L’autre chantier

Ahmed Ouyahia
Ahmed Ouyahia. New Press

Par Kamel Moulfi – Réputé ne pas faire dans la démagogie ni dans le populisme, Ouyahia a tenu pourtant à donner des assurances à l’adresse de «nos travailleurs et tous les citoyens» – pour reprendre ses termes – en insistant dans son premier message public sur la promesse que «la politique sociale de l’Etat sera maintenue par le gouvernement». Il le réaffirme comme s’il voulait éviter tout malentendu ou interprétation tendancieuse de ses propos. «L’Algérie a une politique sociale constante fondée sur la justice sociale et la solidarité nationale», a-t-il rappelé en ouvrant ce matin la réunion préparatoire de la tripartite.

Par, au moins, deux actes, Ouyahia a montré que son gouvernement n’a pas l’intention d’opérer la rupture avec cette politique sociale. Le premier est dans la remarquable continuité dans la distribution de logements avec la même mise en scène et la même médiatisation. Le deuxième est dans l’abandon des poursuites contre les jeunes bénéficiaires du mécanisme Ansej, qui ont des difficultés et n’ont pu rembourser les prêts bancaires. Ce n’est pas l’affaire des banques, publiques évidemment, mais l’affaire de l’Etat.

Seulement, il n’y a pas que ça. Le service public dans les domaines de la santé et de l’éducation n’arrive pas à se redresser et ce sont les Algériens «non privilégiés», ils sont la majorité écrasante, qui en pâtissent. Les décès de patients, notamment de parturientes, après avoir été admis en urgence dans les établissements de santé révèlent au grand jour une réalité qui n’est, le plus souvent, connue et partagée que par les familles endeuillées.

Les conditions de travail du personnel de garde, dont dépendent l’organisation du service des urgences et donc sa capacité à répondre aux situations qui se présentent, ne sont pas dignes de l’Algérie de 2017. Aussi bien le ministère de la Santé que les syndicats du secteur le reconnaissent et ils s’engagent – il n’est jamais trop tard ? – à «œuvrer ensemble» et à agir sur «les conditions d’exercice de la garde ainsi que les mesures à prendre en ce qui concerne la sécurité du personnel de la santé et l’amélioration des conditions de travail». Ils constatent qu’il faut une «résolution « rapide » des problèmes auxquels est confronté le secteur». C’est ce qui ressort d’un communiqué du ministère (voir article d’AP). Un autre chantier qui attend Ouyahia.

K. M.

Comment (9)

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    28 août 2017 - 10 h 59 min

    Ne fait pas dans le populisme, lui qui un jour lors d’une visite a Tiaret a rassure les travailleurs du complexe que son complice a acquis dernierement pour le montage de vehicules, et a peine sorti de la ville qu’il ordonna sa fermeture.
    Arretez de le presenter comme pragmatique lui est connu et sa chasse gardee sont les travailleurs n’a t il pas vide les caisses de la CNR?? Meme si on lui remet le budget des USA il ne produira rien!! Il est vraiment nuisible!!




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    Tedjini
    25 août 2017 - 8 h 56 min

    Le problème numéro un dans l’éducation nationale est l’absentéisme et le niveau de l’école algérienne…on reproche à l’Etat d’ouvrir des écoles et des universités dans toutes les régions pour cause de pression démographique mais sans encadrement adéquat…que faire?….Pour la santé sans gestion informatisée et comptable intégrée des hôpitaux publiques rien ne changera car on peut tout détourner sans oublier de confectionner des dossiers médicaux des malades à travers les cartes chiffaa.Une derniere chose les hôpitaux publics sont soumis à un fort absentéisme médecins et paramédicaux à part une prise de conscience ou un pointage électronique il n’y a pas beaucoup de solutions…les citoyens ne comprennent pas pourquoi des milliards de dinars investis se traduisent par autant de médiocrité et de laisser aller. Enfin arrêtez svp les visites inopinées cela ne sert à rien…




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    mzoughene
    24 août 2017 - 16 h 07 min

    quel chantier ? toute l algerie est a l arret ; EUX ILS fONT CE QU ILS VEULENT ET LES ALGERIENS LES OBSERVENT ET C EST TOUT ! ALLAH YESTER EL BLED




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    TOLGA - ZAÂTCHA
    24 août 2017 - 15 h 47 min

    C’est pourtant très simple. « ils » se prétendent….. ALGÉRIENS ? Ok ! Il n’y a qu’à les ramener en ALGÉRIE et les fusiller illico presto au champ d’EL KHROUBA !!! Vous allez voir le résultat avec effet immédiat : PLUS PERSONNE DE CETTE RACAILLE (Hachakoum !) n’osera plus se réclamer de notre NATIONALITÉ ALGÉRIENNE SACRÉE arosée par le sang de nos CHOUHADAS EL ABRAR !!! Que leurs noms soit sanctifié pour l’Éternité. Néanmoins, et personnellement, je ne comprends l’attitude de « nos »….. « compatriotes » qui continuent à aller passer leurs vacances (congés) avec leurs familles dans ces deux pays de lâches et de prostituées que sont nos « voisins » de l’Est et de l’Ouest. C’est bien dommage que nous n’ayons pas le pouvoir de choisir nos voisins….. Car comme dit le sage : ON NE CHOISIT PAS SES VOISINS !!!!!




