Crédibilité

Mercury cocaïne
La drogue a été découverte à bord du navire Vega Mercury. D. R.

Par Sadek Sahraoui L’enquête liée à la récente saisie par la Marine nationale, au large du port d’Oran, de 701 kg de cocaïne tient en haleine l’ensemble de l’opinion publique. L’intérêt pour cette grave affaire de drogue tient au fait d’abord que c’est la première fois qu’une telle quantité de drogue dure est saisie par les services de sécurité. Ce qui suscite aussi l’attention, c’est que de nombreux fonctionnaires et de proches d’anciens responsables y sont impliqués. Il ne se passe pratiquement plus un jour sans que les investigations n’apportent leurs lots de surprises et de révélations. Sans anticiper sur les conclusions de la justice, il est pratiquement acquis que le principal accusé dans cette affaire va plonger. Et probablement pour longtemps.

La perquisition opérée par la Gendarmerie dans les locaux de ses entreprises fournit, en effet, la preuve incontestable que ses différents business n’étaient pas nets. Tayeb Louh, le ministre de la Justice, a d’ailleurs confirmé, lors de sa conférence de presse de lundi, que le «boucher» était déjà poursuivi pour divers délits graves qui vont du trafic d’influence à la corruption, en passant par le blanchiment d’argent. Des enregistrements vidéo saisis dans ses bureaux laissent penser également qu’il va entraîner dans sa chute inéluctable de nombreuses personnes bien placées. D’ores et déjà, l’opinion se demande si la justice a réellement les coudées franches pour aller au bout de son travail et faire payer toutes les personnes impliquées dans ces sombres affaires, quels que soient leurs rangs.

Ayant compris que les feux de la rampe étaient désormais braqués sur la justice, Tayeb Louh a promis durant sa sortie médiatique que les juges en charge du dossier avaient carte blanche et qu’ils ne feront pas de quartier. Dans cette affaire, les autorités semblent avoir bien compris qu’il n’y a pas que la crédibilité des juges ou de la justice algérienne qui est en jeu. Cela va beaucoup plus loin que cela.

Comme il s’agit avant tout d’une «grosse» affaire de cocaïne aux ramifications internationales et non d’une banale affaire de corruption, c’est du sérieux et de la viabilité de tout un Etat dont il est question. Car il est certain qu’à l’heure qu’il est de nombreux pays doivent suivre pas à pas l’évolution de l’enquête.

S. S.

Comment (13)

    lou
    28 juin 2018 - 20 h 33 min

    ls cocaine n’est pas sur la liste des produits interdits à l’importation….

    Djeha Dz.
    28 juin 2018 - 13 h 30 min

    (…)
    La nombres de dossiers d’affaires très importantes dont nous espérions une issue juste et transparente sont toujours ouverts ou classés ????
    Qui peut le dire ???
    L’affaire Chakib Khellil, A.Ghoul, F.Bedjaoui,Khalifa, etc..etc..
    Et autres affaires moins fameuses mais non moins importantes.

    La crédibilité, passe le traitement des affaires dans le cadre des lois et règlements dans la transparence et la légalité unique et identique pour tous les citoyens et citoyennes sans aucune distinction.
    Or, l’expérience, nous a démontré le contraire. Sinon nous n’en serions pas là à en débattre.
    Chez nous, tout, je dis bien tout, passe par la politique, tout est politisé.

    Depuis que l’argent sale est entré dans la politique par la grande porte, la crédibilité a décampé.
    Et ce ne sera pas facile de la reconquérir.

    …..♪♪♪ je te tiens, ♪♪ tu me tiens par la ♪♪ barbicheeeette, ♪♪ la la la, la

    Anonyme
    28 juin 2018 - 10 h 37 min

    Effectivement ramifications internationales car les cartels de la drogue sont dans les pays étrangers pas au pays.
    Je continue de dire que machallah le système algérien fonctionne n’en déplaise à certains car en occident en France 1)les meRdias n’en auraient pas parlé ou si tel était le cas pour « enfumer » la populas par de la fake news continuelle comme ils savent si bien le faire 2)les criminels protégés en haut lieu comme toujours (cf. exemple ex-patron des STUP juif sépharade franco-israëlo-marocain mouillé jusqu’à l’os affaire 19 tonnes cannabis makhnaz mais jamais condamné…) autre exemple de corruption sans lien avec la drogue les affaires Sarkozy etc etc etc …. alors regardez bien où se trouve la démocratie et la justice, pas là où vous pensez qu’elle est.
    Le système algérien fonctionne Machallah.

      fenec
      28 juin 2018 - 17 h 39 min

      Toi aussi tu fonctionnes macha Allh alik

    Slam
    28 juin 2018 - 10 h 09 min

    C’est clair maintenant : il s’agit d’une guerre de tranchées entre l’Armée et la Police. La justice étant prise en otage par les 2 clans. Parfois il faut juste mettre des mots simples sur cette affaire au lieu de chercher à noyer le poisson dans un bocal.

