Qui conseille ?

Présidentielle président
Abdelaziz Bouteflika. PPAgency

Par Bachir Medjahed – Question légitime. Y a-t-il des conseillers politiques à la Présidence ? Idem pour la chefferie du gouvernement, pour les ministères et on serait tenté d’y inclure la Défense nationale.

Comment cela se fait-il que le président de la République, si brillant durant les années 1970, en vienne à complètement couler depuis le quatrième mandat plus particulièrement ? Une cécité totale et impardonnable sur les perspectives qui s’ouvrent ou se referment au pays et, en conséquence, au Président et vice versa. Leur a-t-il manqué le courage de contredire le Président, plus particulièrement depuis qu’un AVC brutal avait dû altérer, au moins partiellement, sa lucidité ? Est-ce normal de claquer les souliers et de joindre les pieds pour montrer le respect dû alors que le Président s’attendait plutôt à des analyses terminées par des conseils qui contribuent à l’éclairer ? A quoi servirait-il au Président de disposer de tant de conseillers, de chargés de mission, de secrétaires particuliers pas même capables de lui éviter l’hostilité de son peuple ? Il n’y a pas seulement que les cadres de réflexion. Les Premiers ministres n’en sont pas moins coupables.

Personne n’a vu depuis longtemps les graves et grands dangers qui s’annonçaient avec l’approche du cinquième mandat ? Pire, le 28 avril ouvre la voie devant une grande incertitude. Pourquoi cette exposition du Président ?

L’appréciation est la même pour la haute administration. A la chefferie du gouvernement, il n’y a pas de conseillers. Les ministres ne sont pas des politiques. Ce sont des amis ou des cousins. Alors, des chargés d’études et de synthèses suffisent.

B. M.

Comment (14)

    A ceux qui parle de feu Aït Ahmed
    18 mars 2019 - 13 h 15 min

    On ne lui retirera rien de son passé glorieux, étant un artisan de l’indépendance d’Algérie. Respect pour lui et paie à son âme! Cependant, on peut constater le culte du Zaïm qui a voulu tout géré et être à la tête du FFS pendant des décennies sans pour autant avoir travaillé à la succession et au renouvellement des idées. après moi, le déluge comme Bouteflika, Louisa Hanoune et tout les partis sans exception, malheureusement, la réalité algérienne. On voit ou en est le FFS aujourd’hui, ce parti a perdu son âme, son aura et reste très focalisé sur la région de Kabylie sans ancrage national. Incapable de se régénérer, de préparer la succession, de déléguer, de se réinventer voilà ce qui amène à la décadence de notre pays, des vieux qui s’accrochent au pouvoir au prétexte de la légitimité historique sans se soucier des générations futures avec un objectif la prédation de la rente.

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    Consultant
    18 mars 2019 - 3 h 32 min

    Article assez pertinent qui souligne une faiblesse inhérente au mode de gestion en vigueur dans notre pays.
    Nos responsables en général n’ont pas besoin de conseillers ou de chargés de mission et se contentent le plus souvent d’exécutants dociles et bêtes ne se posant aucune question.
    C’est la perception du pouvoir qui est la cause de cette lacune.
    Il n’existe aucun poste de chargé de mission en Algérie.
    Au Ministère des Affaires étrangères, il existe un grade spécifique intitulé « conseiller des Affaires étrangères » mais il ne confère aucune responsabilité et son titulaire est un administrateur comme les autres sans aucun pouvoir de réflexion.
    Le problème de nos responsables est qu’ils gèrent tout comme une épicerie sans aucune vision.
    On nous a tous écarté à la pelle. Qu’ils se débrouillent!

    anonyme
    18 mars 2019 - 2 h 01 min

    Cet avc a été une aubaine pour les prédateurs, quoi que la prédation a commencé plus tot mais pas aussi flagrante

