Semaine décisive

détermination événements
Risque de dérapage accru sur la suite des évènements. PPAgency

Par R. Mahmoudi Les événements qui défileront à partir de ce vendredi seront déterminants à la fois pour le processus électoral en cours et pour l’avenir du pays. Tous les Algériens attendent avec appréhension ce qui découlera des nouvelles manifestations annoncées pour ce vendredi, alors que le monde entier suit de près l’évolution de la situation dans notre pays, comme le montre ce premier commentaire du gouvernement français qui semble s’inquiéter de cette montée des contestations en Algérie.

Avec l’obstination du pouvoir à maintenir le cap contre vents et marées, en assumant désormais clairement sa détermination à passer en force, il y a bien, en effet, un risque que les contestations populaires se radicalisent davantage et que les choses basculent irrémédiablement dans la violence, même si tout le monde appelle à conserver le caractère pacifique des manifestations. Car il suffit, dans pareilles situations, d’une petite étincelle – un dérapage ou une provocation, ici ou là – pour que tout s’embrase et que des pyromanes, nombreux sur la Toile et certainement aussi dans des officines occultes, se mettent à entretenir le feu.

Comment sortir de cette impasse, avec le moindre coût ? Telle est la responsabilité de la classe politique. Or, de ce côté-ci, c’est la débandade totale. Désarçonnés par l’explosion populaire, les partis de l’opposition, y compris ceux ayant présenté un candidat à la présidentielle, semblent incapables d’agir sur le cours des événements. Entre boycott et menace de retrait de la course électorale, l’opposition prend ainsi le risque de s’effacer de la scène à un moment crucial de la vie de la nation.

Les partis de l’alliance présidentielle, qui sont censés jouer un rôle dynamique dans cette conjoncture délicate, sont dans une situation encore plus pathétique. Les querelles intestines qui refont surface au FLN donnent toute la mesure du mal qui ronge la classe dirigeante et, partant, de la menace qui pèse sur le pays.

R. M.  

Comment (9)

    CITOYEN
    28 février 2019 - 15 h 51 min

    si la situation bascule vers la violence se ne sera que de la faute du pouvoir qui veut faire passer son option par la force .
    Que les autres candidats se retire se ne sera que logique parce que les élections ne serons pas honnêtes c’est évident car comment expliquer la présence de SELLAL au coté de BEDOUI le ministre de l’intérieur à Adrar .
    La solution serai de reporter les élections de 02 mois et définir pendant cette période un pacte de refondation national qui déterminera la suite d’un processus politique national inclusif et accepté de tous
    c’est trés faisable et util pour tous pour une véritable édification de la nation ..

    k8mf
    28 février 2019 - 11 h 38 min

    pourquoi avez vous choisi cette photo pour illustrer cet article ?

    Zaatar
    28 février 2019 - 10 h 42 min

    Il est quasi certain qu’il n y aura pas de cinquième mandat, encore plus certain si ce premier Mars sera le théâtre de manifestations contre ce cinquième mandat. Cependant, il faut bien se mettre dans la tête que ce n’est la mise à l’écart de Bouteflika en l’obligeant (ou son clan) à renoncer au cinquième mandat que la solution est trouvée pour le pays. H’mida est bien enraciné, et il en a encore pour longtemps, la preuve le FLN prépare ses réformes en profondeur tenant compte de ce que lui renvoi la rue.

    DZA
    28 février 2019 - 10 h 40 min

    ‘’Comment sortir de cette impasse, avec le moindre coût ? Telle est la responsabilité de la classe politique.’’ Se demande l’auteur de l’article.
    Moi, je dis, en répondant aux revendications du peuple. Les revendications du peuple ne datent pas depuis les manifestations.
    Seulement, ce que vous appelez la classe politique, et que moi, je l’appelle la classe boulimique, s’occupait, de se remplir les poches, de substituer les lois et les droits par la corruption institutionnalisée, de réduire les espaces de liberté, etc. Jusqu’à arriver à la planche à billets.
    Donc, à la faillite à tous les niveaux.
    Il n’y a rien à attendre de ceux qui ont détourné l’intérêt de la Nation pour leurs intérêts personnels, d’où les luttes intestines.
    On ne fera rien, de neuf avec du vieux. Tout est à faire, l’Algérie, est à l’heure de la renaissance.