    Anonyme
    28 juin 2018 - 9 h 46 min

    Combien de tonnes de ce poison se sont passés par nos frontières gardée par des corrompus sans scrupules,combien de nos jeunes se sont devenus accro et qui souffrent de l’irresponsabilité de nos corrompus dirigeants,combien de victimes sont morts de cette coke,la facture est très sali,mais comme toujours c’edt au plus modeste de payé,que dois faire lorsque une majorité de nos responsables sont des pourris,est-ce peuple méritait cette situation beaucoup de questions et pas de réponses,lorsque le responsable lui-même est impropre

    Merci Mr le Président
    28 juin 2018 - 9 h 07 min

    Nous sommes devenu la risée du monde: économie de bazar, corruption à tout les niveaux, népotisme, hogra, incompétence, médiocrité,… géré par une personne invalide, impotente, malade manageant une gérontocratie octogénaire entourée de piranhas. On dit merci qui? Merci Mr le Président. De plus il a été incapable d’avoir géré une transition générationnelle qui puisse nous emmener à l’émergence, la modernité, la prospérité et le bonheur Le rêve des Algériens est devenu l’exil!!!

    Zaatar
    28 juin 2018 - 8 h 22 min

    Tayeb Louh a promis durant sa sortie médiatique que les juges en charge du dossier avaient carte blanche et qu’ils ne feront pas de quartier: Parce que par le passé ce ne fût jamais le cas et que ce n’est un secret pour personne. Dans sa déclaration d’avant-hier, le ministre de la Justice avait donné ce conseil : “Il ne faut pas mélanger l’argent et la politique.” Pourtant, dans sa situation, celle d’un ministre, fût-il de la Justice, contraint d’intervenir pour limiter les effets médiatiques de l’instruction d’une affaire à relents mafieux, il lui devenait difficile de nier le lien entre argent et politique. Dans une histoire qui mêle drogue et corruption à une échelle impliquant des niveaux élevés de décision administrative, argent et pouvoir sont mêlés d’entrée. Monsieur Louh fait ici ce qu’on fait parfois d’un mal qu’on n’arrive pas à guérir : on l’exorcise. Et comme pour ajouter à la politisation du sujet, le directeur général de la Sûreté nationale réagit aussi. Et pas pour rectifier la confusion faite entre son chauffeur et un agent du parc commun. Le DGSN Hamel est venu exprimer sa désapprobation quant aux “dépassements enregistrés lors du déroulement de l’enquête préliminaire”, n’étaient “heureusement des magistrats qui ont pris les choses en main pour assurer le bon déroulement de cette enquête”. Il ne cite pas de noms, cependant, qui se sont rendu coupable de ces dépassements et s’ils étaient intentionnels. Les messages du DGSN, assurant que “même si nous ne sommes pas directement concernés par cette enquête, la Sûreté nationale va remettre tous les dossiers liés à l’affaire à la justice en qui nous avons une totale confiance”, ne peuvent qu’intriguer… Et pourquoi insister sur “la confiance dans la justice”, normalement évidente de la part de l’institution policière ? Encore plus étonnant, cette sentence : “Celui qui veut lutter contre la corruption doit être propre” ! On ne délivre pas ce genre de lapalissade pour la beauté de la formule, mais dans notre système, si, en temps de crise, les responsables délivrent toujours ces discours incompréhensibles qui sont un savant produit de l’équilibre entre l’expression des affrontements internes et le désir de dissimuler le niveau critique de déliquescence de l’État. Et cette déliquescence vient du fait que la politique s’en est remise à la loi de l’argent. Et de l’argent sale en priorité. Parce que l’argent propre n’a pas besoin de la politique et parce qu’il n’est pas le bienvenu dans la cour puisqu’il ne constitue pas un bon client.

    Anonyme
    28 juin 2018 - 7 h 51 min

    Rien ne dépasser a les limites fixées d avance .raortpplrt des enquêteurs

    Zaatar
    28 juin 2018 - 7 h 47 min

    Moi je sais que Errachem H’mida et Elaab H’mida. je sais aussi que ça se joue sur le terrain de H’mida. Je sais également que H’mida est un prestidigitateur de renom. Tout le monde sait aussi que H’mida à la peau dure et qu’il est endurant. Et personne n’ignore que H’mida c’est lui qui fait la pluie et le beau temps… alors se battre contre H’mida….ma foi. ça n’empêche personne d’essayer par contre…c’est ce que Monsieur Tayeb Louh semble vouloir nous dire.

      Anonyme
      28 juin 2018 - 10 h 00 min

      Dis nous qui est H’mida
      C’est L’Al Capone de l’Algérie

        Zaatar
        28 juin 2018 - 10 h 38 min

        AAAHHH…… H’mida, mais qui ne connait pas H’mida chez nous? c’est comme si tu disais qui ne connait pas YAMAHA, tu connais YAMAHA yek? le supporter acharné du CRB, le chabab Riyadhi de Belouizdad (pour ne pas dire Belcourt)… H’mida a une notoriété remarquable, elle se retrouve centimètre par centimètre sur tout le pourtour de nos frontières, et sur chaque mètre carré du pays…H’mida c’est aussi le cheikh de la djemaa, c’est également le muezzin de toutes les communes, on le retrouve également a tous les guichets des banques et des agences de voyage… mais surtout, H’imda est aimé de tous les Algériens, et il est aussi craint par tous les Algériens… Mais qui ne connait pas H’mida.

      nad
      28 juin 2018 - 23 h 53 min

      je viens de suivre l’interview de Hasna el Becharia par H’mida.Ce fut un regal.

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