    MELLO
    17 mars 2019 - 17 h 13 min

    1830-1948 , le colonialisme français s’est ancré profondément, dans cette Algérie exploitée et malmenée avec son lot de persécutions. En Décembre 1948 , un jeune homme de 22 ans , membre du bureau politique du PPA , président de l’organisation secrète , Hocine Ait Ahmed expose un rapport au comité central , sur les problèmes stratégiques et tactiques pour le déclenchement de la révolution . Dans son rapport riche et très dense , Hocine Ait Ahmed  » pense » la révolution dans tous ses aspects : politique, militaire, financier et diplomatique . C’est le document référence qui a tracé la voie du combat libérateur du peuple Algérien : la lutte de liberation ne sera pas un soulèvement de masse , l’homme de la rue pense que le peuple Algérien peut facilement détruire le colonialisme grâce à sa supriorite numérique . C’est beau d’être optimiste , mais penser qu’il n’y a plus de problème ou d’équation , c’est de l’inconscience . Les massacres de Mai 1945 sont encore un témoignage tout chaud du sang des 45 000 morts.
    La guerre , la lutte est un instrument de la politique , la conduite de ce combat est la politique elle même. Par conséquent, c’est bel et bien face à l’une des puissances mondiales que nous aurons à arracher notre indépendance. Notre atout est donc un atout moral au sens de l’esprit de résistance , de foi patriotique , d’abnégation et de détermination qui doivent animer chaque Algérien , tous les Algeriens. Nous battre sur le terrain choisi par le colonialisme , par des moyens choisis par lui et dans les conditions choisis par lui , c’est renoncer à toute stratégie et accepter d’être manoeuvrés , manipulés, et domestiqués par leurs piètres manoeuvresur.
    N conclusion, Stratégie à méditer face à ce pouvoir .

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      Zzilhou
      17 mars 2019 - 18 h 20 min

      C’est Ait Ahmed qui a conçu seul la stratégie révolutionnaire algérienne. Boudiaf, Abane, Ben Mhidi n’était ses élèves. Sans prévoir qu’on allait lui faucher l’herbe sous les pieds . Ce grand stratège a appris aux révolutionnaires comment tirer les marrons du feu pour d’autres. Je ne parle pas de ses faits de guerre mais de son esprit. Par la suite de 62 à sa mort il a organisé le maquis sur le bord du lac Léman à partir duquel il a mené un assaut permanent qui a duré plus de 50 ans contre la forteresse du pouvoir tenue par de simple pioupious beaucoup moins intelligents et expérimentés que lui. En 1989 il rentra au pays où on lui fit un triomphe mais hélas le culte que ses bigots lui vouaient n’étaient pas à sa mesure, alors il repartit en Suisse d’où il nous gratifiait de ses recommandations aussi judicieuses qu’inutiles.

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        MELLO
        17 mars 2019 - 20 h 54 min

        Ceux qui l’ont connu, ne cessent de témoigner sur ses prises de position durant les événements majeurs qu’a traversés l’Algérie . Depuis l’indépendance du pays, Hocine Ait Ahmed s’est distingué , malgré la diabolisation
        dont il a fait objet de la part des tenants du pouvoir et de ses satellites, par ses analyses de la situation politique et ses propositions qui se sont avérées justes . Hocine Ait Ahmed à toujours refusé de s’engouffrer dans l’un ou l’autre des clans et tenu à prendre des positions basées sur ses propres convictions. Lui , il a de tout temps basé ses principes sur la volonté populaire.

    Anonyme
    17 mars 2019 - 16 h 33 min

    la comédie tragico-comique qui se joue,elle est plus que suréaliste,ubesque ! voila qu’un président en fin de mandat,qui avoue lui meme que son etat de santé ne lui permet pas de briguer un 5e mandat,décide de rester au pouvoir pour une periode indéterminée,qui peut ,pourquoi pas, durer 5 ans,sans que aucun texte ne le prévoit…finalement le systeme invente un NOUVEAU CONCEPT , LE mandat déguisé!avec un président aussi invisible que le 4E !!

    DYHIA-DZ
    17 mars 2019 - 15 h 49 min

    Un très bon article qui touche le fon du problème.
    Le président a t-il de mauvais conseillers ???
    Effectivement, un brillant diplomate qu’il était, Le président Bouteflika aurait pu sortir par la grande porte.

