Contribution – Quand la barque de l’éducation est trouée…

Ecole sage
Quelle solution pour l'Ecole algérienne d'aujourd'hui ? New Press

Par Kaddour Naïmi – Un sage antique écrivit, en substance : «Vous voulez que les vols cessent ? Eliminez l’inégalité entre les citoyens !» En outre, n’importe quelle personne, même la plus analphabète, convient de ceci : si la barque comporte des trous, en quoi se limiter à jeter par-dessus bord l’eau infiltrée épargnerait-il à la barque de s’engloutir ? Ne faut-il pas réparer la coque de la barque ?

Ces réflexions surgissent en lisant un article concernant une éventuelle décision d’une ministre (1).

Si l’information contenue dans l’article correspond à la volonté réelle de la ministre en question, accuser des enseignants d’embourgeoisement n’est-il pas le comble de l’imposture de la part d’un membre de la classe étatique algérienne ? Les lecteurs de l’article montrent qu’ils ne sont pas dupes. Leurs commentaires sont clairs et pertinents.

Contentons-nous, cependant, de trois questions. 1) Un enseignant prendrait-il la peine d’ajouter à ses heures de travail institutionnel des cours privés s’il disposait d’un salaire suffisant ? 2) Des écoliers auraient-ils besoin de payer des cours privés s’ils bénéficiaient d’une école capable de leur fournir l’enseignement adéquat dont ils ont besoin ? 3) Exiger d’enseignants une «déclaration sur l’honneur» pour ne pas donner des cours privés, en quoi cela pourrait-il améliorer la situation de carence du secteur éducatif national ? Ne sommes-nous pas dans la ridicule illusion de croire naviguer sur une barque dont la coque est trouée, en se limitant à jeter l’eau infiltrée par-dessus bord ? Et dans la non moins ridicule illusion de vouloir faire cesser les vols en les punissant, au lieu d’atténuer les inégalités sociales ? Et cela viendrait de la personne qui a la charge de… l’éducation nationale !

Aux trois questions posées ci-dessus, n’importe quelle personne dotée simplement de raison, sans être ministre de quoi que ce soit, ni sociologue, ni politicologue, cette personne donc répond certainement : Non ! Ce ne sont pas les enseignants qui donnent des cours privés qu’il faut stigmatiser et sanctionner (ou exiger d’eux une «déclaration sur l’honneur»), mais les dirigeants du secteur de l’éducation nationale. Ils devraient être licenciés et remplacés par des personnes capables de réformer ce secteur de manière à ne pas produire, d’une part, des écoliers nécessiteux de cours privés et, d’autre part, des enseignants besogneux de prolonger leur activité professionnelle au-delà de leur normal engagement institutionnel.

Voici ce qu’affirme Bachir Hakem, professeur de mathématiques et syndicaliste dans le secteur éducatif, dans un document qu’il m’a envoyé en privé : «Le système de l’éducation nationale est à revoir dans sa globalité. L’école algérienne est confrontée, aujourd’hui, en 2018, aux défis de l’efficacité et de la qualité.»

En effet, après une toute première phase, suite à l’indépendance nationale, de démocratisation, l’école algérienne s’est progressivement conformée à l’évolution socio-historique de la classe gérant le pays : improvisations hâtives répondant à des considérations idéologiques imposées, avec leurs inévitables conséquences, médiocrité et démagogie de dirigeants, grassement payés et, ceux-là, oui, embourgeoisés. Les résultats sont visibles à toute personne honnête.

S’il y a privatisation de l’instruction, eh bien, les auteurs de celle-ci, les responsables premiers, sont les dirigeants du secteur de l’éducation nationale, par leur méthode de gestion. Soit elle est incompétente, et alors, il faut changer de dirigeants ; soit ces dirigeants sont compétents, et alors ils travaillent sciemment (sans le courage de l’avouer publiquement) dans le sens de rendre le secteur éducatif national tellement médiocre au point de justifier sa privatisation, répondant ainsi aux exigences de l’oligarchie capitaliste mondiale. Et s’il faut parler d’embourgeoisement, ce sont d’abord ces mêmes dirigeants qui se sont offert ce privilège.