    L’Algérie, est encore forte et riche en femmes et en hommes, patriotes et intègres pour la remettre dans une perspective meilleure avec intelligence dans le calme et la sérénité.

    C’est peut-être la fin d’un monde, mais pas la fin du monde.

      Croyants ou Citoyens
      28 février 2019 - 15 h 45 min

      Que veut le peuple, tel est la question
      Si l’on part du postulat que le peuple ne veut ni d’un cinquième mandat ni du maintien du système corrompu bouteflikien, il n’en demeure pas moins que les attentes ne sont pas homogènes.
      Certains veulent qu’on permette à leurs enfants de prier en classe, d’autres veulent du travail, d’autres ne voient que l’aspect matériel dans le changement, d’autres veulent seulement ne plus voir la tête des dirigeants corrompus du pouvoir. Toutefois, dans l’Algérie profonde et donc au sein de la majorité de la population algérienne règne un désir de conservatisme ; société surislamisée oblige. Or, comme l’avait dit un écrivain qui n’est d’ailleurs apprécié que par une frange minoritaire d’Algeriens : on ne peut pas construire une démocratie avec des croyants. Une démocratie ne peut être construite que par des citoyens. Or là majorité des algériens se révèlent plus comme des croyants plutôt que des citoyens. Ce qui est le cas d’ailleurs dans la plus part des pays arabo-musulmans où il n’y a pas de démocratie.
      Ou lorsque l’on parle de démocratie, il s’agit d’une démocratie de façade où entre la théorie et la pratique coule le fleuve du Mississippi.

    Peuple algérien serein
    28 février 2019 - 10 h 18 min

    Monsieur R. Mahmoudi auteur de l’article , je suis désolé de vous le dire mais c’est inexacte d’affirmer que « TOUS les Algériens attendent avec appréhension ce qui découlera des nouvelles manifestations annoncées pour ce vendredi » . Moi je peux vous dire pour avoir assisté à la manifestation du 22 avril à Béjaia , puis celle du 24 avril à Alger je n’ai vu aucune inquiétude sur les visages des manifestants ou des citoyens en général, au contraire c’est la sérénité et c’est bon enfant si je puis me permettre ce terme ! Par contre , j’ai constaté leur détermination à vouloir aller jusqu’au bout pour le changement de système politique et pour crier leur refus du 5 ème mandat ! Les citoyens veulent simplement défendre leur dignité et celle de l’Algérie bafouillée par ce pouvoir autiste et dangereux pour la sécurité du pays. Et donc, je pense que l’inquiétude est à déceler plutôt chez le pouvoir ! Le peuple a des intentions pacifiques, et tout se passera bien même s’il peut survenir çà et çà des heurts avec les services de sécurité !

      Anonyme
      28 février 2019 - 16 h 03 min

      Très bien dit, j’ai vu de mes yeux la joie et la sérénité chez les manifestants de plusieurs villes du centre et de l’est du pays. L’affolement est plutôt chez les nantis du système qui voudraient bien profiter encore jusqu’à la dernière goutte de la mamelle pétrolière.

    Ghedia Aziz
    28 février 2019 - 9 h 16 min

    Dans la phase actuelle, les partis de l’opposition n’ont rien à se reprocher. Ils essaient, chacun à sa façon, de tirer leur épingle du jeu. Ce sont plutôt les partis de la coalition au pouvoir qui s’obstinent à jouer la carte de « nous ou le chaos » tout en sachant que leur candidat est disqualifié par la rue algérienne. Encore une fois, nous reiterons notre refus du 5e mandat et nous appelons la population à sortir manifester massivement ce vendredi. Mais dans le calme. Pacifiquement. Il n’est dans l’intérêt de personne que la situation prenne une mauvaise tournure.

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