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    Karamazov
    17 mars 2019 - 13 h 48 min

    Lénine disait des exploiteurs capitalistes qu’ils étaient tellement bêtes que ce sont eux qui vendront au prolétariat la corde qui les pendra. Pour lui il était impossible que les prolétaires se laissent faire ou ne découvrent pas l’arnaque tellement elle est flagrante. Il a oublié leurs capacités d’adaptation. Et il a oublié les capacités d’adaptation du prolétariat aussi. Sa résilience, son fatalisme.

    Non, je ne parlerais pas de la plus grande des impostures à laquelle Sansal a fait allusion dans son dernier roman. Non je ne parlerais pas de la religion  qui montre comment l’homme se soumet tout seul sans que personne ne l’ait forcé.

    Pour vous la politique serait donc un échiquier dont les combinaisons sont répertoriées dans des manuels ésotériques auxquels seuls ont accès les plus doués. , il suffit de toutes les connaître pour contrer l’adversaire. La politique serait donc l’affaire de surdoués et non de bricoleurs.

    Nous avons vu hélas comment le plus savant , le plus fin, le plus érudit, le plus éprouvé des politiciens a prévu et gérer l’avènement du FIS, je parle ici de Hamrouche. Nous avons vu aussi où Ait Ahmed dont l’intelligence est hors norme ainsi que Sadi ont mené leurs partis. Ces deux derniers étaient considérés comme des maîtres es- stratégie dont la Kabylie ait su accoucher.

    Je me posais ici même la question de savoir pourquoi à 85 ans Brahimi est venu se fourvoyer dans une impasse comme celle dans laquelle il s’est empêtré.

    Hélas non ! Ne dit-on pas que la politique c’est la gestion du possible, je dirais de la réalité. Une réalité dont on est plus une carte , un pion, que maître du jeu.

    C’est pour cela que nos grands spécialistes nous semblent bricoler de solutions à un problème prévisible et annoncé qu’il n’ont pas su éviter.

    C’est pour cela que le 5ème mandat apparaît pour tout esprit sensé comme un aberration.

    C’est bien beau de s’offusquer contre une aberration. Mais quand il s’agira de construire , ce sera une autre affaire.

    C’est pour cela qu’il n ‘y pas de logique connue, et que tout peut arriver.

    C’est pour cela que moua, quand je vois la donne: le peuple, l’opposition, les tenants, je ne suis pas optimiste. Pas du tout !

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    Une bonne proposition, base de réflexion !
    17 mars 2019 - 11 h 45 min

    Chers compatriotes ! J’ai écouté il y a quelques une proposition de sortie de crise de la part d’une personnalité intellectuelle algérienne, que je n’ai pas à citer ici car ce qui compte ce n’est pas son identité mais sa pensée, et qui a fait la proposition suivante ! Je fais ici une synthèse de sa proposition qu’il a été faîtes lors d’un débat sur une chaîne de télévision où il est intervenait en tant qu’invité. Certains téléspectateurs ont peut-être déjà vu cette émission ! C’est une proposition à discuter, à critiquer, à adopter, à rejeter mais on peut dire que c’est une bonne base pour enclencher la réflexion !

    1/- Pour lui, la solution devra être essentiellement politique et non constitutionnelle. Pourtant politique ? Elle ne devrait pas venir de l’application de tel ou tel article de la Constitution actuelle du fait que situation politique actuelle créée par les décisions récentes précipitées du pouvoir et qui ne permet plus de voir une solution en référence avec la Constitution (il y a le report des élections, la dissolution précipitée de la HIISE, la constitution d’un gouvernement rejeté par à la hâte avec des acteurs faisant partie du sérail et donc rejeté par une majorité, etc… etc…) !

    2/- Pour cet intellectuel, la solution de la Constituante est trop dangereuse parce qu’elle va nous faire perdre du temps, elle va approfondir les fractures identitaires qui existent déjà entre nous au sein de la société. Pour lui, il y a le risque de nous conduire encore plus dans l’abîme et même réveiller des démons auxquels on ne s’attendait pas.

    3/- Pour lui, il faudrait continuer certes à exercer la pression politique sur le pouvoir par des manifestations pacifiques de rues etc… etc.. mais aussi par des négociations , des discussions entre le pouvoir et les forces du changement pour qu’après le 28 avril, Bouteflika démissionne et soit invité à remettre le pouvoir (par un acte politique et non d’inspiration constitutionnelle) à un Comité des Sages qui sera dirigé par un triumvirat collégial (une troïka).