Ajoutons un autre défaut : une mentalité répressive, le recours au seul matrag (bâton), comme dirait J’ha. En effet, aux enseignants contraints à la grève pour la satisfaction de leurs droits légitimes, à savoir des conditions correctes de travail, fut brandie la menace de licenciement. Et voici maintenant l’accusation d’embourgeoisement d’enseignants qui sont obligés de fournir des cours privés pour compenser leur salaire inadéquat.

La solution rationnelle, logique et juste n’est-elle pas toute autre ? Que l’on commence à réformer le secteur de l’éducation nationale de telle manière qu’il réponde à la qualité et à l’efficacité, comme l’affirme Hakem Bachir. Pour y parvenir, que le secteur éducatif soit dirigé par des personnes réellement compétentes, dont l’idéal est d’instruire convenablement, sans penser à s’embourgeoiser subrepticement. Alors, et seulement alors, il n’y aura ni élèves besogneux de cours privés, ni enseignants contraints à offrir ce genre de service. Et s’il faut consulter des personnes pour accomplir ce miracle, il n’est pas nécessaire de recourir à des «experts» et «consultants» étrangers (pour se faire des «amis» commodes), mais simplement de s’adresser aux enseignants algériens des syndicats authentiquement autonomes de l’éducation. Autrement, les dirigeants du secteur éducatif ne sont que dans la répression et la démagogie, tout en bénéficiant d’un salaire qui ne les contraint pas à donner des cours privés. Est-ce là fournir les caractéristiques d’une authentique éducation ? Celle-ci n’exige-t-elle pas concertation démocratique réelle avec les travailleurs du secteur, sincérité et compétence dans l’établissement des diagnostics et des solutions dans l’intérêt vraiment du peuple ?

K. N.

[email protected]

(1)https://www.algeriepatriotique.com/2018/08/05/benghebrit-veut-mettre-fin-a-lembourgeoisement-illicite-enseignants/

Comment (22)

    Anonyme
    8 août 2018 - 23 h 42 min

    C’est quoi le rôle de ce trou dans la photo. Je me demande si ce n,est pas pour terroriser les élevés avec le dernier jugement

    Anonimi
    8 août 2018 - 17 h 53 min

    Je rejoins la tendance générale des commentaires pour dire que c’est plutôt le système de gouvernance algérien qui est sclérosé et inefficient, l’école est à son image.
    Pour le cas des cours de soutien, il suffit de leur appliquer la loi qui interdit à tout citoyen d’exercer le métier d’enseignant en dehors des établissements publics et privés officiellement destinés à cet effet. Il suffit aux services des impôts, de police, de gendarmerie, d’hygiène, de protection de l’enfance de faire tout simplement le travail en investissant les garages , sous-sols et autre caves où sont entassés des élèves sans respect d’aucune règles. Il faut également pénaliser les propriétaires de ces lieux qui sont complices de ces pratiques clandestines très lucratives.

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    Anonyme
    8 août 2018 - 16 h 49 min

    Vous n’apportez rien au débat M Naimi,à part accuser les responsables. Les vrais responsables du sinistre de l’école c les enseignants,minés par l’islamisme. Benghabrit a essayé de tirer l’école de ce bourbier mais c islamistes s’y opposent. On provoque un tollé sur la  » basma.. » »! Pourquoi l’école forme des bras cassés ?? Souvenez vous des 1ers cadres des années 60/70 bien formés aux bonnes écoles,ce dont c cadres qui ont construit tout ce qui est encore debout dans ce pays. Nos diplomes étaient reconnus.

