Déni de réalité

Algérie répudiation
Marée humaine à Alger-Centre le 8 mars dernier. PPAgency

Par Sadek Sahraoui Les Algériens observent aujourd’hui leur cinquième vendredi de mobilisation pour contraindre le président Bouteflika à partir au terme de son mandat actuel.

La société civile et la classe politique refusent unanimement qu’il chapeaute la transition. Bien qu’il ait consenti quelques concessions, de pure forme, le chef de l’Etat continue cependant de camper sur sa position initiale. Il n’escompte lâcher le pouvoir qu’une fois son successeur élu.

Abdelaziz Bouteflika et ses partisans se trouvent néanmoins dans une position intenable. Nonobstant de la mobilisation populaire qui n’a pas faibli, il ne se passe également plus un jour sans que leur camp n’enregistre des défections. Le système Bouteflika se lézarde de partout. Même le FLN et le RND qui constituent ses deux principales béquilles politiques et qui ont, dans un passé très récent, défendu bec et ongle l’option du 5e mandant, commencent aujourd’hui à prendre leurs distances vis-à-vis du cercle présidentiel. Ils ont fini par comprendre que leur survie politique était en jeu.

L’exemple le plus patent de ce retournement de veste est donné par le parti d’Ahmed Ouyahia. Lors de son passage, mercredi, sur le plateau d’une chaîne de télévision privée algérienne, son porte-parole, Chiheb Seddik, a fait amende honorable. Il n’a également pas hésité à tirer à boulet rouge sur les promoteurs du 5e mandat et dénoncé «les forces non constitutionnelles» qui se sont infiltrées dans le pouvoir et qui dirigent actuellement le pays.

Même le FLN, le parti du Président, commence à opérer un virage un 180°. Ces repositionnements interviennent à un moment où tout laisse croire également que le chef d’état-major de l’ANP a changé sa perception de la crise.

Tous ces lâchages, ces repositionnements et les évolutions que connaît la situation font qu’aujourd’hui Abdelaziz Bouteflika est un homme seul. Un homme qui plus est donne l’impression de s’être emmuré dans une forme de déni de réalité.

L’Algérie est présentement prisonnière d’un statu quo inquiétant duquel il faut sortir très vite. Si l’on veut éviter les scénarios du pire, il serait temps que quelqu’un aille faire au Président un topo de ce qu’est réellement la situation.

S. S.

Comment (8)

    Zenaty
    23 mars 2019 - 12 h 46 min

    La Recreation est Fini… La Parole Au Peuple… Pour la Liberté et la Démocratie… M. Abdel Aziz Bouteflika… Tourner la Page. Et Bonne Retraite… Merci pour Tous les Algériennes et Les Algériens… Ont vous Aime Bien.. Mais on Aime Aussi L ALGERIE… DANS LA PAIX…

    Nasser
    22 mars 2019 - 23 h 26 min

    Egypte
    Le fils de Morsi déclare que son père a des troubles psychiatriques du fait des conditions de détention.
    Les responsables de cette prisons répondent qu’il leur a été « livré » ainsi……

    Zaatar
    22 mars 2019 - 16 h 12 min

    Des explications il en faut. Elles doivent être étayées cependant sur la base historique des événements passés en Algérie. Tous les Algériens savent que les tenants du pouvoir sont invisibles et même incognito aux peuple. On en veut pour preuve octobre 88 puis les années 90 après l’annulation des élections de 91. Après ces événements beaucoup ont cru aux changements suite aux remplacements de la vitrine du pouvoir où même le président y figure puisque on y a même mis Boudiaf (paix à son âme) pour mieux l’assassiner. On arrive actuellement à un moment quasi identique où le pouvoir est en train de sacrifier une partie sinon toute sa vitrine et essaiera de la remplacer par la suite. La question est celle ci: Est ce que le peuple mordra encore à l’hameçon ?

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    ABDEL
    22 mars 2019 - 14 h 11 min

    pourquoi utiliser la langue de bois et pas nommer ces fameuses forces non constitutionnelles qui dirigent le pays au moins depuis 2014? …il est a parier que c’est le clan familial qui s’est accaparé la gestion du pays,concidérant que le pays leur appartient ….,le président , de fait,restant, la façade  » légitime » en direction de l’opinion puplique,pour ne pas appliquer l’art de la constitution qui prévoit la vacation du pouvoir en cas d’empechement grave du président pour raison de santé!!

    Montoro
    22 mars 2019 - 14 h 10 min

    Je salut tout le monde et avec tout les analyses faites depuis 57 ans, il est temps pour que le peuple prend sa liberté et aller vers une transition transparente. Merci

    Anonyme
    22 mars 2019 - 14 h 02 min

    Il n y a pas d autre solution que d obliger Bouteflika a demissionner ou a le demissionner…c est l avenir du pays qu il met en jeu….L Algerie est au dessus de nous tous quitte a demander a la securite nationale d aller le chercher et le mettre devant ses responsabilites…L Armee doit rester neutre car c est l armee du peuple et c est l Algerie qu elle doit defendre et non un president malade,paralyse et qui ne veut rien lacher…..

    Elephant Man
    22 mars 2019 - 13 h 59 min

    Je réitère on ne dirige pas un pays avec le 1er venu novice inexpérimenté.
    Une opposition ça se construit sur la durée pas uniquement au moment des élections présidentielles.
    Que Bouteflika ne veuille pas laisser le pouvoir sans en assurer une transition sûre ça se conçoit parfaitement car laissez un pays SANS gouvernance et là vous verrez que vous aurez ce que tous les ennemis du pays souhaite le chaos, la fameuse syrisation de l’Algérie planifiée depuis longtemps par l’axe Washington Tel-Aviv.
    Que le peuple soit contre le 5 ème mandat ok, mais la construction du pays d’une nouvelle donne politique doit se faire avec toutes les forces vives du pays et de surcroît expérimentées sans ingérence.
    Je ne comprends pas ce déchaînement de haine contre des politiques qui même s’ils sont FLN plus en odeur de sainteté servent leur pays et peuple car qui pour succéder…avez-vous le sauveur l’homme providentiel n’existe pas donc soyez patient et CONSTRUCTIF pas dans l’opposition systématique pour être contre car c’est à la mode de taper sur Lamamra qui je le rappelle c’est loin d’être une sinécure pour lui et nécessite courage.
    Nous avons tous vu le résultat CALAMITEUX des printemps arabes zerma (Égypte Libye Tunisie Irak…).
    Vous voulez quoi un transfert à la Ben Ali direct chez les Saoud sur ingérence étrangère.
    Nombreux sont les tunisiens qui pleurent Ben Ali.

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    Pr Nadji Khaoua
    22 mars 2019 - 12 h 22 min

    Depuis six, sept ans, peut etre plus, « des forces extra constitutionnelles » dirigeaient le pays, decidaient sur son evolution, sa population, son economie.
    Les partis le savaient, le Senat et l’APN le savaient, les ministres le savaient.
    Quoi dire apres cela ? Qui ecouter de tous ces gens dorenavant ?
    Ah, parait-il pertains d’entre se presentent
    comme « homme d’Etat », d’autres mettent en avant leur passe de « combatant » 1954-1962, ….

    Pr Nadji Khaoua

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