Si ingrats !

euros fréquence
Les saisies de devises étrangères au niveau des aéroports sont de plus en plus fréquentes. D. R.

Par Akram Chorfi – La fréquence des saisies de devises étrangères au niveau des frontières de notre pays, si elle est le signe d’un redoublement de vigilance et d’un embrigadement de tous les instants de nos services douaniers au niveau des ports, aéroports et des postes frontaliers terrestres, n’en est pas moins le signe, également, d’un redoublement de férocité de la part des trafiquants de tous bords habitués, des années durant, à un braconnage systématique qui saigne notre pays.

Aujourd’hui que la situation financière de l’Algérie vit des moments de crise et que l’heure est à la mobilisation des consciences pour faire le consensus autour de la nécessité de préserver les intérêts du pays, en préservant ses grands équilibres financiers, ne voilà-t-il pas que ces braconniers, au nom de leurs seuls intérêts, contribuent à aggraver davantage la situation en faisant sortir, par petits montants, des devises fortes.

Ces personnes qu’on arrête en flagrant délit de trafic de devises non déclarées à l’international ignorent-elles qu’en procédant de la sorte elles trahissent leur pays et poignardent dans le dos les personnes vulnérables qu’elles contribuent à appauvrir davantage en privant l’Etat des moyens de leur venir en aide de façon autrement plus efficace et avec plus de moyens financiers ?

Dans un Etat social qui a érigé l’égalitarisme en sacerdoce, tout acte de détournement, d’évasion fiscale, de fuite de capitaux à l’étranger est une ignominie humaine contre ceux qui continuent à attendre, dans la détresse, une assistance sociale et financière.

Pour s’être fait des crocs sur le dos de l’Algérie, ces personnes n’en sont pas moins ses enfants, dont il faut parier, sans risque de perdre, qu’ils ont toujours eu droit à tout gratuitement et qu’à force d’acquis et de gain facile, le moindre écueil sur le chemin de la richesse les rend féroces et ingrats.

A. C.

Comment (16)

    Pas ingrats du tout !
    3 décembre 2018 - 20 h 52 min

    * Deux exemples de vrais patriotismes, même s’ils concernent des personnes et des pays qui n’ont absolument pas notre sympathie. C’est leur geste envers leurs patries qui est exemplaire :
    1/ Lors de la 2ème guerre mondiales, les Allemands avaient pour « couler » l’économie britannique, ou du moins l’affaiblir, largué des millions et des millions de fausses coupures de 5 et 10 pounds sur l’East Anglia. Ces livres sterlings pouvaient faire des centaines de millionnaires britanniques après s’être débrouillés à les insérer dans les circuits commerciaux et les inclure dans l’économie en pleine guerre. Les bandits et les faussaires en auraient largement profité. C’eut été une péripétie désastreuse et grave pour la Grande-Bretagne. Mais les Britanniques ne sont pas de la trempe de tous les faux patriotes algériens qui remplissent leurs comptes à Panama , Paris ou Zurich. Que firent-ils donc ? Les braves Algériens, euh Britanniques ramassèrent tous les cartons et les billets éparpillés par le vent, et les emportèrent aux commissariats de Police les plus proches. Stupéfaits par ce comportement patriotique, les Allemands cessèrent leurs inutiles entreprises.
    2/ Lorsqu’elle était Premier ministre d’Israël, Golda Meir se rendit en visite aux États-Unis comme tous les précédents PM. Et comme eux, elle était invitée à une soirée-diner offerte par une organisation juive américaine, à la fin de laquelle il devait lui être inévitablement remis un chèque « pour aider » Israël. Le responsable lui tendit le chèque, elle le prit et SANS REGARDER le montant, le mit presque négligemment dans son sac et en regardant l’assistance et souriant, elle demanda : c’est tout ? Tous éclatèrent de rire. Elle était sûre que la somme remise et portée sur le chèque était le maximum que pouvait lui donner ses coreligionnaires. Tous ceux qui ont l’intention de créer un Fonds National Algérien qui courrait au secours de l’Algérie, en ces circonstances pénibles, pour l’aider à surmonter la crise . Oui, pour prêter main forte au pays qui leur a permis si généreusement, si facilement et si … malhonnêtement, de devenir milliardaires. Ils doivent bien ça à leur patrie. Ben voyons.