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    timour
    7 août 2018 - 22 h 56 min

    Madame Benghebrit est, comme tous les autres ministres, interchangeable, dépendante des décisions d’un pouvoir occulte qui régente, sans rendre compte au peuple, la politique intérieure et extérieure de ce pays. Ce pouvoir invisible, obligé de ménager les islamistes (car il en a peur), gère un organe vital pour un état c’est l’Education qui est la clé de la pérennité de notre nation. Des instructions pédagogiques aberrantes prises il y a des dizaines d’années par des ministres incompétents, et qu’aucun gouvernement n’a jamais eu le courage de remettre en cause, continuent de réglementer cette institution. Nous en mesurons les conséquences à cette minute.
    Cette ministre est confrontée à certains enseignants mal formés et inconscients de leur importante mission patriotique. Faisons un constat : des syndicats qui œuvrent pour des chapelles religieuses ou linguistiques en ignorants les réalités socio-économiques qui attendent les futures générations de ce Pays s’opposent à toutes tentatives de réformes. Elle est en outre contestée par des citoyens incapables de voir l’essentiel et même d’être un peu réalistes.
    Mme La Ministre est bien —seule— devant l’immense problème de l’Education Nationale en Algérie. Et pourtant, c’est une femme très compétente de par sa formation. Cela ne suffit pas toutefois.
    Il est donc aisé de la discréditer, et par la même occasion, la femme, en considérant qu’elle n’est pas à même de porter l’Ecole algérienne vers l‘excellence.
    Mais n’est-ce pas, aussi, de la responsabilité de tous les citoyens de ce pays, de —notre— responsabilité? N’avons-nous pas les gouvernants que nous méritons ?
    L’Ecole algérienne est malade et c’est le reflet d’une société désorientée, inquiète, déçue, amorphe. Quand il s’agit d’éducation on ne peut ignorer le contexte socio économique et politique. Toute réforme au niveau de l’Education Nationale s’inscrit dans un projet de société. Or, vers quelle société nous dirigeons-nous ? Quel « Projet de société » nous proposent les Ould Abbès et compagnie ? Ont-ils pris connaissance des multiples rapports, classements, analyses parus sur l’état préoccupant de notre école ? Se rendent-ils compte de l’état de délabrement civique et moral de la population: on tue pour une place de parking!
    N’importe quel(le) Ministre de l’E.N. ne pourra jamais entreprendre— seule— une telle réforme sans une énergique intervention du Chef de l’Etat qui doit en définir officiellement les grandes lignes après consultation des parties prenantes ; Qui sont-elles ? : citoyens, parents, chercheurs, professeurs d’université, élus, animateurs culturels et sportifs, chefs d’entreprise, syndicalistes, enseignants, maires, étudiants, retraités. La (le)Ministre étant là pour apporter les éléments techniques, psychologiques, pédagogiques, et faire part des expériences étrangères qui ont porté leurs fruits avec les possibilités d’adaptation à notre personnalité. Il ressort donc de faire un bilan, de l’analyser et de définir les méthodes permettant de fonder un système éducatif performant. Il est indispensable qu’il soit apte à intégrer les nouvelles générations au monde du XXI° siècle.
    Depuis longtemps, il saute aux yeux à tous les parents conscients de leur devoir que le fonctionnement et les performances de notre Ecole publique ne correspondent en rien aux attentes d’une telle institution. Il est flagrant, vu la déperdition d’élèves au cours des cycles d’étude qu’économiquement, qu’elle n’a jamais été rentable.
    Donc cette réforme est urgente et nécessaire. Elle doit être courageuse car il faudra rendre à la République ses attributions et ses devoirs :
    —apporter aux enfants et jeunes gens de ce pays la —connaissance— par un enseignement solide et efficace dénuée de tous préjugés
    —par —l’éducation— leur permettre d’affirmer et d’épanouir leur personnalité ; de développer des aptitudes ; d’acquérir les usages de la société ; de s’initier à des approches culturelles
    Reste à redéfinir le problème linguistique qui est vraiment spécial à notre pays (quatre langues en concurrence dont une, la plus usitée non codifiée littérairement !).
    Ainsi que le problème de la religion ; doit-elle faire partie intégrante du processus éducatif et avoir l’importance dont elle jouit à ce jour ? Quelle peut être sa justification pédagogique. Est-elle compatible avec la démarche humaniste et universelle que cette réforme doit définir ? Doit-elle être réservée uniquement à la mosquée ?
    Maintenant il ne faut pas ignorer le côté pécuniaire de la rémunération de l’enseignant. Si l’Etat veut de bons enseignants, dévoués à leurs élèves en classe, à lui de bien les payer. De même les effectifs d’une classe conditionnent l’efficacité de l’enseignant : 25 élèves permettent d’obtenir de bons résultats. Quant aux locaux et matériels pédagogiques, ils sont souvent désuets à l’heure d’internet.
    Bien entendu, cette réforme risque de remettre en cause, à terme, la structure politique actuelle. En rendant les citoyens actifs sur le plan de leur destinée, critiques sur le mode de gouvernance et conscients de leurs responsabilités dans le devenir de ce pays, ce processus peut instaurer à la longue une réelle démocratie. Et balayer ainsi les tenants du pouvoir actuel qui se targuent d’être les seuls à détenir la vérité au nom du passé.
    Ce pouvoir, dont Mme Benghebrit est membre, en est-il capable? J’en doute.