    Ce Comité des Sages, pour être crédible, sera présidé, piloté par a) une forte personnalité ancien militaire non en activité donc à la retraite ou ayant déjà eu une fonction civile et qui représentera ce qu’il appelle la tendance patriotique de la nation, b) par une deuxième forte personnalité représentant la tendance nationaliste conservatrice , c) et enfin par une troisième forte personnalité représentant la tendance démocrate moderniste et laïque.

    Ce comité sera appuyé par une équipe composée de représentants, intègres et compétents, de la société civile, d’anciennes personnalités politiques, des intellectuels et même pourquoi pas des hauts cadres militaires en civil ou à la retraite. Ce comité s’activera à proposer et former un gouvernement de transition consensuel.

    4/- Ce Comité des sages aura aussi pour mission importante d’élaborer une « charte » , une sorte de feuille de route pour mettre en place la transition vers une nouvelle gouvernance avec un planning et un calendrier précis !

    5/ – Cette charte aura une mission d’une extrême importante celle de déclarer l’intangibilité des droits de l’homme et du citoyen, l’intangibilité des droits de la femme, l’intangibilité des libertés collectives et individuelles, l’intangibilité des accords internationaux signés par l’Algérie, l’indépendance de la justice, l’intangibilité de l’alternance du pouvoir, et aussi et surtout le renoncement à toute légitimation de la violence politique au nom de l’une de nos trois identités nationales de base ou au nom du régionalisme ou au nom de la religion ou au nom de la force armée.

    6/- Cette charte doit s’imposer à tous, doit être acceptée, ratifiée par tout parti politique ancien ou nouveau quelque soit sa tendance idéologique !

    7/ Ce n’est qu’après la signature, la ratification et la reconnaissance de ces aspects importants de cette charte que les processus électoraux pourront reprendre avec des règles électorales claires qui s’imposeront à tous, et avec la création d’une véritable commission libre et indépendante chargée de l’organisation et du contrôle des élections !

    Ce n’est qu’après tous ces minima en place que les partis politiques partisans peuvent alors s’engager dans le combat politique (présidentielle, législatives, communales etc…) pour convaincre par le passage des urnes de leur programme politique, économique et social proposé lors des campagnes électorales !

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      Tredouane
      17 mars 2019 - 17 h 59 min

      C’est lucide ,façon de dire nous avons besoin d’une petite chirurgie car il est vraie nous avons une minorité que nous devons mettre hors d’état de nuire,mais pour quoi un militaire quoi que je suis un fervent défenseur de l’implication du militaire politisé dans le débat politique,j’estime par contre que le chef d’État dois civile avec à ces coté une forte institution militaire.Fraternellement..

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    Anonyme
    17 mars 2019 - 10 h 38 min

    L’isolement est le pire des conseillers.et je pense que Bouteflika comme tous les dirigents arabes ne suivent que leurs instincts…de mefiance,et qu ils ne choisissent que des collaborateurs dociles et fideles et evitent les personalites competentes ….la raison pour laquelle il est president et ministre de la defense…pourtant en tant que president il est constitutionnellement chef des armees….qui lui doivent obeissance.
    Aucun de ses proches collaborateurs n aura le courage de le contredire,il est tout simplement entoure de Beni oui oui ou des comploteurs unis pour se servir et non pour servir l Etat Algerien…..

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    Antisioniste
    17 mars 2019 - 8 h 14 min

    Vous avez très bien résumé la situation, Monsieur Bachir Medjahed, c’est pourquoi nous autres le peuple devront prendre l’initiative, et ne pas l’attendre.

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    Rayes Al Bahriya
    17 mars 2019 - 8 h 13 min

    Un haut conseil de République doit être instauré au plus vite pour faire préparer les états généraux de la futur conférence nationale de 2e république…
    Les propositions de ce régime sont vaines, lettres mortes….
    Toutes les institutions doivent être dissoutes car elles sont anti démocratiques …usurpatrices et patricides …
    Le peuple est plus mature que la classe politique …
    Ce régime doit laisser la place à la génération démocratique.
    Vive le peuple…
    Vive la république.
    Tahya Al Djazair

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