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    MELLO
    24 août 2017 - 15 h 26 min

    Abou Stroff, cher ami , on ne peut accuser personne sur l’inexistence du programme de fakhamatouhou. Il est l’Algérie,il est l’Etat, il est le pouvoir que nul ne remet en cause depuis des lustres. Dans l’Algérie actuelle, l’Etat supposé arbitre et en charge de l’organisation de la transition est seul à être privatisé. Il est détruit par ceux-là mêmes qui le dirigent et soumis au patronage des coteries. Rien de ce qui s’y réalise n’est contrôlable par des pouvoirs indépendants. Il n’a plus, en tant que tel, aucune propension à la régulation, même au profit de la bureaucratie qui l’exprime. Les rapports économiques entre le pouvoir et la société sont organisés selon un système monopolistique de partage clientéliste des dépouilles de la colonisation et du patrimoine public. Ce système d’octroi a,toujours, été camouflé derrière une apparence d’économie publique dévoyée par des réseaux d’extorsion installés au sein même des structures de gestion et de contrôle. Le caractère délinquant de cette administration de la violence a atteint un stade qui exclut toute idée de compromis cohérent avec des forces productives. Les clientèles associées à l’exercice du pouvoir amassent à partir de prélèvements légaux ou camouflés sur les patrimoines accumulés et les richesses produites. Cela a commencé par les biens vacants et les crédits sélectifs, les dérogations douanières et la distribution des terres pour se poursuivre par l’octroi de licences d’importation, de marchés publics et de «bons» d’équipement négociables et finir par la prise en main directe de services publics. La souveraineté se trouve alors en permanence privativement et frauduleusement monnayée du haut en bas de l’échelle de l’autorité et d’abord pour les gros patrimoines. Les luttes pour le pouvoir se cristallisent donc au niveau du contrôle des comptoirs au service des firmes étrangères et de leurs associés-représentants véreux. La souveraineté est de fait progressivement transférée à l’extérieur, sans autre formalité. La privatisation a enfin lieu dans un schéma revisité de l’abandon de souveraineté, par recolonisation. La coalition d’oligarques sans visage et sans honneur, placés hors du champ public de responsabilité, ayant accumulé par la fraude, le détournement et la guerre civile les fortunes les plus colossales, constitue le vrai obstacle au marché et au succès des privatisations. Elle forme des cartels liés en réseaux fondés sur la conjuration permanente et les contrats douteux avec les possédants, les bureaucrates subordonnés et les marionnettes politiques. On a échappé à la fin du monde, on n’échappera ni au système, ni à la chkara, ni aux simulacres de débats. Les Algériens continuent, dans leur majorité, a être dans l’attente d’un pays normal où celui qui fait son travail doit être mieux considéré que le flemmard et où l’honnête homme ne soit pas considéré comme un niais qui n’a rien compris. Le peuple attendra..




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    lhadi
    24 août 2017 - 15 h 10 min

    Le premier des ministres ne sera pas au service de l’Algérie, mais celui du Président. Il va se garder d’agir pour éviter les erreurs et s’interdir les idées pour échapper aux disputes.

    Un exécutif qui veut juste défendre sa position et non conquérir le pays n’avance plus et ne crée plus.

    C’est donc des années perdues qui s’avancent.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])




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    Zitoun
    24 août 2017 - 14 h 50 min

    Application de la constitution par l’activation de l’article 102 afin que le peuple puisse retrouver sa souveraineté dans une élection ouverte et transparente. Un renouvellement du personnel politique est nécessaire aussi afin que cette vielle génération qui nous amène dans le mur partent en retraite dans le but de faire émerger une nouvelle génération de leader et la mise en place d’un modèle économique qui crée de la richesse et assure une bonne redistribution.




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    Anonyme
    24 août 2017 - 13 h 59 min

    Un seul mot adressé à ce régime criminel associé aux mafieux, aux corrompus de l’argent sale et il nous l’a démontré par le limogeage de Teboune qui a osé s’y intéressé. DÉGAGEZ avant qu’il y ait un chaos populaire qui mènerait le pays dans une impasse irréparable.




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    Abou Stroff
    24 août 2017 - 13 h 49 min

    « Par, au moins, deux actes, Ouyahia a montré que son gouvernement n’a pas l’intention d’opérer la rupture avec cette politique sociale. » soutient K. M..
    mais monsieur, pourquoi avancer une évidence? ouyahia n’a t il pas été nommé premier des ministres de fakhamatouhou pour appliquer le programme de fakhamatouhou?
    Par conséquent, ouyahia a un objectif et un seul: calmer la rue en attendant que les prix des hydrocarbures entament un mouvement à la hausse.
    moralité de l’histoire: tous les « collaborateurs » de fakhamatouhou nous parlent du « programme du président ». quelqu’un peut il nous donner les grandes lignes de ce programme. car, je ne sais toujours pas ce que contient ce programme?




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