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    Algerien pur et dur.
    7 août 2018 - 21 h 00 min

    Ya ness, regardez le nombre de pouces vers le bas sur des commentaires plus que censes (j’ai note la meme chose sur d’autres articles d’AP). On est encercle. Ces votes font du dangereux trou dans la cours de l’ecole beaucoup plus une realite qu’un symbole. Notre pays est malheureusement foutu. Les carottes sont cuites. Il est deja dans les mains de vous savez qui. C’est l’histoire de la belle (notre pays) et la bête au sense propre et figure. Je voudrai tellement voir de l’espoir mais c’est peine perdue. Quant aux pays europeens dont la politique myopique et mercantile a encourage tout ca, ils finiront tot ou tard par vivre les consequences.

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    Anonyme
    7 août 2018 - 0 h 20 min

    Regardez l’image, il ya une tombe ou un trou. C’est ça l’école d’aujourd’hui.

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    Moh
    6 août 2018 - 23 h 01 min

    Un tombeau dans une école, tout un symbole

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    L
    6 août 2018 - 21 h 11 min

    Un grand trou 🕳 juste devant une rangée d’enfants, c’est quand-même bizarre, et qui fermera ce 🕳 trou ?

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      MELLO
      7 août 2018 - 12 h 49 min

      Sur une route nationale , un gros trou cause plusieurs accidents. Les ambulances ne suffisent pas de ramener les blesses a l’hopital. Un conseil des ministres se reunit afin de decider des actions a entreprendre. Un ministre propose d’acheter d’autres ambulances, un autre intervient en proposant de construire un hopital a cote du «  gros trou », un autre intervient en affirmant que la construction d’un hopital coute chere, alors il propose de tout faire pour rapprocher le gros trou a cote’ de l’hopital. Moralite’ , tous ces ministres sortent de l’ecole Algerienne.

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        Anonyme
        8 août 2018 - 22 h 27 min

        Je suis en train de rire depuis la lecture de ton commentaire !! MERCI!!

        J’ai sauvegardé ton commentaire pour le relire
        quand je suis triste…Juste pour rire.

        Une réalité amère.