    LOUCIF
    3 décembre 2018 - 18 h 44 min

    Je ne comprends pas pourquoi des journalistes s’alarment et s’acharnent puisque que les douaniers algériens font bien leur travail et font profiter de jour en jour l’Etat en devises « gratos » !

    Hier encore (le 2 novembre 2018) une nouvelle tentative de transfert frauduleux de 102 000 euros vers l’étranger a été déjouée hier par la police des frontières aériennes au niveau de l’aéroport international d’Alger. C’est du tout bénéf pour le trésor algérien et la Banque centrale qui récupèrent « gratos » et sans frais, la surfacturation des importations qui change de main dans l’économie algérienne!

    Investigation !
    3 décembre 2018 - 18 h 04 min

    Je crois qu’au lieu de taper sur le dos de ces petites gens, de ces petits trafiquants qui travaillent pour les gros, les journalistes devraient plutôt faire ce qu’on appelle du journalisme d’investigation (c’est çà le vrai journalisme) pour essayer de percer le trou noir de la surfacturation tolérée et acceptée par le pouvoir pour sa clientèle politique ! C’est là où se situe le gros du vrai problème, donc voir du côté …. de certains importateurs !

    Anonyme1
    3 décembre 2018 - 15 h 01 min

    Il y a des tribunaux et des juges pour cela, il y a des codes et des lois pour cela, il y a des prisons pour cela, et il y a même des fusils des pelotons d’exécution et des cordes pour tout régler.
    Sans « chahutage » ni bruit.
    C’est à ces messieurs de la justice de se retrousser les manches et d’appliquer la loi. La balle est dans leur camp et elle a été dans leur camp depuis des décennies.
    Au point que certains citoyens se disent autant monter un coup et passer 2 ou 3 ans de prison et je suis sorti de la misère.
    C’est ainsi que parlent les citoyens messieurs les juges, et ce à cause de vous, on ne peut être plus clair.
    Au lieu d’habituer et de former les citoyens au travail et au respect de ce travail, les nôtres sont formés à la magouille au vol et à l’arnaque, au gain facile.

    Un ex fonctionnaire de l'Etat
    3 décembre 2018 - 13 h 40 min

    Monsieur Akram Chorfi, avec tout notre respect, vous n’êtes pas sans ignorer que ce qui est le plus grave et le plus criminel, c’est la surfacturation des importations ! C’est de là que provient le matelas de devises qui entre et sort d’Algérie. C’est là où se trouve le noeud gordien, ce ne sont pas ces petits trafiquants de bout de chandelle ! Eux, ce ne sont que des porteurs de valises d’occasion. Il faut faire des investigations de ce côté des importateurs ! Les devises qui entrent et qui sortent dans notre pays sont les deltas provenant des surfacturations. Ce sont les importateurs qui volent illégalement les algériens et l’Etat algérien ! Le pouvoir, le gouvernement refuse de s’occuper sérieusement de cette question parce que c’est son personnel politique et sa clientèle politique qui est en question. Les importateurs algériens paient leurs marchandises et leurs conteneurs avec l’argent des recettes d’exportation algériennes grâce aux lignes de crédits en devises autorisés par le gouvernement ! Les surplus sont versés dans les comptes bancaires à l’étranger de nos importateurs. C’est de là que vient le gros des devises qui entrent ou sortent du pays en fonction de divers calculs spéculatifs ! Nos importateurs gagnent sur les deux plans : surfacturation chez le fournisseurs et marché parallèle des devises qu’ils arrivent à rapatriées frauduleusement ou avec complicité ! Les devises saisies aux frontières c’est du pipi de chat par rapport aux fortunes colossales bâties grâce à la surfacturation!

