Opposition laminée

APN renouvellement
De quelle opposition parlons-nous ? New Press

Par Bachir Medjahed – Le système, disait-on il y a de cela quelques années, a atteint ses limites. C’en est fini de ses capacités de renouvellement. Il aurait épuisé toutes les possibilités d’alternance en son sein. Le système serait agonisant. La confirmation proviendrait de ce que l’alternance ne se ferait plus en son sein mais concernerait une opposition authentique.

Mais qu’est-ce qu’une opposition authentique ? Authentique car elle a toujours été hors du pouvoir ou contre le pouvoir ? Nous avons des oppositions, non pas parce qu’elles sont contre le pouvoir, mais parce qu’elles ne sont pas intégrées au pouvoir. La nuance est de taille. A cette opposition qui n’a jamais été intégrée au pouvoir s’ajoute une opposition d’une autre nature, celle qui a été au pouvoir et qui l’a quitté ou en a été débarquée.

Nous avons la conviction que nos décideurs ne sont pas de ceux qui laissent faire le hasard. Ils ne sont pas de ceux qui vont au lit sans préparer le lendemain et d’autres lendemains. Dans le système qui «nous» a formés, toute décision prise par les «invisibles» l’est en faveur de l’intérêt national. C’est leur conviction. Dans ce référentiel, n’importe quel individu qui accède à un poste, même le plus en vue et le plus discret, agira comme celui auquel il succède.

A ce niveau de décision – encore qu’il n’y a pas de décision individuelle, mais plutôt des décisions concertées –, tout ce qui s’entreprend l’est par rapport aux risques et menaces identifiés, selon un traitement sérieux des données.

Pour en revenir au système, bien des analystes pensent que l’alternance à celui-ci n’est crédible que si elle concernait l’opposition. Mais encore faut-il savoir de quelle opposition il s’agit. Que reste-t-il de l’opposition, de celle qui se disait intraitable ? Celle-ci est laminée. Les partis incontrôlables ont disparu, c’est-à-dire ceux qui peuvent introduire cette dose indésirable de hasard. Ceux qui restent peuvent bénéficier d’une autonomie et agir comme ils veulent car leur taille ne les place pas comme candidats sérieux d’accès aux rangs de faiseurs de bouleversement.

B. M.

Comment (5)

    conan
    25 octobre 2018 - 17 h 11 min

    SI L’OPPOSITION EST LAMINÉE , CECI SIGNIFIE QUE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION EST ABOLIE , LA DÉMOCRATIE EST ABOLIE ET TOUS
    LES DROITS DE L’HOMME SERONT ABOLIES EGALEMENT PAR LE
    RÉGIME DICTATORIAL , TYRANNIQUE QUI S’IMPOSE SEUL AU PEUPLE
    ALGÉRIEN ET LUI DICTE SES LOIS LIBERTICIDES ET GÉNÉRATRICES
    DES LOIS IMPOPULAIRES , DE LA MISÈRE NOIRE ET L’ESCLAVAGE ET PERMISSIVES DE LA DOMINATION EXCLUSIVE DANS LE DOMAINE MÉDIATIQUE DES MÉDIAS DE LA DÉSINFORMATION ET DES FAKE
    NEWS QUI ABRUTISSENT LE PEUPLE ALGÉRIEN ET LE MAINTENIR
    DANS L’IGNORANCE TOTALE POUR TOUTE LES COUCHES DU PEUPLE EN TROUPEAUX DE MOUTONS DOCILES ET MANIPULABLES COMME LES BALTAGUIAS QUE LE POUVOIR UTILISE POUR SERVIR SES INTÉRÊTS OCCULTES A LA PLACE DES ÉLITES INTELLECTUELLES CONSIDÉRÉES COMME DÉRANGEANTES DE SES INTÉRÊTS OCCULTES .