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    Felfel Har
    6 août 2018 - 21 h 09 min

    Le modèle algérien en matière d’éducation depuis l’école fondamentale a fait faillite depuis que la religion s’y est invitée, faisant de l’école un vivier d’inculture, d’embrigadement et d’abrutissement, sous la houlette d’agents de propagande, pseudo- connaisseurs de la religion. On n’apprend plus à nos enfants à réfléchir, mais à gober et réciter/répéter des balivernes et mimiquer des comportements insolites. L’instruction et l’enseignement devraient être l’apanage de professionnels, de pédagogues qualifiés et non pas de charlatans psalmodiant des formules inintelligibles et insensées. L’éducation des enfants revient aux parents soucieux d’inscrire leur progéniture sur une rampe de lancement pour acquérir le Savoir, les Sciences, la Technologie. En Amérique, on cite souvent cette maxime « Good education starts with good parenting ». L’enseignant doit retrouver son rôle de Maître et ne pas céder ses prérogatives nobles à des apprentis-sorciers. Que l’on s’inspire du modèle finlandais dans ce domaine! Les enseignants sont des sommités formant une élite qualifiée, rompue aux techniques et stratégies d’enseignement dont les résultats sont mesurés lors des concours internationaux où leurs étudiants excellent. Leur rémunération devient alors une juste compensation pour leurs efforts, leur dédication et les résultats obtenus. Notre ministre de l’éducation, les parents d’élèves et la société entière devraient s’en inspirer.

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    Sonia H/B
    6 août 2018 - 19 h 01 min

    En fait, tout le monde est dans le tort face à cette situation. Tout le monde s’en fou et cherche les moyens de vie faciles et régler ses problèmes sans réfléchir aux besoins et aux conséquences à moyen et long terme. Le train est en rail, les enseignants se sentent mieux depuis cette initiative de cours en donnant peu en classe pour ne pas se fatiguer et en récoltant plus en dehors de la sphère scolaire. L’oisiveté, la routine dans l’enseignement a poussé les enseignants à avoir plus et c’est le seul réconfort par rapport à ce métier en léthargie; les cours stagnent et ne changent pas, très peu d’activités pour éveiller et engager les élèves, il faut en effet reprogrammer les contenus en fonction des objectifs fixés pour l’économie du pays, ce qui montre un écart incommensurable entre ces deux champs. D’autre part, si un enseignant n’est pas compétent, ce n’est pas en donnant les cours supplémentaires qu’il le deviendra mais c’est avec des formations riches qu’il avancera et évoluera afin de diversifier ses stratégies d’enseignement devenues une corvée pour les élèves; mais la compétence n’est pas tout à fait le critère recherché chez les enseignants et l’académie dont le rôle s’avère plus de pérenniser cette atmosphère épouvantable pour tout le corps scolaire, ne se préoccupe pas de l’apprentissage. L’enseignant se cherche, se questionne sans trouver de réponse à part dans les cours particuliers qui le maintiennent face à la vie chère et difficile de nos jours. L’élève n’a aucun repère actuellement et fait tout pour réussir à travers les cours supplémentaires; les parents suivent et se contentent de voir le progrès de leurs enfants à travers un investissement juteux et qui ne mènera à rien pour beaucoup mais qui donnera la chance de continuer les études ailleurs, c’est ça la première grande réussite actuellement. La conscience professionnelle n’a jamais été inculquée pour tous et tout le monde suit le ronron quotidien et se plaint de tout sans pour autant être écouté; à la fin, les parents capables envoient leurs enfants sous d’autres cieux plus cléments pour les études et de qualité avec un grand espoir : rester là bas. La décision de Mme Benghebrit ne donnera pas de résultats et favorisera encore d’autres maux car seule une vraie politique de gestion et de contrôle efficace de l’éducation entière brillera: après les cours de la journée dans une école ; des personnes bénévoles peuvent prendre en charge certains élèves à besoin pendant 60 minutes afin de le aider et pour ceux qui payants, il faudra réguler le prix mais encore faudra t-il d’abord que certaines valeurs soient développées et de mise à l’école: les notions de bénévolat, de collaboration, d’aide; encore là, ces valeurs s’apprennent et ne doivent pas faire défaut dans les contenus des programmes pour entamer progressivement les changements au sein de la sphère scolaire et éradiquer par la suite tous les fléaux susceptibles d’entraver l’amélioration de l’éducation en Algérie tels que les cours à prix exorbitant, la nonchalance vis à vis de la réussite, la valorisation de l’apprenant et de son apprentissage.