    Conclusion : ce sont beaucoup plus les importateurs de tout bord (publics ou privés, particuliers, entreprises publiques, entreprises privés, établissements publics etc.. etc..) qui trahissent leur pays et poignardent dans le dos les personnes vulnérables et l’Etat algérien ! La plus grosse source de ces devises c’est la rente pétrolière et d’une manière accessoires les rapatriements des émigrés !

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      Zaatar
      3 décembre 2018 - 19 h 49 min

      Et qui sont les gros importateurs responsables des grosses surfacturations? Et qui peut se targuer de telles grosses entourloupes aux gros benefices, mettant en jeu de grosses sommes d’argent si on n’est pas acoquine a une grosse legume du systeme qui lui bien sur a sa part? Un systeme base sur la distribution de la rente et sur la predation peut il fonctionner autrement? Comment detourner ces devises si ce n’est par de la surfacturation faite par des gens inseres dans le systeme pour securiser tout le parcours administratif conduisant a l’entourloupe? Naif celui qui croirait que c’est le trabendiste au cabas qui a cause les derobades de la devise du pays.

    ALI
    3 décembre 2018 - 12 h 06 min

    Et meme certains journalistes s’est mettrent pour achevé l’état Algérien;soyez juste et ne pas collaboré avec nos hors la loi ou pouvoir; le pays le plus riche du continent n’arrive meme pas à soigner ses malades, parlant pas de la nourriture; vous parlez quel services de douane pour un billet d’euro il te laisse pas n’importe quelle marchandises

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    MELLO
    3 décembre 2018 - 10 h 43 min

    Le vrai problème se situe au niveau de tous crédits accordés par les banques aux importateurs véreux , ces suspects de falsification de factures pour en bénéficier de la ristourne. Ces milliards que les banques transfèrent à l’étranger pour l’importation de …. voilà la saignée de l’économie. Car ces devises bloquées au niveau des aéroports ne sont pas passées par le circuit bancaire. Un Algérien rentre de France avec des devises dans ses poches sans les declarer, il arrive chez lui , il se dirige vers ces  » echangeurs » qui pratiquent le change parallèle. Un résident local effectue le change en sens inverse , il se procure des Euros autant qu’il peut. Un autre scénario, l’émigré peut procéder au change de ces devises directement auprès du bénéficiaire. Ces devises ressortent par la PAF vers l’etranger sans transiter par les banques. Aucune saignée de l’économie.
    Pourquoi , on ne procède pas à la fouille des intrants au niveau des aéroports et ports, obliger les voyageurs à effectuer le change à l’aéroport. Pourquoi , l’État ne révise pas à la hausse la prime de voyage ? L’État est absent sur tout ce cheminement de devises.

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      Argentroi
      3 décembre 2018 - 11 h 46 min

      Il y a des milliers de retraités émigrés installés en Algérie à qui il est transféré légalement leur pension dans un compte devises dans les banques algériennes à chaque fin de mois. Les cambistes au noir sont toujours à l’affut devant ces banques pour effectuer le change au taux que certainement les gros poissons qui contrôlent la filière, à cause du terrorisme, fixent d’avance. Donc ne croyons pas aux bobards qui avancent que c’est une organisation criminelle qui est derrière car si c’était vrai, c’est toute l’Algérie qui serait partie en l’air. Ce qui se passe dernièrement dans les aéroports explique que la filière terrestre qui passait par Ben Gardane en Tunisie, puis la Libye et qui atterrissait en Turquie ou Dubaï n’est plus sécurisée ou plutôt a été démantelée; ce qui oblige les non-initiés, ceux qui ne savent pas que le vent a changé de direction, à se rabattre sur les aéroports !