    Felfel Har
    25 octobre 2018 - 2 h 58 min

    Notre pays, qui périclitait en queue de peloton, a complètement basculé dans la médiocrité en dépit de ses immenses ressources et de ses énormes potentialités. C’est ce qui arrive quand des amateurs squattent la cabine de pilotage. Le navire tangue, perd le cap et menace de sombrer. Dans les pays qui se respectent, on s’inquiète et on se prépare à remorquer le bateau ivre: c’est la responsabilité de l’opposition; elle ne doit pas contempler depuis le rivage les flots menaçants, elle s’efforce de reprendre les commandes et d’écarter ceux qui, par mépris pour la vie des autres, par masochisme et par entêtement, préfèrent couler plutôt que de laisser de bons capitaines sauver ce qui reste à sauver. Les partis d’opposition ne doivent pas s’attendre à ce que le pouvoir leur tende la corde qui leur servira à le ligoter. Le pouvoir, fort de sa puissance ne leur fera pas la partie belle. Le poète latin, Virgile (l’Éneïde) se faisait fort de rappeler cette triste vérité quand il affirmait « Le loup ne cherche pas à surprendre les bergères ». Il attaque 3inani!

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    Karamazov
    24 octobre 2018 - 13 h 48 min

    On devrait me spliké ce qu’étymologiquement le terme de Marabounta veut-dire afin que je puisse l’adopter et l’accommoder à ma propre sauce. En attendant je le considère comme un anachronisme idéologique qui va comme un gant au pouvoir rentier : la religion appliquée à l’économie de rente.

    On peut considérer donc les opposants actuels non comme des défroqués qui ont apostasié leur religion mais comme des apôtres qui ont créé leur propres zaouia. Des franchisés qui participent du système concurrentiel, pour employer une formule du monde moderne mais qui n’est pas appropriée à notre système politique.

    Cependant cette opposition dans le système squatte la place de l’alternative qui elle n’existe pas ou n’existe que virtuellement.

    Une société rentière dominée par la religion ne pourrait produire autre chose que des héritiers qui la perpétuent jusqu’à son épuisement. L’exemple le plus frappant c’est le Dr Samedi qui a dit : je ne permets à personne de dire qu’il est plus musulman que moi . La suite on la connaît.

    Tant que la begra continuera tehleb, tant que le helleb vaudra autour de 70 dollars , tant que l’islam
    sera en même temps dinoun, thaqafatoune wa moudjtama3oun : wlech wlech wlech !

    Zaatar
    24 octobre 2018 - 12 h 59 min

    KHouya Medjahed, nhebek bezef bassah arrêtes un peu ce genre de discours. Chez nous ça se résume en très peu de ligne. la première, c’est ERRACHEM c’est H’mida et ELLAAB c’est également H’mida. La deuxième, c’est que le système qui nous gouverne par la distribution de la rente et par la prédation ne se tirera jamais une balle dans le pied, et vous savez très bien pourquoi. Enfin, l’opposition chez nous est moulée, usinée, fabriquée par H’mida même, celui par qui tout passe et qui décide de tout depuis 62…alors arrêtons de fantasmer sur la façon de faire de la politique chez nous.

    awrassi
    24 octobre 2018 - 11 h 12 min

    M. Medjahed, arrêtez de rêver ou d’essayer de nous faire rêver ! Les pays démocratiques, dont l’Algérie fait partie, sont des démocraties bourgeoises (au sens marxiste). Elles n’ont rien de populaire et ne produisent que des toutous dociles au pouvoir profond, le pouvoir de l’argent (et donc du capital, au sens marxiste une fois encore). Si vous voulez vous faire élire, il faut être à 100 % d’accord avec les positions et la charte du parti qui vous soutiendra et accepter de renvoyer l’ascenseur à tous vos soutiens particuliers. En gros, avant même de vous présenter, vous devez déjà faire allégeance ! Tout est régi par l’argent … Les hommes sont tous morts ! C’est pour cela que rien ne vaut une dictature nationaliste …

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