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    Ran
    6 août 2018 - 15 h 36 min

    Yabdes merci je suis tout a fait d acvord avec ce que vous dites
    une chose encore 80% des profs font le minimum dans leurs etablisements et le naximum dans les cours ptives cesg une honte

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    Kahina-DZ
    6 août 2018 - 15 h 22 min

    Le problème en Algérie est le fait que la fonction d.enseignement a perdu de sa valeur. Cette fonction a été discrédité par les responsables en premier, les enseignants et les parents qui n’éduquent plus leurs enfants.
    L’école Algérienne est devenue une annexe des mosquées.

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    Ch'ha
    6 août 2018 - 15 h 10 min

    Syndicat et autonome ?! Mouais les syndicats en France sont tous politisés donc quand on a dit ça on a tout dit, le jour où vous verrez les syndicats défendre les salariés et leur droit faites moi signe.
    Je prends l’exemple de la France : les enseignants des fonctionnaires qui disposent de salaires plus que correct des vacances scolaires etc etc qui n’ont pas un rythme de travail d’ouvriers ou même cadres en entreprise avec objectifs de rentabilité etc sont toujours en train de se plaindre en grève tous les 4 matins et pour en connaître certains à profiter du système se mettre en arrêt maladie virtuelle pour un oui ou pour un non. Sans parler de leur niveau exécrable et de leur qualité d’enseignement INEXISTANTE.
    J’en connais un, diplômé en sciences de l’environnement thésard, qui n’a pas atterri dans l’enseignement faute de job dans son domaine mais par choix et vocation : il s’investit avec ses élèves son école fait du bénévolat et créé des structures activités extérieures pour ses élèves en dehors de ses heures de travail payées.
    Donc ok, la responsabilité du fiasco éducatif public en France incombe aux politiques de droite comme de gauche mais l’enseignant a sa part de responsabilité et pas des moindres.
    Pourquoi faire payer des cours particuliers et ne pas proposer aux éléments en difficulté une aide aux devoirs supplémentaires aux heures d’étude (hors journée scolaire, fin de journée de 16h-18h30).
    En se faisant payer l’aspect mercantile de ces enseignants est manifeste.
    En France, nombreuses associations fournissent l’aide aux devoirs en dehors des cours et pendant les vacances scolaires sans frais pour les familles déjà en difficulté.
    Car qui peut se payer les cours privés pas tous les algériens et certainement pas ceux qui en ont le plus besoin.

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    Anonyme
    6 août 2018 - 13 h 08 min

    Le salut d’une nation c’est l’école. Nous somme tous et toutes d’accord sur ce constat. Ceci-dit, l’école est cloisonnée dans l’accompagnement du symptôme sociologique et ne cherche pas à développer la compréhension du fait cognitif. Au lieu de former des producteurs-exporteurs, l’école produit des consuméristes.
    Je vous invite à lire les travaux du Professeur Zellal sur les Neurosciences et leur impact sur la production d’apprenants qui produisent et qui peuvent contribuer au développement économique du pays.
    Hichem SOUHALI, Université de Batna 2

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    yabdas
    6 août 2018 - 12 h 19 min

    beaucoup de philosophie et sans aller concretement au fond du probleme.c’est une crise morale qui touche toute la societe.la majorite des enseignants se sont desengages de leur responsabilite.aller voir ce qui se passe entre les murs des classes et juger apres.aux eleves demandant plus d’explications,on leur repond d’aller aux cours particuliers pour mieux comprendre.des enseignants se permettent de condencer trois chapitres en un seul cours,….a cela ajouter l’incompetence par manque de formation serieuse.qu’attendre d’un jeune passant directement de la rue a la prise en charge d’une ou plusieurs classes????