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        MELLO
        3 décembre 2018 - 14 h 09 min

        Merci d’avoir abordé ce paramètre des pensions de vieux retraités de France revenus en Algérie. Justement, pourquoi les banques Algériennes n’appliquaient pas un taux flottant équivalent au taux parallèle pour verser ces pensions en Dinars ? Cette décision permettra de siphoner cette devise du marché parallèle et ces banques auraient fait un gain énorme.

    El Monciff
    3 décembre 2018 - 10 h 34 min

    Ce système de prédation criminel est issue du peuple même…donc de nous même. Soit nous restons dans la lâcheté, la servitude et la névrose de « raconter » sans risque de se blaisser par la plume, inlassablement nos contradictions, nos travers, nos mensonges, soit ce sera d autres que nous qui vont le faire pour nous, et ceux-là n ont ni le même but ni les mêmes raisons pout tout saccager et mettre parterre finalement, ce sera toujours au détriment du ptit peuple que nous sommes. La révolution ne s invente pas, elle émane plutôt de l authentique profondeur du peuple d en bas. Celui qui ne vous lis pas, mais celui qui ne comprends pas les nuances et les aberrations de la raison.

    Djeha Dz.
    3 décembre 2018 - 8 h 51 min

    C’est bien d’informer par ces communiqués sur les activités illégales de transfert de devises, mais en fait il n’y a pas que ca, il y a tout ce qui est importé et payé en devise (Essence, denrées alimentaires, pièces de rechange, médicaments, cheptel, matériaux de construction, etc., etc. ).
    Toute cette vigilance des services de douanes est louable, certes. Mais elle reste insuffisante pour ne dire inefficace tant que nous ignorons la suite donnée par la justice à toutes ces affaires qui ne sont du tout récentes.
    Les traîtres, les vrais, ce ne sont peut-être pas les petits passeurs de valises.

    A qui profite le change parallèle ?
    3 décembre 2018 - 8 h 34 min

    « A tous responsables mais pas coupables » qui chargent la main de l’étranger pendant que leurs petites mains invisibles achèvent de dépecer l’Algérie qu’ils ont sciemment déboussolée.

    Zaatar
    3 décembre 2018 - 8 h 08 min

    Ces personnes dont vous parlez Monsieur Akra Chorfi, qui saignent le pays, ne sont autres que ceux sont en liaison étroite avec les gens du système. Car, le citoyen moyen, le chahar PRI, PRC comme on l’habitude de l’appeler, il ne peut pas se permettre de telles envolées financières et en devises svp. Aussi, et pour en revenir à vos propos, qui dénoncent le fait que ces gens empêchent, par leurs agissements, l’état à venir en aide aux plus démunis et aux plus vulnérables et donc les appauvrissent encore plus, ces gens là pour le citoyen vulnérable comme vous dites sont aussi l’état, d’une manière Direct ou indirect. Ce n’est un secret pour personne que les gens qui ont amassé des fortunes ici en Algérie ont obligatoirement un lien étroit avec le pouvoir… Citez moi des exemples de gens qui ont bati une fortune avec leur argent Hlal sans avoir à faire intervenir quelqu’un du système pour faire prospérer son affaire? c’est simple il n y en a aucun, tout simplement parce que notre système est bati sur la distribution de la rente et sur la prédation.

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    Rabah
    3 décembre 2018 - 8 h 07 min

    Les milliards d’euros et de dollars de la grande corruption ne passent ni par les ports ni par les aéroports algériens. Ils sont versés directement dans les comptes ouverts dans les différents paradis fiscaux. Ces saisies ridicules de devises sont donc de la poudre aux yeux destinée à tromper le peuple algérien victime de la mafia qui dirige notre pays par la force.

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      Vector
      3 décembre 2018 - 11 h 21 min

      Encore de la propagande !
      L’Algérie ne gagne que 40 milliards de dollars par an alors comment voulez que des milliards de dollars soit détournés chaque année !

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