantes irrécouvrables, car tout ce qui est numérisé est considéré comme absolument juste, absolument authentique.

A. C.

Comment (11)

    Ch'ha
    30 septembre 2018 - 23 h 24 min

    PS : je rajoute que tout citoyen a le droit et même le devoir de saisir la justice lorsqu’une institution étatique lui bafoue ses droits pour cause de RACISME notamment mon cas perso of course in France en lien direct avec la voiture bélier 😉

    Ch'ha
    30 septembre 2018 - 23 h 16 min

    FAUX. Tout ce qui est numérisé n’est pas considéré absolument juste car comme dans la non numérisation le papier la fraude existe notamment bancaire fiscale panama et paradise papers etc…
    Dans le domaine médical la traçabilité papier en plus du numérique est une obligation légale au niveau international.
    Malgré la numérisation la fraude existe toujours et est donc soumise à la justice car les institutions étatiques garantes des lois et de leur application sont d’une part tenues à l’exemplarité et soumises comme tout un chacun au respect des lois et droits sinon justice.
    De plus tout système quel qu’il soit informatisé ou non est soumis à audit contrôle qualité interne et externe entreprise privée ou institutions étatiques.
    Dans le domaine de la recherche clinique audit FDA (food and drug administration), EMEA (agence européenne du médicament), audit laboratoires pharmaceutiques etc…et la traçabilité papier en plus du numérique est une obligation légale archivage 15 ans après clôture de l’étude.
    Toutes les bases de données des études de recherche clinique sont informatisées et contrôlées auditées.
    Numérique ou papiers tout est soumis à audit contrôle si fraude JUSTICE : qu’il s’agisse d’une institution étatique CAF CPAM Hôpital etc.. ou privée banque etc ….tout est toujours soumis à contrôle même numérisé.

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    Anonyme
    30 septembre 2018 - 23 h 12 min

    L’Algérie devra mettre en oeuvre le maximum de moyens pour accélérer la traçabilité des flux économiques, grâce notamment au développement de la numérisation. Elle devra également renforcer en moyens humains et matériels tous les corps de contrôle et de surveillance. Car avec le développement continu des trafics internationaux (notamment de drogue), et la perméabilité de plus en plus grande de l’économie légale à l’argent du trafic (blanchiment, et autres vecteurs de l’économie grise), le risque est grand qu’un jour l’Algérie devienne aussi vulnérable au trafic international, et à l’argent sale international, que de nombreuses républiques bananières d’Afrique (Maroc compris), d’Asie et d’Amérique.

    Djeha Dz.
    30 septembre 2018 - 19 h 10 min

    Le tout numérique, qu’on le veuille ou non on y arrivera. Le fait d’avoir numérisé la CNI et d’avoir donné un MIN est une excellente chose. Il ne resterait plus qu’à rendre obligatoire la déclaration du NIM à partir de la déclaration de naissance d’une personne et sur tous les documents et actions à caractère administratif ou financier obligatoire

    L’Algérie n’aura rien à inventer encore dans ce domaine, il lui suffit juste de faire comme tout État évolué et respecter la ‘’privacy  » des citoyens.

    Nos décideurs savent tout ça et plus, il faut juste se demander si la transparence, et la facilité d’accès aux informations concernant nos actes et aussi les leurs leur convient .

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    Slam
    30 septembre 2018 - 13 h 33 min

    La transition numérique est impossible dans un pays gouverné par des dinosaures et dont le modèle économique est basé sur la chkara.

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    Lady Faria
    30 septembre 2018 - 12 h 25 min

    À condition toutefois de faire appel à de vrais spécialistes en numérisation/dématérialisation documentaire. Car ce n’est pas d’un coup de baguette magique qu’on peut caser dix armoires de stockage dans un serveur de quelques cm3. Pour faire les choses sérieusement, il faut en premier lieu étudier le projet et définir son champ d’application. Après quoi il y a lieu d’organiser le projet, puis de l’exécuter et enfin d’en assurer le suivi et la maintenance. Tout cela sous-entend une définition claire des objectifs, du cadre légal et des critères de sélection. Cela suppose aussi le choix judicieux d’un système de gestion et de conservation des documents numérisés. C’est loin d’être une mince affaire.

      Zaatar
      30 septembre 2018 - 15 h 06 min

      C’est un travail de longue haleine. En plus et je crois que c’est constaté par tout le monde, toute l’informatique chez nous tombe régulièrement en panne. Et là on en a vraiment besoin pour diminuer des malversations et de la corruption eh bien on fait tout pour s’en passer allègrement. Qu’est ce qui les retient pour établir les fichiers nationaux de ceux qui ont bénéficies de l’aide de l’état dans le cadre de l’acquisition d’un bien? Ils ne le feront jamais, pour la bonne et simple raison de pouvoir en bénéficier encore à chaque programme de l’état. La prédation prend tout son sens ici.

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        Lady Faria
        30 septembre 2018 - 16 h 43 min

        Ah oui Zaatar, j’oubliais les pannes d’internet, les caprices de la fibre optique et les états d’âme de la bande passante! On a du pain sur la planche. Sans compter les hackers qui se feront une joie de nous mettre dans le pétrin…

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    Zaatar
    30 septembre 2018 - 9 h 09 min

    Commencez d’abord par obliger les paiements par chèque de tout montant supérieur à 500 000 DA, élaborez les listes informatiques de tous les citoyens ayant acquis un bien, un logement, un terrain à bâtir… avec l’aide de l’état, après quoi nous parlerons du tout numérique.

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      Lady Faria
      30 septembre 2018 - 12 h 37 min

      Et qu’ils nous garantissent aussi que les archives papier seront systématiquement détruites et non pas jetées sur les trottoirs. Des documents strictement confidentiels intacts incluant les coordonnées complètes de centaines d’étudiantes ont dernièrement atterri à côté de poubelles et autres déchets ménagers. S’il faut finir au bac à ordures, ce doit être après passage au broyeur-destructeur.

    NOUS SOMMES ENCORE LOIN
    30 septembre 2018 - 7 h 16 min

    j’ai bien peur que le jour où notre pays sera dans le  » tout numérique  » …les autres seront à une autre échelle , certainement  » tous sur Mars  » …!!! avec la détermination d’un Elon Musk plus que jamais décidé à aller sur la planète qui sera habitée par les terriens d’ici à 2050 !

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