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    Abou Stroff
    6 août 2018 - 10 h 14 min

    « Quand la barque de l’éducation est trouée… » titre K. N..
    je pense que le système éducatif est une PARTIE d’un TOUT et que cette partie ne peut être comprise que si elle est intégrée au tout qui lui donne un sens.
    en effet, dans toute formation sociale, l’école (et le système éducatif, en général), en tant qu’appareil idéologique, contribue à la reproduction du « système » dont elle n’est qu’un élément. la reproduction du système suppose qu’à travers l’école ou le système éducatif, en général, les classes et couches dominantes imposent, pour leur pérennité en tant que classes et couches dominantes, leurs valeurs au reste de la société. posons nous une question simple ou une simple question: l’école algérienne répond t elle aux besoins de renouvellement du système rentier qui domine en Algérie, système basé sur la distribution de la rente et sur la prédation? la réponse ne peut être que positive.
    en effet, la marabunta qui nous gouverne, composée de couches prédatrices a besoin d’abrutir l’ensemble de la société pour continuer à jouir des bienfaits de la rente qu’elle monopolise. car, les couches rentières qui abhorrent le travail en tant que valeur, n’ont besoin que de tubes digestifs ambulants à gaver pour que l' »activité » de ces derniers se réduise à absorber pour ensuite déféquer.
    la marabunta qui nous gouverne n’a besoin ni d’une industrie performante, ni d’une agriculture performante et encore moins d’un système éducatif performant. car la performance constitue la négation du système rentier qui permet à la marabunta qui nous gouverne de pérenniser son pouvoir.
    en d’autres termes, dans le cadre du système rentier, l’objectif essentiel assigné, entre autres, au système éducatif en général est de produire des zombies dont le nombre de connexions neuronales se limitent au minimum (n’avez vous pas remarqué que les universitaires sont devenus de plus en plus amorphes et que les étudiants algériens ne montrent plus la fougue d’antan?). moralité de l’histoire: quand on veut tuer un serpent, on vise la tête, or, le système éducatif en général, n’est pas la tête du système rentier.
    PS1: notons que l’islamisme en tant qu’idéologie est au système rentier ce que la « démocratie » est au système capitaliste. par conséquent, si nous voulons que notre système éducatif produise des citoyens RATIONNELS, conscients de leurs droits et de leurs devoirs et non des croyants à la merci de n’importe quel gourou, alors, il nous faudra d’abord et avant tout penser à « déconstruire » le système rentier en éliminant les couches rentières quelles que soient leurs colorations politiques (cette action s’appelle la révolution).
    PS2: reconnaissons, enfin, que celui qui a avancé que la religion était l’opium du peuple n’avait pas tort du tout. ainsi, pendant que les autres peuples se sont débarrassés du carcan religieux et planifient un « amarsissage » sur la planète Mars, les peuples musulmans continuent à s’interroger sur la longueur des jupes de femmes et sur la couleur halal de leurs petites culottes.

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    lhadi
    6 août 2018 - 9 h 59 min

    Quelles que soient les circonstances de la vie qui peuvent donner la richesse à l’un et réduire l’autre à la pauvreté, et que la nature ait doté les êtres humains d’aptitudes et de compétences plus ou moins grandes, tous ont en commun d’être fait de poussière et d’être promis à la poussière, comme le dit le Prophète. Aussi faut-il que maitres, chefs, gouvernants et « seigneurs » abandonnent tout sentiment de supériorité par rapport au peuple, tout sentiment de charité à son endroit car, en l’occurrence, la charité n’est qu’une forme de condescendance. De tels sentiments doivent céder la place à la foi en l’égalité et la justice.

    Ces sentiments doivent devenir un élément de notre vision des choses et de notre jugement, un élément fondateur de notre sentiment national. Alors et alors seulement, nous pourrons nous convaincre tous que chacun de nous a droit à une vie utile et digne, et que l’enseignement et la culture, sous toutes leurs formes, sont la voie que nous devons suivre pour y parvenir. Alors, nous croirons tous ensemble que l’enjeu et la valeur de l’enseignement sont ceux de la vie même.

    C’est dans le cadre de cette société démocratique que l’indépendance, acquise au prix du sang, pourra être préservée et qu’il sera possible de construire une société forte militairement, économiquement, socialement et culturellement. Tout cela ne peut se faire que par le savoir et l’enseignement.

    La liberté et l’indépendance ne sont qu’un moyen de parvenir à un but : l’édification de la civilisation, qui est fondée sur la culture et le savoir, et sur la force et la richesse qui en découlent. Cela exige la construction d’une armée fière et puisante, la mise en place d’une économie nationale moderne et l’instauration d’une indépendance scientifique, artistique et littéraire. Pour cela, il n’y a qu’une seule voie : assoir l’enseignement sur des bases solides.

    La ministre de l’éducation nationale aurait dû définir, dès le début, les objectifs généraux et les étapes transitoires en même temps qu’elle aurait dû proposer des lois de programme pluriannuelles qui mettront le train de l’éducation nationale sur les rails de l’excellence.

    Elle ne doit pas perdre de vue qu’une politique démocratique et moderne de l’Education nationale doit répondre aux impératifs économiques, sociaux et culturels du développement de l’Algérie et garantir le droit de chacun à l’éducation initiale et permanente qui épouse notre siècle.

    Fraternellement lhadi

    ([email protected])

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    MELLO
    6 août 2018 - 8 h 28 min

    Toujours aussi percutant, ce Kadour Naimi, pour aller aborder des sujets de societe et laisser pantois tous ces responsables auteurs de cette decadence vertigineuse. Neanmoins l’autre face ,de cette meme piece, n’est autre qu’un jeu subtil ,monte’ par la ministre a l’effet de detourner le regard sur les vrais problemes que vit l’ecole en particulier et le citoyen en general. Effectivement , le vrai dans cette histoire c’est cette «  barque trouee qui coule » . L’ecole Algerienne chavire , au sens propre, mais madame la ministre invente un sujet de discussion qui risque de pousser ces enseignants vers un radicalisme extreme, ceci connaissant la mentalite’ de l’Algerien. L’ecole Algerienne fut un sujet aborde’ maintes fois par des specialistes, telle Malika Greffou, des commissions d’experts avaient preconise’ des solutions depuis plusieurs annees, mais , mais comme le dit si bien Mr Kadour Naimi « les dirigeants travaillent sciamment , sans l’avouer publiquement, dans le sens de rendre le secteur educatif national tellement mediocre … » ,moi je dirais pour que leurs enfants scolarises ailleurs puissent etre toujours les meilleurs.

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      Hamza
      6 août 2018 - 10 h 57 min

      Moi je part d’une simple logique, pourquoi reformé notre système éducatif?
      Pourquoi entretenir nos infrastructures éducatives?
      Parce que Mr MELLO vous venez de le dire: Leurs enfants sont scolarisés ailleurs, donc il est pas utile de gaspiller de l’argent pour ceux qui vivent au pays.

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        MELLO
        6 août 2018 - 14 h 25 min

        Si on rentre dans ce debat, c’est pour leur dire ,en terme de chez nous : FAKOUUUU ! . Oui, pourquoi et pour qui reformer l’ecole Algerienne ? Pourquoi former des Docteurs es-sciences, des politologues ou encore autres cadres de hauts niveaux si le principe du pouvoir reste en place ? .
        J’allais dire que ce trou beant, sur la photo, est le tombeau creuse’ pour notre ecole.

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